Salut à toutes !

Pfioulala... Heureusement que c'est férié ! Je vous remercie toutes BEAUCOUP BEAUCOUP pour ce démarrage que vous avez réservé à ma dernière histoire... Ca me touche sincèrement ! Merci à : chriwyatt, CaRoOThePrinCess, Eva x 2, Lapinou63, familykoala (J'essaie de me mettre à la place des personnages quand j'écris... Donc c'est toujours assez spontané on va dire... comme la vie en fait!), joannie28, Samystère, lia3011, Mariefandetwilight (Finalement, t'es pas loin du compte toi!), MaeBb (mes vacances étaient très bonnes, merci =)), Shirley, Aude77, halay, Hera09, Liki0da, JasperWife, minicath, Ludivine28, twilight-alice-jasper (Je suppose qu'elle l'a su tardivement et le temps d'y réfléchir les délais étaient passés... Et faut bien me laisser un peu d'histoire sinon ça sert à rien lol), maho-33, LuneBlanche (Bella rejette ce bébé, mais ça s'expliquera ! On a pas toutes l'instinct maternel et on a pas toutes le courage d'aimer envers et contre tout ce corps étranger qui s'immisce dans notre ventre et qui nous chamboule tout!), kikinette11, pounine, minette292, AnaisB (L'annonce de la grossesse n'était pas l'élément central donc oui c'est "balancé" mais c'est un choix!), Nini Hathaway, emichlo, lauranne, lagourmande45, fan-par-hasard21, aelita48, vavounette, Miss Lunatik, une review sans identifiant, catiuski (Jacob est un ami commun d'Edward et Bella, & je ne pense pas que ça soit lui le père! J'suis pas fan des "méchants Jacob qui brise les couples"... j'aime bien Jake donc j'évite de le faire du mauvais côté lol), erika shoval, larsand(ptètre... ou pas...), katner, choubidou. lily, Em 81, EstL, Butterfly971, sandmabe, Lily-pixie, Claire91, doudounord2, vinie65, Lola MiSweetLove, Tinga Bella, Martine16, Sweety Marie, Rosabella01, Jazz, annso601, tacha vaillant, Annouk, Robsten Pattiwart, Vicky30, Cullen's familly, Melle Lyl, ulkan13, Grazie, Elodie Breuse, Lucie L, Nane2Bru, melacullen, callie226, calimero59, Aliiice, diana, Ag, LiliTwilight, cassy, Ilonka, Emy-F, sarinette60, xenarielle93 (t'es carrément extralucide toi et tu vas le voir sur ce chapitre =)), Delphine94, Galswinthe, Liisa's, Lily-Rose-Bella, isabella swan cullen addict et Habswifes.

Tout ça, ça en fait du monde au balcon mais je vous en remercie infiniment ! Vous êtes géniales avec moi !

Je remercie Ptitewam, ma bêta sur cette histoire.

Beaucoup d'entre vous semblent penser qu'Edward est le père du bébé, suite à une nuit oubliée à cause de l'alcool dans une soirée... Je vous dirai juste... trop simple ! Certaines choses vont peut-être vous paraître "rapides" ici, mais je plante simplement le cadre. Ce début de grossesse n'est pas ma priorité dans la narration, et vous le comprendrez dès le prochain chapitre je pense. En ce qui concerne un éventuel point de vue de Bella, il arrivera bientôt mais pour l'instant nous vivons surtout dans la tête d'Edward (et ça sera en GRANDE majorité notre lieu d'habitat principal durant cette fic) parce que je trouve ça drôle que vous ne sachiez pas tout =D Ca laisse plus de place à vos théories et j'adore les lire !

Encore infiniment merci, je vous embrasse de loin (bronchite),

prenez soin de vous.
Tiftouff19.

-o-o-o-

Chapitre 3 : la gastro

~ POINT DE VUE D'EDWARD ~

Le film qui défilait sous mes yeux n'avait aucun sens, ni aucune importance. Je n'arrivais pas à me concentrer dessus. Un de ces maudits reportages de notre cher prof de bio, ce vieux Tanner.

Non seulement on l'a vu six cent fois, mais en plus, la reproduction humaine... voilà quoi ! Vu la situation actuelle... Je m'en serais bien passé !

Bella était appuyée contre ses bras, regardant l'écran sans vraiment le regarder. Elle, qui a un petit foetus dans le ventre... C'est quand même dingue ! Je n'arrive toujours pas à m'y faire... C'est à peine si elle grossit, à peine si elle a tous ces "soucis" durant une grossesse. Je me retrouvais catapulté à mille lieues des clichés habituels de la femme aux hormones infernales dévorant tout le temps. Non. Bella, elle, se contentait de manger peut-être un peu plus, et de paraître plus fatiguée. En dehors de ça, rien de bien flagrant. Pourtant, je sais que ce n'est pas bon signe. Je sais bien ce que ça veut dire : Bella ne fait pas attention à elle.

C'est comme si, consciemment ou non, elle faisait tout pour perdre ce bébé.

J'veux dire... c'est pas normal qu'elle fasse du sport, qu'elle se couche à pas d'heures tout ça... J'avais tenté quelques recherches sur le net, sans rien trouver de convaincant ni adapté au cas de Bella. Ce qui était ressorti le plus souvent était le déni de grossesse, mais j'ignorais si ça s'appliquait vraiment à ma meilleure amie. Après tout, elle est au courant de son état ? C'est une sorte de déni d'acceptation, ou quelque chose comme ça.

Dans ces moments-là, seul derrière mon PC à questionner Google, je me sentais seul, et à dire vrai, paniqué total ! Elle ne réalise rien, elle est inconsciente ! Elle peut se mettre en danger et puis fatalement, elle devra accoucher et les gens s'en apercevront. Elle peut peut-être se dissimuler derrière des fringues parce qu'elle prend peu de poids, viendra un jour dans quelques mois, où elle devra sortir son bébé de son ventre et là... Ben ça va faire mal !

J'avais envie d'en parler, parfois c'était une tentation tout simplement trop forte. Mais je pensais à tout ce que j'ai avec elle : à cette amitié qui maintient ce secret comme ce que l'on partage de plus précieux. Sans savoir si ce secret est empoisonné ! Alors je me taisais, feignant la normalité et riant avec mes camarades. Mais parfois, il me fallait juste tourner les yeux vers Bella pour me rappeler que d'ici quelques temps, nous allions nous enfoncer dans le mensonge, ou du moins dans la dissimulation de la vérité.

Je ne comprenais pas pourquoi, si elle ne veut pas de ce bébé, elle ne pense pas à l'adoption. Et puis, pourquoi a-t-elle attendu pour se faire avorter ? Je peux concevoir qu'à nos âges, avoir un enfant, c'est difficile. Je peux concevoir qu'elle ne se sente pas prête à sacrifier sa vie pour un petit. Mais dans ce cas, pourquoi avoir attendu ou tout simplement pourquoi ne pas faire le nécessaire pour qu'il soit placé dans une famille aimante et attentionnée ? Ca me paraît simple, et bateau pourtant.

Visiblement, ça ne l'est pas.

Pas pour elle en tout cas.

La sonnerie de fin de cours interrompait mes pensées, et Bella s'étirait. Chacun de nos camarades de classe quittait précipitamment la salle, probablement de peur que le film et la torture ne recommencent. Je me dépêchais de fermer mon sac et Bella se levait, mais elle chancela. Je la rattrapais in-extremis par le bras.

- Bella !

Elle me regardait, désorientée, pâle. Le regard fatigué. Tanner s'approchait.

- Vous allez bien, miss Swan ?

Elle l'observait, comme si elle ne le reconnaissait plus.

- Hein ?

- Assieds-toi Bella !

Je l'aidais à se réinstaller sur le tabouret, presque de force.

- Ca va ?

Il ne restait plus aucun élève dans la salle. Monsieur Tanner partit à l'arrière de la salle pour aller chercher un verre d'eau.

- Buvez ça, vous n'avez pas l'air en grande forme !

Elle avala le verre d'eau d'un trait. Je m'asseyais près d'elle, inquiet. Mais elle est enceinte et elle ne dit rien ! Elle pourrait risquer sa vie, merde !

- Vous en voulez encore, Miss Swan ?

Elle fit "non" de la tête et se relevait, mais je la rattrapais.

- Reste assise deux minutes...

Tanner s'appuyait contre la paillasse devant la notre.

- Mes collègues s'inquiètent de votre apparente fatigue, Isabella... Et force est de constater que vous n'avez pas l'air bien, vous êtes toute pâle... Avez-vous des soucis quelconques qui pourraient interférer sur votre travail scolaire ?

Elle le fixait, comme s'il était un extraterrestre.

- Non...

Machinalement, je pressais sa main. Si ça n'avait tenu qu'à moi, j'aurais tout avoué à notre prof : c'est quelqu'un de confiance !

- Vous pouvez nous parler, vous savez. Ou en parler au psychologue scolaire ! Nous garderons toutes ces informations pour nous, et dans le pire des cas nous pourrons tenter une conciliation si vous avez des soucis et...

Elle se releva très vite.

- Je vais bien, monsieur... Simplement de la fatigue due aux révisions pour les examens de fin d'année...

Il fronçait les sourcils.

- Etes-vous sûre ?

- Oui monsieur... Désolée... Excusez-moi, les bus vont partir...

- Bien sûr !

Il m'observait, ayant visiblement flairé la supercherie. Je me retenais de hausser les épaules, et ainsi trahir le secret de Bella. Une chose est sûre : ce soir, elle ne rentre pas en bus puisque je la ramène...

Je quittais la salle rapidement et cherchais mes clés dans mon sac. Alice et Jasper étaient enlacés dans la cours, appuyés contre un mur. Les potes étaient pas loin, riant à des blagues. Mais Bella n'y était pas.

- Alice ?

- Ouais ?

- T'as vu Bella ?

- Décolles-en un peu ! s'exclamait Jacob en riant.

Je feignais l'amusement mais Jasper dû capter mon sérieux parce qu'il ne prit pas part à la blague.

- Je crois qu'elle est allée aux toilettes il me semble... Elle était assez blanche...

Je me tournais et me dirigeais vers les toilettes des filles. La plupart des élèves étaient partis, et il ne restait que quelques groupuscules qui rejoignaient les bus. J'entrais dans les toilettes et entendis vomir.

- Bella, c'est toi ? Bella ?

- Deux... secondes...

Je soupirais et attrapais un paquet de mouchoirs qu'Esmé me rangeait soigneusement dans mon sac, la bénissant. Je l'humidifiais et bientôt, une des portes vertes des toilettes grinça en s'ouvrant doucement. Je m'agenouillais devant une Bella plus que pâle et lui tendais les mouchoirs.

- Merci...

Elle en prenait un et s'essuyait la bouche, avant d'avoir un soubresaut et de re-vomir l'intégralité de son ventre.

J'vais me sentir mal...

Elle s'essuyait de nouveau la bouche et j'appliquais un autre mouchoir humide sur sa nuque. Elle a sûrement besoin de fraîcheur... Elle fermait les yeux, appuyant sa tête contre le pan de la cabine. Elle respirait fortement, et je me demandais comment elle faisait, vu la délicate odeur ambiante.

Même les femmes de ménage ne veulent sûrement pas venir ici tellement ça pue !

J'aidais Bella à se rafraîchir.

- Ca va mieux ?

Elle attendit quelques secondes pour me répondre, avant de faire "non" de la tête et de se mettre à pleurer.

C'est souvent ces temps... Hormones, hein ?

- Oh... Bella...

Je m'approchais d'elle à genoux pour l'enlacer. Ce qu'elle vit n'est pas simple...

- Je suis là... shhh... Je suis là...

Ses larmes mouillaient ma chemise, et il me semblait n'être qu'un mec à court d'arguments.

- Bella...

Et à court de mots...

- J'en... J'en ai marre... Je vomis... J'ai mal... mal au dos... partout... aux reins... Aux jambes... J'peux plus, Edward... Je peux plus...

Je resserrais ma prise sur elle, essayant d'occulter mon coeur qui se compressait avec une certaine violence. Elle a beau rejeter sa grossesse, rejeter tout ça, il n'empêche qu'elle a mal... J'embrassais son front.

- Ca va aller... On va aller voir un docteur... Il va t'aider, te fournir des aides et des adresses. Tu vas voir, ça va aller...

Elle s'agrippait à moi, gémissant faiblement.

- N... non...

- Bella... Pourquoi ?

- J'peux... j'veux pas... j'veux... j'veux pas...

- D'accord... Mais je ne sais pas si c'est bien pour toi... et ta santé... et celle du bébé... Pense à ce bébé, Bella... Il n'a rien demandé... Il n'a rien demandé à personne et il va venir au monde en sentant qu'il te fait du mal... Pas terrible comme conditions pour commencer sa vie... tu crois pas ?

J'embrassais sa tempe.

- Je t'en prie... Tu dois te calmer ma belle... Je suis là...

Elle s'appuyait contre moi littéralement, s'asseyant sur ses fesses. Je l'attirais plus contre moi.

Je ne comprends vraiment pas pourquoi elle ne veut pas dire à ses parents ce qui se passe... Je suis à peu près sûr que Charlie deviendrait rouge écrevisse, mais il ne la mettrait pas à la porte. Quant à Renée, elle est juste surprenante... ! Elle soutiendrait sa fille ! J'en suis certain ! Elle l'aiderait dans toutes les démarches et serait même dans la salle d'accouchement si nécessaire !

Peu à peu, les pleurs de Bella se transformaient en soubresauts de chagrin, et le calme reprenait sa place. Elle reniflait et toussait légèrement, appuyée contre moi, ses mains tenant mon bras. Elle s'accrochait à moi avec une force qui, franchement, me déstabilisait.

- On va y aller, d'accord ? Je vais te ramener...

Elle opinait et je me redressais difficilement, la relevant à son tour. Elle ne me lâchait pas, et j'attrapais son sac de cours lancé au hasard dans la petite pièce. Il était humide, mais qu'importe. Mon bras autour de l'épaule de Bella, les siens autour de ma taille, je l'aidais à avancer. Nous prenions notre temps, sous le regard de certains élèves traînant en groupe.

Alice était toujours là, mais seule. Elle nous regardait étrangement, et un sourire s'étalait sur son visage mais ce n'était pas le moment. Clairement pas. Elle s'imagine encore des trucs... Je lui fis un signe négatif de la tête et elle fronçait les sourcils en observant Bella qui tremblait et était très blanche. Nous nous approchions d'elle.

- Ca va Bella ?

- Elle a dû attraper froid... Une gastro visiblement...

C'était encore l'argument le plus rapide et le plus efficace pour ce genre de choses.

- Avec ce qu'elle a mangé à midi, ça ne m'étonne pas !

Avec Alice, une seule astuce : détourner la conversation.

- Jasper est parti ?

- Sa mère est venue le chercher...

Oh ho...

- Ah...

- Ouais... Elle a sûrement encore besoin d'argent...

Maria n'était pas ce qu'on pouvait appeler une mère attentionnée. Onze fois sur dix elle oubliait qu'elle avait un fils, et c'était arrivé un certain nombre de fois que mes parents aillent le chercher hors de chez lui parce que sa mère était partie sans penser à lui laisser une clé de secours. Il avait fini par s'en faire un double, un peu obligé par mon père, mais il arrivait parfois que Maria ramène des hommes, et laisse sa propre clé dans le trou de la serrure afin que Jasper ne puisse pas rentrer.

Son père, il ne l'a jamais connu et ne cherche pas à savoir. Il sait très bien que sa mère est du genre à se coucher partout où un homme passe. Alors il préfère ignorer... Il avait un jour confié à Alice qu'il était probable que son père soit un homme marié infidèle, avec deux beaux enfants et une belle maison, bien nourris et dans de beaux vêtements. Il ignore d'ailleurs sûrement qu'il a "un autre fils dans la nature un peu moins bien fagoté !". Au décès de son grand-père maternel, Jazz a reçu avec étonnement une certaine somme d'argent. Son papi lui avait laissé une note, l'informant qu'il espérait que cela les aiderait, qu'il saurait gérer cet argent pour effectuer tous les travaux nécessaires, avoir des habits corrects et le ventre toujours plein. La somme avait été coquette, et Jasper avait pu s'offrir un nouveau matelas pour son lit, et tant qu'à faire le lit qui va avec, chose qui n'avait pas été changé depuis ses quatre ans.

Sa grand-mère décéda quelques années plus tard, trois je crois, et légua à Jasper le reste de son argent. Le frère de Maria hérita de la maison. Depuis ce jour, Maria avait encore plus de colère contre lui, mais Jasper était serein. Il était majeur, pouvait jouir librement de cet argent, et il était plus que raisonnable. Il avait cédé à certains caprices de sa mère : une nouvelle chaudière, et quelques conforts rudimentaires en supplément, mais il gérait l'argent, payait les factures et faisait les courses. Pas une vie pour un mec de notre âge, ça c'est clair, mais Jasper a toujours été le plus mature d'entre nous. Le plus posé aussi. Son couple avec Alice en est le bon exemple : malgré leur écart d'âge et le fait qu'Alice soit plus fofolle, il voit au long terme avec elle, et elle n'envisage pas les choses autrement.

De temps en temps, comme ce soir, Maria joue les mères aimantes et attentionnées. Elle débarque au lycée avec de grands sourires, embrasse tous les copains de son fils et le prend par le bras. "Allez viens mon grand, ce soir c'est pizza devant un bon film !". En fait, Jasper paie la commande de pizza, le DVD loué, et fait généralement un chèque à sa mère pour qu'elle puisse s'acheter de nouveaux vêtements. "Des trucs corrects m'man, hein ? Qui te seront vraiment utiles ? C'est l'argent de papi, je ne veux pas le gaspiller!" Et inlassablement Maria opine, ramenant quatre heures plus tard des mini-jupes raz-la-touffe et des décolletés plus gênants que séduisants.

Jasper soupire, mais ne peut rien dire. Après tout, il a signé le chèque.

Alice compatissait à la vie de son petit-ami et tâchait de l'écouter le plus attentivement possible. Passé un temps, elle lui avait même prêté un peu d'argent, quand Jasper n'avait pas encore hérité, pour qu'il puisse changer de tee-shirts troués. Bien sûr, elle l'avait accompagné pour choisir, et Jasper s'était senti gêné. Il avait fini par les accepter ces cadeaux. Difficilement, mais il l'avait fait. Mes parents étaient plus discrets, et n'offraient qu'aux fêtes officielles, type anniversaire ou noël. Mais c'était toujours de beaux vêtements ou "un petit complément pour te payer des vacances".

Je sais que pour Jasper, ne pas avoir une mère raisonnable est et sera toujours un manque. Un GROS manque. Mais il s'en sort. Nous, on l'aide. Simplement. On est ses potes, et on est prêts à lui payer un sandwich s'il a faim. Quant à Alice, elle ferait tout pour lui...

La mine d'Alice s'assombrissait, et elle pensait sûrement à son petit-ami.

- Allez, j'vous ramène mesdames !

Je les escortais jusqu'à ma Volvo et Bella grimpait à l'avant. Durant le trajet jusqu'à la villa, elle somnolait, alors qu'Alice téléphonait à l'arrière, visiblement avec Rosalie. Je la déposais à la maison.

- Tu rentres dîner ?

- On a un exposé à faire avec Bella... J'appellerai les parents...

- Ok !

- Appelle Jasper toi, et essaie de savoir s'il va bien...

- Ouais, compte sur moi...
Ma soeur voletait littéralement jusqu'à la maison, et je fis demi-tour pour accompagner Bella chez elle. Elle se réveilla à mi-chemin et observait le paysage autour d'elle.

- Où est Alice ?

- A la maison, on est presque chez toi...

Elle se frottait le visage, visiblement dans le cirage. Quelques secondes plus tard, je me garais le long du trottoir, la voiture de Charlie étant dans l'allée.

Bella observait la petite maison, visiblement découragée.

- Voilà... Allez viens...

Je fis le tour et ouvris sa portière. Elle sortit, visiblement difficilement, et j'attrapais son sac pour le porter.

- Comment tu te sens ?

Elle s'immobilisait, s'appuyait contre l'arbre et se mit à vomir à nouveau. Elle ne vomissait que de la bile, rien de plus.

- Tu dois t'allonger...

Elle n'était plus tout à fait blanche, mais surtout dans des tons de vert un peu malade.

Charlie gobera la gastro sans problème !

Je la soutenais pour rentrer et son père apparut du salon.

- Oh oh...

- Oui... Gastro...

- Ca va Bell's ? Tu veux que j'appelle un médecin ?

- Non papa...

- Je vais monter la coucher...

Charlie me fusilla du regard.

Ouais... Bon... J'reconnais... Ca peut paraître bizarre...

- Juste la coucher hein... L'aider à se mettre au lit et...

... et si son flingue avait été chargé, j'en prenais une entre les deux yeux !

- Bon... J'vais juste en haut avec elle, j'redescends dans cinq minutes ! Parole de scout, Charlie !

J'aidais Bella à avancer dans les escaliers jusqu'à sa petite chambre. Elle s'asseyait sur le matelas, dans le coltar, et me regardait comme si j'étais un étranger.

- Ecoute... J'suis pas toubib mais j'crois que tu dois t'allonger et dormir... J'vais aller te chercher des gâteaux en bas, faut que tu manges...

Elle grimaçait.

- Je n'ai pas faim...

- Tu vomis de la bile et ça, j'suis certain que ça n'est pas tout à fait bon... Alors tu vas manger au moins un gâteau, et après dodo ! J'veux pas te voir au lycée demain si t'es encore dans cet état...

Il me semblait qu'elle était sur le point de s'écrouler, tant elle paraissait mal. Je l'aidais à retirer sa veste, et constatais que sous sa chemise trop masculine pointait un petit ventre désormais bien apparent sans tous ces artifices.

Y'a pas à dire... Ca fait toujours bizarre...

Elle observait ce ventre un instant, et je me redressais après avoir retiré ses chaussures.

- Mets ton pyjama et couche-toi... Je reviens...

Je l'aidais à s'allonger et remontais la couverture sur elle. Elle frissonnait.

- Allez Bella... Ferme les yeux...

Sans que je m'y attende, elle crochetait ma nuque de ses bras fins.

- Reste...

Je soupirais, et sans savoir pourquoi, je m'allongeais auprès d'elle, par-dessus la couette.

- Je suis là...

Elle s'appuyait contre moi et fermait les yeux.

- Merci pour tout... Sans toi, je...

Une larme roulait sur sa joue, me frustrant. Elle serra ma chemise dans son poing.

- Allez c'est rien... N'y pense pas... C'est la demi-portion qui fait des siennes dans ton ventre...

Elle eut un petit sourire et machinalement, je caressais doucement son ventre.

- Mais tonton Eddy est là et il va s'occuper de vous deux...

J'embrassais la joue de Bella mais la manquais de peu quand ma meilleure amie redressa la tête brutalement pour me voir.

Euh...

Ses yeux marrons me fixaient, et j'avais du mal à m'en décoller sans trop savoir pourquoi. J'peux pas croire que Bella soit là-dedans, ni que j'y sois aussi... Troublé par le chocolat de ses yeux, je me dérobais pourtant et me redressais un peu pour embrasser son front.

- Repose-toi...

Elle se calait contre mon torse et fermait les yeux, soupirant doucement. Quand son sommeil fut profond, je décidais de descendre chercher des biscuits pour qu'elle les trouve en se réveillant.

Et une bassine p'tètre aussi...

Je me dirigeais en bas, où Charlie m'attendait.

- Y a des gâteaux, quelque chose ? J'crois qu'elle doit manger un truc... Des biscuits secs... Vous avez ?

Il marmonnait quelque chose dans sa moustache et se dirigeait vers la cuisine. Je le suivais. Il fouillait dans les placards du haut et m'extirpais une petite boîte de gâteaux secs.

- Parfait... Merci... Et la bassine ? J'sais pas si elle aura la force d'aller jusqu'aux toilettes... voyez...

Il grimaçait et en sortait une deuxième.

- C'est cool sheriff... Merci !

Je me dirigeais vers l'escalier mais Charlie me rattrapait.

- Edward ?

- Ouais ?

- T'es... j'veux dire... enfin t'es son p'tit-ami ? Un truc du genre ?

Pardon ?

- Non...

- Non parce que faut arrêter d'utiliser sa gastro pour filer là-haut avec elle... Tu vas l'attraper et j'veux bien que tu sois son pote mais de là à partager des microbes... enfin y a une marge quoi...

- Charlie...

Il s'appuyait contre le mur.

- Alors, tu sors avec elle, hein ?

- Mais non !

Il fronçait les sourcils.

- Parce que si c'est le cas, il est clair que sa chambre va t'être interdite et les séjours ici contrôlés ainsi que les siens chez toi... et j'suppose que Carlisle t'a déjà expliqué certaines choses sur la... disons la vie masculine mais...

Oh jésus tout puissant... ! Je souffre ! Mais je souffre !

- Charlie, je... Ecoutez... Une bonne fois pour toutes : je ne suis pas son petit-ami... Je suis son meilleur ami, et elle est ma meilleure amie... Bella, c'est Bella... Vous le savez ça...

- Justement... Est-ce que c'est normal que "Bella, soit Bella" comme tu le dis si bien ? Normal dans le cadre d'une amitié je veux dire ?

- Ben... j'sais juste que c'est le cas, c'est tout...

Il a raté sa carrière de Colombo, le chef Swan !

- Mouais... bon... Ecoute... Si tu lui fais du mal, d'une quelconque façon que ce soit, tu...

Mais l'escalier grinçant nous alerta, et Bella descendait les marches visiblement hésitante.

- Papa ! Pourquoi tu parles à Edward comme ça et...

Je vis son pied déraper, et je la rattrapais de justesse de l'avant-dernière marche.

- Bella ! Ca va ?

Elle s'appuyait contre le mur tandis que je la soutenais.

- Ca va ?

- Bella ! Ma chérie ?

Elle leva le regard vers son père, trop pâle.

Bien trop pâle...

- Je me... sens... pas b...

Elle s'écroula, s'évanouissant dans mes bras.

- BELLA !