Salut à toutes!!
Un peu de retard, je sais, mais il faut ce qu'il faut C'est pas un chapitre très long, mais j'espère qu'il vous plaira, j'attends vos avis dans les reviews. Merci aux onze lectrices qui ont déjà laissé des comms, j'espère vous retrouver. Un gro bisou aux anonn.
2. You're Beautiful
La semaine a été très longue. Pas particulièrement longue, non, juste aussi longue que toutes les autres semaines que j'avais déjà vécu jusque là. Donc très longue. Mon Moi intérieur se débattait furieusement, quelque part entre mon cœur d'adolescente, et mon cerveau. D'un côté, j'aimais la sécurité de ma vie : mon petit appartement, les ronronnements de mon chaton, mes horaires de travail, mon chéri, ma voiture…Tout cela avait un aspect rassurant, sans surprises. Et d'un autre côté, un qui n'était pas en relation avec la partie rationnelle de ma personne, j'avais envie de plus que ça, je voulais de l'inattendu, de l'imprévisible, de l'action, de la folie même !
Du moins, c'était ce que je souhaitais quand je me mettais à rêver, avant de m'endormir. J'imaginais que Spencer me dévoile une identité d'agent secret, qu'il m'emmène en week-end en France ou en Italie, qu'il me fasse une demande de mariage sur le toit d'un gratte-ciel, que mon patron se mette à fumer du crack et à me payer deux fois plus…
Mais dès que mes petits pieds revenaient sur la terre ferme, je réalisais que tout cela était impossible, et que mieux valait une vie chiante mais assurée, qu'une pleine de surprises qui risquaient d'être mauvaises…
Pourtant, le lundi suivant, j'ai réalisé que certaines surprises avaient du bon, quand je suis sortie du bar. Je venais de passer une journée identique aux précédentes, avec un réveil trop tardif, une remontrance sarcastique de ma mère, un plein d'essence que je trouvais trop coûteux, une Mme Bleek sur les nerfs, un Kevin joyeux et dragueur, des clients plus pervers les uns que les autres et tutti quanti…
J'ai dit au revoir à Rose devant la porte du bar, et je suis partie chercher ma chère voiture dans la rue d'à côté. Exactement à l'endroit où je l'avais laissée le matin, elle m'attendait sagement. Malheureusement, elle ne fut pas aussi sage que je l'avais espéré, lorsque j'ai voulu la démarrer. Impossible de savoir pourquoi, mais il était impossible de la faire avancer d'un mètre. En bonne femme que je suis, j'ai immédiatement appelé mon petit ami.
-Spencer ?
-Oui ma chérie…ce n'était pas le moment pour ce genre de démonstration, à mon goût.
-J'ai un problème avec la voiture, elle ne démarre pas…me suis-je plainte.
-Où es-tu ?
-Garée près du bar.
-Je ne suis pas sur Stirling, je ne peux pas venir te chercher, mais je peux revenir ce soir et m'occuper de la voiture, je te la ramènerai demain pour que tu ailles au travail, okay ?
-Merci.
Je n'ai pas osé lui demander où il était, ou ce qu'il faisait, bien que l'envie ne m'en manquait pas. Je n'ai pas non plus osé lui dire que ça me gonflait royalement de rentrer chez moi sans ma voiture…Ça n'aurait pas été correct alors qu'il venait de me proposer de réparer ma voiture et de me la ramener chez moi…Enfin, c'était ce que je supposais…
Ma maison était assez reculée par rapport au centre-ville, et aucun train, ni aucun bus ne la desservait. J'étais donc partie pour rentrer à pied jusqu'à chez moi. Ca ne me dérangeait pas. Je n'avais pas spécialement peur de marcher la nuit. Comme je l'avais déjà dit, ma vie est si prévisible qu'il n'y avait pas plus d'une chance sur un million pour qu'un psychopathe ne m'accoste sur le chemin.
Je pris tout de même soin de cacher mon sac de la vue des conducteurs de voitures avant de commencer à marcher. Mes chaussures claquaient le sol, et bien qu'il n'y est aucun écho, j'avais l'impression que leur bruit résonnait dans toute la ville. Il ne pleuvait pas, mais l'épaisseur anthracite des nuages donnait au ciel un air de crépuscule. D'ailleurs, les lampadaires de la ville étaient déjà allumés.
Ca faisait maintenant plusieurs minutes que je marchais dans la ville, et la lumière se faisait de moins en moins présente. Je n'avais ni bouquin, ni magazine, ni lecteur MP3 pour m'occuper. Je ne pouvais que marcher en fixant droit devant moi. Ecouter les moteurs, les klaxons, les discussions des rares piétons que je croisais. Qui se faisaient de plus en plus rares, eux aussi. Je m'engageais sur une petite allée, qui semblait être un racourcie en direction de ma maison.
Inconsciemment, je me suis mise à marcher plus vite. Mal éclairée, pratiquement pas habitée, cette ruelle n'avait absolument rien de rassurant. Un chat, le train arrière sur le rebord d'un poubelle, était en train d'en fouiller l'intérieur, avant d'en sortir ce qui ressemblait fort à un squelette de truite. Détail anodin, certes, mais ça avait un petit côté inquiètant pour moi. Allez savoir pourquoi...
Alors que, pour ne pas changer, j'étais en train de me perdre dans des pensées inintéressantes, le bruit d'un moteur qui ralentit me sortit de mes rêveries. Sans me retourner, je compris qu'une voiture roulait très lentement (de plus en plus lentement). Plus elle se rapprochait, plus j'entendais les ronronnements inquiétants du moteur, et je finis même par percevoir le tic-tac incessant du clignotant. J'imaginais alors les mille et une façons de me sortir de ce pétrin...Et n'en trouvais pas une. Crier ne m'aurait servi à rien, vu que le quartier était désert. Je n'avais aucune arme contre une éventuelle attaque, ni couteau, ni bombe lacrymogène, ni rien qui puisse s'en rapprocher...Et aucune notion de défense...Ca commençait bien...
-Hey!
C'était une voix d'homme. Rien de réellement étonnant. Avant de me retourner, je pris bien soin de ne pas sourire, et de n'avoir aucune lueur de gentillesse dans mon regard. J'espèrais que mon satané visage d'enfant avait enfin quelque chose de mature et de farouche. Malheureusement, je savais pertinnement que ce n'était pas le cas. Dans le meilleur des cas, j'avais l'air ridicule, et dans le pire, aimable.
Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques secondes après cette réflexion, je me décidais à me retourner. Dans une Golf noire, une main pâle me faisait signe, derrière un visage magnifique. Alex. Ses cheveux chatains avaient quelques reflets miel à la lueur de son éclairage intérieur, ses yeux brillaient d'un éclat de caramel absolument incroyable, et sa bouche fine et rose m'offrait un sourire à damner une sainte. Incroyablement soulagée, je lui renvoyais son sourire.
Il a coupé le moteur, et est descendu de sa voiture, la laissant pratiquement au milieu de la rue. Son sourire me coupait le souffle, et je me perdais si facilement dans ses yeux, c'en devenait inquiètant. Il s'est approché de moi, et m'a tendu sa main. Je l'ai serré. Cette fois, j'avais prévu le contact glacé de sa peau, et la brûlure de la mienne. On aurait dit que je me faisais électrocutée, encore une fois.
-Que fais-tu dans les parages? Me demanda-t-il.
-Je te renvoies la question...Ma réponse pour le moins évasive le fit ricaner.
-Je viens d'amener mon frère Paul à un rendez-vous, je m'apprêtais à rentrer chez moi.
-Je viens de sortir du travail, et je suis en train de rentrer chez moi...
-Tu rentre à pieds? Demanda-t-il sur un ton aussi étonné qu'intéressé.
-On dirait, oui...Ma voiture est en panne, j'ai du la laisser sur place.
-Tu habites loin. Je n'aurais su dire s'il s'agissait d'une question ou d'une affirmation.
-Pas mal, oui, mais ça me fait faire de l'exercice...Dis-je en ricanant.
-Je ne crois pas que ce soit très raisonnable de rentrer seule chez toi, en marchant. Je n'ai rien à faire, je peux te ramener chez toi, si tu veux. Me proposa-t-il.
-Je ne pense pas que ce serait raisonnable de rentrer chez moi dans la voiture de quelqu'un que je ne connais pas...
-Quelqu'un que tu ne connais pas?
Ce mec avait un don pour mettre les gens mal à l'aise. Ou très à l'aise, je ne saurais dire. Il était vrai qu'il n'était pas un parfait inconnu, pour moi. Il était déjà venu plusieurs fois au bar, nous avions déjà discuté ensemble, j'avais vu ses deux frères et une de ses belles-soeurs...Mais d'un autre côté, que savais-je de lui? Mis à part qu'il était plus âgé que moi, qu'il était magnifique, presque hypnotisant, et une raison valable de quitter mon copain...
-Je te connais, mais pas assez pour accepter que tu m'accompagne...Me suis-je excusée.
-Tu crains que je n'essaie de te violer, ou de t'étrangler dans un coin isolé? Me demanda-t-il avec un sourire narquois. Je soufflai, mais avouais qu'il n'avait pas complètement tort.
-On voit pas mal de types sympas qui agressent des filles, de nos jours...Il ricana.
-Regarde autour de toi, Bethany. Je m'éxécutai comme une enfant qui reçoit un ordre de son père. La rue est perdue, mal éclairée, déserte...Si j'avais une quelconque intention de te tuer ou de te violer...Je ne te demanderais pas cordialement de me suivre...J'ai bien dû admettre qu'il avait raison...
-Bon, c'est d'accord, mais laisse moi d'abord passer un coup de fil à ma mère, que je l'avertisse...
-Mais je t'en prie...Il m'invita à sortir mon téléphone d'un geste de la main qu'il n'aurait pas pu avoir plus gracieux.
Je me suis légèrement éloignée, et j'ai sorti mon téléphone portable. Bien sûr, je n'ai pas appelé ma mère. A l'heure qu'il était, elle devait sûrement finir sa troisième bouteille de vodka, et en être à la deuxième boite de prozac...Enfin, je n'avais pas besoin d'elle de toute façon. Tout ce que je voulais, c'était qu'Alex croit que quelqu'un était au courant que nous étions ensemble. J'ai donc fait semblant de téléphoner, et j'ai parlé toute seule pendant trois bonnes minutes!
Je n'avais pas réellement peur d'Alex, mais quelque chose chez lui était inquiètant. Comme si, à chaque fois que je le voyais, mon coeur me disait d'aller le retrouver, mais mon esprit me conseillait de m'en méfier, de m'en éloigner le plus possible. Une sorte d'intuition féminine, je supposais...Que je ne voulais écouter pour rien au monde, bien sûr! Mais malgré tout, j'étais gênée en sa présence. Sa façon de tout connaître, d'avoir réponse à chacune de mes objections, de me scruter du regard comme un lynx, d'écouter chaque mot que je prononçais comme si je dictais l'évangile...C'était juste...Etrange. Et inhabituel.
Je suis revenue vers Alex quelque secondes plus tard. Mon imaginaire discussion téléphonique s'était terminée par un "je t'aime" peu convaincant, mais à mon humble avis, il n'y avait vu que du feu. Quand je me suis retrouvée assez près pour le voir, j'ai encore une fois été soufflée par sa beauté. Il avait les jambes et les bras croisés, le dos appuyé contre la portière passager de sa voiture, le visage tourné vers le bout de la rue, m'offrant un profil à me faire tomber dans les pommes. Son attitude nonchalante, ses cheveux à peine coiffés, sa moue boudeuse, tout ressemblait à une mise en scène méticuleusement étudiée, joué par le plus tlentueux des comédiens.
-Qu'a-t-elle dit? M'a-t-il questionnée en tournant son magnifique visage vers moi. J'ai fait la moue.
-Elle n'était pas très contente, mais selon elle, ça vaut mieux que de rentrer seule et à pieds.
-Une sage femme...J'ai éclaté de rire, sans lui dire pourquoi. Il n'a pas posé de questions.
Chacun de ses mouvements était d'une fluidité et d'une grâce qui frôlait l'absurde. Comme si un petit rat de l'opéra s'était glissée dans le corps d'un mannequin pour sous-vêtements, le tout accompagné d'un sourire anglais et d'un regard de guépard. Comment ne pas divaguer avec une oeuvre d'art comme lui devant les yeux?
Il a ouvert la portière contre laquelle il s'appuyait une seconde plus tôt, et m'a proposé de la main, de m'asseoir dans la voiture. Intérieurement réjouïe mais avec un air réticent, je m'avançai et m'asseyai prudemment dans la Golf. Multiples options, gentes impéccables, intérieur cuir, plafond sans trace de nicotine...On eu dit qu'elle sortait du lavage. On sentait même l'odeur du cuir neuf, couplée avec une odeur encore plus délicieuse, un mélange boisé et fruité...Simplement divin.
Je n'ai pas eu le temps de m'attachée qu'il était déjà à côté de moi, la clé sur le contact. Aussi impressionant qu'inquiètant. Avec un sourire que Don Juan jalouserait, il a démarré la voiture. Sa conduite, à son image, était douce et puissante à la fois. On sentait que le turbo pouvait hurler à tout moment, mais la route était fluide, reposante. Le contraire parfait de celle de Spencer. Lui jouait tellement avec les vitesses et le frein que j'en avais la nausée avant même de démarrer.
-La trajet est long?
-Non, pas tellement, j'habite à une dizaine de kilomètres de Stirling. Et tu n'auras qu'à toujours prendre tout droit.
-Une dizaine de kilomètres, ça nous laisse le temps de discuter, tout de même.
Il faisait jouer ses doigts sur le levier de vitesse, et ne regardait jamais vers moi. Les yeux enfoncés dans la nuit, loin devant lui, il jetait parfois des coups d'oeil furtifs vers son retroviseur. Nous sommes restés dans le plus grand silence pendant quelques secondes. Je commençais à être gênée, et je me tortillais sur mon siège, histoire de lui rappeler qu'il avait quand même une passagère à bord. Je l'entendis ricaner, puis s'éclaircir la voix. Chacun de ses mouvements, chacun de ses gestes était comme un appel irresistible.
-Alors Bethany...Tu habites seule?
-On commence tout de suite par un interrogatoire je vois...Je riais nerveusement...Je ne sais pas quoi repondre à ta question. Oui et non...
-Expliques-toi.
-Et bien...Je vis toujours chez ma mère, mais dans un studio indépendant de son appartement.
-D'accord. Il n'avait pas vraiment l'air surpris. Pourquoi ton père ne vit plus avec vous? J'étais un peu gênée.
-Il a quitté ma mère quand il s'est aperçu qu'elle buvait et le trompait. Il n'a plus jamais donné de nouvelles. Ma voix laissait transparaitre plus de tristesse que je ne voulais. Alex fronça les sourcils et secoua la tête.
-Les humains sont parfois absurdes. Je ris à sa remarque. C'était bien la première fois que j'entendais quelqu'un appeler son espece "les humaines" dans ce contexte. Quand à l'absurdité, il aurait pu la découvrir en se regardant dans un miroir. Qu'est-ce qui te fait rire? Il me souris en parlant, et j'en perdais mes mots.
-Heu...Rien, je...Il rit à son tour. Il devait connaitre l'effet qu'il avait sur les filles.
-Ta mère boit, donc...Je suppose que tu ne t'entends pas très bien avec elle?
-Effectivement, c'est plutôt la guerre. C'est pourquoi nous ne vivons plus sous le même toit. Il partit d'un grand éclat de rire.
-Et tu veux me faire croire que c'est à cette même mère que tu disais Je T'aime au téléphone, il y a dix minutes? Je rougissais immédiatement. Nous nous arrêtions à un feu rouge. Que tu m'ais menti, je peux le comprendre. Mais fais plus attention, la prochaine fois...
-Une chance que tu ne sois pas un serial killer...
-Ca, tu n'en as aucune preuve, ajouta-t-il avec un sourire de dément. Je ne pouvais que tomber sous son charme. Il m'aurait demandé de me jeter d'un pont, je l'aurais fait sans réfléchir. Même Spencer me sortait complètement de la tête en sa présence. Du moins jusqu'à ce que...Tu as un petit ami. Encore une fois, sa formulation tenait plus de l'affirmation que de la question.
-Oui. Spencer.
-Vous êtes ensemble depuis longtemps?
-Très.
-Tu l'aimes? Je tournais mon regard vers lui. Ni sa voix ni son regard n'exprimaient la moindre jalousie, ni même de l'anxieté. Je dois avouer que ça m'a un peu douchée, mais j'hesitais tout de même. J'aimais Spencer, mais quand je voyais des specimens comme Alex ou ses frères, je priais pour finir avec quelqu'un comme eux.
-Je crois...Il pouffa.
-On ne croit pas qu'on est amoureux. On l'est ou pas. Si on hésite, c'est qu'on ne l'est pas. Je me rebiffais immédiatement.
-C'est quelqu'un de très bien et il a toujours été là pour moi. Je l'aime. Il fit la moue, et mon coeur s'emballa. Encore. Et toi, tu as une petite amie? Il soupira.
-Non. Je cherche une femme sincère, fidèle, douce, intelligente, drôle et passionée...Je pense que cette femme n'existe pas, alors j'arrête de la chercher.
A cet instant, la voiture s'arrêta, mais je n'y prêtai aucune attention. Son visage, entre l'ange italien et le démon slave, était braqué sur moi. Ses yeux miel plongés dans le vert d'eau des miens. Comme si la phrase avait un sens caché, que je ne pouvais ou ne voulais pas saisir. Ses traits détendus, sa bouche entrouverte qui me lassait humer son haleine surcée, ses cheveux en bataille qui n'attendaient que ma main, ses lèvres pleines que j'aurais prises volontiers, sa peau de marbre que j'aurais caressé sans m'arrêter...
Je commençais à perdre la raison, et plus son visage s'approchait du mien, plus mon esprit s'echappait loin...Je sentis un de ses doigt, long et parfait, saisir une de mes boucles blondes, et la pousser sur un côté de mon visage. Je devais avoir l'air d'une parfaite idiote, à le reluquer comme ça, mais je m'en fichais. Je voulais profiter de cette image le plus longtemps possible. Tout à coup, il se mit à sourire.
-On est arrivé, Bethany.
Déconcentrée, je regardais dehors. A travers le rideaux de pluie, j'aperçevais le portail de notre maison. Sans regarder Alex, je prenais mes clefs, dans mon sac à main. La main sur la poignée de la portière, je fus bien obligée de le regarder à nouveau. La plus délicieuse torture au monde, d'après moi.
-Merci Alex.
-A bientot, Beth...
Avant que je ne puisse m'échapper, sa main gelée vint s'appuyer contre ma joue. Je me tournais vers lui, un peu surprise. Il embrassa ma machoire, sous mon oreille, à la limite de mon cou. Des dizaines de frissons parcoururent mon corps désarmé, et je perdais pratiquement connaissance. Sa bouche se décolla de ma peau en moins d'une demi-seconde. Il ne me regarda plus, et je sortai de la voiture, encore tremblante.
Les phares éclaraient ma route. J'entrai la clé dans la serrure avec difficulté, et entrai dans le jardin. En regardant le pare-brise, puisque j'étais eblouie par la lumière, je lui adressais un dernier signe de la main. Dans ma précipitation, et mon papillonement psychologique,je n'avais même pas remarqué qu'il avait trouvé l'endroit où j'habitais sans que je le lui indique. Alexander Knight allait me faire perdre la tête. Et il allait briser le coeur de Spencer, si ça continuait.
