La nuit fut longue, Kate avait enfin laissé parler ses sentiments et ses émotions n'en étaient que décuplées. Elle n'espérait qu'une chose, ne pas regretter le lendemain, ne pas changer d'avis. Elle ne voulait plus de leur amitié arrangée, elle voulait plus. Mais serait-elle capable de l'assumer au grand jour ? Elle n'aurait au moins pas à se cacher au travail, puisqu'elle n'en avait plus. Qu'allait-elle faire à la place ? Du plus loin qu'elle se souvienne, Beckett avait toujours voulu être flic. Son métier était la plus grande partie d'elle-même, arriverait-elle à se reconstruire sans ça, et surtout sans avoir résolu l'affaire de sa vie ? Elle n'était sure de rien, à part qu'elle était bien dans les bras de Castle. Elle ne s'était jamais sentie si libre, si protégée. C'était une sensation bizarre pour celle qui portait un gun à la ceinture 18 heures sur 24, de se sentir plus en sécurité entre les bras puissants de Castle, qu'armées. Elle ferma les yeux, calquant sa respiration sur celle de son amant couché à ses côtés. Leur première nuit n'avait pas été parfaite, mais elle laissait présager des suivantes, ils allaient devoir apprendre à s'apprivoiser, à ne faire plus qu'un. Elle n'avait jamais été satisfaite comme elle l'avait été avec lui. Il serait le meilleur amant de sa vie, et la petite fille intérieure qu'elle était restée espérait que ce soit aussi le dernier.
Lorsque Castle se réveilla le lendemain matin, il déplia son bras pour s'étirer et rencontra un corps étranger, tout d'abord, il fut surpris, puis il huma une odeur de cerise et un sourire éblouit son visage, que c'était bon de se réveiller ainsi. Il n'avait pas encore ouvert les yeux, mais il savait que la journée serait bonne. Elle ne pouvait que l'être puisqu'il venait de passer la nuit dans les bras de la plus belle, la plus intelligente et la plus sexy des femmes qu'il puisse exister sur terre. Ça valait tous les prix littéraires du monde. Il n'avait pas été si heureux depuis le jour où on lui avait annoncé que son roman « vague de chaleur » serait adapté au cinéma. Et encore, le bonheur de se réveiller aux côtés de la très chère Katherine Beckett valait dix moments comme celui-là. Il essaya de faire durer ce moment le plus longtemps possible, mais le besoin et l'envie d'ouvrir les yeux pour découvrir son corps nu seulement éclairé par la lumière du jour se fit plus pressante et il ne résista pas longtemps. Il pivota sur le côté, ouvrit un œil puis l'autre. La première chose qu'il vit et il était sur il s'en souviendrait toute sa vie, c'est le visage détendu de sa partenaire et amante endormie à ses côtés. Il ne l'avait jamais vu aussi vulnérable, elle était livrée à son regard, il ne pouvait s'empêcher de détailler chaque trait de son visage si parfait. Il commença par effleurer de sa vision les cheveux soyeux et caramel foncé de Kate, il les préférait long que courts comme ils étaient au début de leur partenariat. Elle paraissait plus féminine qu'au tout début et il espérait secrètement être la raison de ce changement. Ils bouclaient harmonieusement dans son cou à la peau laiteuse. Il ne put s'empêcher [même s'il savait qu'il risquait sa vie] de passer un doigt sur son front en partant de la naissance de ses cheveux jusqu'à l'arête de son nez. Il sentit la peau de Kate frissonner sous ses doigts et un sourire naquit sur ses lèvres. Il ne put qu'être encore plus heureux de provoquer de telles sensations rien qu'avec un frôlement de ses doigts contre sa peau. Il continua sa progression sur ses joues qu'il avait vu rougies au cours de la nuit alors que le plaisir prenait possession de son corps. Il avait adoré plonger son regard dans le sien au moment où elle avait été terrassée, son propre plaisir en avait été décuplé. Ses yeux étaient actuellement fermés mais il savait que ses prunelles émeraudes pouvaient changer de couleur, cette nuit elles avaient été tour à tour noir, puis marron et vert pétillant. Il aimait chacune de leur facette, surtout lorsqu'un sourire étirait ses magnifiques lèvres qu'elle torturait sans cesse au commissariat lorsqu'une enquête lui donnait du fil à retordre. Il glissa son doigt sur ses lèvres appréciant leur toucher velours, mais il ne s'attendait pas à ce qui arriva une seconde plus tard, son doigt se retrouva coincé entre les dents de Beckett. Ses yeux étaient grands ouverts et de petits éclairs semblaient en sortir. Castle la supplia de lui rendre la partie de son corps qu'elle gardait prisonnière. Elle le lâcha après lui avoir infligé une légère morsure et un sourire étira ses lèvres.
Kate : je t'ai déjà dit que je ne supporte pas quand tu me regardes comme ça !
Rick : tu ne peux quand même pas m'interdire de te regarder ?
Kate : je pourrais, si j'avais mon arme, mais comme ce n'est pas le cas.
Rick appuyant sa tête sur son coude : comment ça tu n'as plus ton arme ?
Kate baissa la tête devant sa question, il saisit son menton entre ses doigts et lui fit redresser la tête pour plonger son regard dans le sien.
Kate : j'ai démissionné.
Rick : tu as quoi ?
Kate : Gates allait me renvoyer, je lui ais évité de la paperasse.
Rick : comment je vais écrire mes suites ?
Kate leva les yeux au ciel avant de soupirer : tu as de quoi écrire 25 tomes avec toutes les enquêtes que tu as suivies.
Rick : alors pourquoi as-tu accepté ma présence alors que tu pouvais me renvoyer ?
Kate sentit ses joues rougir, elle attrapa son oreiller et le balança sur Castle qui sourit devant son attitude.
Rick : réponds moi s'il te plait.
Kate : le maire, personne ne peut rien lui refuser tu le sais très bien.
Rick approcha son visage du sien pour capter son regard : la vraie raison s'il te plait.
Kate : j'apprécie notre dynamique de travail.
Rick se remit en position couchée et leva ses poings en l'air : Yes ! Je savais que tu aimais mes théories abracadabrantes.
Kate tenta de l'assommer avec son oreiller, avant de se blottir dans ses bras.
