Hello, hello, voici le troisième et dernier chapitre de cette petite fic. Merci pour les commentaires…et à très bientôt pour une nouvelle histoire qui est en cours d'écriture et qui sera beaucoup plus longue. Bonne lecture.
Ils sont tous les deux complètement paralysé. Devant l'absence de réaction d'Elliot, Olivia pense qu'elle vient de faire la chose la plus ridicule de sa vie. Il ne partage pas ses sentiments et elle lui fait une déclaration qui la rendra sûrement honteuse jusqu'à la fin de son existence. Elle doit faire quelque chose pour rompre le malaise.
«Je suis désolée Elliot, je n'aurais pas dû te dire ça. J'ai trop bu et je me suis laissée emportée. S'il te plaît rentre chez toi. »
A la surprise d'Olivia, Elliot se rassoit calmement sur le divan.
« Elliot… »
« Je ne bougerais pas d'ici. »
Elle pousse un soupir et s'assoit près de lui. Il est trop tard pour reculer. Elle en a trop dit. Elle ferme les yeux, espérant que tout sera fini rapidement.
« Tu dois essayer de te mettre à ma place. Cette situation est devenue trop difficile à gérer pour moi. Je n'arrive plus à faire semblant, je n'en ai plus la force. »
Elliot regarde droit devant lui, n'osant pas croiser son regard.
« Depuis combien de temps ? »
Elle ouvre les yeux et tourne son visage dans sa direction.
« Depuis combien de temps quoi ? »
Il ne la regarde toujours pas.
« Depuis combien de temps ressens-tu des choses pour moi ? »
La vérité est dite. Ces sentiments enfouis depuis si longtemps sont enfin dévoilés.
«Beaucoup trop longtemps pour que je m'en souvienne exactement. »
A cette réponse un peu inattendue, il tourne sa tête vers elle.
« Et pourquoi tu n'as jamais rien dit ? »
Son désir de le gifler est presque instantané.
« Peut-être parce que tu es marié ! »
Si elle hausse le ton, il peut sans problèmes faire de même.
« J'ai été séparé pendant presque deux ans ! »
« Mais pas divorcé ! »
« Et qui a tout fait pour que je ne divorce pas ? Qui me répétait sans cesse de parler à Kathy et d'essayer d'arranger les choses ? »
Elle se lève du divan, mais cette fois-ci sa tête semble être stable sous ses pieds. La tournure de la conversation semble avoir dissipé le brouillard qui avait envahi son esprit un peu plus tôt.
« Tu n'allais pas bien. J'essayais simplement de faire ce qui pouvait te rendre heureux. Tu aimes trop ta famille pour vivre loin d'elle. »
Il se lève lui aussi, et se place devant elle, à quelques centimètres de son visage.
« Mes enfants me manquaient, pas Kathy ! »
Elle se recule alors et se met à rire, levant les bras aux ciels.
« Bien sûr. C'est certainement pour cette raison que tu as couché avec elle et que tu lui as refait un enfant ! »
Il pose ses mains sur sa taille, la colère écrite partout sur son visage.
«J'étais très mal ce soir-là. Cet homme avait tué sa famille. J'avais besoin de voir mes enfants pour m'assurer qu'ils allaient bien ! »
« Et tu a eu aussi besoin de coucher avec Kathy pour t'assurer qu'elle allait bien ? »
Il passe sa main sur son visage, ne voyant pas du tout comment ils en sont arrivés là.
« J'ai eu un moment de faiblesse. Je l'ai regretté presque immédiatement mais c'était trop tard. »
«Oh, arrête de te trouver des excuses. Tu venais de signer les papiers pour le divorce après deux ans de séparation. Les choses étaient claires dans ta tête. Si tu n'avais pas voulu que ça se produise, alors tu ne l'aurais pas fait ! »
Il sait qu'elle a raison. Mais comment lui dire que ce soir-là, ce n'est pas à Kathy qu'il avait fait l'amour mais à elle ? Il est furieux qu'elle ne lui ait jamais rien dit de ses sentiments. Ils pourraient être ensemble aujourd'hui. Au lieu de cela, il se morfond dans un mariage qu'il ne veut plus.
«J'étais seul. Tu n'étais pas là. J'avais besoin de réconfort et tu n'étais pas là ! »
« Donc c'est de ma faute si tu as couché avec Kathy ? Mince, si j'avais su je serais restée, j'aurais peut-être eu une chance ! »
Il est à bout de nerfs. Il se rassoit sur le divan et se prend la tête à deux mains. Il doit se calmer mais surtout la calmer. Il y a quelques minutes elle lui a dit qu'elle veut partir et tout ce qu'il trouve à faire c'est de l'engueuler. Il est en train de la perdre et elle ne sait toujours pas que lui aussi a des sentiments pour elle.
« Ce n'est pas drôle Olivia. Notre relation est en train d'exploser parce que nous n'arrivons pas à être honnêtes l'un envers l'autre. »
Elle est toujours énervée mais au son de la voix plus douce d'Elliot, sa colère dégonfle un peu.
« Nous n'avons pas de relation, nous sommes simplement équipiers. »
Il relève la tête et la regarde dans les yeux.
« Je sais depuis quelques minutes que tu ne me considères pas simplement comme ton équipier. Et de mon côté c'est la même chose. »
Elle sursaute sur la dernière phrase, ayant peu d'avoir mal compris.
« Tu es bien plus que mon équipière ou mon amie. Quand je me suis séparé de Kathy, j'ai espéré que tu me montres quelque chose, n'importe quoi, qui aurait pu me donner la force de faire évoluer les choses entre nous. Mais je n'ai rien vu. Alors je n'ai pas bougé. »
Elle n'en revient pas. A plusieurs reprises elle semblait lui avoir montré qu'il comptait pour elle.
« Tu plaisantes ! Après l'affaire Gitano, je suis partie pour te laisser le temps de réfléchir. Je n'ai pas voulu te brusquer. Et comment aurais-je pu savoir que tu ressentais quelque chose pour moi ? Quand je suis revenue de l'Orégon, tu n'avais pas l'air d'être vraiment content de me revoir ! »
Elle sent sa colère repartir quand elle pense à Dani, cette intrigante qui semblait si bien s'entendre avec Elliot.
«Bien sûr que j'étais heureux de te revoir. Mais que veux-tu, je ne suis pas vraiment le genre d'homme à montrer mes sentiments. Et toi non plus d'ailleurs. »
Elle doit sourire à sa remarque. Ils n'ont jamais été doués pour communiquer tous les deux.
« Je me serai difficilement vue te sauter au cou quand Kathy t'a quitté. Et même si je l'avais fait, comment pouvais-je être sûre que tu ne m'aurais pas repoussé ? Tu ne m'as jamais montré quoi que ce soit non plus. »
Les voici donc ici, dans l'appartement d'Olivia, à se regarder, ne sachant que faire. Ils connaissent maintenant leurs sentiments l'un pour l'autre, et alors ? Que doivent-ils faire ? Elliot est toujours marié et Olivia ne lui demandera jamais quoi que ce soit. Ils sont dans l'impasse.
«Tu es fatiguée, il est tard, la soirée a été longue et nous ne résoudrons rien maintenant. Je te propose donc que nous profitions d'une bonne nuit de sommeil et que demain nous parlions de ce que nous allons faire. »
Elle ne voit pas bien comment ils pourraient se sortir de cette situation, mais elle est bien trop épuisée pour argumenter avec lui. Peut-être qu'après un peu de repos, leurs esprits seront plus clairs.
« Kathy m'a interdit de rentrer à la maison. Je n'ai aucune envie de partir et ton divan a l'air très confortable. »
« Elliot, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »
« Je te promets de ne pas bouger, sauf si bien sûr tu ne peux pas résister à mon irrésistible charme ! Et demain je te ferai le petit-déjeuner. »
Elle sait qu'il ne bougera pas. Il est beaucoup trop intègre pour tromper sa femme. Mais savoir qu'il sera couché dans la pièce à côté de sa chambre ne l'emballe pas. Olivia a toujours été très sensible à la proximité d'Elliot.
«Ok. »
Elle ne peut rien dire d'autre. Tant de choses ce sont passées ce soir. Il faut donner à son esprit le temps de s'adapter à tous ces changements.
« Je vais aller te chercher des draps, une couverture et un oreiller. Pendant ce temps, je te laisse t'occuper du divan. »
Elle n'attend pas qu'il réponde, elle part dans sa chambre chercher ce dont elle a besoin, car même si elle trouve la situation étrange, elle ne veut pas qu'il change d'avis.
Elle revient quelques minutes plus tard et trouve Elliot en train de l'attendre, debout à côté du divan ouvert.
«Je t'ai sorti une serviette et il y a tout ce qu'il faut dans la douche si tu as besoin. Il y a aussi une brosse à dents neuve dans l'armoire de toilette. Tu veux que je t'aide à faire ton lit ? »
« Non, merci, ne t'inquiète pas, je vais me débrouiller. »
« Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais comme chez toi. Bonne nuit Elliot. »
« Bonne nuit Olivia. »
Elle s'éclipse dans sa chambre et ferme la porte, priant de trouver le sommeil et redouter le matin suivant.
Pendant qu'il fait son lit, il espère que demain matin elle n'aura rien oublié et qu'elle sera prête à entendre ce qu'il a à lui dire.
Olivia est réveillée par des bruits venant de la cuisine. Elle avait mis un peu de temps à s'endormir, son cerveau se torturant de leur discussion, mais une fois que le sommeil l'avait pris, elle ne s'était pas réveillé une seule fois, chose qui ne lui était pas arrivée depuis très longtemps.
Elliot est en train de finir de servir les œufs brouillés et le bacon grillé quand Olivia entre dans la cuisine. Le café est chaud et n'a plus qu'à être servi. Il a passé une assez bonne nuit vue les circonstances. Il a réfléchi à toutes les éventualités possibles pour eux mais à la fin n'a réussi qu'à en garder qu'une seule. Il doit maintenant la convaincre.
« Bonjour. Bien dormie ? »
« Bonjour. Très bien merci. Et toi ? »
« Pas mal. »
« Le divan ne remplace pas un vrai lit. »
« Oh non, le divan était très bien. J'avais juste pas mal de choses à l'esprit. »
Elle est soudainement très timide. Il a certainement dû réfléchir et venir à la conclusion qu'il est mieux pour tout le monde qu'elle parte. Il doit préserver sa famille avant tout.
« Le petit-déjeuner est prêt. Viens t'asseoir. »
Il lui fait signe de prendre une chaise et elle s'exécute docilement. Il pose son assiette devant elle, à côté de laquelle il y un verre plein de jus d'orange et une tasse vide. Il se sert sa propre assiette et va ensuite chercher le café. Il remplit leurs tasses et s'installe en face d'elle.
« Mange tant que c'est chaud. Et détend-toi, sinon tu vas me faire stresser. »
Elle sourit et commence à manger. Il fait de même et pendant trois minutes ils ne disent rien, savourant simplement leur repas. Puis Elliot pose sa fourchette et regarde Olivia.
« Je veux être avec toi Olivia. »
Elle s'arrête de manger et le regarde étrangement.
« Je ne serais jamais l'autre femme Elliot, celle qui se cache dans l'ombre et ne peut obtenir qu'un peu de l'homme qu'elle aime. »
« Je veux divorcer. »
« Je ne serais pas celle qui a détruit ton mariage. Je ne veux pas que tu me reproches un jour de t'avoir fait perdre ta famille. »
Il se recule dans sa chaise et sourit.
« Je t'aime Olivia, mais parfois tu es impossible. »
Elle ne peut s'empêcher de sourire aussi, même s'il semble n'y avoir aucune issue à leur amour.
« Alors dans ce cas, je reste avec Kathy, tu pars très loin et nous restons malheureux jusqu'à la fin de nos vies. »
Elle soupire, sachant que si elle part, elle fera la plus grosse erreur de toute son existence.
« Et si un jour tu te rends compte que tu t'es trompé sur moi ? »
« Dis-moi que tu m'aimes. »
« Réponds à ma question. »
« Après douze ans je suis toujours là. Et dans trente ans ce sera pareil. Maintenant dis-moi que tu m'aimes. »
« Je t'aime. »
Il se redresse et pose ses coudes sur la table.
« Alors tout est réglé. »
Elle se met à rire devant sa nonchalance.
« Tu crois que c'est aussi simple que ça ? »
Il sourit encore, mais c'est un sourire plein de confiance et de promesse.
« Oh que oui. J'ai perdu assez de temps comme ça. Tu ne m'échapperas plus Olivia Benson. Je te demande juste de patienter encore un peu et ensuite nous serons ensemble pour toujours. »
Son enthousiasme doit être contagieux, parce qu'elle se met à sourire et croire ce qu'il lui dit.
« Alors tout est réglé. »
Il se lève, fait le tour de la table, se penche vers Olivia et dépose ses lèvres sur les siennes. Il reste un instant à son contact puis se redresse.
« A bientôt Liv. »
Il se dirige dans le salon, prend sa veste et se dirige vers la porte. Il l'ouvre et se retourne vers Olivia.
« A très bientôt. »
Il sort et ferme la porte, laissant une Olivia souriant comme une adolescente attendant le coup de téléphone de son petit-ami.
