Après une courte marche, ils trouvèrent une route qui les conduisit jusqu'à une colline escarpée au sommet duquel se trouvait un magnifique château, rappelant le moyen âge. Il était bâtit avec des pierres blanches qui reluisaient sous les rayons du soleil. Il était encadré de quatre hautes tours. Des centaines de fenêtres perçaient le mur d'enceinte, mais d'où le docteur et Astrid regardaient, il n'y avait aucune porte apparente.

- Je crois qu'il nous faudra le contourner pour trouver l'entrée, pensa tout haut Astrid.

- Il faudrait plutôt chercher l'escalier, fit remarquer le docteur devant la colline escarpée. Ce château a quelque chose du mont St-Michel… Vous ne trouvez pas?

- J'ignore de quoi vous parlez.

- Ho! C'est vrai, vous ne venez pas de la Terre. Au fait, d'où venez-vous déjà?

- De Sto.

- C'est dans la ceinture de Cassavalian, n'est-ce pas?

- Exactement!

- Jamais entendu parler.

Astrid resta interdite un instant puis, d'un pas rapide, elle rejoint le docteur qui poursuivait sa marche vers le château.

- Vous vous moquez de moi. Vous venez de donner la localisation de ma planète.

- Oui, je connais le système de Sto, mais pas l'espèce stoïenne. J'ignorais même qu'il y avait de la vie sur cette planète avant de me trouver sur le Titanic.

- C'est normal, il n'existe pas dans la galaxie un endroit plus éloigné de tout que Sto. Et vivre sur ce rocher, c'est nul. Il n'y a rien de plus ennuyeux.

- Je comprends mieux pourquoi vous avez voulu la fuir.

- Je n'ai pas fuit, je suis juste partie.

Le docteur sourit.

- Je n'ai pas fuit Gallifrey, moi non plus, je suis juste parti.

- Vous avez fuit votre planète, demanda la Stoïenne?

- J'ai fait la même chose que vous. Si j'ai fuit, vous avez fuit.

- Ce n'est qu'un mot s'offusqua Astrid. Fuir, partir, quelle différence ça fait?

- La différence, c'est que vous préférez utiliser un mot plutôt que l'autre.

Elle ne répondit pas, le docteur resta alors silencieux. Il marchèrent encore un moment, puis arrivèrent au pied de la colline. Le gallifrérien ne s'était pas trompé, il y avait bien un escalier taillé dans la pierre qui tournait en spirale autour de la montagne.

- J'espère que vous avez le cœur solide, s'exclama l'ancienne femme de chambre. L'ascension sera longue.

- Les deux sont en parfait état, s'amusa le docteur en posant un pied sur la première marche.

- Les deux, s'exclama la Stoïenne alors qu'elle emboîtait le pas! Vous avez deux cœurs! Décidément vous êtes plein de surprise, ajouta-t-elle en levant les yeux pour évaluer la hauteur de l'escalier. J'aurais bien besoin que vous m'en prêtiez un.

- Pour ça il me faudra admettre que vous avez fuit Sto.

Astrid éclata de rire.

- Vous ne lâchez pas facilement prise.

- Alors, voulez-vous faire la course, s'exclama joyeusement le docteur? Le premier en haut décide de la prochaine destination.

- Si vous me prenez par les émotions, fit Astrid en accélérant son ascension.

Elle monta les escaliers deux à deux jusqu'au milieu de la montagne prenant une avance considérable sur son opposant. Puis, elle s'arrêta pour reprendre son souffle. Son cœur battait à tout rompre. Parfait, pensa-t-elle, avec deux cœurs, la sensation devait être encore plus désagréable. Elle reprit la course, puis sentit comme un coup de vent la frôler, puis elle vit que le docteur venait de la dépasser en regardant le dos de son imperméable s'éloigner rapidement.

Elle se découragea momentanément. Jamais, elle ne pourrait le rejoindre, elle n'avait plus de souffle. L'air qu'elle inspirait lui brûlait littéralement les poumons. Alors, elle opta pour une autre tactique. Elle arrêta de courir et termina de gravir les escaliers d'un pas normal.

Le docteur arrêta sur l'avant-dernière marche et l'attendit paisiblement. Elle continua sa lente ascension jusqu'à ce qu'elle le rejoigne.

- Vous n'avez pas encore gagné, il vous reste une marche.

- Je sais, je voulais que ça se corse un peu. Ça aurait été trop facile. Et vous, pourquoi vous arrêtez-vous de courir?

- Je me suis dit que je ne tenais pas vraiment à choisir la prochaine destination.

- Ha! Allez! Vous avez au moins quelque peu le sens de la compétition.

- Je l'avais, mais j'ai du l'échapper en montant. Je crois qu'il est là-bas, ajouta-t-elle en pointant quelque chose en bas.

Le docteur se pencha pour regarder et Astrid sauta sur la dernière marche.

- Gagnée! Je vous ai bien eus!

Elle n'eut pas le temps de savourer sa victoire. Un léger bruit de raclement de gorge attirèrent leur attention. Ils contournèrent le muret qui leur bloquait la vue. Une demi douzaine de gardes portant la cotte de maille et l'épée et vêtue à la mode du moyen âge les regardaient avec curiosité.

- Bonjour, dit le Seigneur du temps en tendant sa main vers les soldats. Je suis le docteur et voici Astrid. Nous sommes des voyageurs et nous aimerons bien visiter votre château.

- Suivez-nous, dit froidement un des gardes.

Le docteur et sa compagne se regardèrent. Il y avait quelque chose d'inquiétant dans leur attitude. Les voyageurs du temps ne se sentaient pas les bienvenus. Le duo les suivirent cependant à l'intérieur de l'immense forteresse.