Auteur: Minakochan

The private paints

(Owners: M. Potter & M. Malfoy)

Chapitre 3 : Entretien avec un Malfoy

C'est le nez collé à la fenêtre constellée de givre que Scorpius surprit son ami Albus dans le Hogwarts Express. Ce dernier semblait plongé dans un sommeil comateux ; il le secoua assez violemment. « chacun son tour », se dit-il. Le jeune garçon de 14 ans bondit tel un Nimbus 3000 et enfonça l'extrémité de sa baguette sous le menton du blondinet. Lorsqu'il réalisa que ce n'était ni son père, ni une créature maléfique, Albus abaissa l'objet magique.

« - 'xcuse… » fit-il, la voix graillonneuse.

Scorpius gloussa et rien de plus. Il savait toute la tension que ressentait son jeune camarade à l'approche de son entretien avec le vieux Lucius. Le blondinet s'affala en face de son ami et poussa un soupir. Les vacances promettaient d'être lourdes de conséquences si Albus parlait avec son grand père. Cependant, en véritable héritier Malfoy, Scorpius avait le goût du danger dans le sang et, sans le savoir, il fit le même choix que son grand père lorsque celui-ci accepta de poser pour le mystérieux « collectionneur »… A croire que les expériences des aînés ne servent à rien…

« King's cross » pointait déjà son nez à l'horizon et tous les jeunes sorciers et sorcières tentaient alors de descendre leurs lourdes malles, sur la pointe de leurs pieds fébriles.

Scorpius Malfoy, malgré ses 14 ans bien passés, avait un corps trop fin pour son âge. Cela lui donnait un aspect androgyne qu'il ne lui déplaisait pas de cultiver. En pur Malfoy, il appréciait la beauté des formes et des couleurs, et avait une maturité esthétique curieusement développée pour son âge.

Albus Séverus, tout comme son père, possédait une incroyable bataille de cheveux couleur de jais. Sa musculature était plus saillante que celle de son ami Malfoy. Néanmoins, sur la toise, il restait désespérément en dessous du blondinet, à son grand désespoir.

Scorpius descendit le premier, grâce à Winky, son elfe de maison qui portait sa malle. Il rejoignit son père sur le quai 9 ¾ ; pas d'étreinte, juste un tapotement sur ses maigres épaules. Ce n'est que lorsqu'Albus descendit du train, qu'un évènement pour le moins inhabituel se produisit. Albus le remarqua et fut sans doute quasiment le seul : la présence de Lucius Malfoy. Son cœur s'accéléra : tous les tableaux lui revinrent en mémoire, à la vitesse l'éclair. Dans sa tête défila le premier tableau, sobre ; puis le deuxième qu'il connaissait : Lucius et son père, Harry, dénudés dans un lit ; et enfin, la photo volée de leurs ébats passionnés et interdits… Le jeune garçon eut l'impression que la foule s'était évaporée soudainement dans une épaisse brume grise. Il n'entendait que les tambourinements de son cœur : Lucius le fixait à présent. Ses yeux bleu glacials fascinèrent littéralement le jeune garçon, exactement comme ils avaient subjugués son père vingt deux ans auparavant… L'histoire semblait se répéter…

La brume se dissipa et Albus Séverus fut tiré sur le côté du quai avec force.

« - Bonjour quand même, canaille ! » jacassa son père, Harry Potter.

Albus, complètement hébété, ne réussit à sortir qu'un grognement rauque.

« - On dirais que tu as vu un épouvantard, ma parole ! » s'écria son père.

Et comme son fils ne cessait de fixer devant lui, Harry tourna enfin la tête. Son cœur bondit également dans sa poitrine. Lucius. Après toutes ces années. Il était vieux à présent. Ses longs cheveux blonds n'étaient plus qu'un amas gris et argenté. Ses joues s'étaient creusées, sa silhouette, amaigrie. Mais il dégageait toujours une aura d'une grande sensualité. Il sourit énigmatiquement au père et au fils ; puis tourna les talons.

Drago s'était approché d'Harry et de son fils, sans que ces derniers s'en aperçoivent. Ils sursautèrent donc.

« - Salut, Potter. » fit le grand blond.

« - …ah ! Euh, salut, Malfoy ! » s'écria Harry, encore surprit.

Drago soupira, comme s'il trouvait offensant qu'Harry et son rejeton ne l'ai pas remarqué.

« -Scorpius m'a parlé dans sa dernière lettre qu'il souhaitait vivement que ton fils se joigne à nous pour les vacances de Noël. »

Il avait dit tout, posément, avec des mots distingués. Ce qui n'avait pas été le cas dans sa jeunesse.

Harry serra son fils avec un bras, contre lui.

« - Oui, oui ! Al' m'en a parlé, mais je vais peut être le garder au début, cela fait longtemps que nous n'avons pas été en famille. » dit Harry en souriant.

Albus se dégagea vivement de l'étreinte paternelle.

« -Eh ! Je veux aller tout de suite avec Scorpius ! Je resterai pas longtemps ! Et après je reviendrai à la maison ! » fit Albus, tel un enfant gâté.

Cela aurait pu fonctionner. Si son père n'avait eu de l'autorité.

« - Il n'en est pas question, Al' ! Tu n'as plus l'âge de faire des caprices ! Ta mère serait très déçu ainsi que ton frère et ta sœur ! »

Albus, à court d'arguments, tenta le tout pour le tout et couru vers la sortie de King's cross. Il voulait savoir maintenant. Il voulait voir le vieux Lucius maintenant. Son cœur battait la chamade, il devait le trouver.

C'était le jour de chance d'Albus Severus. Aveuglé par la vitesse de sa course, il bouscula un homme vêtu d'une cape. Un homme aux longs cheveux argentés. Celui-ci empoigna si fortement le bras que le jeune garçon ne put qu'exprimer sa douleur.

« - Aïe ! Lâchez moi, vous me faites mal ! »

Lucius le secoua pour voir son visage. Mais il resserra sa poigne.

D'une voix traînante et incroyablement suave, il s'adressa à Albus :

« - Que faites-vous là, jeune Potter ? »

Il avait prononcé son nom avec aversion.

Albus était sans voix. Ses joues rosirent tandis que son regard croisait le bleu glacial de ceux de Lucius Malfoy. Malgré son âge, il était tellement…tellement…

« - …je…je…voulaisvousparlermonsieurmalfoy… » dit il en avalant ses mots.

Lucius eut un rictus méprisant. Il le relâcha. Harry Potter arriva et prit Albus contre lui. La tension entre lui et Lucius grandit.

« - Que fais tu avec mon fils, Lucius ? » accusa t il.

L'ex Mangemort ricana.

« - Absolument tout ce qu'il te plaira de croire… »

« - Ne l'approche pas, plus jamais ! » menaça Harry.

Albus se dégagea de son père et dit calmement :

« - Laisse, papa. Je voudrais juste lui dire quelque chose. En privé. » souligna t il.

Harry jeta un dernier regard à Lucius et prononça :

« - Assurdiato ! »

Ainsi personne, hormis Lucius, n'entendrais ce qu'Albus lui dirait. Le jeune garçon s'avança. Il planta son regard de défi dans celui de Lucius Malfoy.

Harry suivait la scène de l'extérieur. C'était comme regarder un film muet. Son fils semblait sûr de lui, plein d'aisance… Au contraire Lucius paraissait impressionné, avec un soupçon de crainte. L'Auror se demanda ce que son fils avait de si important à dire à un homme qu'il ne connaissait pas. Harry n'aimait pas cela. Parler avec Lucius ne présageait jamais rien de bon..

Albus Severus se retourna, laissant un Lucius Malfoy faussement amusé. Il n'était pourtant pas facile de l'impressionner…

Le jeune garçon revint dans les bras de son père ; et, comme si rien ne s'était passé, demanda :

« -Où sont Maman et les autres ? »

Harry, tellement surpris par le revirement, ne répondit pas de suite.

« -…euh, elle… elle est partie avec James et Lily au portoloin… »

« - Bon, qu'est-ce qu'on attend, alors ? » s'écria Albus.

Et le jeune garçon s'élança vers la lumière du jour rejoindre le reste des Potter.

Harry ne trouva rien d'autre à ajouter et lui emboîta le pas.

« - Que vous a-t-il dit, père ? » demanda Drago à Lucius.

L'ex-Mangemort sourit.

« - Tu ne me croirais pas… »