Déclaration : l'histoire originale et les personnages appartiennent à J.K. Rowling
Pour le reste, j'en suis l'unique auteur
Merci pour vos reviews et les Story Alert
Bonne lecture
Chapitre 3 : De Lagrange
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1977, 1er Septembre
Arrogant, séduisant, charismatique, caractériel, impulsif et observateur, autant de qualités et de défauts qui font toute la personnalité de Sirius Black.
Avec son meilleur ami et frère de cœur, James Potter, ils avaient passé l'été entier chez ce dernier à peaufiner leurs blagues envers les serpentards, et contre les quelques mécréants qui auraient encore le courage de se risquer contre les célèbres Maraudeurs. Mais cette fois-ci, ils allaient devoir la jouer serrée. Pas question que la belle Lily Evans y trouve encore à redire sur le caractère subtil de James.
Et pour ça, Sirius serait capable de se retenir, disons peut-être le mois de la rentrée des classes, afin que la jeune fille se rende enfin compte de l'immense chance d'avoir son meilleur pote comme petit copain.
C'est vrai quoi, même s'il ne pouvait pas se mettre à la place de Lily, quelle nana ne serait pas comblée d'avoir à son bras un garçon tel que James. Cette fille ne connaissait vraiment pas sa chance.
Même si parfois, il comprenait que son ami pouvait être assez lourd dans son genre. Quoique finalement non, cela reviendrait à dire que Sirius Black lui-même est un gars lourd. Et ça c'est tout-à-fait impossible puisque l'un ne va pas sans l'autre.
Et maintenant, tous deux trépignaient d'impatience sur le quai 9 ¾ en attendant que les deux autres condisciples des Maraudeurs fassent leur apparition.
Comme à son habitude, James ressemblait à un garçon qui venait de sortir tout droit du ventre d'une tornade, ses cheveux noirs incoiffables en étaient la cause première. Il affirmait toujours qu'il était un précurseur en la matière, et déclarait souvent à ses amis :
- Un jour le style « out of bed » sera à la mode les mecs, et toi mon cher Patmol, avec tes cheveux longs comme une fillette, tu passeras pour un houppy.
- Hippy Potter, hip-py, le reprenait inlassablement Lily, n'utilise pas de mots moldus si tu ignores leur prononciation correcte.
Mais apparemment, cela devait avoir son petit succès auprès de ces demoiselles, qui gloussaient souvent à l'occasion d'une énième bêtise de James. Et qui, pour ne rien gâcher, avait un sourire à faire craquer plus d'une, bien qu'une seule lui aurait suffit.
Sirius n'était pas en reste et on comprenait aisément, à son élégance et à sa prestance naturelle, qu'il faisait parti d'une des plus nobles et anciennes familles de sang-pur d'Angleterre : les Black.
Tout en lui avait été étudié par ses soins, afin de toujours faire en sorte de sortir du lot de ces braves moutons qu'étaient ses camarades de classes, hormis les autres Maraudeurs bien entendu.
De grande taille, un visage très agréable, un sourire colgate tel qu'on en trouverait dans une pub moldue, et des yeux et cheveux aussi sombres que le charbon, marques de fabrique des Black.
Une seule personne faisait exception à ces traits, sa cousine Narcissa ; peut-être alors pouvions-nous douter de l'origine de celle-ci car, comme chacun sait, son oncle est un homme très occupé et souvent absent. Et la tante dans tout ça ?
Peu lui importait de toute manière, il n'avait aucune attache avec la plupart des membres de sa famille et ne s'en portait que mieux.
Seules quelques exceptions trouvaient grâce à ses yeux, telle Andromeda une autre de ses cousines, sœur de Narcissa et de Bellatrix, la benjamine des filles. D'ailleurs quand il y repensait, c'est fou la ressemblance flagrante entre Andromeda et Bellatrix, et la différence de personnalité entre elles, l'une douce et ouverte d'esprit, l'autre mauvaise et colérique sans oublier ses folies passagères.
Mais tout à ses songes, Sirius ne vit pas arriver les deux derniers lascars de la bande, Remus Lupin et Peter Pettigrow.
Il n'est pas rare, chez les sorciers, qu'ils aient des caractéristiques physiques plus prononcées dirons-nous que les moldus.
C'est le cas de Remus qui sort également du troupeau, mais de manière ostensiblement autre que Sirius et James. Son visage laisse voir une balafre importante, qui d'ordinaire laisserait une marque ingrate sur un autre, pourtant un charme découle dudit visage. Ses yeux en sont certainement la raison : une couleur dorée prend place dans ses pupilles et l'or fondu de ces deux orbes ont quelque chose de délicieusement sauvage, d'animal. Quelle ironie lorsqu'on ignore la nature de ce jeune sorcier.
Peter, qui est le dernier membre, a un aspect plus banal et de petite corpulence, mais un faciès jovial et amical, avec des joues rondes et roses. On pourrait lui donner le bon dieu sans confession, et cela il le sait. Douce innocence trompeuse.
- SIRIUUUUUS!
L'appelé sursaute.
- Non mais ça va pas la tête James, tu veux peut-être que je te remette les idées en place!
- Ce n'est pas nécessaire, merci Pat, en revanche ça m'arrangerait que tu m'écoutes lorsque je te parle, répond James en lui lançant une tape amicale dans le dos.
- Et bien vas-y, maintenant que je suis tout ouïe, du moins avec le peu de tympan qu'il me reste, grommelle-t-il en se frottant l'oreille. Je te préviens si ça me laisse des séquelles auprès des filles…
- Mais oui mais oui, je sais tu me remettras les idées en place version coup de pied au cul, rétorque James avec un geste désinvolte de la main. Puis il pointe du doigt Severus Snape en compagnie de trois autres personnes.
- Je ne reconnais en rien Avery et Mulciber dans ses fréquentations, remarque posément Remus.
- Exact mon cher Lunard, en plus je suis quasiment certain que je ne les ai jamais vue à Poudlard ni sur le quai de la gare, précise James sur le ton de la confidence.
- Oooh toi je te vois venir, tu vas profiter du voyage pour malencontreusement tomber sur leur wagon et gentiment faire connaissance avec eux, histoire de faire les présentations.
- C'est à peu près ça Pat, l'un de vous souhaite-t-il m'accompagner dans cette excursion ? interroge-t-il en jetant un regard roublard sur ses compères.
- Tu connais la devise des Maraudeurs Cornedrue, et avec un clin d'œil de Sirius, « un pour tous, tous pour un ».
Une fois le train lancé et les bagages dans les filets, James reprend la parole.
- Dîtes les gars, aucun de vous n'a vu ma Lily ?
Tous hochent négativement la tête.
- Tant pis, je vais attendre qu'elle vienne à moi, prononce-t-il avec un grand sourire.
- Corny, les rêves se font la nuit en dormant et non en pleine journée les yeux grands ouverts, articule lentement Remus comme à un enfant, un drôle de sourire aux lèvres.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire Lunard, mais il ne fait aucun doute que Lily a été choisi pour être préfète-en-chef, et donc, elle va forcément venir jeter un coup d'œil pour vérifier le bon déroulement du voyage, et donc dans NOTRE wagon.
- Logique, confirme Peter.
- A moins que ce soit LE préfet-en-chef qui déboule dans notre wagon, déclare Sirius l'œil brillant.
- Et là manque de pot, rajoute joyeusement Peter.
- Pfff ok. Alors allons voir ce que complote servilus! Propose James en se levant agilement.
- Allez-y sans moi, je dois me rendre à la réunions des préfets, répond Rémus en se dirigeant vers l'avant du Poudlard Express.
Parvenu au dernier compartiment, James écarte vivement la porte et se retrouve face à Snape et ses deux habituels compagnons, Avery et Mulciber.
- Tiens tiens tiens, ne seraient-ce pas notre cher servilus et ses guignos de copains ? Demande-t-il hypocritement.
- C'est « guignols » James, lui souffle Sirius.
- Alors comme ça on s'essaye aux mots moldus, Potter? Crache Snape comme si son nom lui-même lui écorchait la bouche. Tu penses ainsi pouvoir plaire plus facilement à Evans ? Le seul guignol ici, c'est toi, sombre buse incapable de parler correctement.
- Mais moi personne ne me fuit, charogne en loque, où sont passées les personnes qui partageaient ta si désagréable compagnie sur le quai ? Déjà partis ? ça ne m'étonne pas, ils ont eu le bon sens de déguerpir avant d'être contaminés par ton air.
Alors que Peter jubile de la situation et que Sirius s'apprête à en rajouter, Snape reprend.
- Fout le camp Potter et emmène avec toi tes comiques de copains avant que, vous, vous ne contaminiez notre wagon de votre crétinerie aiguë.
- Sinon quoi ?
James a juste le temps de finir sa phrase qu'Avery a déjà dégainé sa baguette, suivi de peu de Snape et Mulciber.
- Tout doux les mecs, tout doux, personne ne voudrait qu'un carnage ait lieu n'est-ce pas ? Menace Sirius, baguette en main, rattrapé par Peter.
Avery, qui jusque là n'avait prononcé mot :
- Enfin tu comprends la situation dans laquelle toi et tes amis traîtres à leur sang vous vous êtes mis, ricane-t-il.
- Lorsque je parle de carnage Avery, ce n'est seulement qu'à sens unique, en définitif nous qui vous donnons une bonne leçon, sourit Sirius en montrant les crocs à la manière d'un chien. Peut-être que la venue d'un préfet pourrait sauver vos fesses ?
Et quand on parle du loup... un jeune homme à la carrure imposante passe la porte, l'insigne du préfet-en-chef épinglé à sa robe de sorcier.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Je vous préviens, pas d'esbroufe le jour de la rentrée. On n'est pas encore arrivé à Poudlard que l'infirmerie vous tente déjà ? Défie le jeune préfet-en-chef au ténor grave. Encore un nouveau record que les maraudeurs veulent battre? Et bien certainement pas en ma présence, et rangez-moi ces baguettes avant que vos maisons ne perdent des points avant même le début des cours. Il en est de même pour vous, en s'adressant aux trois serpentards.
Après un dernier regard, le jeune homme repart, accompagné de loin des gryffondors.
- J'ai bien envie de rajouter McDowelle à notre liste noir James, qu'en dis-tu ?
- Mouais je ne suis pas sûr Pat, se mettre à dos le préfet-en-chef dès le premier jour ne m'aidera pas beaucoup à avoir la côté auprès de Lily, affirme ce dernier doucement. Pour l'instant, ajoute-t-il avec une œillade complice envers Sirius.
- En parlant de fille, quand vas-tu enfin te mettre en chasse Queudver ?
- Bof, je ne suis pas aussi populaire que vous deux Sirius, annonce péniblement Peter en regardant le bout de ses chaussures.
- Bon puisque Lily ne vient pas à la fourrière, la fourrière ira à elle! Déclare James en marchant de plus en plus vite, ouvrant tous les compartiments à la recherche de la belle rousse.
- Corny, c'est Lagardère, La-gar-dère, corrige Sirius en ne comptant plus ses bévues.
Pour répondre à la question muette de Peter, il lui précise que ce dernier a impérativement tenu à se cultiver en matière moldue, à commencer sans surprise par les loisirs. Et quelle découverte ils ont fait en mettant les pieds pour la toute première fois de leur vie dans un cinéma de quartier. C'était stupéfiant.
Tout en discutant, ils approchent du compartiment réservé aux préfets. Et avec toute la délicatesse dont le jeune homme à la chevelure endiablée est capable, il s'exclame :
- Bonjour Lily, as-tu passé de bonnes vacances, je suppose que oui, tu as bonne mine et tu es encore plus jolie.
Lily Evans, brillante jeune fille à la crinière de feu, se trouve brutalement coupée dans son argumentation d'avec Rémus.
- Bonjour Potter. Je ne vous renvoie pas la question à toi et à tes amis, il suffit d'un simple coup d'œil pour remarquer à quel point vous êtes restés désespérément les mêmes que la dernière fois, claque-t-elle sur un ton mordant.
- Que veux-tu, on ne change pas une équipe qui gagne Evans. Énonce fièrement Sirius. Hm ? C'est pas vrai Evans, tu n'as donc pas assez de livres pour t'occuper à Poudlard que tu ais besoin d'apporter les tiens ? Dit-il en subtilisant le livre posé à ses côtés. « Raisons et sentiment » de Jane Austen, bien évidemment il n'y a qu'une femme pour donner un titre pareil à un bouquin!
Lily, en essayant de récupérer maladroitement son roman, le projette près de la porte restée ouverte, et tombe finalement aux pieds d'une personne. Tous les regards convergent alors sur elle.
De prime abord, ladite personne est de taille moyenne et porte sur elle des habits moldus, un simple jeans et un tee-shirt à coupes droites, renforçant la finesse du corps qu'ils enveloppent.
Le corps en question se baisse et ramasse le livre resté au sol.
- J'ai une préférence pour « Orgueil et préjugés ». L'intonation est légère, similaire à la voix d'un garçon qui n'aurait pas encore mué. Puis levant la tête, les maraudeurs et Lily peuvent enfin observer dans son intégralité le nouvel arrivant.
Une chevelure dense aux nombreux reflets châtains, coupée à la garçonne et dont quelques mèches balayent ses yeux ; des yeux si grands qu'on ne voit presque qu'eux sur ce visage à première vue délicat, et avec en leur centre une chaude couleur noisette sous des reflets mordorés et longés de cils épais. Un nez droit, et une bouche remplie et volontaire viennent clore le reluquage de la jeune personne.
Une pensée identique les traverse tous : C'est donc à ça que ressemble un androgyne. Spécial, mais séduisant.
Lily, reprenant contenance la première, demande d'une voix douce :
- Puis-je t'aider jeune homme ?
- Je viens faire ma dernière année à Poudlard et, étant nouveau, on m'a conseillé de m'adresser à la préfète-en-chef.
- C'est moi, dit-elle tout sourire, ravie de te connaître, je suis Lily Evans et je vais t'expliquer tout ce qu'il y a à savoir sur Poudlard et ses élèves.
Les maraudeurs considèrent la scène se jouant devant eux, en ayant la désagréable sensation qu'ils ont été relégués au second plan, en particulier James dont il surprend l'engouement non dissimulé de SA Lily à l'égard de ce freluquet.
- Et toi, qui es-tu ? demande-t-il avec une légère irritation dans la voix.
- Dis-moi qui tu es et je te dirai qui je suis, répond l'inconnu avec un timbre légèrement provocant.
James plisse le regard, il n'aime les manières de ce type et entend bien le lui faire comprendre, de préférence lorsque Lily sera occupée.
- Le grand brun est Sirius Black, celui-ci lui adresse un clin d'œil et un sourire suffisant, Remus Lupin, qui sourit étrangement, les sourcils légèrement froncés, Peter Pettigrow, qui exécute un signe de la main, et enfin moi-même James Potter…
- Catastrophe ambulante, finit la rouquine sous l'air médusé du pauvre James.
…
- Je suis Armand De Lagrange, enchanté... ou pas.
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Les cinémas de quartiers sont souvent spécialisés dans la projection de vieux films, ici cela fait référence au film « Le bossu » avec Jean Marais (un film en noir et blanc) et la célèbre phrase culte - Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi - voilà pour la réf. cinématographique.
Je dois dire que je suis assez satisfaite de ce chapitre, et j'espère donc qu'il vous aura plu. Une hypothèse sur ce De Lagrange ?
Ne faites pas attention si il y a des numéros de chapitres avec une anomalie, il apparaît que ma fic a un problème lorsque je poste, je vais essayer de régler ça au plus vite.
Prochain chapitre : enfin l'apparition au complet du quatuor temporel ;)
