Tying the Nott

Chapitre Trois


5 Mars 2004

Elle fuit Malfoy et le café aussi rapidement que possible. La promesse qu'elle allait considérer l'idée d'épouser son ami - un parfait étranger, à son avis- s'attardait dans l'air. Elle irait apprécier le tranquille dîner hebdomadaire chez ses parents et rentrerait chez elle pour essayer de trouver un moyen de dire à Draco qu'il était hors de question qu'elle se lie à Théodore Nott pour le restant de ses jours. Se lier elle, et son cœur magique à lui. Peut-être qu'elle ferait mieux d'entrer en contact avec Bill Weasley et voir s'il y avait de meilleurs Briseurs de Sorts que Nott pour jeter un œil à la Malédiction de la Marque des Ténèbres. Une tasse de thé chaud, quelques biscuits et une nuit de recherche avec des livres était exactement ce dont elle avait besoin pour se distraire de la culpabilité que Malfoy avait insufflé en elle.

Le problème était que… il n'avait pas tort - ce qu'elle détestait admettre - au sujet de ses tendances au sacrifice.

Travailler avec Draco, sans même parler d'aller à l'école avec lui pendant sept ans, avait appris au Serpentard qu'Hermione était prête à risquer sa propre vie pour en sauver une autre. Sa croisade pour les elfes de maison en quatrième année n'avait jamais vraiment disparu, et elle s'était même retrouvée dans un duel public avec un possesseur d'elfe abusif un an plus tôt qui se termina avec Draco l'ayant emmené à Sainte Mangouste après un sortilège particulièrement vicieux. Harry avait dû arrêter son adversaire.

-"Tu es une idiote," lui avait dit Draco alors que le Médicomage réassemblait les lambeaux de peau sur ses bras.

Ron, qui était déjà à l'Hopital, amenant Artie qui avait une mauvaise dragoncelle, avait grogné à l'attention du Serpentard "Va chier, Malfoy."

Artie avait gloussé. "Va chier, Mowfoy", répéta-t-il.

-"Merde," avait grommelé Ron. "Ne laisse pas Maman t'entendre dire ça" dit-il à son fils qui riait aux éclats avant d'éternuer, envoyant des étincelles par ses narines, et mettant feu aux robes de Ron. "Putain, putain !" avait crié Ron. "Foutue Dragoncelle! Artie, prend la potion."

-"Non!" avait crié hystériquement le garçon.

Hermione avait rit à la vue des évènements, grimaçant seulement légèrement lorsque le Médicomage termina de s'occuper de son bras. "Viens voir Tante Hermione," dit-elle, et elle ouvrit ses bras au petit garçon au visage vert.

-"Papa a dit 'merde'," murmurait Artie à Hermione avant de rigoler. "Maman va être très en colère"

-"Oui, elle va l'être," Hermione grimaça et prit la potion des mains de Ron, la tenant pour Artie qui la prit d'Hermione sans une protestation, son père les fixant, incrédule.

Draco roula des yeux. "Elle sauve des elfes de maison et des loups-garous et maintenant elle câline un casse-pied contaminé par la Dragoncelle. Merlin, Granger, as-tu la moindre once d'instinct de survie ou est-ce-que toute ta vie se résume à se laisser faire par les autres?"

Elle ferait quasiment n'importe quoi pour sauver la vie de quelqu'un. Mais le mariage? Après tout ce à travers quoi elle était passée pendant la guerre, ne méritait-elle pas quelque chose de romantiquement normal? Est-ce-qu'elle ne pourrait pas avoir du dévouement, comme Draco et Luna? De la passion comme Blaise et Ginny? De l'amour, comme Harry et Daphne? Et... quoi que ce soit qu'avaient Ron et Pansy.

Harry. Dieux. Draco avait dit que Daphne était prête à mettre fin à leurs fiancailles pour épouser Theo et lui sauver la vie. C'avait été cruel de la part de Malfoy de poser cette carte sur la table. Hermione se sentait presque comme une victime de chantage; la vie amoureuse de Harry tenue en otage, contre la sienne. Merlin lui vienne en aide, elle savait qu'elle le ferait aussi, si les choses en venaient là. Harry Potter méritait d'avoir son 'et il vécurent heureux' et qu'elle soit damnée si qui que ce soit venait y faire obstruction.

Ses propres problèmes furent rapidement mis de côté quand elle arriva chez ses parents, transplanant à un point au bas de la rue et marchant le reste du chemin. Même s'ils affirmaient être à l'aise avec la magie -même après avoir été manipulés avec par leur propre fille- Hermione savait qu'elle mettait ses parents mal à l'aise parfois. Elle avait transplané dans leur salon une fois et avait tellement effrayé sa mère que les deux femmes avaient crié plus fort qu'il n'était normalement possible.

-"Comment va ton travail, ma chérie?" demanda son père pendant le dîner; du riz brun et des légumes fumés remplissaient la moitié de leurs assiettes à la place des habituelles lasagnes que sa mère faisait d'habitude ou de leur traiteur Chinois préféré que son père adorait. Même si ses parents n'étaient pas adeptes du type de nourriture qu'on trouvait habituellement lors d'un déjeuner, un dimanche chez les Weasley, Hermione ne pouvait se souvenir d'avoir déjà vu une salade à la table du dîner depuis qu'elle avait neuf ans.

-"Est-ce que vous faites un régime?" demanda-elle en retour, faisant un geste vers la salade qui n'avait même pas de sauce dessus. Elle lança un regard à sa mère, qui était bien trop maigre pour même envisager l'idée de perdre du poids, et son père qui semblait avoir perdu entre 5 et 10 kilos pendant les quelques dernières années. Hermione l'attribuait au stress de réaliser tout ce qu'il s'était passé pendant la guerre, ou au moins, ce qu'elle avait bien voulu leur dire.

Sa mère, Helen, esquissa un sourire forcé. "Ne sois pas stupide, ma chérie," dit-elle, et elle déplaça les légumes autour de son assiette, évitant clairement de les manger. "Nous essayons juste de faire un peu plus attention à notre santé"

Mensonge. Hermione le sut immédiatement. Travailler avec Draco Malfoy avait un tas de points négatifs, mais un des avantages étaient que le maître en la matière lui avait appris à repérer les mensonges. Mais pourquoi est-ce-que sa mère mentirait sur de la nourriture?

-"Qu'est ce qu'il se passe?" leur demanda-t-elle.

-"Comment va le travail?" Son père, Richard répéta la question. "Tu bosses toujours avec ce petit harceleur pourri avec qui tu étais à l'école?" demanda-t-il avec un gloussement

-"Qu'est ce que vous cachez, tous les deux?"

Helen sourit et se racla la gorge. "Est-ce-que la femme de Ron a accouché? Est-ce-que ce n'était pas prévu pour quelque part au printemps?"

Hermione plissa les sourcils. "Le mois prochain, pourquoi est-ce-que vous me mentez, tous les deux?"

Richard soupira profondément et se leva de table, partant à la cuisine pour revenir quelques instants plus tard avec une vieille bouteille de scotch et deux verres à shot. Il remplit les verres, en tendant un à Hermione et plaçant l'autre devant lui. Helen tapa la table devant elle et leva un sourcil de défi à l'attention de son mari. Il se renfrogna, la priant silencieusement, mais elle tapa plus fort sur la table jusqu'à ce qu'il soupire en signe de défaite et ne pousse son verre devant sa femme avant de partir pour aller se chercher un autre verre.

Hermione avala la boisson cul-sec, se doutant qu'elle en aurait besoin.

C'était le cas.

-"... ne se sentait pas bien pour quelques temps, maintenant … les docteurs ne savaient pas ce que c'était …."

-" … nous ne voulions pas t'inquiéter… la douleur n'est pas si grave, ces jours-ci, même si on ne peut pas jamais dire si c'est bon signe, c'est ce qu'ils disent …"

Son cœur battait fort dans sa poitrine et pouvait ressentir son pouls battre dans sa tête, couvrant la plupart des mots de ses parents. Certains mots et phrases passaient entre les battements et sa respiration précipitée mais l'un deux résonnait plus fort qu'un Charme de Cridurut.

Terminal.

-"C'est moi qui ai fait ça?" Hermione brisa un silence gêné quand ses parents s'arrêtèrent finalement de parler. "C'est à cause du…" elle hoqueta, incapable de continuer à parler.

-"Non," assura Helen à sa fille. "C'est rare et ils… ils ne savent juste plus quoi faire. Ca n'a rien à voir avec le fait que tu aies altéré nos mémoires. Ca n'a rien à voir avec la magie."

Hermione baissa les yeux vers les mains de sa mère qui serraient les siennes, assise à côté d'elle sur le canapé. Quand s'étaient ils déplacés dans l'autre pièce? Est-ce-que les mains de sa mères avaient toujours été si petites? Pourquoi était elle en train de la réconforter? Est-ce-que ça ne devrait pas être le contraire? Est-ce-qu'elle ne devrait pas être en train de faire quelque chose pour régler ça? Elle était une sorcière, pour l'amour de Merlin! "Peut-être que la magie peut… nous devrions aller à Ste Mangouste et-"

-"Non."

Les yeux flous d'Hermione se levèrent et elle cligna des yeux pour chasser ses larmes alors qu'elle regardait son père, droit à côté du canapé.

-"Ce n'est pas que nous ne faisions pas confiance à la magie mais… nous avons déjà exploré cette option." avoua-t-il. "Nous avons gardé le contact avec Minerva et Poppy au fil des ans. No checkups après que tu nous aie rendu nos souvenirs étaient tous faits à travers elle. Alors quand ta mère est tombée malade et que les médecins moldus n'ont rien pu faire, nous les avons sollicitées. Nous avons pensé qu'un de vos Médicomages pourrait faire quelque chose."

-"Et?"

Il secoua la tête.

Elle prit une inspiration et passa le dos de sa main sur ses yeux. "Alors on fait quoi maintenant?" demanda-t-elle, se préparant à la bataille. Ses parents restèrent silencieux. Elle ouvrit grand ses yeux. "Qu'est ce qu'on fait maintenant?" redemanda-t-elle, plus fort.

-"Rien," répondit Helen doucement. "Richard, va lui chercher le livre. Elle voudra le voir."

Richard quitta la pièce encore une fois revenant un moment plus tard avec un gros classeur à trois anneaux dans ses mains, débordant de papiers. "C'est tout ce qui concerne la maladie de ta mère. Chaque prescription, les notes de chaque docteur et spécialiste que nous avons vu, des recherches supplémentaires que nous avons fait dans des journaux médicaux et en appelant des amis de l'Université; toutes ces conneries." dit-il, lui tendant le classeur. "Nous savions que tu voudrais chercher toi-même mais… princesse, ne te fais pas de faux espoirs," dit-il, la voix brisée.

Helen sourit. "Ils n'ont pas dit combien de temps il me restait, mais pour être honnête, je préfère ne pas savoir. Je préfère vivre chaque jour aussi normalement que possible. C'est ma décision, et je voudrais que tout le monde la respecte. Maintenant… dis nous comment ça va au travail," dit-elle, la voix suppliante.

Hermione se renfrogna, essayant d'assimiler tout ce qu'on venait de lui dire. Elle invoqua son courage Gryffondor, plus certaine que jamais que si sa mère avait été une sorcière, elle aurait été répartie dans la Maison de Godric. Hermione prit une nouvelle profonde inspiration et se racla la gorge. "J'ai… j'ai finalement obtenu l'accord du Magenmagot pour baisser le prix de la potion de Tue-loup."

-"Oh!" s'exclama joyeusement Helen, une action qui choqua sa fille, se demandant toujours comment elle pouvait être si calme et sereine à l'idée de mourrir. "Ca va aider… Lupin, c'est ça?" demanda-t-elle "Il a toujours été un homme si gentil."

Hermione acquiesca doucement. "Oui, il...hum… il a été celui avec qui j'ai travaillé et… je suis désolée, je peux… je peux pas faire ça."

Helen serra la main d'Hermione. "J'ai besoin que les choses soient normales," dit-elle à sa fille. "Je ne veux pas être triste ou avoir peur. Je voudrais continuer à avoir une relation avec ma fille, savoir ce qu'il se passe dans sa vie et vivre aussi normalement que possible. Tu as grandi trop vite à cause de circonstances que tu ne pouvais pas contrôler et je n'ai pas besoin que tu remplisses ta vie en prenant soin de moi. Tu n'as que vingt-cinq ans, tu as besoins de faire des choses normales. Je ne veux pas de regrets. Je… J'en ai déjà trop."

La sorcière regarda sa mère, voyant finalement les craquelures dans la facades qu'elle montrait à travers ses yeux fatigués. "Tu n'auras pas de regrets," lui promit-elle. "Je te le jure."

Helen tapota la main d'Hermione. "Oh, j'en aurais, et je ferais la paix avec l'odée de ne jamais… jamais te voir… avoir des enfants ou te marier, ou…" et les larmes débordèrent finalement.

Elle se recula du canapé, laissant son père prendre sa place aux côtés de sa mère, la serrant dans ses bras et Hermione resta là, bouche ouverte, son cerveau tournant à un milion de kilomètres par secondes alors qu'elle essayait de se concentrer sur n'importe quoi qu'elle pourrait faire pour régler ce qui était arrivé. Sa mère était mourante, il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour la sauver et maintenant, elle avait sans faire exprès, provoqué les larmes d'une femme malade. Mais elle devait être courageuse. Les Gryffondors étaient courageux. Courageux, chevaliers, volontaires, hardis et … téméraires.

Oh, c'est une mauvaise idée. La pensée lui monta au cerveau juste au moment où les mots sortaient de sa bouche. "En fait, je suis fiancée."

Ses parents se retournèrent et la fixèrent, les yeux écarquillés. Sa mère s'était arrêté de pleurer. Bon, au moins ça a marché, pensa Hermione juste au moment où ils commencèrent à la bombarder de questions.

"Il… hum…. c'était plutôt rapide, en fait. Très différent de ce que je fais d'habitude, je sais," dit-elle, troublée. "Il s'appelle Theodore Nott. Oui, nous étions à Poudlard ensemble, mais des maisons différentes. Quoi?" demanda-t-elle. Et elle se racla la gorge. "Humm… Serpentard. Non, pas un de ceux qui étaient méchants avec moi. Nous ne nous connaissons -connaissions- connaissions pas très bien… à ce moment-là. Papa, je pourrais avoir un autre verre? Comment nous nous sommes rencontrés?" Hermione commença à rire nerveusement. "Hum… en fait, Draco… Draco nous a branchés. M'a branchée." dit-elle, les dents serrées. "Oh merci, Merlin"dit-elle alors que son père plaçait un autre verre dans sa main et elle le descendit rapidement.

oOoOoOo

Hermione jura bruyamment alors qu'elle dégringola dans la cheminée reliée au réseau au Manoir Malfoy, les flammes vertes diminuant derrière elle. Elle était échevelée et son mascara coulait sur son visage, le gloss qu'elle portait avait disparu, laissé derrière sur les verres et pintes qu'elle avait bu aléatoirement au Chaudron Baveur où elle était allée après avoir quitté la maison de ses parents.

-"Je vais m'marier!" avait crié Hermione au pub bondé, levant un verre de Whiskey Pur Feu en guise de toast. Des acclamation s'étaient levées d'un peu partout dans la salle et plusieurs personnes avaient insisté pour lui payer un verre de félicitations. Un sorcier avait eu un sourire narquois d'une des tables "Et qui est le chanceux, jolie dame?"

Hermione avait ri "J'en ai aucune putain d'idée. Je me souviens même pas d'avoir jamais rencontré ce batard," avait elle dit avant de saisir la chope devant elle, inconsciente qu'elle appartenait à quelqu'un d'autre.

Hannah l'avait éventuellement poussée au travers de la Cheminette, l'interrompant, vraisemblablement choquée quand Hermione avait crié "Manoir Malfoy" avant de disparaître.

-"Granger? Putain de merde, t'as perdu la tête?" cria Draco quand il arriva au dessus d'elle baguette allumée dans sa main. "Est-ce que tu sais quelle putain d'heure il est?"

"Je pense qu'elle est saoûle, Draco" dit calmement Luna alors qu'elle rejoignait son mari. J'en conclus que tu lui as dit pour Theo?"

Draco acquiesca à contrecœur, l'air à moitié coupable alors que Luna le regardait. Clairement, ils avaient conçu un plan pour aborder le sujet, et Draco était complètement sorti du script.

Hermione gloussa de sa place sur le sol en marbre froid. "Tu vas être ma demoiselle d'honneur, Luna?" bredouille-t-elle. "Je pense que Harry et Ron seraient affreux en taffetas."


En retard, je sais, mais j'avais mes TPs de bac hier et je suis rentrée épuisée en m'affalant sur mon lit ^^

Pour la peine, je vous sortirais peut-être le chapitre 4 dimanche. Pour me faire pardonner :3