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Tony était complètement figé, il n'osait plus faire un seul mouvement. Le regard de Gibbs était plongé dans le sien et sentir ce regard sur lui le rendait nerveux. Il n'avait pas l'habitude d'être aussi proche d'une personne et encore moins avec un homme. Décidément trop de chose se bousculait dans sa tete en ce moment. D'un coté, il voulait subvenir a son désir et besoin de vicodine qui ne cessait de croître et de l'autre il devait gérer cette proximité entre lui et Gibbs. Il se sentait prit entre deux feu.

Gibbs quand a lui, il ne pouvait décidément pas dévier son regard de celui de son agent. C'était la première fois qu'il se trouvait aussi proche de lui et il pouvait respirer l'odeur de son eau de Cologne. Ces sens en éveil, le regard de Gibbs dévia sur les lèvres de l'italien. Il ne put s'empêcher de penser que quelques centimètres seulement les séparait et qu'il serait très facile de sauter sur l'occasion. Cependant cette pensée fut vite chassé de son esprit. En effet, Tony avait besoin de lui et il était persuadé que faire ce geste ne ferait que le perturbé davantage. Alors Gibbs décida de faire un tout autre geste. Il colla ses lèvres tout près des oreilles de son agent et commença a lui chuchoter d'une voix ferme.

_ Je veux que tu m'écoutes attentivement, Dinozzo.

Le regard de Tony se figea quand il entendit son patron.

_ Je ne bougerais pas d'ici. Tu auras beau hurler, m'insulter, te comporter de façon abjecte ou même me frapper ... je ne bougerais pas d'un centimètre. Je ne te laisserai pas te détruire. Alors tu vas arrêter de prendre cette merde et je serais la pour t'aider. est ce que je me suis bien fait comprendre, agent spécial Dinozzo ?

Quelques secondes plus tard c'était comme si Tony revint a la réalité. Il se débattît et se libéra de l'emprise de Gibbs.

_ C'est bon ! j'ai compris mais lâche moi !

_ Bien. Je pense que tu devrais manger un peu.

_ J'ai pas faim. Trancha Tony.

_ Écoute, Tony ... ce n'est pas parce que tu refuses de te nourrir que je vais te donner ces foutues pilules ! alors tu viens manger, ne serait ce qu'une soupe, je m'en contre fiche mais tu manges quelque chose !

Sur ces paroles Gibbs partit en direction de la cuisine et Tony profita du dos tourné de son boss pour réaliser un bon nombre de grimaces en destination de son bourreau.

Cela faisait maintenant plus d'une heure que Tony s'était assis sur le canapé, les bras croisés sur sa poitrine. Son mal de tete était toujours présent - absence de vicodine oblige - et un silence pesant s'était installé entre les deux hommes. Gibbs accolé contre l'embrasure de la porte du salon, l'observait avec un regard bienveillant et si lui faisait en sorte de croiser le regard de son italien, ce n'était pas le cas pour Tony. Il s'était réfugié dans un mutisme que Gibbs avait bien l'intention de stopper.

_ Tu es bien silencieux. Ce n'est pas ton genre.

_ A croire que tu ne me connais pas si bien que ça finalement. Ironisa Tony.

_ Tu veux parier ?

_ Pardon ? demanda perplexe l'italien ne voyant pas du tout ou son patron voulait en venir.

_ Tu es fils unique.

Tony leva les yeux au ciel et afficha un léger sourire.

_ Facile, c'est marqué sur mon dossier.

_ Ta mère est décédée quand tu avais 9 ans.

_ Trouves autre chose, Gibbs. Sourit Tony.

_ Ta couleur préférée est le bleu.

_ Pas compliqué a deviné, je ne porte pratiquement que cette couleur. Fit remarqué le jeune italien. Tu sais quoi, je vais cesser cette conversation qui a mon avis n'a pas grand intérêt. Je préfère encore m'abrutir devant la télé. Lâcha Tony avec un sourire aux coins des lèvres.

_ Bien. Comme tu voudras.

Gibbs s'assit au coté de Tony et ne put s'empêcher de soulever un point.

_ Tu a remarqué comme tu changes de sujet quand on commence a parler de toi ?

A cette question, Tony se mordit la lèvre inférieure comme pour ne pas montrer que Gibbs venait de toucher un point sensible.

Après avoir regardé un film policier de seconde zone, Tony ressentit au fur et a mesure que le temps s'écoulait un profond mal être qui ne cessait de croître a l'intérieur de lui. Il se sentait au fil des minutes de plus en plus nerveux et ce vide, ce manque qu'il ressentait grandissait de plus en plus et allait bientôt le rendre fou. Il avait entreprit de faire des allés retour dans son salon, qu'il trouvait d'ailleurs de plus en plus étroit. C'était comme faire un circuit bien déterminé. Tony s'avançait d'un pas rapide vers la fenêtre, passant a coté de sa table basse et du poste de télé pour ensuite faire le chemin inverse mais en direction de sa petite bibliothèque ou était rangé un bon nombre de roman et bouquins diverses. Tout en l'observant, Gibbs comprit que ce n'était plus qu'une question de temps avant que la première d'une longue lignée de crise de manque apparaisse.

_ Je vais devenir dingue, Gibbs !

_ Tu n'es pas dingue, Tony. Répondit calmement l'ex marine avec une voix douce.

_ Ouai. Ca c'est que tu dis maintenant. Mais je sais que ça ne sera pas ce que tu penses, quand on m'aura placé dans un asile psychiatrique ! Rétorqua Tony, de plus en plus agité.

_ Je ne pourrais jamais penser une chose pareille, Dinozzo.

_ Je ne veux pas y retourner.

Gibbs fut surpris par l'utilisation du mot : retourner. Est ce que cela voulait dire que Tony s'était déjà rendu dans un hôpital psychiatrique ? ou ce n'était juste que les dérives de son agent du au manque de vicodine ? Mais il fut coupé de ses pensées par la respiration qui se fit plus forte, rapide et saccadée de l'italien. Tony était en hyperventilation et s'il ne se calmait pas cela allait bientôt dégénéré. Puis son coeur s'accéléra quand il vit Tony se plié de douleur, se laissant glisser contre le mur. Gibbs arriva aussitôt a ses cotés pour lui poser un main réconfortante sur l'épaule. Il voulait a tout prix que Tony soit conscient qu'il n'était pas seul.

_ Je vais mourir Gibbs ! plaida Dinozzo complètement paniqué.

L'ex marine prit Tony par les épaules et le secoua, le forçant ainsi a le regarder.

_ Tu ne vas pas mourir ! tu m'entends Tony ? c'est si tu continu a prendre cette merde que tu vas mourir ! regarde moi !

Tony dévia son regard sur celui de Gibbs. Il était complètement effrayé et perdu.

_ Tu ne vas pas mourir ! je te donne ma parole que je ne laisserai pas une telle chose arriver !

_ ça fait mal, Gibbs ... lâcha Tony dans un murmure.

Et la, Gibbs ne sut pas pourquoi une idée, un souhait lui est venu en tete. Il ne savait pas pourquoi cette montée d'adrénaline était monté en lui. Peut être le fait de voir la personne, l'homme qu'il aimait le plus au monde anéantît devant ses yeux. Ou peut être le fait, de voir ses larmes roulées le long de sa joue, ou d'entendre cette voix ... faible, cassée et remplit de douleur et de tristesse. Quoiqu'il en soit, cette poussée d'adrénaline lui fit faire quelque chose qu'il s'était jusque la interdite de faire. Il entraina Tony vers lui, colla son visage contre sa poitrine et le serra fort dans ses bras. Il lui passa une main douce dans ses cheveux et se mit a le caresser tout doucement. Quelques minutes plus tard, il posa un baiser dans la chevelure brune de son agent.

Tony avait l'impression de brûler de l'intérieur, que ses os se brisaient a un a un. C'était une douleur atroce, insupportable qui ne cessait de s'amplifier de secondes en secondes. Sa respiration était toujours difficile, il croyait que sa tete allait exploser d'une minute a l'autre et ses membres se mirent a trembler violemment. Il avait oser prononcer ses trois a Gibbs, sans se soucier des conséquences. Et a vrai dire en ce moment, il s'en fichait pas mal que son patron le prenne pour un faible ou un lâche car de toute manière c'était ce qu'il était. Tout ce qu'il voulait, c'était que cette douleur cesse. Les hallucinations n'étaient pas encore apparu mais il savait que ce n'était plus qu'une question de temps. Il avait fermé les yeux, espérant que cela puisse atténuer la douleur. Et c'est a cet instant, qu'il se sentit comme tiré et entraîné contre quelque chose dur. Il entendit des battements de coeur, mais il savait pertinemment que ce n'était pas le sien. Le sien battait beaucoup trop vite ... alors que celui ci battait de façon régulière et d'une certaine manière cela le rassurait. C'est alors qu'il prit conscience qu'il se trouvait contre la poitrine de Gibbs. Il sentit par la suite, ses mains brosser ses cheveux. Ce contact, pour sa plus grande surprise le détendit de quelques degrés et l'aida a supporter ce profond mal être qui semblait l'amener vers le fond.

Après ça, Gibbs ne put lutter contre l'envie qui le submergea en ce moment. Toujours sous l'effet de l'adrénaline, l'ex marine fit glisser sa main le long du visage de Tony et s'arrêta au niveau de son menton. Il fit relever le visage de son agent, marqué par la douleur puis approcha ses lèvres pour déposer un doux baiser a l'italien. Tony ne comprit pas tout de suite. Au contact des lèvres de son patron, celui ci sursauta et eu un bref mouvement de recul. Cependant, quelques secondes plus tard, il laissa le passage libre a Gibbs et rendit timidement le baiser. C'était un premier baiser doux et timide que les deux hommes apprécièrent et savourèrent.