Disclaimer : Rien à moi, tout à JKR. Bon aller, peut-être l'intrigue. Mouais, j'ai même pas inventé la Saint Valentin, alors au final… Et le titre du chapitre n'est rien d'autre que le morceau majeur de la merveilleuse bande originale du film La leçon de piano, et composée par Michael Nyman.
Les hasards du temps et de l'espace sont impénétrables.
Raison n°3 : "The heart asks pleasure first"
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Gregory Goyle venait de se décider. Ça lui avait pris un certain temps, certes. Mais ce soir, il était vraiment sûr.
Et pour marquer le coup, il y mettrait les formes.
Il mit pour cela sa plus belle robe dont il changea le motif de la doublure : des canards jaunes feraient plus sérieux qu'une myriade de boursoufflets fluos. Il se gomina soigneusement les cheveux, scindés par une raie au milieu bien régulière, cira ses chaussures de cuir neuves, et assortit ses chaussettes pour l'occasion.
Il jeta un œil sur sa montre et une cape aussi noire que sa tenue – élégance oblige – sur ses épaules, prit son bouquet de fleurs et transplana.
Après s'être longuement épousseté (il avait par malchance atterri sur une déjection non identifiée qui lui avait fait faire le culbuto), il remonta sa capuche et l'allée éclairée d'une lumière blafarde.
Pour sûr, qu'il était nerveux. Mais ce soir serait le grand soir, hein… Hein !
Une jeune femme attendait sur le pavé. Elle était vêtue joliment elle aussi. Gregory se ragaillardit et lui lança un sourire engageant que la demoiselle lui rendit, presque aguicheur. Il tendit un bouquet de fleur que la blonde prit en riant.
« Ce n'était pas nécessaire, tu sais. » Autre rire. « Mais merci. »
Elle l'embrassa sur le coin des lèvres. « Allez viens ».
Elle le traîna par la main dans une échoppe à l'éclairage tamisé. Ils passèrent les clients attablés ou plus ou moins affalés sur des banquettes tendues de velours rouge. Mais toutes les dames n'avaient pas reçu de bouquet.
Ils arrivèrent à un escalier situé dans l'arrière salle du restaurant. La femme marqua un arrêt.
« Tu as ce qu'il faut ? » Greg déglutit et écarquilla les yeux sous le fait d'une angoisse subite. Il porta tout aussi vite la main à la poche intérieure de sa cape et souffla de soulagement. Il acquiesça simplement.
« Alors suis moi. »
C'est ainsi que pour sa vingt-quatrième Saint Valentin, Gregory Goyle perdit plus ou moins honorablement sa vertu. Plus ou moins, puisque finalement, il avait eu beau réunir toutes ses économies, il n'avait pas eu assez pour sortir le grand jeu. Aussi, pour ne pas avoir à payer toutes les prestations de Mademoiselle Clara, il partit un peu précipitamment du « Paradis de la Luxure », lupanar apprécié des connaisseurs…
Essoufflé (dans le feu de l'action, il avait oublié de transplaner, la nouille), il arrêta sa course bruyante – ses chaussures neuves grinçaient horriblement – au détour d'une ruelle adjacente à l'Allée des Embrumes. Une grande inspiration, le voilà mieux. Il se fondit alors d'un pas allant, tout léger qu'il était, dans la foule du Chemin de Traverse.
Par un phénomène de coïncidence incroyable il croisa devant la boutique de quidditch son ami de toujours, Vincent Crabbe, étrangement essoufflé lui aussi, et décidèrent d'aller boire un coup pour fêter leurs retrouvailles (et leurs activités charnelles secrètes) hasardeuses mais plutôt heureuses.
Parce que mine de rien, c'étaient des hommes maintenant.
