Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic appartiennent à JKR, je n'en retire aucune rémunération ou gain financier…
Precisions:
Slash Rogue/Harry – Post tome 6 - Prologue faisant exception, je passerai à chaque chapitre du Pov de Severus à celui de Harry
Voici enfin le chapitre 2 : )
Les chapitres de cette fic ne seront sans doute pas très longs mais j'espère que ça vous plaira malgré tout !
Et une fois encore merci beaucoup pour vos reviews ; )
Si longtemps…
Chapitre 2
Lorsqu'ils atterrirent dans ce qui, à première vue, ressemblait à une vieille ferme de campagne, Harry sut que sa situation était assurément différente. S'il avait été pendant une année un sorcier puissant et combatif, il n'était plus aujourd'hui qu'un fuyard, sans baguette, à peine capable de tenir sur ses jambes.
Sans le soutien solide que lui procurait le bras de Rogue, il se serait déjà écroulé.
En levant les yeux vers l'habitation vers laquelle il l'entraînait, il se demanda même avec quelque peu d'ironie ce qui tiendrait le plus longtemps. Cette maison délabrée semblant capable de s'effondrer au moindre coup de vent ou lui, héros inutile du monde sorcier et victime pour la seconde fois de la folie de Voldemort ?
Si cet assassin qui avait une nouvelle fois retourné sa veste aurait peut-être, mais ça restait encore à prouver, parié sur lui, ce qu'il avait omis de lui dire l'aurait immédiatement fait revoir son jugement.
Peu importait la manière dont il envisageait sa mission, il en revenait toujours au même point : la guerre était perdue d'avance.
Sauf si… Rogue le ferait peut-être. Il n'y avait personne d'autre pour l'instant. Mais la pensée n'en était pas moins assez désagréable.
Dans tous les cas, il n'y avait plus d'espoir pour le survivant.
Au fur et à mesure qu'ils avançaient vers la vieille bâtisse, elle lui semblait de plus en plus petite et décrépite. Etait-ce vraiment le lieu choisi par le maître des potions ? A son image, cette minuscule ferme, si austère, paraissait déplacée dans cette campagne reprenant vie.
Harry se demanda vaguement s'ils étaient bien au début du printemps, et le vent effleurant sa peau, doux malgré la tombée du jour, sembla le lui confirmer, avant qu'ils ne s'arrêtent devant l'entrée.
Le mangemort était tendu, sur ses gardes.
Il se fit la réflexion qu'il aurait dû l'être également mais sa situation lui rappela que cela ne changerait rien.
- Alohomora.
L'homme poussa la porte et elle s'ouvrit dans un désagréable grincement.
Après un bref coup d'œil, ce dernier se détendit légèrement, ne rangeant cependant pas sa baguette, et entra dans la première pièce qui les accueillit, l'épaulant toujours dans ses déplacements.
Au bout de quelques pas, il posa le jeune homme – enfin, le lâcha sans brutalité mais sans douceur – sur le canapé d'un noir passé placé contre l'un des murs amande. La poussière vola autour d'eux ; une quinte de toux le prit mais, alors que le survivant sentait sa gorge se révolter contre cette nuée d'indésirables, Rogue lui tendit un verre d'eau. Il but avec avidité.
Le maître des potions le quitta pour s'enfoncer dans une pièce qui, la porte restée entrouverte, donnait apparemment sur une cuisine. Harry voulut se lever pour le rejoindre – il ne pouvait se décider à lui accorder sa confiance – mais ses jambes refusèrent obstinément d'accomplir leur devoir.
Il soupira.
Après tout, ce mangemort pouvait bien faire ce qu'il voulait. Son légendaire entêtement de gryffondor ne lui apportait que des ennuis, pour une fois il se sentait prêt à l'oublier.
Il ne dût pas attendre longtemps pour le voir réapparaître.
- Monsieur Potter, nous ne resterons pas longtemps dans cette demeure alors reprenez autant de force que vous le pourrez. Je n'ai pas la moindre idée de l'étendue actuelle de son influence. Il est impératif que nous trouvions du soutien au plus vite.
Son ton froid ne l'étonna pas mais son regard, bien moins dur que durant ces quelques années à Poudlard, lui fit revenir en mémoire toutes les questions qu'il se posait à son sujet.
L'homme éparpilla quelques bougies sur la table basse en face du canapé et en dissémina, à l'aide de la magie, un certain nombre à travers la pièce. D'un coup de baguette, la pièce fut baignée d'une lumière tamisée.
« Bonne nuit, mon petit Harry »
La semi obscurité.
Ses lunettes, sa cape et sa baguette exposées sur la commode à quelques centimètres de lui.
Si seulement son corps n'était pas si engourdi. Il désire de tout son être simplement soulever sa main mais c'est inutile.
Voldemort est arrivé à ses fins.
Pourtant, jusqu'au bout il y avait cru.
Même lorsqu'il lui avait révélé ses intentions.
Ron et Hermione avaient besoin de son aide !
Molly… Est-ce qu'il avait vraiment vu le sort l'atteindre quelques heures plus tôt au Terrier ? Non ! Il s'était promis de veiller sur cette famille – sa famille - déjà amputée d'un membre…
Chimères. Sa vie, il l'avait déjà vécue et elle se terminait à cet instant.
- Monsieur Potter ?
Rogue l'observait fronçant légèrement les sourcils.
- Vous devriez manger. Je vous rappelle que nous partirons à l'aube, dit-il en portant une tasse de thé à ses lèvres.
Il prit conscience à ce moment-là que l'ancien professeur était assis sur un fauteuil lui faisant face, la table les séparant occupée par une assiette – la sienne vraisemblablement – alors que les bougies les entourant étaient déjà marquées par de nombreuses coulées de cire.
Combien de temps ce qui lui avait semblait n'être qu'à peine quelques images l'avait emporté hors de la réalité ?
Harry fixa sa portion de pâtes au fromage partagé entre méfiance et envie. Il releva la tête vers son aîné mais ce dernier avait posé sa nuque contre le dossier du fauteuil et gardait les paupières closes.
- D'où vient cette nourriture ? Je croyais que vous aviez été enfermé dans les geôles de Voldemort durant ces derniers mois ? demanda-t-il avec suspicion.
Le maître des potions ouvrit les yeux et souleva un sourcil interrogateur. Puis il eut un léger rictus alors que ses cheveux graisseux encadraient tristement son visage. Quelques années plus tôt, le survivant aurait sans doute trouvé très étrange de le voir affublé d'une barbe et d'une moustache. Amusant même. Aujourd'hui, il associé simplement ce détail à l'image du traître qui se trouvait devant lui.
- Aliments conservés magiquement, répondit-il concis.
Le jeune sorcier se contenta de cette explication, s'avouant qu'il serait peu logique qu'il l'ait libéré pour ensuite l'empoisonner, et goûta le plat.
- Je vais vous laisser terminer votre repas. Ensuite, nous désignerons nos premiers lieux de recherches. Si bien sûr vous parvenez à vous concentrer sur mes propos plus de deux minutes, termina-t-il sans doute pour lui-même en se relevant.
Il emporta avec lui le service à thé sommaire et le laissa seul dans le salon pittoresque.
Harry porta une nouvelle fois la fourchette à sa bouche.
Des recherches.
Ses amis étaient-ils encore de ce monde ?
Peut-être Rogue ne faisait-il que référence aux horcruxes. Dans ce cas, c'était peine perdue. Mais non, il avait mentionné un soutien supplémentaire – dont il était évident qu'ils avaient besoin – et puis, il n'était même pas certain que son aîné ait même connaissance de ces morceaux d'âmes…
Il songea aux derniers mois qui avaient précédé sa capture.
Ron et Hermione avaient toujours été là pour lui. Et l'Ordre les avait soutenu de loin dans les premiers temps puis ils s'étaient définitivement unis.
La jeune femme n'avait-elle pas supposé que les informations, anonymes, que McGonagall recevait par fragments avaient pour origine le mangemort qui l'avait amené dans cet endroit ?
Le survivant avait affirmé que c'était impossible. Et ils s'étaient ralliés à lui après que Tonks et quelques aurors aient succombé à une attaque dont ils n'avaient pas été informés.
Remus avait d'ailleurs suivi de près en emportant Lestrange et Pettigrew dans la tombe à sa suite.
Le souvenir lui serra la gorge.
Il ne s'était pas permis de s'appesantir sur cette perte – et encore moins sur les suivantes – à l'époque, il était hors de question qu'il laisse échapper sa tristesse devant ce traître.
Le survivant était condamné mais il était bien décidé à garder une part de fierté.
Une fois de plus, il ne vit l'homme que lorsqu'il s'adressa à lui en s'éloignant. L'ancien professeur venait de se pencher vers lui pour débarrasser son assiette. Une senteur vanille se dégageait de sa peau.
Il l'observa.
Le maître des potions avait l'air propre, libéré d'une pilosité exagérée, et affublé de nouvelles robes noires impeccables loin de ses guenilles sales et poussiéreuses. Pas si différent de sa mémoire, en somme. Sauf pour sa profonde maigreur et surtout cet air interrogateur.
Il lui avait posé une question, non ? Harry n'avait pas entendu.
Il y avait vraiment un décalage entre lui et le monde extérieur, ça en devenait inquiétant. Il espéra que cela ne serait que temporaire.
Il essaya de lui prêter attention.
Son aîné lui expliqua qu'ils tenteraient d'accéder à des lieux tel que le Square Grimmaud, Godric Hollow ou encore Poudlard, mais avec beaucoup de prudence, dans l'espoir de retrouver des alliés. Il lui posa quelques questions sur les lieux où ils pourraient se rendre et, ne parvenant pas à se concentrer sur bon nombre de ses paroles, il lui répondit évasivement. Le souvenir de sa capture au Terrier l'emporta aussi à quelques lieux du mangemort.
Harry comprit néanmoins que cette vieille ferme était assez reculée de tout pour qu'il y soient en sécurité, du moins dans les premiers temps.
Un silence s'installa et il fixa les yeux noirs sans y rechercher quelque chose de précis.
Rogue était assis en face de lui et le scrutait aussi mais avec une certaine… inquiétude ? Il ne préféra pas s'aventurer sur ce chemin.
- … vez des questions à me poser sur mon départ de Poudlard ?
Remarquant à peine qu'inconsciemment il avait posé ses pieds sur le canapé et entouré ses genoux de ses bras, il répondit à la question qu'il n'avait écoutée qu'à moitié la considérant soudain avec plus d'importance.
- Je veux savoir pourquoi vous avez tué Dumbledore.
Il continua à le fixer. L'éclair de tristesse qu'il vit passer dans ses yeux le déstabilisa quelque peu et l'ancra un peu plus dans la réalité.
- Albus me l'avait demandé. Pour sauver Malfoy. Vous le connaissiez, il s'imaginait que tout être pouvait recéler une part de bonté. De plus, j'avais passé un serment inviolable, il le savait et ne voulait pas me voir en subir les conséquences.
- Hermione avait vu juste alors, murmura-t-il pour lui-même.
Il ne prenait pas cela pour une vérité absolue pour autant mais se voyait plus enclin à l'accepter. C'était plausible. Avec le recul, il imaginait plus facilement Dumbledore se sacrifier pour le jeune serpentard – une forme de sa quête du pardon pour s'être trompé avec Jedusor.
- Et pourquoi Voldemort vous a-t-il enfermé ? Enfin… comment a-t-il su que vous aviez simplement obéit au Directeur ?
Une expression de dégoût et de haine passa sur son visage.
- Malfoy, commença-t-il. Il s'est révélé meilleur occlumens que je ne me l'imaginais – et sans doute plus manipulateur encore que son père – et a attendu que je tente de le rallier à notre cause, en jouant l'enfant « égaré », pour me vendre au seigneur des ténèbres. Je l'ai sous-estimé et j'en ai payé le prix.
Cette révélation le fit réfléchir. Et rapidement reporter une haine féroce sur le dernier Malfoy.
Harry ne savait s'il devait totalement croire le maître des potions mais la somme des détails inhabituels qu'il percevait dans son comportement le persuadait qu'il lui disait, sinon toute, au moins une part de vérité.
A bien y songer, Draco Malfoy était bien la source de tous ces évènements tragiques. Sans lui, les mangemort n'auraient jamais pu entrer à Poudlard cette nuit-là. Ces longs mois de combats acharnés n'auraient pas eu lieu.
Remus vivrait encore.
Tant de ces anciens camarades de classes.
Ginny…
Voldemort n'aurait pas pu le capturer. Et lui ne serait pas à présent… il ne serait pas…
Il ne remarqua pas que ses premières larmes lui échappaient.
Harry haïssait cette situation. Il ne savait même pas si ses amis vivaient encore mais n'avait que trop conscience de ceux qu'il avait déjà perdus.
Le visage enfoui dans ses bras, il avait déjà abandonné tout espoir pour lui-même et il détestait cette faiblesse qui semblait ne plus vouloir le quitter. La preuve en était, il pleurait, là, devant cet homme qu'il s'était encore persuadé être un mangemort – bien qu'il avait su que, si cela avait vraiment été le cas, il n'aurait jamais pu revoir la lumière du jour – pour garder sa volonté et ses certitudes, et n'avait même plus la force de retenir sa douleur malgré sa honte.
Il sentit le canapé s'affaisser sous un poids nouveau mais n'y prêta que peu d'attention. C'est à peine s'il remarqua la main douce et hésitante qu'il glissa dans ses cheveux en bataille ou ses lunettes qu'on lui ôtait avec précaution.
- Je ne peux pas vous assurer que nous gagnerons cette guerre, Monsieur Potter, mais soyez certain que ceux qui le pourront feront tout pour y arriver. Nous retrouverons les membres de l'Ordre du Phénix et nous continuerons le combat.
La vois posée et convaincue le calma légèrement.
Cependant, la réalité de la chose – que lui ne pouvait pas s'en sortir – continua à le torturer. Epuisé, il finit par s'allonger et accepter de bonne grâce la couverture qu'on lui posa sur les épaules. Se sentir brisé et désespéré était bien suffisant pour cette nuit, il serait toujours temps d'ouvrir les yeux à son compagnon d'infortune.
Il ne repoussa pas la main qui s'attarda un instant sur son front, y trouvant un inexplicable réconfort, et laissa le sommeil l'envahir.
A suivre…
Je bosse dur sur le prochain chapitre de "Sacrifices et sacrifiés" mais je n'en vois pas encore le bout, gomen -.-°
Et puis, avec mes partiels de janvier je ne saurais plus vous donner de date de publication... Au pire début février :S
Vos reviews me donnent toujours un maximum de courage alors n'hésitez pas à m'en laisser !
A bientôt (j'espère -.-)
