_______________Trois semaines pour une vie_________________

- Maman ! Maman ! Que se passe-t-il, que t'arrive-t-il ? Soufflai-je quand je rencontrai son visage ravagé.
- Oh mon chéri ! Dit-elle, des sanglots dans la voix. Ton père est malade, gravement malade !
Je soulevai ma mère de son fauteuil et la serrai dans mes bras à l'étouffer.
- Qu'a-t-il ? Qu'est-il arrivé pendant mon absence ?
- La grippe espagnole ! Celle que la radio annonçait. Oh mon fils ! Le docteur Carlisle est là. Il craint le pire ! Bella soigne ton père depuis trois jours. Elle n'a pas quitté sa chambre un instant, le baignant, le faisant boire pour le réhydrater mais rien n'y fait.
Une boule s'était formée dans ma gorge, je ravalai ma salive avec difficulté. Mon père, mon modèle, non... ce n'était pas possible.
- On peut quand même le voir ? Demandai-je.
- Oui, mais il faut que tu mettes une blouse et un masque. Et surtout, évite de le toucher, la contagion est grande ! Viens, allons y.
C'est avec appréhension que je m'approchai de la chambre. La pensée que mon père pouvait nous quitter me paralysait. Après avoir mis mon masque, j'entrai dans la chambre. Bella, portant des gants, épongeait le visage de mon père. Mon regard se posa sur lui, ses yeux étaient brillants de fièvre, ses lèvres étaient sèches, craquelées, son corps secoué de frissons. Son regard était trouble, sans conscience. Je tombai à genou tant les forces m'abandonnaient. Je croisai les yeux de Bella, je lus ma peine dans les siens. Carlisle s'approcha de moi et posa une main réconfortante sur mon épaule.
- Viens un instant Edward!, murmura-t-il.
Je forçai mes jambes à bouger. Je le suivis au salon et m'affalai sur le divan.
- Courage Edward, ta mère a besoin que tu sois fort ! Elle a besoin de toi !
- Oui ... je sais ... je me redressai péniblement.
- Est-ce vraiment la fin Carlisle ?
- J'en ai bien peur Edward... Il me faut aborder avec toi un sujet pénible Edward. Reprit-il navré, je suis désolé, mais il faut que l'on prenne des dispositions pour... après, pour éviter la contagion.Un froid intense envahit mon corps, j'avais la nausée, je refusais cette éventualité.
- Je... je vous laisse prendre toutes les mesures nécessaires.
- Merci Edward. Je dois retourner à l'hôpital, la grippe fait rage, la contagion s'étend. J'ai plusieurs malades qui en sont atteints et qui m'attendent. Je repasserai plus tard !
Il me serra contre son torse dur et sur un dernier regard, il quitta la pièce.
Je retournai dans la chambre, maman s'était assise dans le fauteuil proche du lit, son attention retenue par le malade. Elle baigna à son tour les traits de son époux. Bella se leva à mon arrivée et vint à moi. Elle m'entoura de ses bras, pressant son visage contre ma poitrine. Sa chaleur me fit du bien. Partager ma peine avec elle était la chose la plus naturelle du monde. Elle était moi et j'étais elle. J'allai chercher dans la pièce voisine un fauteuil supplémentaire et le posai à coté du sien. Les prochaines heures allaient être longues. On se relaya auprès de lui toute la nuit. Au petit jour, il nous quitta...
La crémation eut lieu le matin même. Les cendres de mon père furent dispersées dans le parc. Malgré son chagrin accablant, ma mère resta forte. La cérémonie terminée, elle alla s'allonger. Bella dut repartir à l'hôpital, l'épidémie s'étendait rapidement. Carlisle l'avait fait appeler. Je me retrouvai seul, tant de choses s'étaient passées depuis mon retour. Je n'avais pas eu un instant seul avec elle. Une chose était pourtant venue me hanter.
Je souhaitais... je désirais... je voulais Bella. Il fallait qu'elle m'appartienne, il fallait qu'elle soit mienne. Je ne pouvais pas m'imaginer partir en Europe sans l'épouser. La mort rôdait trop autour de nous pour prendre le moindre risque. Je voulais son corps, je voulais sa vie, je voulais tout d'elle. Si la vie devait me quitter, je voulais la mettre à l'abri du besoin, je pourrais ainsi partir l'esprit tranquille. Si la vie ne nous offrait que trois semaines, elles devaient être le condensé d'une vie entière.
Trois semaines pour une vie...
Ma décision fut prise. Au réveil de ma mère, je me précipitai vers elle. Son visage était maculé de larmes mais je la sentais forte. Je l'entourai de mes bras, c'était à mon tour de prendre soin d'elle. Elle plongea son regard dans le mien et dut y déceler quelque chose.
- Edward !
- Oui maman ?
- J'ai l'impression que tu souhaites me dire quelque chose mon chéri !
- Je sais que le moment est mal choisi et je ne voudrais pas te blesser...
- Jamais rien venant de toi ne pourrait me blesser mon fils !
- Le décès de papa m'a fait prendre conscience de la précarité de notre existence ! C'est pourquoi j'ai pris la décision d'épouser Bella le plus rapidement possible, avec ta bénédiction bien sûr !
- Tu as raison Edward ! Et cette décision met du baume à mon cœur ! Je sais que ton père approuverait ta décision, malgré les circonstances et ta grande jeunesse. Tiens, prends ceci ! Elle enleva sa bague de son doigt et me la tendit. Je serais heureuse de la savoir au doigt de Bella !
- Merci maman ! Ma voix était tellement enrouée que je ne pus rien ajouter.
- Va vite la retrouver Edward ! Ne perds plus une minute, la vie est trop courte ! Me dit-elle en m'embrassant.
Je volai jusqu'à la voiture, la bague serrée contre mon cœur. La route défila devant mes yeux, le cœur tendu vers mon unique but. J'arrivai dans le hall de l'hôpital, il était bondé. Certaines personnes attendaient patiemment, d'autres criaient ou pleuraient, d'autres encore semblaient perdues. Je cherchai Bella. Ne la trouvant pas, je me renseignai auprès d'une infirmière qui passait devant moi.
Je me dirigeai rapidement à l'endroit indiqué, bousculant au passage une femme qui transportait une bassine d'eau. Je m'excusai hâtivement, continuant ma course. Bella sortit à cet instant de la grande salle, elle avait l'air extenué. Des cernes soulignaient ses yeux, son teint était pale. Malgré la fatigue, elle m'adressa son merveilleux sourire.
- Edward ! Attends, je me lave les mains et je prends une pause, j'en ai vraiment besoin !
Elle me rejoignit rapidement dans le hall et nous prîmes la sortie la plus proche en direction du parc. La tension m'habitait, un petit coin tranquille à l'écart du chemin attira mon attention et j'entraînai Bella à l'abri des regards.
- Comment te sens-tu ? Elle passa sa main sur ma joue, voulant effacer ma souffrance.
- Mon amour ! Murmurai-je dans un souffle, prenant ses deux mains dans les miennes, je sais que ce n'est ni le lieu, ni l'heure... ni l'endroit... j'aurais aimé avoir le temps... mais du temps nous n'en n'avons pas... j'aurais souhaité des fleurs, des chants d'oiseaux, du soleil... comme cadre pour ce que je vais te demander.
Mon cœur cognait fort dans ma poitrine, ma gorge était sèche, mes mains tremblaient mais ma voix était ferme. Je posai un genou à terre et rivai mes yeux aux siens.
- Isabella Swan ! ... Bella, veux-tu m'épouser ?
Je sentis ses mains trembler dans les miennes et ses yeux s'embuèrent.
- Oui... ! Oui mon amour... ! Oh oui, je le veux !
Je n'eus pas le temps de me redresser que Bella se jeta dans mes bras. Les larmes accumulées sous ses paupières glissèrent le long de ses joues. Je les cueillis une par une du bout de ma langue, je butinai son visage, le parsemant de baisers et de je t'aime.
Je cherchai dans ma poche la bague. Soulevant sa main gauche, je la lui glissai à l'annulaire et posai mes lèvres sur chacun de ses doigts.
- Je sais que tes parents sont loin et que tu souhaiterais les avoir auprès de toi ce jour, mais le temps nous est compté Bella. Il ne nous reste que deux week-ends pour être ensemble avant mon départ. Si tu es d'accord, nous pourrions aller trouver le pasteur ce soir et voir quand notre union pourrait être bénie !
- Il est vrai que mon souhait serait d'être entourée des miens. Mais je connais mes parents, je sais qu'ils ne désirent que mon bonheur et qu'ils comprendront l'urgence de la situation. Malheureusement, je ne peux pas venir avec toi ce soir, l'épidémie de grippe gagne du terrain et nous sommes débordés. Arrange les choses au mieux avec le pasteur, je serai là au jour et à l'heure qu'il conviendra ! Le principal est que toi tu sois là ! Dit-elle, un sourire sur les lèvres.
- Oh, ne te fais aucun soucis, JE serai là !
- Je dois rejoindre mes collègues Edward, je suis désolée.
Je serrai Bella sur mon cœur.
- Ta chemise est mouillée Edward !
- Ah oui ! J'ai bousculé une femme qui portait de l'eau. Ce n'est pas grave, ça va sécher. A demain alors, essaye de te reposer.
- Promis !
Je laissai Bella repartir et filai vers ma voiture. L'organisation de la cérémonie me prit toute la soirée et le lendemain tout fût prêt. Je devais aller chercher Bella à seize heures, à la fin de son service. Le mariage aurait lieu le soir même, à dix-huit heures et ma mère voulait aider Bella à s'habiller. Maman avait tenu à respecter la tradition et avait réussi à lui trouver une robe de mariée.
- Ce n'est pas parce que le mariage se fait rapidement qu'il doit être bâclé ma chérie ! Avait-elle rétorqué à Bella quand celle-ci avait protesté.
Je fus donc assez fébrile quand l'heure de la cérémonie arriva. J'avais les mains moites et la bouche sèche. J'attendis Bella au pied de l'escalier. Ben et Angela avaient été ébahis par l'annonce de notre union mais avaient tenu à être présent. Ils étaient nos témoins.
Quand Bella apparut enfin, je ne vis pas ma mère, pourtant à coté d'elle. Je ne vis que cette apparition, irréelle tant elle était sublime. Mon cœur battit la chamade, je frissonnai de désir. Un fourreau blanc moulait son corps de déesse, ses épaules étaient parées d'une étole d'hermine et un voile en dentelle descendait en cascade de ses cheveux. Ma mère déposa la main de Bella dans la mienne, elle était chaude et douce. Ses yeux chocolat fondu emprisonnèrent mon regard, j'étais renversé. Cette apparition sera mienne, elle sera ma femme dans quelques instants.
Nous avançâmes main dans la main vers le pasteur, une profusion de fleurs égayait le salon. Ben et Angela nous regardèrent en souriant. Quand Bella prononça le « oui » qui la lia à moi, une bouffée de joie extraordinaire me submergea et mes yeux s'embuèrent. J'eus le sentiment d'être arrivé à bon port, d'être à la place qui m'était destinée.
Nos invités nous félicitèrent vivement, Ben n'en revenait pas encore, Angela était très heureuse du bonheur de son amie. Maman, quant à elle, nous entoura de ses bras tremblants et nous baisa le front.
- Mes enfants ! Bella, merci d'exister, merci de donner tant de joie et d'amour à mon fils. Je t'accueille avec bonheur dans notre famille !
- Je vous remercie ! Maman ! Susurra-t-elle.
J'avais réservé une suite pour notre nuit de noces à l'hôtel impérial, le meilleur hôtel de la ville. Le capitaine Hall m'avait accordé une permission exceptionnelle. Je rejoindrai mon unité le lendemain matin. Après moult embrassades, nous montâmes en voiture.
Je tins la main de Bella serrée contre mon cœur, pendant que de l'autre je conduisis.
- Je t'aime Madame Masen !
- Je t'aime Monsieur mon mari ! Répondit-elle en souriant.
Notre arrivée à l'hôtel ne passa pas inaperçu. Les clients ainsi que le personnel de l'hôtel nous dévisagèrent d'un air bienveillant, quelques hommes avec envie, quelques femmes avec jalousie. C'est vrai que Bella méritait plus que jamais tous ces hommages, tant elle était belle. Un employé nous conduisit à notre suite. Dans le salon attenant à la chambre, un repas froid était servi. Une bouteille de champagne était posée dans un seau en argent. Je sentis la main de ma sirène se tendre, devenir moite. J'étais moi-même tendu, fébrile.
- Désires-tu une coupe de champagne, mon amour ? Dis-je pour détendre l'atmosphère en empoignant la bouteille.
Bella prit une profonde respiration avant de se tourner vers moi et de me dire, les joues embrasées de rose :
- Oui ! Mais je désire encore plus mon époux ! Affirma-t-elle en me regardant droit dans les yeux.
J'en lâchai la bouteille de champagne qui alla s'écraser sur le tapis. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, elle fut dans mes bras, je la soulevai pour l'emporter dans la chambre. Sa bouche collée contre la mienne, ses mains fourrageaient mes cheveux. Je la déposai délicatement à côté du lit. Mes mains malhabiles, mirent plus de temps que prévu à retirer le voile de ses cheveux. Sa nuque attirait mon regard et à chaque épingle enlevée, je posais mes lèvres sur sa peau. Son étole tombée, je découvris la blancheur de sa peau nacrée. Mon veston et mon gilet gisaient par terre, Bella s'attelait déjà à mes boutons de chemise, impatiente plutôt que tremblante, elle tirait plus qu'elle ne déboutonnait. Sa fébrilité me fit sourire, je déchirai d'un geste sec ma chemise et la jetai dans un coin de la pièce. Avec un sourire béat, elle posa ses lèvres contre mon torse dénudé. Sentir ses lèvres sur ma poitrine me transporta au paradis, le bas de mes reins me brûla d'impatience. Sa robe rejoignit enfin les autres vêtements. Elle était là, devant moi, son corps d'albâtre exposé à ma convoitise. J'enlevai rapidement le reste de mes vêtements, elle m'attirait déjà contre elle, sa bouche scellée à la mienne. Déséquilibrés par son impatience, nos corps tombèrent enlacés sur le lit. Mes mains se dirigèrent doucement vers le dernier rempart de sa nudité, le faisant glisser le long de ses jambes. Mes lèvres suivirent le tracé de mes mains et remontèrent vers le centre de sa féminité. Les mains et les lèvres de Bella étaient partout. Ma fougue n'avait d'égale que la sienne. Je pris enfin son corps avec douceur, avec tendresse, avec ivresse. Sa chaude moiteur me transporta, me grisa, m'exalta. Nos corps dansèrent enfin la danse éternelle, la danse de l'amour.
L'aube pointait déjà son nez quand, épuisés mais comblés, nous retombâmes une dernière fois sur nos oreillers. Bella reposait au creux de mon épaule. Ma main glissa, légère, le long de son dos. Nos souffles haletants s'apaisèrent. Une douce plénitude régna dans la chambre.
- Il est bientôt l'heure, mon amour.
- Je sais, le jour se lève déjà...
- Je dois rejoindre mon unité. C'est très dur de revenir à la réalité.
- Chut ! Elle butina mon visage. La réalité est merveilleuse ! Continua-t-elle. Je t'aime et tu m'aimes, rien d'autre ne compte !
- Je désirerais pouvoir rester avec toi mais je ne peux pas. Je serais considéré comme déserteur !
- Je sais cela, mon amour ! Je ne le souhaite pas, je t'aime tel que tu es ! Et d'un air mutin elle reprit : que dirais-tu d'un bon bain pour finir ? Je te frotterai le dos à en devenir tout rouge !
Je la soulevai dans mes bras en riant et gagnai la salle de bain en courant. La dernière demi-heure fut pleine de savon, de mousse et de soupir. Je déposai Bella devant l'hôpital et, sur un dernier baiser, je repris la route.
J'arrivai pile à l'heure. Quand je franchis la porte du dortoir, une pluie glacée me tomba sur le dos, des cris et des sifflets retentirent. Mes compagnons s'esclaffèrent et me chambrèrent. Je détachai le seau accroché à la porte, en mêlant mon rire aux leurs. Ben avait raconté les derniers évènements et tous s'amusaient sur la rapidité de mon engagement. Les cernes de mes yeux m'attirèrent quelques quolibets. Le capitaine Hall vint me féliciter et nous donna les ordres pour la journée. Les trois premiers jours passèrent finalement assez vite tant j'étais occupé, mais j'étais fatigué. Le jeudi fut encore plus dur. L'épuisement me guettait, je vis arriver le vendredi avec soulagement. Savoir que j'allais revoir Bella allégeait mon harassement.
Le retour en voiture épuisa mes dernières forces. Bella m'attendait sous le porche de la maison. J'allais la prendre dans mes bras quand j'eus un étourdissement et sombrai dans l'inconscience ...
Je repris mes esprits par étape. Je n'entendais rien mais je sentais qu'on me soulevait le haut du corps, des mains m'agrippaient. Puis, les sons me parvinrent, une voix de femme, elle pleurait, je n'arrivais pas à la reconnaître. Enfin, le brouillard qui entourait ma conscience se leva.
- Edward ! Edward, mon amour ! Oh mon dieu, il est brûlant ! Cria Bella.
- Edward, mon fils ! Nonnnnnnn, pas ça ! Oh mon dieu, pas çaaaaaa !
- Vite ! Il faut le coucher ! Paula, courrez à l'hôpital et prévenez le docteur Cullen, vite, faites vite ! Ordonna Bella.
- Edward ! Je t'en prie, Edward ! Réponds-moi !Je sentis des mains me tapoter les joues et, enfin, j'ouvris les yeux.
- Bella ?
- Edward ! Oh Edward ! Tu m'as fait une de ces peurs ! On va s'occuper de toi, tu as de la fièvre, mais rien de grave. Sa voix était tremblante et hésitante.
- Mon chéri ! Bella a fait appeler le docteur Cullen, il va arriver, il va te soigner.
Je sentis la panique dans la voix de ma mère. Bon d'accord, je n'étais pas au meilleur de ma forme, mais j'étais surtout fatigué, rien de plus. Il fallait que je la rassure.
- Maman, ce n'est rien. J'avais la bouche sèche. Je suis un peu fatigué, c'est tout. Ma gorge me brûlait. J'ai juste besoin de repos.
- Oui, dit Bella, il est juste un peu fatigué Maman. Edward, mon amour, j'ai besoin de ta coopération. Je ne peux pas te porter toute seule. Il va falloir que tu m'aides à te transporter jusqu'à ton lit, d'accord ?
- Oui, soufflai-je. J'essayai de me lever. Aide-moi Bella, s'il te plaît. Je m'appuyai sur elle. Je manque un peu de force, la semaine a été assez dure, finis-je dans un murmure.
Bella me soutint d'un côté, ma mère de l'autre. J'essayai de ne pas trop m'appuyer sur elles, il ne fallait pas qu'elles voient mon état de fatigue. Je me sentais tellement mal mais il fallait que je les rassure. J'étais essoufflé mais j'arrivai tant bien que mal à destination. La vue de mon lit me permit de lâcher Bella et maman, je fis les derniers pas seul. Je me laissai tomber sur la couverture. Les efforts que je venais de faire m'avaient vidé de ma substance. Pourquoi étais-je fatigué à ce point ? J'avais du mal à garder mes idées claires.
Bella enleva mes chaussures et m'aida à me dévêtir. Je pus enfin m'allonger, la tête me tournait.
- Tiens Edward, prends ça tout de suite !
Bella me tendit un verre et deux cachets. J'avalai les comprimés et bus avidement l'eau d'une traite. Le visage de Bella était crispé, je tendis la main pour lui caresser le visage, je voulais effacer le pli soucieux de son front. J'entendis un bruit de voix venant du rez-de-chaussée. Bella fila dans le couloir. Les voix se rapprochèrent, Bella arriva accompagné d'un homme que je ne connaissais pas.
- Le docteur Pattinson va te soigner, mon cœur, il va t'ausculter !
- Bonsoir Monsieur Masen, on va s'occuper de vous !Le médecin prit son stéthoscope et le posa sur mon torse, écoutant mon cœur, mes poumons. Il prit également ma tension puis ma température. La lecture du thermomètre lui arracha une grimace. Je vis Bella sursauter et se détourner vers le couloir, quelqu'un l'avait peut-être appelée, je n'avais rien entendu pourtant. Quand elle posa à nouveau son regard sur moi, un sourire était sur son visage, mais ses yeux brillaient.
- Bon, monsieur Masen, rien de grave. Un peu de repos et quelques remèdes vont vous remettre sur pieds. Je vous laisse entre de bonnes mains. Puis, se tournant vers Bella, il ajouta : Isabella, venez avec moi, je vais vous faire une ordonnance pour que vous puissiez vous procurer les médicaments.
- Oui docteur, je vous suis. Se penchant vers moi, elle ajouta : je reviens dans un instant mon amour. Repose-toi en attendant, d'accord ? Elle posa sa main sur ma joue, je t'aime ! finit-elle d'une petite voix.
Bella s'absenta quelques instants et revint rapidement. Ma mère aussi avait suivi le docteur, mais elle ne revint pas. Elle devait donner des ordres pour qu'on aille chercher les remèdes.
- Comment te sens-tu, mon cœur ? As-tu soif ?
- Oui, je veux bien un peu d'eau Bella.
Une fois désaltéré, je souris à Bella. Je me sentis légèrement mieux, les cachets sans doute.
Bella s'allongea à mes côtés et posa sa tête sur mon épaule. Je sentis son corps se détendre petit à petit. Je dus m'assoupir un moment. Quand je me réveillai, Bella était encore contre mon cœur. Je la serrai dans mes bras, elle me sourit. J'entendis des pas se rapprocher et maman entra dans la pièce. Ses yeux étaient rouges et brillants et ils prirent une expression horrifiée.
- Oh, Bella, tu ne devrais pas t...
- Ah Maman, la coupa-t-elle vivement, avez-vous pu vous reposer un moment ? Souhaitez-vous que je vous apporte quelque chose ? Elle regarda ma mère droit dans les yeux, comme si elle voulait lui transmettre un méssage.
- Non, ma chérie, je te remercie. Comment vas-tu mon chéri ? Dit-elle en me caressant le visage.
- Mieux, maman. Je serai vite sur pieds, j'ai eu un gros coup de fatigue cette semaine. Ma gorge était moins irritée, ma voix était plus claire.
- Bella, peux-tu venir, s'il te plaît ? Edward, je t'enlève ta chérie un petit instant, d'accord ? Juste cinq petites minutes.
- Pas trop longtemps, maman. Répliquai-je avec un clin d'œil.
Elles me sourirent toutes les deux et quittèrent la chambre. Je les entendis parler plus doucement en s'éloignant. Bella réapparut quelques instants plus tard.
- Déjà ! M'exclamai-je en riant.
- Souhaites-tu que je reparte ? Me demanda-t-elle ingénument. Elle marqua un temps d'arrêt puis s'élança vers moi en riant.
- Mon amour ! Je la serrai dans mes bras, Tu m'as tellement manqué cette semaine !
- A moi aussi, tu ne sais pas à quel point tu m'as manqué ! A quel point tu me manques quand tu n'es pas là ! Sa voix se cassa.
- Chut, mon amour ! Profitons des moments présents. Ne pense pas à mon départ. Nous avons encore deux week-ends pour être ensemble, oublions le reste d'accord ?
- Oui... oublions ton... départ. Susurra-t-elle en se nichant sur mon épaule.
Je la berçai dans mes bras, sa peine me fit mal. Je soupirai.. et le sommeil me prit.....
L'inconscience me prit.....
J'avais chaud. Je repoussai les draps mais quelqu'un me recouvrit.........
Des frissons me parcoururent le corps. Je grelottai. J'avais froid. J'essayai de tirer les couvertures mais ne trouvai que le vide........
Je sentis la fraîcheur sur mon front. De l'eau rafraîchissait ma bouche. J'ouvris les yeux, des yeux chocolat chaud me regardaient. J'entendis un soupir, quelqu'un pleurait un peu plus loin......
Je sombrai dans un gouffre sans fond, je tombai, tombai, tombai, tombai, tombai, ...