Bonsoir !

Voici un nouveau chapitre !

L'histoire se développe enfin, que ce soit à l'écrit ou dans mon esprit !

Pour aujourd'hui, on va se pencher sur la vie d'un seul personnage, j'espère que ce chapitre vous permettra d'appréhender un peu la façon dont va tourner cette fiction.

Cela tourne un peu plus noir que ce que j'avais prévu !

En même temps, je trouve les personnages originaux bien trop lumineux...

Pour votre bon plaisir !


" Les enfants peut-être seraient plus chers à leurs pères, et réciproquement les pères à leurs enfants, sans le titre d'héritiers. " - Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu.


Harry Potter l'avait regardé s'approcher du coin de l'oeil. Jour après jour, il la voyait le regarder, de plus en plus ouvertement. Puis, elle était venue lui parler. Doucement. Pas avec ce ton plein de mépris et de condescendance, que prenait la plupart du temps les adultes s'adressant à un enfant. Non. Elle était venue à lui calmement, en paix. Et ce fut un délicieux changement, pour Harry James Potter.

Au fil des semaines, le petit garçon et la bibliothécaire s'étaient rapprochés. Une confiance, certes fragile, s'était établit. Et plus le temps passait, plus cette confiance se confirmait.

Harry James Potter n'était plus seul au monde.


Allongé dans son lit au 4, Privet Drive, Harry Potter lu avec avidité, les réponses de ses chers amis les Gobelins. Des Gobelins lui apprendraient la culture sorcière ? À lui ? Un Lord des Îles Britanniques ? La farce était bien trop bonne pour ne pas être joué ! Encore un pied de nez à ce monde sorcier qui l'avait laissé dormir dans un placard toutes ces années. Quand tous ces vieux racistes de Sang-Purs allaient apprendre qui avait formé l'Héritier Potter… Ah ! Harry en riait déjà d'avance !


Emily Rosecombes était une enfant agréable, bien élevée, jolie, à l'oreille musicale. Mais, mille fois hélas, la petite Emily adorait littéralement apprendre.

En effet, l'enfant venait d'une très vieille et illustre famille de Sang-Purs Britanniques.

Les Llewellyn tenaient château en terres galloises, en l'arrière-pays de Caerdydd. Les générations de nobles sorciers issues de cette famille, avaient considérablement enrichis le patrimoine des Llewellyn.

Leurs armoiries trônaient fièrement, frappées sur le tympan surplombant la lourde porte ouvragée, donnant accès à leur grand domaine. Leurs titres, nombreux, avaient rendu le blasonnement de ces dernières, particulièrement complexe.

Mais les armes des Llewellyn étaient leur fierté !

Fierté qui fut mise à mal par une petite fille.

Emily Rosecombes.

Fille de Braen Llewellyn, Lord Llewellyn, Comte de Caerdydd, Seigneur des Hautes Terres Magiques de Eryri, de Gwynedd et de Yr Wyddfa. Lady Elaeth Llewellyn, elle, était l'héritière du clan Cledwyn, Maison illustre, qui comme son nom l'indiquait, était en charge de la garde de l'épée Excalibur, depuis des siècles, car l'artéfact magique était d'une telle puissance, que seul le sang des Cledwyn, d'une pureté inégalée, pouvait en supporter le poids.

Oui, Emily Rosecombes descendait de prestigieuses lignée. Première née, sa vie eut été parfait si elle était née garçon.

Son père, lorsqu'il connu le sexe de l'enfant, entra dans une colère noire.

En effet, la famille de sa femme était bien plus riche et bien plus puissante que la sienne. Les Cledwyn déjà servaient la Magie, bien avant la naissance d'Arthur Pendragon. À cet égard, son sang de Llewellyn, bien que de belle noblesse, ne pouvait égaler celui des Cledwyn.

Mais avoir un héritier mâle aurait pu changer la donne.

Son mariage hypergamique était une chance ! Une chance de faire disparaitre le nom des Cledwyn, pour celui des Llewellyn ! Un héritier mâle aurait automatiquement entraîné la fin des Cledwyn ! Lui, Lord Llewellyn, en aurait directement prit la tête, pour la fusionner avec sa propre maison !

Mais non ! Sa saleté d'épouse ne lui avait donné qu'une fille !

Une fille !

Un rebut ! Un déchet ! Une monstruosité ! Une erreur de la Nature ! Une erreur de la Magie !

Braen Llewellyn pouvait déjà sentir les regards moqueurs des ses pairs… Ils pouvaient déjà les entendre rire ! Même pas capable d'avoir un fils ! Lui qui se servait sans scrupule du prestige incommensurable des Cledwyn !

La haine monta en le Lord. Pourquoi ! Pourquoi ? Pourquoi devait-il subir un tel affront ? Un tel outrage ? Une telle disgrâce ?

Lui, étant le Seigneur de tant de terres, de tant de richesses…


Lorsque sa colère diminua, et que sa magie reflua, sa femme Elaeth, était allongée, comme disloquée, dans le lit même où elle venait de donner naissance. Son sang, si pur et si puissant, s'écoulait doucement par sa bouche et entre ses jambes. Ses yeux, d'un vert exceptionnel, étaient morts.

Sa fille elle, était là. Mutique. Son regard était aussi mort que celui de sa mère. Mais sa toute petite poitrine de nourrisson se soulevait encore.


Le temps était passé.

La disparition de la dernière des Cledwyn avait été attribué à une mort en couche. Et son enfant, la petite Heddwyn, fut élevée dans l'amour, et dans l'oubli total de cette horrible journée. Pour elle, sa naissance avait tué sa mère. Elle en était l'unique responsable.

Ainsi, elle grandit, devenant une magnifique jeune fille. Des cheveux bruns, lourds, brillants, plein de vitalité. Un visage oval, opalin. Des traits fins, des yeux vert d'eau, des lèvres ourlets et un front dégagé.

Son père, depuis sa plus tendre enfance, ne la laissait jamais quitter le domaine. Des professeurs et des serviteurs s'occupaient d'elle au quotidien. Elle s'avérait être une élève appliquée, d'une intelligence sans communes mesures. Elle était capable d'engranger, de synthétiser puis d'analyser une phénoménale quantité de savoirs, plus éclectiques les uns que les autres, pour en tirer des conclusions parfaitement éclairantes !

Sa passion pour la lecture n'avait d'égale que celle pour l'escrime, faisant d'elle une sportive accomplie et une personne extrêmement cultivée.

Mais c'est son père qui lui apprit la fierté des Llewellyn ! Il lui raconta la vie de chacun des membres illustres de cette famille ! Combien il était important que son sang perdure !

Et son père si gentil, si bienveillant !

Quand elle était venue pleurer sur son épaule, un jour de grande tristesse, se maudissant être née, d'être l'instrument de la mort de sa propre mère, c'était son père, qui était venu sécher ses larmes ! Son père ! Alors que lui aussi avait tant perdu ! L'amour de sa vie, comme il le disait si bien !

Alors oui, Heddwyn Llewellyn aimait tendrement son père, si maladroit avec ses sentiments, mais si présent !

La vie s'écoulait tranquillement, dans ce château, battu par les forts vents de Galles.


Heddwyn cria.

Du sang. Il y avait du sang !

C'est une jeune servante qui lui expliqua, après l'avoir calmé et lavé, qu'il était naturel pour une femme de saigner. Que c'était un gage de fertilité et que cela signifiait qu'il était venu le temps de lui trouver un fort bon parti.

Lorsque Lord Llewellyn apprit la nouvelle, sa joie fut immense. Et il enclencha les enchantements, qu'il avait sceller dans les murs du château, le jour de la naissance de sa fille.

Plus personne n'avait accès au domaine, sauf les elfes de maison. Professeurs, serviteurs… Même les hiboux, ne parvenaient plus ni à entrer, ni à sortir des jardins.

Et Lord Llewellyn, commit l'irréparable.


Il avait attendu 16 ans. Seize longues années. Mais le jour était enfin arrivé !

Lorsqu'il avait découvert ce qu'il avait fait dans un accès de rage, il fut tout d'abord prit d'une peur immense. Dans sa folie, il avait tué sa femme… et quelle femme ! Une Cledwyn ! Rien que ça !

Les autres Sangs Purs et l'ensemble du Monde Sorcier allaient avoir sa peau ! Il était fini !

Puis, une idée germa.

Une idée folle. Immonde.

Il ria tant qu'il fut obligé de s'assoir sur la couche ensanglantée de feue son épouse, pour reprendre son souffle.