« Tu me soule à la fin! Je te dis qu'il ne s'est rien passé » cria Bickslow, les yeux éclaircis par la colère.

« Oh je te soule? Bien, alors je m'en vais! » hurla Lucy à son tour.

Elle tourna et sortit par la porte d'entrée, ne manquant pas de la claquer le plus fort qu'elle le pouvait. Elle marcha d'un pas ferme jusqu'à son petit coin de paradis et s'arrêta au milieu, ne sachant plus quoi faire. Tout à l'heure, la colère l'envahissait. Mais, maintenant, elle avait juste envie de pleurer. Elle s'assit dans l'herbe, contre un arbre, et ramena ses genoux contre elle pour cacher son visage.


Depuis qu'ils s'étaient mis ensemble, presque 7 mois plus tôt, c'était leur première grosse dispute. Le début de leur histoire avait été magique. Ils se découvraient, s'amusaient, et s'éloignaient pour mieux se retrouver. Bickslow l'avait surprise. Il n'était pas le pervers dragueur qu'elle avait pensé. Bien sûr, il était pervers, et ne cessait de lui faire des blagues salaces, mais il n'était pas que ça. Non. Il était doux, gentil, attentif. Lorsqu'elle était tombée malade, au bout d'un mois de relation, il avait passé quatre jour à son chevet, refusant même de partir en mission avec Laxus, et ne l'avait pas quitté d'une semaine. Même la menace d'Erza pour qu'il s'éloigne ne lui avait pas fait peur.

Pour leur deux mois, il avait préparé une soirée, réservé une table dans un restaurant élégant, l'avait emmenée danser, et lui avait fait l'amour toute la soirée. Lorsqu'enfin ils s'étaient arrêtés, il lui avait tendu une petite boite avec un sourire gêné. Il lui avait offert une clé. Pas une clé céleste, non. La clé de chez lui. « Je n'aime pas savoir que tu attends dehors quand je ne suis pas la. Comme ça tu pourrais venir quand tu voudras, même si je suis en mission ». Elle avait eu du mal à retenir ses larmes et l'avait embrassé comme jamais. Avant de glisser sur lui pour lui faire une nouvelle fois l'amour.

Bien sûr, il n'y avait pas que de l'amour lent. Ils avaient aussi des parties de jambes en l'air passionnées, brusques. Des fois, il prenait le contrôle, des fois c'était elle. Il lui avait un jour avoué qu'il aimait qu'elle le domine. Alors, de temps en temps, elle se mettait en position de force et faisait juste ça. Mais elle aussi aimait être dominée. Pas dans le sens pervers de masochistes. Non. Elle aimait qu'il lui montre sa force, qu'il la maitrise de ses mains sans pour autant la blesser. Elle aimait voir qu'il pouvait lui faire mal, mais qu'il ne le ferait jamais parce qu'il tenait trop à elle. Parfois, ils essayaient des trucs nouveaux : des jouets, des nouveaux endroits, en extérieur. Elle se souvenait parfaitement de la fois ou ils s'étaient fait surprendre par Mira dans une des réserves de la guilde. Ils avaient du l'écouter parler de bébés pendant une semaine après ça.

Puis d'autres mois étaient passé, et l'incertitude avait commencé à la ronger. Bickslow ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait. C'était peut être ridicule, parce qu'il le lui montrait souvent, mais… elle avait besoin de l'entendre. Elle était perpétuellement inquiète, agitée. Dès qu'elle voyait Bickslow un peu trop près d'une fille, en dehors des filles de la guilde, son inquiétude revenait puissance mille. Et s'il décidait de la quitter? Avant elle, il ne s'était jamais posé. Il avait eu beaucoup de filles différentes. Et s'il se lassait de n'être qu'avec elle?

Et puis, la veille, elle était entrée dans le bar dans lequel ils devaient se retrouver, et ce qu'elle avait vu lui avait transpercé le coeur. Bickslow était assis sur un tabouret près du bar, une belle brune entre ses jambes, lui murmurant des mots dans l'oreille. Elle avait voulu fuir cette scène sortant tout droit de ses cauchemars. Mais après leur première nuit, lorsqu'elle avait fui, elle s'était juré de ne plus jamais agir en lâche. Alors elle avait marché jusqu'à eux et avait tiré la fille par ses cheveux, la décollant de Bickslow. Et celui ci s'était énervé, lui demandant de la lâcher, la traitant de folle, et lui assurant qu'ils n'avaient rien fait de mal. Et le fait qu'il défende la brune plutôt que de comprendre ses sentiments l'avaient anéantis. La gifle était partie toute seule. Et plutôt que de se donner encore plus en spectacle, elle était rentrée chez elle, pour pleurer toutes les larmes de son corps.

Le matin venu, elle avait pris une douche, fortifiant ses défenses, et après s'être habillée, avait caché son visage gonflé par les larmes sous le maquillage expert de Cancer. Puis elle avait saisi la clé qu'il lui avait offert et s'était rendu chez lui. Lorsqu'elle était entrée, il prenait son café, en caleçon dans la cuisine. Elle l'avait royalement ignoré pour se diriger vers la chambre ou elle récupéra les affaires qu'elle avait laissées derrière, puis dans la salle de bain, et dans le salon. Il avait essayé de lui parler, mais elle l'avait ignoré. Il s'était alors énervé. Elle lui avait jeté sa clé au visage. Des paroles dures avaient été échangées. Et, maintenant, elle était la, dans la forêt, pleurant la fin d'une relation qui avait pourtant si bien commencé.


Bickslow serra les dents et resserra son poing autour de sa tasse de café, avant de l'envoyer valser contre le mur. Comment en étaient-ils arrivés la? Tout allait si bien avant. Il n'avait jamais été aussi heureux. Il n'avait jamais aimé quelqu'un à ce point la. Bon, il ne lui avait pas encore dit. Mais ce n'était pas parce qu'il ne voulait, ou qu'il ne l'était pas. Il avait juste peur de se rendre un peu plus vulnérable à la blonde. Il ne voulait pas aller trop vite. Si elle n'en était pas encore la, et qu'il le lui avouait… alors elle aurait tout pouvoir sur lui. Et il ne voulait pas de ça.

Ca avait été leur gros problème depuis le début. L'un comme l'autre avait peur de se retrouver vulnérable, en position de faiblesse. Il savait que Lucy avait passé une grande partie de sa vie à obéir à son père sans rien pouvoir faire. Merde, elle avait failli être vendue à un Comte pour être mariée. Il savait que, depuis qu'elle avait trouvé sa liberté, sa plus grande peur était de dépendre à nouveau de quelqu'un. Mais jamais il ne serait comme son père. Jamais il ne lui imposerait quoi que ce soit qui puisse la blesser ou lui faire peur. Et ça, elle ne semblait pas l'avoir encore compris.

Il n'était pas beaucoup mieux. Son enfance merdique l'avait mis sur ses gardes contre tout le monde, et l'avait souvent empêché de se rapprocher des gens comme il le voudrait, comme il le devrait. Il se cachait derrière ses sourires et ses vannes pour tenir les gens à distance, et, comme ça, il avait aussi tenu Lucy à distance, malgré le fait qu'il lui appartenait corps et âme. Il mourrait pour elle. Littéralement. Il n'était pas le genre de grand romantique à couvrir sa copine de fleurs et de cadeaux tous les jours, mais cela ne rendait pas ses sentiments moins violents.

Il avait su dès le moment ou la brune l'avait approché qu'il ne devrait pas la laisser faire. Seule Lucy pouvait toucher son corps ou s'approcher de lui comme ça. Il s'était d'ailleurs préparé à la repousser lui-même lorsque Lucy l'avait tirée par les cheveux. Il avait voulu rire de la situation, et l'embrasser à lui couper le souffle, lorsqu'il avait croisé son regard. Elle pense que je la trompe. Cette simple pensée réduit toute sa joie à néant. Comment pouvait-elle douter de lui ainsi? Bien sûr, la situation dans laquelle elle l'avait trouvé était particulière, mais elle aurait du savoir qu'il l'aimait, et qu'il se couperait la main plutôt que de toucher à une autre fille aussi intimement. Mais il fallait croire que non. Et, pour cacher sa douleur, il s'était laissé envahir par la colère et lui avait reproché le traitement de la brune, alors qu'il n'en avait rien à foutre d'elle. Lucy était partie sans un mot, mais le regard qu'elle lui avait lancé lui avait brisé le coeur.

Il avait eu l'intention d'aller la voir le matin même, et de s'excuser. Bon sang, il l'aurait même supplié si cela l'avait fait revenir dans ses bonnes grâces. Mais il n'en avait pas eu le temps. Alors qu'il prenait son café, elle avait débarqué avec un sac et, en l'ignorant, avait ramassé toutes ses affaires. Alors c'était comme ça? Ils n'allaient même pas s'expliquer? Elle prenait juste la décision d'en finir avec lui sans même le consulter? La colère était revenue au galop et, une fois de plus, il lui avait crié dessus. Et elle lui avait rendu sa clé. De tout ce qui avait transpiré entre eux depuis la veille, c'était la chose qui le blessait le plus. Il avait fait faire un double pour elle, parce qu'il ne se sentait ici chez lui que si elle était la.

C'est en regardant les morceaux de tasse éparpillés au sol et la clé dans sa main qu'il comprit alors une chose. Il ne pouvait pas la laisser partir. Elle était la seule bonne chose qui lui était jamais arrivé, et il la garderait. Pénétrant dans sa chambre pour s'habiller, il remarqua le petit tas d'affaires posé sur son lit. Elle avait ramené ce qu'il avait laissé chez elle. Il fronça les sourcils et s'habilla rapidement, faisant gaffe à ne pas regarder les affaires. C'était encore plus douloureux lorsqu'il le faisait. Il claqua la porte derrière lui et courut en direction de la forêt. Il n'avait aucun doute qu'il ne la trouverait pas à la guilde après un tel évènement. Il ne s'arrêta pas pour se reposer, ou reprendre sa respiration. Il fallait qu'il la retrouve avant que leur relation soit irréparable.


« Lucy ». La jeune femme redressa sa tête, surprise et croisa le regard de Bickslow. Non. Pourquoi était-il la. Elle détourna le regard pour fixer l'herbe. Elle n'avait même plus la force de s'énerver. Elle voulait juste que la douleur s'arrête. Elle l'entendit haleter et l'observa du coin de l'oeil. Il était en sueur, et soufflait rapidement. Comme s'il avait couru jusque la. Mais c'était ridicule. Pas après la conversation qu'ils avaient eu moins d'une heure plus tôt. Elle remarqua qu'il n'avait pas son casque, et fut choquée. C'était la première fois qu'il sortait de chez lui sans. Elle essuya ses larmes et tourna le visage vers lui.

« Qu'est ce que tu veux Bickslow? »

« Toi. C'est toi que je veux. »

Il s'agenouilla devant elle et se saisit de ses mains. Elle voulait les retirer, vraiment. L'idée qu'il avait pu toucher une autre fille la dégoutait. Mais ses mains reconnaissaient la peau qu'elles touchaient, et ne semblaient pas vouloir lui obéir.

« C'est toi que je veux Lucy, et toi seulement. J'm'en fous des autres filles. Il n'y a que toi qui me fasse envie. »

« C'est pas ce que j'ai vu hier. »

« Je connais pas cette fille, Lu. Je te promets. J'allais la repousser quand tu es arrivée. Je veux pas te perdre, bébé. »

« Mais tu as dit que je te soulais… »

« J'étais en colère… Tu as cru si facilement que je te trompais… j'étais blessé, ok? »

« Comment veux-tu que je pense autrement? Je ne sais pas ce que tu ressens… Tu ne me parle pas. »

« Je sais. Je sais que je ne suis pas très ouvert. Je t'ai dit pourquoi. Je t'ai dit pour mes parents… Mais… avec toi c'est différent. Je t'aime, bébé. Comme jamais je n'ai aimé quelqu'un. Et j'ai peur de te perdre. »

Lucy regarda l'homme qu'elle aimait, les yeux écarquillés. Il lui avait dit. Finalement. Elle se jeta à son cou, remarquant à peine qu'il était tombé à la renverse, et pleura sur son tee-shirt. Aussitôt, les bras de Bickslow l'encerclèrent pour la serrer contre lui, si fort qu'ils ne formèrent plus qu'un. « Moi aussi, je t'aime Bix » murmura-t-elle avant de l'embrasser dans le cou. Jamais il ne s'était senti aussi exalté que lorsqu'il entendit la petite voix de Lucy lui dire les mots qu'il avait toujours attendu. Il lui releva le menton et lui donna un baiser brûlant, auquel elle répondit avec autant de vigueur.

Elle glissa doucement ses mains sous le tee-shirt de Bickslow et le remonta doucement, avant de lui retirer. Ses hanches se mirent à faire des mouvements circulaires sur son bassin, et il gémit doucement dans sa bouche. Elle l'embrassa à nouveau, avant de déposer des baisers le long de son cou sur son sternum, pour finir par prendre un téton dans la bouche. Il donna un coup de hanche vers le haut, et elle gémit en sentant son érection. Elle glissa les mains entre leurs corps et ouvrit la fermeture de son jean pour se saisir du pénis de Bix. Il rejeta sa tête en arrière et laissa échapper un gémissement rauque. Lucy ne voulait plus attendre. Elle savait qu'elle était prête. Elle était toujours prête pour lui. Alors glissa sa main sous sa jupe pour déplacer sa culotte et, d'un mouvement agile, s'empala sur lui.

Il retint un grognement en sentant son sexe l'enserrer et la prit par les hanches pour l'aider. Bon sang. Une journée sans elle et il était pire qu'un addict. Il enfouit son nez entre ses seins et, d'un coup de langue, goûta sa peau salée par la transpiration. Elle frissonna et entoura sa tête de ses bras, accélérant un peu le rythme. « Vas-y bébé, prends moi » murmura-t-il. Il savait qu'elle aimait l'entendre dire ça. Et il aimait voir sa réaction. Elle gémit et accéléra de nouveau le rythme. Elle y était presque, elle pouvait le sentir. « Bix… » gémit-elle. Comprenant le massage, il échangea leurs positions, l'allongeant dans l'herbe, et entra en elle d'un coup brusque. Il enchaina les coups de reins sans relâcher et, bientôt, tous les deux obtinrent leur délivrance.

Il leva le regard vers Lucy, qui avait les larmes aux yeux et l'embrassa tendrement. Jamais il ne se lasserait de cette sensation, pensa-t-il. Lucy s'écarta d'un coup, les yeux écarquillés.

« Bix… on n'a pas utilisé de capote… »

« C'est pas grave. On sait tous les deux qu'on n'est pas malade. Et rien ne me ferait plus plaisir que d'avoir une famille avec toi. Bien sûr c'est peut être un peu tôt, mais je sais qu'il n'y aura jamais personne d'autre pour moi, alors ça ne me fait pas peur. »

« Je t'aime Bix » répondit-elle les larmes aux yeux.

« Moi aussi, Cosplayer. Tiens, » dit-il en récupérant la clé qu'il avait mis dans sa poche. « Je te rends ça. C'est à toi. »

« Désolée de te l'avoir jeté à la tête »

« C'est pas grave… Lucy? »

« Hm? »

« Tu voudrais emménagé avec moi? »

« Quoi? » demanda-t-elle, surprise.

« J'aime quand tu es chez moi… Et on est tout le temps ensemble de toute façon… Quand tu es la, mes murs de briques deviennent une maison… »

« Bien sûr, Bix! »

Il lui fit le sourire le plus joyeux qu'elle ait jamais vu sur lui et lui donna un coup de reins. Elle se rendit alors compte qu'il était toujours en elle, et qu'il durcissait à nouveau. Elle gloussa doucement et enroula son bassin de ses jambes. Il lui fit un sourire pervers et donna un nouveau coup de reins, avant de descendre vers sa bouche. Il déposa un baiser si léger qu'elle le sentit à peine. « Je t'aime » murmura-t-il à nouveau, leurs lèvres se frôlant. Il n'arrivait plus à s'arrêter. Et il ne s'arrêterait jamais si cela pouvait lui permettre de l'entendre dire la même chose, pensa-t-il. « Moi aussi, Bix. Pour toujours » promit-elle.