Précédemment : Alors que la routine semble être en train de s'installer doucement dans le vie de Kiba, Naruto & Sasuke, ses deux meilleurs amis, lui remettent un bout de papier sur lequel il avait griffonné quelques phrases durant le lycée, pour Sakura. Peu de temps après, Suigetsu tombe sur ce bout de papier et fera renaitre en Kiba sa passion pour la musique.

Disclaimer : Rien ne m'appartient ! L'image a été trouvé sur Tumblr & les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, un monsieur qui dessine drôlement bien.

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LIME DANS LE PREMIER PARAGRAPHE /!\

Les stores tirés, la petite pièce baignait dans une étrange lumière bleue presque aussi sombre que la pénombre elle-même. Karin rejeta sa flamboyante chevelure en arrière, la faisant ainsi claquer contre son dos nu et moite tandis que les traits de son visage se crispèrent, comblée par le plaisir que lui offrait son partenaire. Ses yeux se fermèrent, ses lèvres s'entrouvrirent et ses soupirs se transformèrent en de véritables gémissements. L'extase était telle qu'elle aurait été tout bonnement incapable de décliner son propre nom si une tierce personne le lui aurait demandé. Se consumant de plus en plus, le feu qui ravageait son bas-ventre finit par exploser, sa respiration se bloquant quelques instants. Son corps trembla, en proie à un orgasme dévastateur alors qu'un ultime cri s'échappa de sa bouche fleurie avant qu'elle ne se laisse tomber aux côtés de son partenaire, le souffle irrégulier. Leurs regards se croisèrent et Karin ne put s'empêcher de pouffer de rire, naïvement.

« On avait dit que c'était la dernière fois.
- Je sais. On le dit à chaque fois, répondit-elle, soudainement moins enthousiaste. »

Il n'ajouta rien, sachant qu'ils avaient exactement la même discussion à chaque fois. Elle soupira puis quitta, à contrecœur, la tiédeur de ses draps, ramassant au passage ses habits éparpillés. La jeune femme ne se soucia guère de la vue qu'elle offrait à son amant en se baissant ainsi. La bulle avait éclaté, ses pieds avaient retrouvés la terre ferme et leur court moment de complicité s'était envolé. Peu importe, elle avait mieux à penser. Alors qu'elle s'enfermait dans la salle de bain, elle rouvrit la porte quelques secondes après, passant sa tête dans l'embrasure.

« Suigetsu ? »

Il ouvrit un œil.

« Il vaudrait mieux que tu partes, mon père rentre bientôt. »

L'argenté ne rétorqua rien. Une dizaine de minutes plus tard, il se retrouvait dehors et, ne put s'empêcher de bailler. Il aurait préféré rester une petite heure encore à roupiller tranquillement. Le lit de la rouquine était beaucoup plus confortable que le sien et son dos lui faisait nettement moins mal. Peut-être qu'elle accepterait d'échanger son matelas... Suigetsu plongea les mains dans ses poches avant d'en ressortir son portable. Trois appels manqués. De sa mère, en plus. Il soupira, remettant le cellulaire à sa place initiale. A quoi bon, elle lui parlerait tout à l'heure, à son retour : il comptait d'abord rendre à son voisin de classe, son Ipod. Quoiqu'il aurait pu le revendre et s'acheter de nouvelles chaussures...

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Quelques jours plus tard.

« Eh, Suke, passe-moi ton portable. »

Sasuke reposa ses baguettes dans son bol de nouilles puis s'essuya le coin des lèvres à l'aide de sa serviette. Son regard se posa ensuite sur Naruto, ce dernier se grattant la joue, gêné face à sa question muette.

« Parce que j'ai appelé Sakura, l'autre jour et j'pensais pas que ça couterait autant d'appeler à l'étranger. Pourtant, j'ai pris le forfait que tu m'avais dit, hein ! Celui où on peut appeler n'importe où sans payer mais nan, ça m'a couté un bras. J'sais pas, peut-être que l'Australie, c'est trop loin ou que les Australiens ont besoin d'argent pour rembourser leurs dettes... Quoiqu'un jour, j'ai appelé en Angleterre et j'ai rien payé pourtant, ils sont en faillite aussi. La p'tite dame était sympa, en plus. »

Durant de longues secondes, le ténébreux considéra son ami, dans un silence des plus pesants. Mal à l'aise face à son regard perçant, le blond commença à s'agiter sur son futon, se demandant ce qu'il avait bien pu dire ou faire de travers. Une partie de sa famille était peut-être Australienne et il avait touché son orgueil en les rabaissant subtilement... Non. Personne dans sa famille n'était blond aux yeux bleus ou bien n'avait touché un surf de sa vie. Les Uchiwa ressemblaient à des clones, ils étaient même devenus lassant à regarder tant leur manque d'originalité était cruel.

A part Tante Honorine qui, en plus d'avoir un prénom peu commun, possédait un goût poussé pour les mauvaises choses ce qui ne manquait jamais de les faire rire, lui et Kiba. Bien qu'extrêmement poli, ce dernier n'avait pu s'empêcher de faire remarquer qu'ils avaient retrouvé la mère biologique de Naruto en pénétrant pour la première fois dans sa maisonnette, au sud de Konoha. Le blond l'avait mal prit, maugréant que « jamais j'aurais empaillé mon perroquet pour le suspendre sur une petite balançoire au-dessus des toilettes parce que, comme Sasuke est grand, il aurait été bloqué par cette vue affreuse et aurait certainement pissé à côté.» L'Inuzuka avait pouffé discrètement, imaginant que si Naruto n'avait pas eu quelques soucis au dos, il aurait tout à fait été capable d'accrocher quelque chose d'aussi immonde au-dessus des waters.

« Pourquoi tu ne m'as pas simplement dit que t'avais plus de crédit ? Et depuis quand tu sais dire autre chose que boobs en anglais ?
- Eh ! s'exclama-t-il en lui lançant sa serviette, ses joues se teintant de rouge. Y'a des gens dans le box d'à côté ! Et je n'suis pas aussi nul que ça.
- Ben voyons, rétorqua Sasuke sur un ton sarcastique.
- Bon, tu m'le files ? »

Feignant la mauvaise volonté, il lui tendit son portable avec une lenteur exagérée. Naruto le fusilla du regard, excédé par son comportement de gamin.

« Deux-cents messages ? T'es bien bavard avec cette Ino... Je rêve où vous vous envoyez des cœurs ? DEGOUTANT. (Il fit mine de vomir. )
- Va t'faire foutre !
- Raah, fais pas la tête, j'rigolais ! C'que tu peux être chiant en ce moment. T'as tes règles, c'est ça ? »

L'Uchiwa ne prit même pas la peine d'écouter ses paroles. Il récupéra son cellulaire puis le posa le plus loin possible de son ami.

« Hm... Naruto ? »

L'appelé cessa d'embêter Sasuke et concentra son attention sur le nouvel arrivant, Ichiraku. Ce dernier était l'humble propriétaire du petit restaurant ainsi que l'un des cuisiniers. Il excellait derrière les fourneaux et le blond, son plus fidèle client, n'avait jamais tari d'éloges à son sujet.

« Ton ami et toi faites beaucoup de bruit et gênez les autres clients. Il y a des couples venus avec leurs enfants, tu comprends ?
- Oh euh, on est désolés, on parlera moins fort, s'excusa-t-il platement. »

L'homme lui sourit doucement, sachant qu'il tiendrait sa parole puis, il les quitta. C'est alors que, posé négligemment sur la table, le portable de Sasuke vibra plusieurs fois. Les deux jeunes hommes se défièrent du regard avant de se ruer sur ledit objet. Naturellement, ce fut le ténébreux qui le saisit en premier, plantant au passage ses ongles dans la chair de Naruto.

« Oh, pardon, j'espère que je n't'ai pas trop fait mal, minauda-t-il d'un ton faussement désolé.
- Je n'ai rien senti, grimaça-t-il. ( Il donna un coup de tête en direction du portable. ) Alors ?
- C'est Kiba. Il l'a fini. »

L'Uzumaki fronça les sourcils.

« Fini quoi ? J'ai reçu la même chose y'a une heure. »

Ils se consultèrent du regard, silencieusement. Parfois, la complicité était telle que les mots devenaient inutiles. Des multitudes d'émotions, de paroles muettes, de non-dits dansaient dans nos pupilles, jour après jour. Notre exaspération était trahie par un simple roulement des yeux, les globes oculaires injectés de sang montraient qu'on avait passé une rude soirée tandis que l'étrange flamme scintillant au fond de notre regard valait toute la joie et le bonheur du monde.

Sasuke laissa quelques billets sur la table avant qu'ils ne quittent le restaurant pour se rendre à son véhicule. Il n'était pas si tard que ça pourtant, la température avait déjà bien baissé. Naruto se frictionna les bras signe que l'automne était bien présent. Alors que ce dernier allait ouvrir la portière côté passager, il lâcha une exclamation :

« Pouaaah ! T'as rayé toute ta carrosserie !
- C'est Itachi, rétorqua-t-il, froissé.
- Le résultat est le même. »

La demeure Inuzuka ne se situait qu'à une dizaine de minutes de Chez Ichiraku, lorsque la circulation était bonne. Konoha n'était pas une ville importante du Japon, telle que Suna ou Kumamoto mais, l'un des axes majeurs du pays la traversait. Dans ces moments-là, Sasuke klaxonnait souvent, qualifiant les autres conducteurs de touristes. Le parfait connard au volant, commentaient ses amis. Naruto se demandait d'ailleurs toujours comment il avait réussi à obtenir son permis. Il avait du séduire la mono', c'était la seule explication plausible.

« C'était rouge, fit-il remarquer lorsqu'ils dépassèrent un feu tricolore.
- On était seul au carrefour. »

Le blond appuya sa tête contre la vitre, blasé par sa réponse. La circulation étant peu dense, il ne leur fallu que quelques minutes pour arriver devant la maison de Kiba. Sasuke ne prit même pas la peine de sonner et ouvrit la grille, entrant d'un pas de conquérant. Le jeune Uzumaki fut nettement plus sur la réserve, jetant des coups d'œils autour de lui. Akamaru lui filait une trouille bleue et, rien que le fait de l'imaginer arriver en courant vers lui le terrifiait. Presque inconsciemment, il se rapprocha de son ami. L'Uchiwa fit abstraction de son attitude jusqu'à arriver sous l'unique fenêtre éclairée. Il s'agenouilla, joignit ses mains et lui fit un signe de tête. Naruto fronça les sourcils.

« J'ai pas confiance. »

Sasuke roula des yeux.

« Ce sera pas une très grande chute, t'façon.
- J'ai le dos fragile.
- Eh bah tu t'arrangeras pour tomber sur le ventre ! »

Naruto hésita encore quelques instants puis, posa finalement son pied sur les mains jointes du ténébreux avant de se hisser jusqu'à la fenêtre. Malheureusement, ce dernier lâcha une exclamation de dégoût au contact du chewing-gum collé sous sa semelle avant de retirer rapidement ses mains pour les essuyer sur son jean. Tout se passa très vite pour le blond qui eut juste le temps de s'agripper au rebord, les pieds dans le vide. Mais, le rebord n'étant pas très large, il ne tint que quelques secondes avant que ses mains ne glissent et ne le fassent tomber lourdement sur le dos.

« Ma colonne vertébrale vient de se briser, gémit-il dans un murmure de souffrance.
- On avait dit que tu tomberais sur le ventre. T'es con. »

Il y eut alors du mouvement en haut. La fenêtre s'ouvrit et Kiba apparut plus perplexe qu'inquiet par tout ce raffut. Son regard s'attarda longuement sur Naruto qui n'avait pas bougé d'un cil. Après avoir haussé les sourcils, il jugea bon de ne poser aucune question. Souvent, la réponse le dépassait.

« J'arrive, déclara-t-il simplement. »

Le brun revint à sa fenêtre avec sa guitare soigneusement rangée dans sa pochette. Sasuke poussa du pied les jambes du soi-disant blessé, ignorant ses gémissements, et attrapa l'instrument. Kiba enfila une veste, éteignit la lumière autour de laquelle gravitaient moucherons, moustiques et autres nuisibles ruinant le sommeil par leurs rondes infernales puis sauta de sa fenêtre, retombant sur ses pieds. Il avait fait le mur tellement de fois étant plus jeune que désormais, son corps accusait la chute, sans désagréments.

« Allez le malade imaginaire, debout, ordonna-t-il en lui tendant la main. »

Naruto marmonna quelques jurons tout en se relevant.

« Au parc ? proposa Sasuke.
- Comme toujours.
- Mais... Il fait nuit, intervint le blond, marchant à leurs côtés.
- Et ? T'as peur de te faire bouffer par un monstre ? Personne ne voudrait de toi, ricana le ténébreux.
- Eh ! s'insurgea-t-il. C'est pas ce que j'voulais dire.
- Alors tais-toi. »

Tout le long du trajet, l'Uzumaki resta en retrait, vexé par ses paroles. En temps normal, cela l'indifférait, il feignait d'être offusqué. Leur relation avait toujours été ainsi. Mais, il était fortement déconseillé de les laisser ensemble plus d'une journée sous peine d'avoir un meurtre sur les bras en très peu de temps. Kiba appelait ça l'amour vache ce qui faisait grimacer les deux énergumènes.

Étonnamment, le parc de Konoha était ouvert jour et nuit étant donné qu'aucune grille ne l'entourait. Il fallait aussi ajouter qu'il n'offrait rien d'exceptionnel si ce n'est quelques jeux pour enfants tels qu'une structure avec toboggans en forme de bateau, une tyrolienne mais également, les incontournables balançoires. Quand il était gamin, Naruto passait des journées entières à jouer à la tyrolienne. C'était d'ailleurs ici-même qu'il avait rencontré Sakura lorsqu'il n'avait pas encore dix ans. Elle habitait dans l'immeuble juste en face. « Ouaaah, t'as trop d'la chance ! » lui avait-il dit un jour en apprenant qu'elle pouvait y jouer jusqu'à tard le soir. Elle avait simplement ri en lui tapant doucement l'épaule.

Les trois garçons s'installèrent en cercle sur le terrain de rugby qui faisait aussi office de terrain de football. En réalité, un immense rectangle blanc avait été dessiné à la peinture sur l'herbe tandis que deux immenses poteaux traversés à l'horizontal par une barre avaient été posé de chaque côté du terrain. Et, c'était tout. Naruto s'était foulé un nombre incalculable de fois la cheville sur ce terrain. Kiba se racla la gorge

« Bon. Comme vous le savez, j'avais écrit ça pour Sakura. ( Il agita le papier avant de le poser au centre du cercle. ) Et, avec le temps, y'a pas mal de paroles qui sont devenues illisibles.
- C'est pas si vieux que ça, commenta le blond.
- Sept ans.
- Ah oui, quand même.
- J'en ai réécrit d'autres, reprit-il. Avec une nouvelle mélodie. »

Alors que Sasuke et Naruto se chamaillaient pour lire en premier les paroles, Kiba sortit sa guitare, se mit en tailleur et commença à l'accorder. Il joua quelques notes dans le vide puis, frappa trois coups contre la caisse de son instrument. Les premières notes retentirent, les deux autres se turent. Cela faisait quelques jours déjà qu'il planchait dessus. Depuis que Suigetsu le lui avait suggéré, pour être précis. Il ne lui avait fallu qu'une après-midi pour écrire les paroles mais, la musique avait pris plus de temps. Il avait cherché la perfection, quelque chose qui retranscrirait ses émotions. Il voulait une cassure pour le refrain, que ce soit soudainement plus optimiste, avec cette pointe d'espoir qui fait qu'un homme peut surmonter n'importe quel obstacle. Sakura n'avait pas quitté ses pensées, cette chanson lui était toujours dédiée. Elle décrivait cette amitié si extraordinaire, ce lien qui subsiste toujours malgré la distance, cette promesse qu'ils se retrouveront un jour. Les dernières notes résonnèrent.

Kiba glissa un regard inquiet sur ses amis et, devant leur air hébété, il hésitait entre être satisfait ou non.

« Putaaaaain ! lâcha finalement Naruto. Bon Dieu, depuis l'temps qu'on rêvait que tu recommences à écrire des chansons ! Enfin bordel, ça fait tellement du bien ! rit-il. »

Soulagé, le brun se joignit à son rire. Oui, ça faisait du bien. C'était tellement enivrant de rejouer, de composer, d'écrire de nouveau.

« Bah, 'Suke, tu dis rien ? s'enquit le blond, calmé. »

Sasuke s'arracha de sa contemplation de l'herbe, alors que ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire.

« Tu peux la rejouer ? J'aime bien le refrain. »

Kiba ne se le fit pas redire une seconde fois et joua de nouveau sous les applaudissements et sifflements de Naruto. Ils reprirent le refrain ensemble dans l'insouciance et la joie la plus totale. Haut les cœurs, haut les cœurs ! Elles résonnaient. On peut encore se parler, se toucher, se voir. C'était vrai, à l'époque. Haut les cœurs, haut les cœurs, haut les cœurs ! Encore une fois. Il faut s'dire des belles choses qu'on gardera pour plus tard. Et ils l'avaient fait. Haut les cœurs, haut les cœurs, haut les cœurs ! Approche-toi de moi, sers-moi fort, avant qu'on se sépare. Avant qu'on se sépare.

Hormis ces incessants haut les cœurs, celles du refrain étaient les seules paroles qui avait résisté au temps, sur ce vieux papier.

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Au même moment en Australie, Sakura Haruno reçut un message du brun. Elle secoua la tête, légèrement exaspérée -et désespérée- par le fait qu'elle lui avait demandé des dizaines de fois, au bas mot, de ne pas la contacter ainsi. Les mails étaient gratuits alors pourquoi ne pas les utiliser ? « Je l'ai fini, ta chanson. (C'était un cas d'extrême urgence là, non ?) Reviens vite, il manque une femme qui gueule tout l'temps dans nos vies. » Elle ne put s'empêcher de rire, touchée malgré elle par ses quelques mots.

« Mmh... Sakura ? appela une voix endormie.
- C'est rien, rendors-toi, répondit-elle avec douceur. »

Elle entendit les draps se froissant suivi d'un soupir puis, plus rien. Il s'était rendormi à une vitesse hallucinante. A peine une dizaine de secondes plus tard, son portable vibra une nouvelle fois. « Regarde la Lune. » Elle fronça les sourcils, surprise par cette étrange requête mais, contre toute attente, s'exécuta quand même. La rose écarta les rideaux, ouvrit la fenêtre et s'appuya contre le rebord. Le ciel était dégagé et la Lune était pleine. « C'est fait. » envoya-t-elle.

Le troisième message qu'elle reçut lui serra le cœur. Elle se sentait mal, oppressée, terriblement seule malgré la compagnie de son petit-ami, derrière elle. Parfois, pleurer faisait du bien, même si ce n'était que quelques larmes. Lorsqu'elle avait quitté Konoha, il y a de cela quelques années, elle n'aurait jamais pensé que d'être éloignée de ses amis lui pèserait autant. Ils lui manquaient, c'était certain mais, elle avait fait ce choix de vie et elle devait l'assumer. D'un revers de main, elle essuya ses larmes avant de rejoindre son compagnon dans son lit. Elle passa son bras au travers de son torse et se serra contre lui, refoulant ses pleurs. Il fallait aller de l'avant sans renier son passé. C'était ça, la clé du bonheur.

Naruto n'avait jamais aimé les salles d'attentes. Déjà, parce qu'il fallait attendre. La deuxième cause était qu'il fallait attendre avec d'autres personnes. Des vieilles personnes qui toussaient à en recracher leurs poumons toutes les minutes, des enfants ne tenant pas en place et des mères braillant sur eux. Souvent, il tombait avec ces trois types de personnes, en même temps. Ça le rendait dingue. Surtout que les magazines qui étaient étalés sur la table basse avaient au moins dix ans et puaient le renfermé.

Mais cette fois-ci, c'était légèrement différent. Évidemment, il était encore une fois tombé avec ces mêmes personnes insupportables. A cela s'ajoutait le fait qu'il mettait pour la première fois les pieds dans un hôpital. Il était aussi nerveux que lorsqu'Akamaru menaçait de surgir de n'importe quel côté.

Une petite heure plus tard, une jeune infirmière arriva, une petit tablette entre les mains. Elle tira un stylo de la poche de sa blouse tandis que ses yeux parcouraient les lignes de son document.

« Mr Uzumaki ? »

Le blond se leva et en profita pour reposer un vieux numéro d'un magazine. Elle le gratifia d'un sourire avant de replonger sur sa feuille.

« Veuillez me suivre, le Dr. Hyuuga vous attend. »

Docilement, Naruto la suivit. En chemin, il rencontra un jeune homme se baladant dans les couloirs avec sa poche de sang suspendue à un portique. Il eut un haut-le-cœur en imaginant la poche céder, les tuyaux s'arrachant violemment de son bras et les murs repeints d'un rouge criard. Pouah. Répugnant. Finalement, les deux jeunes gens arrivèrent devant une porte entrouverte où était inscrit sur une plaquette : Dr Hinata HYUUGA ; Masseur Kinésithérapeute. L'infirmière frappa avant d'ouvrir la porte en grand. Naruto entra, mal à l'aise. La porte se referma juste derrière lui.

Avec un doux sourire, Hinata l'invita à s'installer en face d'elle.

« Mr Uzumaki, c'est bien cela ? ( Il acquiesça. ) Vous avez des douleurs au dos, n'est-ce pas ? Décrivez-les moi.
- Euh... Eh bien... J'ai mal, quoi, rit-il nerveusement en se grattant la joue.
- Vous avez mal tout le temps ? Ou bien c'est lorsque que vous faites tel ou tel geste ?
- Quand je me baisse, surtout.
- Et les douleurs, elles sont centrées où, précisément ?
- ... En bas du dos, j'imagine.
- Bien. »

La docteure reposa son stylo, fit le tour de son bureau puis proposa à Naruto de s'allonger sur le lit. Le blond cligna des yeux, bluffé par tant de professionnalisme par un petit bout de femme comme elle. Alors qu'il allait s'exécuter, Hinata l'arrêta. Elle pointa du doigt son haut, un mince sourire aux lèvres. L'espace de quelques instants, une image d'elle et lui s'imposa à son esprit avant qu'il ne secoue la tête. Mon Dieu, il devenait aussi grave que Sasuke ! Il enleva sa veste ainsi que son tee-shirt puis s'allongea sur le dos. La jeune femme appuya sur ses deux épaules.

« Détendez-vous, je ne vais pas vous manger, taquina-t-elle gentiment. Retournez-vous, s'il vous plait. »

Il était clair que le blond n'en menait pas large en ce moment même alors, lorsqu'il sentait ses fines mains parcourir la courbe de son dos, il s'étouffa avec sa propre salive.

« Le bas de votre dos forme un creux, en réalité, expliqua-t-elle. Ce qui fait que lorsque vous êtes couché sur le dos, cette partie ne touche pas le matelas et c'est certainement à cause de ça que vous vous réveillez certains matins avec des douleurs. Remettez-vous sur le dos. ( Elle passa sa main dans l'espace entre le bas de son dos et le lit. ) Vous voyez ? Par contre, si vous levez les jambes comme ceci. ( Elle mit son bras sous ses genoux, et fit glisser ses pieds plus près de son bassin. )
- Ah oui, ça fait carrément du bien.
- C'est parce que le vide est comblé. Vous dormez souvent sur le ventre, pas vrai ?
- Euh, j'imagine.
- Ça creuse d'autant plus le bas de votre dos. Placez-vous devant le miroir, juste là. »

Naruto se leva et vint se mettre à l'endroit indiqué. Hinata posa ses mains sur ses hanches et le fit pivoter de façon à ce qu'il se retrouve de profil. Une nouvelle fois, elle dessina la courbe de son dos.

« Vous voyez ? »

Il hocha la tête, les mots bloqués dans la gorge tandis que la jeune femme repartit s'installer derrière son bureau.

« Je vais vous proscrire une ordonnance ainsi qu'une dizaine de séances de kinésithérapie. »

Une fois habillé, Naruto revint s'asseoir, se triturant les mains. En réalité, il s'était attendu à pire. Sasuke lui avait dit qu'il tomberait sur un vieux aux mains moites et à la voix chevrotante. « Parce que y'a toujours des vieux, dans les hostos. » Hinata lui tendit l'ordonnance puis l'accompagna poliment jusqu'à la porte. Au moment de se serrer la main, un coup de jus les fit sursauter. Le jeune homme rit légèrement tandis qu'elle esquissait un sourire gêné. Un beau sourire, pensa-t-il.

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Bonjour, bonsoir ! Pouaaah, quel chapitre, hein ! Voici la chanson que Kiba chante, si vous souhaitez relire cette partie avec un fond sonore. Étant donné que je pars en vacances Mardi et que je serais absente durant deux longues semaines, je me suis dit que j'allais vous laisser avec un long chapitre sur les bras. En réalité, le passage de Sakura devait clôturer le chapitre, je trouvais ça parfait mais, j'ai finalement décidé d'ajouter ce petit moment avec Naruto & Hinata. J'espère qu'il vous a plu, j'ai la vague impression de ne pas avoir assez accentué les émotions, sur ce passage. Pour ce qui est d'Hinata, quand pensez-vous ? Elle est drôlement à l'aise, n'est-ce pas ? Je vous rassure, elle sera beaucoup moins à l'aise par la suite, vous verrez pourquoi, ahaah. Pour le prochain chapitre, Kiba sera mis en avant. Eh oui, étant le personnage principal de cette histoire, il faut bien qu'il est un rôle important.

Pour revenir à Sakura : J'ai eu pas mal de questions sur elle, sur sa relation avec Kiba ( Vous étiez d'ailleurs nombreux à penser qu'ils étaient en réalité en couple. ) J'espère que ce court passage vous a éclairé sur le type de relation qu'ils entretenaient. ( Une amitié fusionnelle, dirons-nous. ) Puisque oui, l'amitié homme-femme existe bel et bien. o/ Enfin voilà, je voulais surtout éclairer ce point.

Pour Ino, il y en n'a pas mal qui m'ont fait remarquer que le SasuIno n'était pas leur dose de thé. Encore une fois, est-ce que dans le second chapitre, il y a eu un signe quelconque d'une liaison amoureuse ou du moins, un début ?

En gros, je crois que vous êtes tous largués niveau couple et je le conçois, vu qu'il n'y a pas eu réellement de moment de complicité. Cela dit, si vous avez des questions sur ça, n'hésitez pas à les poser, certains ne souhaitent peut-être pas être spoilé.

Bref. Je vous souhaite de bonnes vacances !

Merci d'avoir lu, j'vous aime.