Salut à tous ! Bon, déjà, désolé pour ce big retard, mais pour ma défense je dis quand même que j'ai eu quelques problèmes d'Internet, une big dissert' en éducation civique à rendre (sur la bioéthique pour ceux que ça intéresse, et j'ai choisit les affaires Monsanto, mais bon, on s'en fout ^^ !), un vernissage d'un projet artistique à préparer au lycée avec un discours qui l'accompagnait, et quelques autres devoirs... La terminale L, quelle joie ^^ !
Bref, voilà enfin ce chap' qui arrive, c'est le dernier de cette fic, et j'espère qu'il vous plaira... Sur ce, place au chap' !
Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est au géniallissime Rick Riordan, excepté les idées présentes dans ce chap'...
« Les dieux nous envient. Ils nous envient parce que nous sommes mortels, parce que chacun de nos instants peut-être le dernier. Tout est beaucoup plus beau car nous sommes condamnés. Tu ne seras jamais plus ravissante qu'en cet instant. Plus jamais nous ne serons seuls ici tous les deux.»
Achille, dans Troie d'après L'Iliade d'Homère.
Chapitre 3 : Promis
Je la regardais. Imprimant son visage sur ma rétine, le gravant dans mon cerveau. J'aurais voulu avoir la certitude qu'il puisse être indélébile, comme le tatouage SPQR de mon bras. J'avais peur de ce qui pouvait m'attendre sur l'autre rivage, mais plus encore d'oublier son visage. Je ne voulais pas le perdre une seconde fois. Je ne voulais pas la perdre. Plus jamais.
J'avais l'impression que mon cerveau s'était transformé en coton, où qu'une sorte de fin voile opaque était posé sur mes tympans, rendant les sons lointains et étranges. Légèrement familiers mais trop lointains pour pouvoir les identifier.
La douleur s'était faite plus sourde, mon corps s'engourdissait. Annabeth me paraissait à la fois si proche et si lointaine.
« J'ai fait une promesse… murmurais-je, comme si je me parlais à moi-même.
- Économise ton souffle, les Apollon vont arriver. Ils ont bien trop peur du sort que je pourrais leur réserver s'ils ne viennent pas. Faut juste attendre un peu. »
Sa voix était ferme, elle n'admettait aucune autre issue à cette situation.
« … Je suis désolé. Je ne vais pas pouvoir la tenir. Je suis désolé…
- Tais-toi. » m'ordonna-t-elle.
Je continuais, indifférent à sa réplique :
« … J'avais promis de toujours être là pour toi. De t'aimer… Je suis désolé. J'avais juré sur le Styx que plus rien ni personne ne pourrai m'emmener loin de toi… J'avais juré qu'on resterait ensemble. Toujours. Que rien ne pourrai t'effacer de mes pensées. Jamais. Je suis désolé… Tellement désolé. J'avais promis… Promis sur le Styx. Je voulais la tenir cette promesse. Plus que tout je le voulais... Plus que tout je le veux… J'ai promis… J'ai promis… »
Ma voix s'arrêta dans un murmure encore plus faible. Ma bouche parlait toute seule, comme si elle avait une volonté propre. Je continuais de chuchoter à voix basse des phrases qui n'en étaient plus vraiment et où revenait inlassablement les mots « promis », « Styx », « ensemble » et « désolé ». Ça en devenait une sorte de refrain, de litanie, dont, allez savoir pourquoi, j'avais le sentiment que ma survie et mon âme toutes entières dépendaient.
Des larmes coulaient sur mes joues. Les miennes surement. Ou alors peut-être les siennes vu qu'elle me tenait dans ses bras. Je ne m'en rendais même pas compte. Plus compte.
Les sanglots d'Annabeth redoublèrent, elle se rendait compte qu'il allait être impossible de me sauver. Je partais déjà. Loin. Très loin. Loin d'elle. Loin de nous. Je résistais. C'était vain, je le savais, mais j'essayais quand même. Annabeth savait que j'allais mourir, ça se voyait, mais elle refusait de se l'admettre. Elle aussi elle résistait. J'avais toujours aimé ça chez elle : c'était une battante. Elle n'abandonnait pas, jamais. Même quand ça paraissait perdu d'avance, elle luttait pour ses convictions, pour ce auquel elle tenait. Elle n'était pas lâche, jamais. Des fois ça pouvait poser problème d'être aussi borné, mais en ce jour elle était ma bouée.
Une bouée aux boucles blondes et aux yeux d'un gris saisissant et troublant. Les yeux que j'aimais. Les yeux qui aujourd'hui n'étaient plus gris, mais rougis. Jamais je n'aurais cru qu'un fils de Poséidon puisse avoir besoin d'une bouée… Et pourtant, même en sachant nager, cette bouée m'était indispensable.
Je toussais. Fort. Je crachais un peu de sang. Ma gorge me brûlait un peu. « Papa, s'il te plaît, donne-moi juste la force de tenir encore un peu, juste le temps de faire mes adieux… ».
Ma voix se fit plus assurée, pas vraiment plus forte, mais au moins plus claire :
« Beth', c'est la fin... Le dernier acte, comme ils disent au théâtre tes Molière et Shakespeare... sauf que là, ça tient plus du Shakespeare que du Molière... Y'aura pas d'happy end comme au ciné, tu le sais. C'était le dernier round, et j'ai pas gagné. Je le sais... C'est évident. (Elle s'apprêtait à m'interrompre mais je secouais légèrement la tête pour l'en empêcher). Dis rien, je ne sais pas si j'arriverai à nouveau à dire quelque chose après… Cette fois, la lame n'était pas empoisonné, mais c'est pas ça qui va me sauver. C'est bête, hein ? tout ça pour ça... Mais je regrette pas d'avoir donné ma vie pour te sauver. "Tout bon guerrier doit surveiller chacun de ses côtés en permanence", tu te souviens ?... Fais gaffe à tes arrières maintenant, je serais plus là pour te couvrir… La laisse pas gagner s'il te plaît... Pour moi...
- Non, Cervelle d'Algues... Pas toi ! N'importe qui mais pas toi, supplia-t-elle dans un sanglot. Je t'en supplie, reste. Pour moi. Je t'aime… »
Ses yeux étaient plus rouges que jamais. Sur ses joues terreuses des sillons salés semblaient creuser son visage. Dessinant des rivières, des fleuves. Des rapides. Des gouttes qui roulaient puis tombaient par terre. Une cascade. Une cascade de larmes.
« Moi aussi Puits de Sagesse, moi aussi... Je t'aime tellement... On se reverra en bas. Ce n'est qu'un au revoir. Ne me rejoins pas trop vite… S'il te plaît. J'te dirais pas d'être heureuse sans moi et tout, j'te ferais pas un remake d'un de ces films hollywoodiens mièvres à souhait que tu détestes. Je sais que tu ne seras pas heureuse, pas sans moi, comme je ne pourrai l'être sans toi... On est pareils. Je le sais... L'un sans l'autre on n'est qu'une pâle copie de la vie. Mais essaie quand même, bas-toi... T'as encore des choses à voir et des gens qui sont là... Je t'attendrai. Toujours... »
Elle me regardait, intensément. Elle était plus triste que jamais, je pouvais le lire dans son regard. J'y voyais autre chose aussi, une sorte d'étincelle à la fois douloureuse et sauvage. Je n'aimais pas la voir comme ça, et je me détestais encore plus d'en être la cause. Mais malgré tout, elle tenait bon, elle faisait de son mieux pour ne pas s'effondrer.
« Non, non. Je ne veux pas. Je refuse ! Stupide Cervelle d'Algues, tu n'as jamais réussi à choisir tes moments… Je ne résisterai pas longtemps, tu le sais. J'ai failli craquer quand tu as disparu à cause de cette saleté d'Héra. La seule raison pour laquelle j'ai tenu c'est parce que tu étais peut-être encore en vie. C'était pour ça que je me battais : pour ta possible survie… Je ne pourrais plus lutter, plus cette fois. Pas après ce que le Tartare nous a fait. Pas sans toi... J'essaierai, le temps de faire mon devoir et de renvoyer Gaïa au Tartare, mais après je ne pourrais plus. Ce sera moi qui fermerai ces maudites portes, depuis le début on savait que quelqu'un devrait y passer, alors ce sera moi. »
Elle m'énonçait une simple vérité, je le savais. Elle n'attendait pas non plus que je sois d'accord ou pas, elle me le disait, c'était tout. Et elle ne changerait pas d'avis.
« Je sais... Envoie un iris-mail à mes parents, dis-leur que je les aime. À Paul que je n'aurai pu rêver un meilleur beau-père et à Tyson qu'il restera toujours mon petit frère préféré... Dis à Grov', Thal's, Nico, Rachel, Malcolm, Frank, Hazel, Jason, Piper et Léo qu'ils me manqueront tous et fais gaffe à ce que Grov' bouffe pas trop de meubles en mon absence... Empêche Thal's de foudroyer des trucs pour se passer les nerfs. Et veille à ce que Nico ne se perde pas, ou au moins à ce que les Sept fassent attention à lui... je me sens responsable de lui, tu sais, il est un peu comme un petit frère adoptif. J'ai promis à sa sœur de le protéger… Dis au coach Hedge de mettre une dérouillée à Gaïa pour moi, un bon coup de batte ne lui ferait pas de mal… Dis à Chiron qu'il a été le meilleur prof et entraineur que j'ai jamais eu, et à la colo qu'ils ont tous étés les meilleurs demi-dieux que j'ai jamais connu… Ils sont ma famille. Tous. Je les aime... »
Elle hocha la tête.
« Je leur dirais. Promis. »
Un léger silence se fit. Je toussais, crachais à nouveau un peu de sang, puis repris :
« Annabeth ?
- Oui ?
- Dis, tu crois qu'on peut se tromper de chemin ? »
C'était une question typique de ma Cervelle d'Algues, je m'en doutais bien. Mais je n'avais pas pu m'empêcher de lui demander, avec ma chance phénoménale et mon sens de l'orientation assez pourri –mis à part sur la mer évidemment–, ça pouvait bien m'arriver, de prendre la mauvaise route.
Elle sourit légèrement. Rien que pour ça, je pouvais partir joyeux.
« T'as pas intérêt, je tiens à pouvoir te retrouver. »
Mon sourire à moi tenait plus de la gargouille grimaçante et il faisait un peu mal, mais il paraissait que c'était l'intention qui comptait…
Elle se pencha vers moi et m'embrassa. Doucement, tendrement. Telle une plume emportée par le vent... Elle approfondit le baiser. Les sensations me paraissaient étranges, comme vues d'une manière différente. Plus ténues peut-être, surement à cause de mon engourdissement progressif, mais en même temps il y avait toujours cette espèce de tempête, de tsunami, qu'elle seule arrivait à faire naître dans mon corps, dans ma tête. Ce chabadabada au creux du ventre, ce mode pause qui réduisait à néant mes pensées, cette passion brûlante qui me disait de savourer cette instant jusqu'à la dernière seconde, de faire comme s'il était éternel et qu'à côté le monde n'existait pas... Nous nous étions toujours un peu embrassés de cette manière : comme si c'était notre dernier instant, probablement parce que nous étions des demi-dieux et que chaque moment pouvait être le dernier… sauf que ça n'avait jamais été aussi réel que maintenant : c'était nos derniers instants, à n'en pas douter. Et aussi tragique et niais que cela puisse paraître, j'étais content de pouvoir emporter son visage et le goût de ses baisers avec moi.
« Je t'aime Puits de Sagesse. Plus que tout. Je sais pas où j'atterrirai, mais en tout cas, je ne me réincarnerai pas. Je t'attendrais... À bientôt.
- Je t'aime aussi Cervelle d'Algues. À bientôt. »
Elle avait toujours eu horreur des adieux. Je le savais. Ses yeux s'étaient humidifiés. Encore une fois. Elle m'embrassa à nouveau. Je lui répondis avec force. Ses lèvres avaient un goût salé. Un goût de larmes mais aussi d'océan. Mes yeux s'étaient fermés. La marée était basse. Mes yeux couleur de mer, clos. La marée ne remonterait pas. Pas cette fois. Un sourire se dessina sur mon visage. Un de ces sourires joyeux. Un de ces sourires de benêt amoureux. Mes traits se détendirent. L'image d'une fille se forma dans mon esprit. Des cheveux blonds qui semblaient des fils ondulés d'or au soleil. Des yeux d'un gris saisissant et troublant pareil à l'orage. La fille que j'aimais. Ma Annabeth. Mon Puits de Sagesse. Mon architecte préférée. Ma Beth'. Le souvenir de son rire. De son sourire. De ses baisers. Mon esprit s'envolait. Loin. Très loin. Trop loin surement. « Je t'aime Beth'. Plus que la vie. Plus que la mort. ».
Fin
Tadaaa ! Voici le dernier chap' !
Triste, je sais, mais bon, à la base c'était une fic triste, une deathfic même.
Alors, ce chap' vous a-t-il plu ? J'espère que oui. N'hésitez pas à m'envoyer des reviews !
A la prochaine sur une autre fic et merci à tous ceux qui ont commenté, suivi, lu.
