Il me déteste, c'est sur ! Non mais qu'est-ce qu'il m'a pris de l'embrasser ?! Mais surtout, pourquoi je suis partit en courant du studio, sans mêmeun au revoir aux autres ?! Quel nul ! Je m'en veux tellement ! Mais je n'oserais plus le voir en face. Ce que nous avons fait ... ce n'est pas bien. Je suis avec mon petit ami qui m'aime, je ne devrais pas ! Je ne devrais pas être si faible, et aller avec son meilleur ami. Non, je ne peux pas lui faire ca ! Je ne dois pas ... Mais il est déjà trop tard. C'est fait. J'ai embrassé le meilleur ami de mon petit ami. Je suis le pire des hommes ! Je suis ...

"Chéri ?"

"Hum ? Ah, désolé. J'étais ailleurs."

Sa voix m'a tiré de mes pensées. Le pire, c'est qu'il m'embrasse dans le cou, alors que je ne pensais pas à lui ... Il pose ses lèvres joueuses sur les miennes, sans savoir que celles de son ami d'enfance ont été les dernières à s'y être posées, avant les siennes. Cette simple pensée me dégoute. De moi-même. Moi qui a été faible, moi qui a été sale. Je le repousse gentiment, ne pouvant plus supporter de profiter de son amour après ce que je lui ai fait. Je me lève de son canapé ou nous étions confortablement installés, et m'apprête a ramasser mon portable qui attendait sur la table basse de son salon. Mais il me tire la main, et me fait m'allonger sur le canapé.

"Qu'est-ce qu'il y a ? Je dois y aller ..."

"Reste encore un peu ..."

"Mais ..."

Je n'ai pas le temps de poursuivre ma phrase qu'il emprisonne déjà mes lèvres avec les siennes, et glisse ses mains son mon t-shirt. Ses mains remontent sous le tissus noir, et ses lèvres dégoulinent dans mon cou, déposant des baisers doux, puis d'autres plus profonds, pour recommencer a en déposer des légers, et ainsi de suite, faisant monter ma chaleur corporelle. Je soupire, et ma respiration s'accélère. Mais mon coeur me fait froncer les sourcils, je ne veux pas. Je ne dois pas. Il faut qu'il arrête, il faut qu'il me laisse partir ...

"Arrête ..."

"Pourquoi ? Tu sembles apprécier ..."

"Arrête !"

Je me relève, le poussant pour qu'il se dégage de moi. Il sait que je ne suis pas prêt. Je lui ai dit, en plus, quand je suis arrivé, que je ne pouvais pas rester longtemps. Qu'est-ce qui lui prend ?!

"Je t'ai dit que je dois y aller. On aura tout le temps pour ca quand on aura terminé de tourner le clip."

"Ah, oui, c'est vrai, le clip ... Je passe après la musique ?!"

"Ce n'est pas ca, mais cette musique comme tu dis, c'est ma passion, et ce qui me fait vivre."

"Ta musique ou ton groupe ?"

"Qu'est-ce que tu veux dire ?!"

"Bin je sais pas, tu passes de plus en plus de temps avec les membres de ton groupe qu'avec moi ..."

"Ne raconte pas de bêtises. Je dois y aller maintenant."

"Oui, ils t'attendent."

Ces derniers mots me blessent, je me relève pour ramasser mon portable et je pars sans me retourner. J'ai peur de laisser mes larmes monter face à ton regard frustré et mécontent. Qu'est-ce qui te prend a être jaloux ... Mais quel idiot, bien sur que tu dois être jaloux ! Mais pas de ma musique ... Ni du groupe ... Il n'y a que d'une seule personne que tu pourrais être jaloux, et que tu devrais être jaloux ... Oh, quel homme je fais !

Mes pas si rapides m'on conduit en face de la gare, et je m'assois pour attendre le train qui m'emmènera au centre-ville pour aller au studio. Automatiquement, je sors mon portable pour lui envoyer un sms, et lui dire que ca ne va pas, que je veux lui parler.

"Je veux te parler. J'arrive bientôt au studio."

J'envoie mon sms et ce n'est qu'après avoir appuyé sur le bouton "Envoyer" que je me rends compte de mon erreur. Je ne dois pas te revoir ! Je ne peux pas ! Je n'y arriverais pas ... J'ai bien trop honte de moi pour te regarder dans les yeux. J'ai profité de ta tendresse parce que je suis faible, alors que j'ai déjà quelqu'un pour moi. Je referme tristement mon portable a clapet blanc et me lève car le train arrive.

Arrivé au studio, tu es là. J'entrais dans la loge et tu étais le dernier à y être encore. Tu m'attendais ? Sûrement à cause de mon sms. Je me mords la lèvre de regret, et j'ai peur. Peur de ce qui va se passer, de ta réaction. Mais je ne peux m'empêcher de contempler tes lèvres si roses, si tentantes, qui m'ont embrassé si passionnément et tendrement ...

"Aoi-kun."

"J'ai vu ton sms. Qu'est-ce qu'il y a ? Un problème avec notre ami ?"

"Oui ..."

Tu m'adresses un sourire rassurant, et je te reconnais. Tu n'as pas changé. Tu m'écoutes, attentionné, attentif, sans rien dire. Je m'assois a tes cotés sur le canapé de la loge, sans trop m'approcher de toi. Malgré ton sourire, j'ai toujours un peu honte de ce que nous avons échangé la dernière fois que nous étions dans cette loge seul à seul. Mais tu poses une main rassurante et protectrice sur mon épaule, m'incitant à parler.

"Alors ?"

"Et bien ... Encore une fois, il s'est montré préssé, il m'a allongé sur son canapé et ..."

"Et tu as eu peur ?"

"Bin oui ... C'est la première fois que je le fais avec un homme, tu sais."

"Oui. Tu l'as repoussé ?"

"Au début, oui. Mais il m'a rattrapé et a continuИ a m'embrasser le cou ..."

"Tu lui as dit d'arrêter ?"

"Oui, je me suis relevé et je lui ai dit d'arrêter."

"Et comment il a réagit ?"

"Bin ... Je lui ai dit que je devais venir ici et tout d'un coup il s'est montré jaloux, enervé ..."

"Je vois ... C'est compréhensible. Qui ne voudrais pas te garder près de soi ?"

Ces mots m'ont fait mal. Parce que j'aimerais que tu fasses partit de ce genre personne, car c'est ce qui serais le mieux. Même si mon coeur veut le contraire ...

"Et bien, toi, tu devrais ! Tu devrais ne pas vouloir me garder si près de toi."

"Tu ne lui as pas dit pour ... ?"

"Non, et je ne compte pas lui dire, car il ne s'est rien passé !"

"Mais ..."

"C'est mal ! Je l'aime, il m'aime, et ..."

"Est-tu sur de ca ?"

Je te regarde, mon coeur battant la chamade. Tu as touché un point sensible. Est-ce que je crois ce que j'ai dit ? Est-ce qu'il m'aime vraiment ? Il m'a tellement fait douter ces derniers temps ... Et moi, est-ce que je l'aime vraiment ?!

"Je ... Je ne sais plus ... Je ne sais plus rien ! Et c'est a cause de toi ! Tu me fait tourner la tê ..."

Mais la dernière syllabe que mon coeur voulait t'avouer, tu la manges. Tu m'embrasses, sans t'imposer pour autant, déposant simplement et doucement tes lèvres sur les miennes, me faisant tout oublier ... Tu romps ce rêve, alors que mes poings se sont refermés sur le tissu de ton chemisier noir. Tu approches ta bouche de mon oreille, et me susurre :

"J'avais tellement peur de ne jamais te faire effet ..."

Les larmes me montent aux yeux, je ne sais plus quoi faire devant cette révélation. Ton visage glisse dans mon cou, et tu susurre quelque chose d'encore plus inaudible, ton cri du coeur.

"Je t'aime ..."

Ton murmure fait couler mes larmes, alors que je te serre dans mes bras tremblants, enfouissant ma tête dans ton cou a mon tour, pour pleurer a chaudes larmes. Tu me serres dans tes bras mais plus fortement, comme si tu avais peur que je parte après avoir entendu tes sentiments dévoilés au grand jour. Je pleure ainsi durant quelques minutes, et tu attends, silencieux, que je finisse de décompresser. Lorsque plus aucune larme ne sort de mes yeux, tu relèves le visage, et je fais de même. Je n'oublierais jamais ces quelques secondes ou nous nous observons, ou nous observons nos lèvres. Ce petit moment avant de nous embrasser, cet instant magique, ou nos yeux expriment enfin le même sentiment : l'amour. Tu m'embrasses passionnément, fougueusement, je te laisse introduire ta langue qui est puissante et dominatrice, et nos langues dansent une valse éternelle alors que nos yeux se sont fermés pour croire que le temps c'est arrêté durant ce baiser.

A suiiivre !