Titre : Un problème avec les narcissiques ?
Auteur : Yuumi.
Disclaimer : L'univers d'Harry Potter est l'exclusivité de JK Rowling.
Genre : Humour
Note : Voilà le chapitre III.
Chapitre III
Un problème avec les narcissiques ?
Décidément, Hermione Granger ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas comment Pansy Parkinson faisait pour supporter cet imbécile toute la journée, toute l'année même. Sans sac à vomi à disposition.
Et il se vantait. Il riait, ils riaient tous. Il ordonnait, ils obéissaient.
Elle était sidérée, vraiment. Si bien qu'elle en oublia la présence d'un cahier susceptible de lui sauver la vie.
Depuis qu'ils arpentaient les couloirs rocailleux, Drago Malefoy avait enfin consenti à lui lâcher la main, et Hermione à respirer lentement mais sûrement. Apparemment, le jeune rebelle semblait assez pressé. Il marchait rapidement, impassible. Si bien que la jeune fille qui trottinait derrière lui ne put s'empêcher de tenter d'éclaircir certains mystères.
« Dis, Malef-Drago, pourquoi es-tu si pressé ? », lui demanda-t-elle innocemment, en se hissant à sa hauteur.
Il lui jeta un bref regard et haussa les épaules.
« Ça te ne regarde pas. »
Super. Hermione grinça des dents. Deuxième supposition de la journée : Malefoy et sa petite amie n'étaient pas assez proches pour se raconter leur vie. Ou alors, Drago parlait et Pansy se taisait. Quelle idiotie ! Sur les lèvres d'Hermione se dessina un sourire moqueur. Erreur fatale, le serpent aux yeux gris le remarqua.
« Quelque chose te fais rire, Pansy ? »
Au moins, il l'appelait par son prénom. Hermione/Pansy se racla la gorge et tenta un sourire timide.
« Non, non, rien... Je me demandais juste comment tu faisais pour garder toujours le même visage impassible. »
Elle n'aurait pas dû, car Malefoy s'arrêta brusquement et se planta devant elle, les poings sur les hanches. Cette image rappela vaguement un souvenir à Hermione, pour le moins… Intéressant.
« Maintenant, tu fais des phrases ?! », se moqua-t-il, les yeux plantés dans les siens.
Maintenant, tu fais de l'ironie ? Aurait-elle voulu répliquer, mais la situation rappela à la jeune fille que Pansy était du genre soumise. Avant de jouer cartes sur table, elle essaya de rétablir les rôles.
« Mais...Mais...Enfin, Drago.. », bégaya-t-elle, paraissant mal à l'aise. Beurk.
Pour toute réponse, Malefoy secoua la tête et recommença à marcher. Hermione ne demanda même pas leur destination.
Bientôt, ils atteignirent la cour extérieure. La jeune fille se contenta de suivre Malefoy, un peu perdue. Comment avaient-ils fait pour sortir aussi vite du Château ?
Devant eux, un grand lac aux eaux verdâtres s'étendait à perte de vue. Hermione frissonna malgré elle. En cette période de l'année, elle doutait fortement que Malefoy ait une folle envie de piquer une tête au milieu des algues et des créatures informes qui peuplaient le lac... Le Serpentard s'approcha d'une des murailles de pierre du château et la frôla.
« Basilic. »
Le mot de passe se révélait être exact car une parcelle du mur vacilla et se rétracta, laissant place à des escaliers miteux qui s'enfonçaient dans la profondeur des ténèbres. Malefoy commença donc à descendre, suivi d'Hermione, un peu moins à l'aise. Derrière elle, le mur se referma brutalement, la faisant sursauter.
Elle n'aimait pas du tout ça. Mais alors pas du tout.
Et elle fut bien vite soulagée quand la chaleur et la lumière de la cheminée les accueillirent.
Il s'avérait que la salle commune des Serpentard était une large pièce souterraine aux murs et au plafond de pierre brute. Quelques fauteuils moelleux aux tons verts et argent ornaient la pièce. Une grande cheminée, gravée de symboles étranges faisait office de radiateur. Déjà, quelques Serpentard se levèrent pour aller saluer les nouveaux arrivants.
Hermione reconnut vaguement Blaise Zabini, Crabbe et Goyle qui se ruèrent sur Malefoy, presque euphoriques. Et bien entendu, les deux jeunes arrivants furent vite entourés d'une bande de fanatiques qui n'attendaient que le récit des prouesses du dernier des Malefoy, toute ouïe. Le jeune homme s'avachit sur un fauteuil en soupirant d'aise. Hermione leva les yeux au ciel. Quel imbécile.
D'un mouvement de main, Malefoy fit signe à Pansy de s'assoir sur ses genoux.
STOP !
Si Hermione prétendait avoir mieux à faire, il risquerait de sentir la supercherie le nez bouché. Et elle ne le voulait pas. Il lui restait trois quart d'heures pour trouver ce fichu bouquin, c'était presque la fin... Elle s'avança lentement, attirant une foule de regards envieux. Oh, elle aurait bien échangé sa place avec n'importe qui... Le bruit de ses talons résonna sur les dalles grisées. Et elle avançait toujours...
...Et se fit bousculer par une Serpentard en rut.
Sauvée ! Elle était sauvée ! Une quatrième année venait tout bonnement de lui passer devant pour profiter pleinement des genoux de Malefoy, qui observait la scène, amusé. Hermione ne put réprimer une exclamation choquée. Quand même, Pansy était sa petite amie… Sans protestation aucune, Malefoy fit monter cette petite Serpentard sur ses genoux avec un sourire charmeur. Hermione décida de passer outre et d'aller plutôt parler à une jeune Serpentard qui lisait dans un coin de la pièce. Celle-ci ne prêtait aucune attention aux nouveaux arrivés, penchée sur son livre.
Si Hermione n'était pas Gryffondor, elle féliciterait sûrement cette jeune fille assez lucide pour rester en retrait. Dans un élan de sympathie, enfin presque – car il ne fallait pas oublier qu'Hermione haïssait furieusement les Serpentard, la jeune brune s'approcha de l'énergumène.
« Dis-moi... est-ce que je peux te poser une question ? »
Son interlocutrice se tourna lentement vers elle, incrédule. Depuis quand Pansy Parkinson lui adressait la parole ?
« O-oui ? » Répondit-elle, intimidée.
Hermione s'éclaircit la voix et du coin de l'œil observa Malefoy qui braillait. Elle croisa un instant son regard et se força à lui sourire. Chose étrange, il le lui rendit avec plus de conviction qu'il n'en n'aurait fallu. Elle ne sut pourquoi, mais son cœur se mit à battre plus vite. Son regard se posa à nouveau sur la jeune fille blonde qui l'observait, perplexe. Hermione lui sourit aimablement et se pencha vers elle.
« Est-ce que tu sais si… M… Drago à un journal intime ? » Lui demanda-t-elle avec précaution.
La jeune Serpentard haussa les épaules, surprise. D'un mouvement incertain, elle rehaussa ses lunettes sur son nez.
« Je crois bien… enfin d'après Zabini… Il a dit avoir surpris Drago en train d'y écrire quelques lignes… »
Hermione se retint d'éclater de rire. Ô joie ! Ô bonheur ! Parvati n'était pas si inutile finalement, parce qu'elle tenait le grand scoop de l'année : Malefoy avait vraiment un journal intime ! Il ne restait plus qu'à savoir où se trouvait le fruit défendu. Bien entendu, Hermione comptait bien le lire, l'exposer puis enfin le donner à Parvati. Ce pari s'avérait beaucoup plus intéressant qu'au préalable, finalement.
Elle offrit à la jeune fille son plus beau sourire.
« Et… tu ne sais pas où il le cache, par hasard ? » Reprit-elle, pleine d'espoir.
« Non, » avoua la petite Serpentard, un peu troublée. « Mais j'ai entendu dire qu'il le cachait dans sa chambre... et ni Zabini ni aucun garçon ne l'a encore trouvé... »
« Merci. »
Hermione se leva lentement et se dirigea vers Malefoy, une idée en tête. Il lui restait une demi-heure, et la jeune fille comptait bien en profiter. Elle poussa violemment la petite assise sur son supposé petit ami, qui s'interrompit brusquement.
« Drago, je peux te parler un instant ? »
« Pansy », soupira Malefoy, mécontent et un peu surpris, « je suis occupé, là. »
« Ça prendra une minute », lui assura-t-elle en lui tirant le bras.
Après qu'elle l'eût lâché et se fut essuyé la main discrètement en réprimant une envie de vomir, elle l'emmena dans un coin en retrait de la salle commune, vers l'entrée d'un des dortoirs des garçons.
« Zabini m'a dit que tu avais un journal intime », attaqua-t-elle, les sourcils froncés.
« Ah. »
« Pourquoi tu m'en a pas parlé ? », reprit-elle, boudeuse.
Elle planta son regard de chien battu dans ceux de Malefoy qui se passa la main sur le visage, fatigué.
« Je ne suis pas sensé te raconter toute ma vie », maugréa-t-il en se grattant la nuque.
« Drago, on sort ensemble! On est sensés tout se dire, toi et moi... »
Hermione félicita ses talents d'actrice. Si elle avait été à la place de Malefoy, elle aurait ricané devant tant de naïveté. Le jeune garçon lui rétorqua alors qu'il avait droit à une vie privée, chose totalement hilarante vu que lui n'en ratait pas une pour exposer sa vie à qui voulait l'entendre.
« Allez. Dis-moi seulement où tu le caches… »
« Non. »
« S'il te plait. De toute façon les filles ne peuvent pas accéder aux dortoirs des garçons. Je ne le lirai pas, je te le promets ! » Le supplia-t-elle, consciente d'être totalement ridicule. D'autant plus que les Serpentard présents dans la Salle Commune les observaient avec une curiosité malsaine.
« Pansy, tu me gonfles. »
Il commença à s'éloigner mais elle le retint par le bras. Un quart d'heure. Il lui restait un quart d'heure.
« Tu ne m'aimes pas ? »
Il se figea et lentement se retourna vers Pansy qui le regardait. Il aurait juré qu'elle avait souri.
« Bien sûr que non. »
Parvati Patil, accompagnée de sa meilleure amie Lavande Brown décidèrent, après un cours de Soin aux créatures magiques palpitant, de faire un léger détour vers les toilettes du château. Après avoir subi les caprices d'un escalier plutôt cruel, elles s'engouffrèrent, exténuées, dans la vaste pièce carrelée. Elles étaient en train de pouffer de rire quand Mimi Geignarde poussa un cri suraigu. Les deux jeunes Gryffondor sursautèrent et d'un bloc se retournèrent vers le fantôme.
« C'est horrible ! » Criait Mimi en se dandinant.
« Qu'est-ce qu'il y a cette fois, Mimi Geignarde ? » Demanda Lavande, moqueuse.
« Un garçon ! Un garçon est rentré ici ! »
Elle survola légèrement les deux jeunes filles perplexes et se posa sur le rebord d'une fenêtre en hauteur. Elle paraissait choquée.
« Et il l'a emmenée avec lui ! », murmura-t-elle à nouveau. "Il l'a emmenée."
À présent, Lavande regardait Parvati avec un sourire railleur. Les rumeurs étaient bien fondées : Mimi Geignarde était folle. Et coincée.
« Qui donc ? » S'enquit Parvati en souriant.
Mimi eut un reniflement dédaigneux et haussa les épaules. Elle désigna une cabine de toilette légèrement ouverte.
« Malefoy. Il a récupéré Pansy-La-truie et ils sont partis. Ils avaient l'air furieux. »
Lavande écarquilla les yeux et Parvati ne dit rien mais n'en pensait pas moins.
« La fille mal coiffée va passer un sale quart d'heure», ricana le fantôme avant de disparaître dans les toilettes.
Parvati se tourna alors vers sa meilleure amie et l'inquiétude se lut dans ses yeux marron.
« Ça craint... »
Et oui, ça craint. Et pas qu'un peu. Mais alors... Avec qui est en train de parler Hermione ? Qui est le vrai Malefoy ? Et où est le journal ? Tout ça dans le prochain épisode !
