Chapitre 3 : Pré-au-Lard
Après une traversée de la campagne anglaise pleines de surprises, le Poudlard Express arriva enfin à la gare de Pré-au-Lard. Le quai se remplissait, petit à petit, d'élèves traînant leurs lourdes valises derrière eux. Après être elle-même sortie du train, Hermione chercha ses amis, balayant du regard le quai noir de monde. Son regard s'arrêta sur la silhouette imposante de Hagrid, le Gardien des clés à Poudlard. Il lui fit de grands signes et elle s'approcha de lui avec une grande difficulté.
- Hermione, s'exclama-t-il. Comment vas-tu ?
- Très bien et vous, Hagrid ?
- Eh bien, en fait, je suis un peu triste que ce soit votre dernière année à Poudlard. Vous avez intérêt à venir me voir le plus souvent possible cette année ! ria Hagrid.
- Promis ! On essaiera ! assura Hermione.
- Mais je vois que tu es préfète-en-chef ! dit-il en remarquant son insigne. Félicitation !
- Merci, rougit-elle.
- Et qui est l'heureux veinard qui va t'accompagner dans cette tâche tout au long de l'année ?
Hermione fit la grimace. Elle ne pensait pas que Malefoy se considérait comme un veinard à l'idée de faire équipe avec elle. Il aurait plutôt préféré que Pansy ou une autre fille de ce genre soit accepté à ce poste.
- Eh bien, c'est... hésita-t-elle, Malefoy.
Hagrid s'étrangla avec sa salive et ouvrit des yeux ronds.
- Malefoy ! cria-t-il. Ce bon à rien de Serpentard est devenu préfet-en-chef !
Hermione hocha la tête en signe d'approbation.
- Mais je me dis que si Dumbledore l'a promu à ce poste, c'est qu'il est capable d'être... responsable.
Elle eut du mal à prononcer le dernier mot. Elle ne s'imaginait pas Malefoy responsable de quoi que ce soit. Mais l'effet que produit cette phrase sur Hagrid ne se fit pas attendre.
- Oui, c'est vrai. Dumbledore n'aurait pas désigné Malefoy s'il n'avait pas été sûr qu'il puisse occupé ce poste correctement.
Hagrid admirait Dumbledore et à chaque décisions du plus grand sorcier du monde, Hagrid approuvait.
- Bon, je dois te laisser, dit-il après un long moment de silence. Je dois m'occuper des premiers années.
- D'accord. Au revoir, Hagrid.
Elle s'approcha des nombreuses calèches postées près de la gare puis décida de continuer à chercher ses amis. Elle les trouva quelques mètres plus loin et la bande lui fit signe de venir.
- Te voilà enfin ! s'exclama Ron. On t'as cherché partout !
- On s'inquiétait pour toi, dit Harry. On ne t'a pas revu depuis que tu es parti voir ce qu'il se passait dans le train.
- On a eu peur pour toi, rajouta Ginny. On a cru que tu avais fait une mauvaise rencontre.
- Eh bien, en quelque sorte, oui, répondit la jeune fille.
- Ah bon ? s'étonnèrent les trois Gryffondor.
- Ce n'était pourtant pas les détraqueurs qui étaient à l'origine de l'arrêt du train ?! paniqua Ginny.
- Non, c'était seulement un problème magique. Mais, par contre, je pense que j'aurais préféré rencontrer un détraqueur.
- Ne me dis pas que... commença Harry.
- Si, dit-elle en hochant la tête, devinant ce que voulait dire le jeune homme. Et il est préfet-en-chef, lui aussi !
- Malefoy est préfet !!
- En-chef, Potter ! Préfet-en-chef ! s'exclama une voix traînante derrière eux en insistant bien sur le dernier mot.
Harry se retourna vers le Serpentard qui le regardait de haut. Il lui jeta un regard furieux et lui dit d'un ton agressif :
- Qu'est-ce que tu fais là, Malefoy ?
Drago esquissa un sourire. Il aimait embêter les gens mais il prenait tout particulièrement un malin plaisir à exaspérer son pire ennemi : Harry Potter.
- Tu devrais me parler sur un autre ton, Potter.
- Sinon quoi ? Ton père me bottera les fesses ? ricana Harry. Ah, mais non ! J'oubliais un détail important. Ton père ne pourra pas me botter les fesses puisqu'il est à Azkaban !
- Je n'ai pas besoin de mon père pour te battre, Potter, gronda Drago qui n'aimait pas qu'on fasse allusion à son père.
- Ah non ? Eh bien, ce seront tes deux abrutis d'acolytes qui te servent d'amis qui le feront à ta place.
Drago et Harry se fusillaient littéralement du regard. Quant aux trois autres, ils se jetaient des coups d'œil perplexes, se demandant s'ils allaient se battre ou non. Hermione décida de rompre le silence qui rendait l'atmosphère plus que stressante.
- Harry, laisse-le, il n'en vaut pas la peine.
Elle le tira par le bras et l'entraîna vers une des calèches qui attendait que tout le monde soit monté pour enfin partir à Poudlard. Ils firent quelques pas mais le voix de Drago retentit de nouveau derrière eux.
- Granger ! J'ai le regret de te dire que tu dois partager une calèche avec moi. Les préfets-en-chefs possèdent leur propre calèche.
Hermione était dépitée. Elle allait non seulement le voir plus souvent cette année car ils devront se partager une salle commune mais ils devaient, en plus, se partager la calèche. Décidément, cette année serait plus dure qu'elle ne le pensait ! Harry et Ron lui demandèrent si elle tiendrait le coup et elle répondit que oui.
- De toute façon, on se voit au dîner. Sauf s'il faut aussi que je partage une table avec Malefoy ! s'exaspéra-t-elle.
Ces trois amis rigolèrent avant de se séparer. Elle se dirigea vers Malefoy qui l'attendait impatient près d'une calèche possédant un blason sur les quatre côtés avec les initiales "P-E-C" inscrits dessus.
- J'avais pourtant espéré que tout comme dans le train, nous aurions des calèches séparées, lui dit-elle d'un ton sarcastique.
En guise de réponse, il lui
sourit et fit mine de jouer le portier en ouvrant la porte et en
s'inclinant lui offrant sa main pour qu'elle grimpe à
l'intérieur. Hermione, étonnée, accepta avec
plaisir cette marque de gentillesse et s'engouffra à
l'intérieur de la calèche noire. Malefoy la rejoignit
et il s'assit à l'opposé, chacun tournant la tête
vers leur fenêtre respective.
Après quelques minutes
de silence, Hermione prit la parole.
- Je sais que ça va être très dur pour nous deux, commença-t-elle, mais je pense qu'en t'en que préfet-en-chef, nous devrions montrer l'exemple d'une bonne entente entre les maisons. Surtout entre Gryffondor et Serpentard.
- Qu'est-ce que tu proposes ? railla Malefoy. Qu'on devienne amis ?! Alors, ça, jamais !
- Bien sûr que non, rassura Hermione. Je pense qu'il est tout à fait impossible qu'on arrive à devenir amis. Je proposais juste qu'on se parle un peu mieux. Sans insultes, je veux dire.
Drago fit la grimace et après un long moment de réflexion, il répondit enfin :
- On peux toujours essayer. Mais ça va être très dur.
- Pas aussi dur que de devenir amis ! lança Hermione.
Drago esquissa un léger sourire qui échappa à Hermione.
- Au fait, tu sais pourquoi les préfets-en-chefs ne partagent plus le même compartiment ? demanda Hermione en essayant d'adopter un ton neutre.
- Pourquoi ? Tu t'ennuyais toute seule ? se moqua Drago.
Hermione lui jeta un regard noir lui faisant comprendre qu'il commençait mal dans leur "entente".
- Je ne t'ai pas insulté ! se défendit-il. D'après ce que j'ai compris, l'année dernière, il y a eu des problèmes entre le préfet et la préfète-en-chef. Dumbledore a donc décidé que cette année, chaque préfet-en-chef aura son propre compartiment.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Ils se sont entretués ? rigola Hermione qui jeta un regard à Drago, lourd de sens.
- Tu te trompes, Miss Je-Sais-Tout. C'était plutôt le contraire.
Hermione comprit de quoi il voulait parler. Elle sourit à l'image d'un préfet et d'une préfète-en-chef en train d'assouvir des besoins humains dans le compartiment du Poudlard Express. La voix de Drago la fit sortir de ses pensées.
- En tout cas, ça ne risquait pas d'arriver cette année, reprit-il d'un ton hautain.
- Nous sommes au moins d'accord sur un point, répliqua-t-elle. Mais je leur en suis tout de même reconnaissant d'avoir mis en place ce système. Cela m'a évité que je passe tout le voyage en ta compagnie.
Ils se turent jusqu'à l'arrivée de la calèche devant l'entrée de Poudlard.
