Cher lecteur, bonjour !
Je dois tout d'abord m'excuser, te supplier de me pardonner, que dis-je, ramper à tes pieds pour ta miséricorde… car non, je ne suis pas fière d'avoir pris autant de temps pour publier ce nouveau chapitre, et j'en suis profondément désolée. Entre la rentrée et le manque d'inspiration et les doutes, j'ai vraiment dépassé toutes les limites…
Mais j'espère sincèrement que ce grand retour me rendra moins condamnable à tes yeux, et que ce chapitre te consolera de mon absence prolongée…
Enjoy ! ^^
...
Scorpius ne savait plus très bien ce qu'il faisait.
Rose et son copain avaient quitté le café depuis quelques heures déjà, et Scorpius ne parvenait pas à s'ôter de la tête le regard blessé de Rose lorsqu'elle avait regardé derrière elle une dernière fois avant de passer la porte, la colère mêlée d'incompréhension dans ses yeux pas tout à fait assez vive pour que Scorpius ne remarque pas le bras solide que le copain avait passé autour de la taille fine de la rouquine.
Il lui avait même tenu la porte, ce connard.
Franchement, ça s'est pas si mal terminé.
Sérieusement ? Tu vas vraiment jouer cette carte ? Vas-y alors, dis-moi un peu comment ça aurait possiblement pu être pire.
Je sais pas, moi. Il aurait pu se pointer avec une batte ? Parce que sans vouloir t'insulter, mec, t'es pas exactement dans une forme olympique.
Ha ha, je t'emmerde.
Et oui, Scorpius avait remarqué, vaguement, lointainement, sans vraiment y faire attention, que le copain de Rose était un putain de top-model, tout en cheveux noirs sauvages et en yeux vert émeraude, et franchement comment Scorpius aurait même pu imaginer être un rival face à ça, avec sa face blanche comme un fromage de Hollande et ses yeux sans couleur et son putain de look d'albinos ?
Il avait vraiment été trop con.
Et le pire dans tout ça ? Il n'arrivait pas tout à fait à savoir ce qui craignait le plus dans cette histoire; le fait qu'il se soit fait mené en bateau comme un imbécile heureux… ou bien la perspective de ne plus jamais voir Rose passer la porte de Heaven's Darling.
Apparemment, l'univers avait d'autres plans pour Scorpius, parce qu'il revit Rose pas plus tard que le lendemain de sa rencontre avec le boyfriend.
Et en la voyant entrer dans le café, les joues rosies par le froid et ses cheveux roux dégringolant sur ses épaules comme des feuilles de vigne, Scorpius se sentit envahi de tout ce qu'il avait essayé de refouler tant bien que mal depuis qu'il savait que la jolie Weasley n'était pas libre; joie, affection, désir, tout ce qu'il n'avait plus le droit de ressentir déferla dans sa poitrine et fit gonfler ce qui était probablement son cœur.
Mais aussitôt il la revit, heureuse et amoureuse dans les bras de son copain au physique de rêve, et il serra les dents; pas question de montrer à quel point il aurait aimer tomber à genoux pour la supplier de lui donner une chance. Scorpius allait redevenir le professionnel qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.
-Bonjour Scorpius, fit alors Rose.
Scorpius détesta le petit bond que fit son estomac au son de sa voix.
Reste calme, mec. Juste… reste calme.
Facile à dire pour toi ! T'es pas celui qui se retrouve d'un coup face à la fille que… qu'il aurait…
Je sais, je sais. Mais ça t'avancera à rien de faire pitié, crois-moi.
-Bonjour Rose, comme d'habitude ? s'enquit-il d'un ton impersonnel.
Le regard de Rose se troubla.
-Scorpius, qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-elle.
Elle n'a pas l'air de savoir ce qui se passe.
Attends, tu vas essayer de me faire croire qu'elle ne t'a pas dragué pendant tout ce temps ? Qu'elle était « seulement amicale » ou un truc de merde dans le même genre ? Conneries.
Non, mais je sais pas, moi…
Crois-moi, elle t'a mené en bateau. Le coup du copain parfait, c'était sûrement juste pour te dire de ne rien tenter, qu'elle s'était juste amusée avec toi.
Ou alors elle était vraiment juste « amicale ».
-Si tu ne sais pas, alors je ne peux vraiment pas t'aider, répondit Scorpius d'un ton glacial.
Rose pâlit visiblement, la peau sous ses taches de rousseur passant brusquement du rose pêche à un blanc crayeux.
-Quoi ? Je… Scorpius, je ne comprends pas…
Son ton suppliant ne fit qu'aggraver le ressentiment de Scorpius. Qu'attendait Rose, au juste ? Qu'il passe l'éponge sur tout ce temps qu'il avait passé à rêver qu'elle serait un jour sa petite amie ? Qu'il oublie qu'elle s'était moquée de lui, qu'elle avait flirté avec lui tout en sachant très bien qu'elle ne pourrait jamais donné suite à leurs échanges ?
Il prit une longue inspiration, se força à regarder Rose dans les yeux.
-Si tu n'as pas l'intention de commander quelque chose, j'aimerais mieux que tu partes, Rose, dit-il calmement.
-Mais, Scorpius… tenta-t-elle une dernière fois.
Te laisse pas faire, ou la prochaine fois que tu ouvriras les yeux tu seras témoin à son mariage, et tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer.
Hé, je pleure pas.
C'est ça.
-S'il te plaît, Rose, répéta Scorpius tout doucement, avant de détourner le regard.
Il ne vit pas Rose partir, mais la clochette qui tinta lorsque la porte s'ouvrit et se referma sonna comme une fin définitive.
La douleur dans la poitrine de Scorpius ne disparut pas.
On aurait pu penser qu'après un tel déferlement d'évènements inattendus, Scorpius ne verrait plus ni la ravissante rouquine de ses rêves, ni le copain inconnu et idéal de cette dernière, et qu'il pourrait vivre sa vie misérable mais tranquille, à se lamenter seul sur la perte de l'amour qu'il n'avait même jamais eu la chance de connaître…
Mais c'était apparemment trop en demander puisqu'à peine trois jours après sa dernière rencontre avec Rose, Scorpius leva la tête de son comptoir pour voir soudain le fameux petit ami rentrer en trombe dans le café, ses yeux verts lançant des éclairs meurtriers et sa mâchoire crispée dans une expression qui n'augurait rien de bon pour le jeune Malefoy.
Oh non, oh non. Regarde qui est là.
Je regarde, je reg-oh, si ce n'est pas monsieur je-brise-les rêves-d'innocents en personne ! Peut-être qu'il est revenu avec une batte, en fin de compte.
Qu'est-ce que je fais ?
La question, c'est plutôt ce qu'il va te faire, si tu veux mon avis.
Tu ne m'aides pas !
Je t'en prie.
Scorpius resta donc figé sur place, à regarder un très énervé et assoiffé de sang petit-copain-de-Rose scanner la pièce pour finalement vriller un regard brûlant sur lui.
-Eh, toi !
Et Scorpius était beaucoup de choses, mais il n'était pas un lâche. Alors quand le petit ami de la fille dont vous êtes peut-être encore amoureux débarque pour a) vous filer une raclée ou b) vous humilier publiquement avant de vous filer une raclée, vous vous taisez et vous encaissez.
En essayant de garder le visage à l'abri.
Voilà pourquoi il employa toute son énergie à rester calme et ne pas courir vers la sortie en jetant son tablier derrière lui pour aller s'exiler au Botswana, et il répondit calmement à l'invective qui s'adressait de toute évidence à lui.
-Oui ? fit-il poliment.
Pourquoi il nous ferait du mal, en fait ? Ce n'est pas toi qui draguais sa copine…
…
Ok, tu voulais sortir avec elle. Mais t'as rien fait, Casanova.
Il est peut-être juste méga-jaloux.
Nan, tu crois ?
Mais le temps était venu pour Scorpius d'affronter son destin.
-Qu'est-ce que tu lui as dit, espèce de connard ? cracha le petit ami.
Scorpius sentit un éclair de colère et de frustration lui parcourir l'échine.
-Ah parce que c'est de ma faute maintenant ? fit-il de son meilleur ton méprisant, spécial Malefoy. Je peux savoir ce que j'ai fait de mal ?
-Tu plaisantes, j'espère ? fit l'autre, un air qui réussissait l'exploit d'être à la fois incrédule et agressif sur son visage fin.
Scorpius haussa les épaules, et les yeux du petit copain en colère s'étrécirent.
- Ça va faire deux mois qu'elle me rabâche sans cesse les oreilles avec son petit blond du coffee-shop, et quand j'arrive c'est pour découvrir que tu la traites comme de la merde ?
Wow, wow. Il est en colère que tu n'aies pas conclu avec sa copine ? C'est quoi ce bordel ?
-Et maintenant elle ne veut même plus me parler tellement elle est triste, à part pour me dire que c'est fini avec toi et que tu ne veux plus rien à voir à faire avec elle ?
Une inquiétude désolée tordit la gorge de Scorpius, qui eut soudain envie de se jeter aux pieds du petit ami de Rose pour le supplier de… de quoi au juste ?
Concentre-toi, mec.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? répliqua Scorpius. Jusqu'à preuve du contraire c'est plutôt mieux pour toi que je ne sois plus intéressé, non ?
Le mensonge eut un goût acide dans sa bouche, mais même s'il était physiquement incapable de ne pas être intéressé par la ravissante rouquine, mieux valait ne pas dire la vérité après tout, un Malefoy n'aurait jamais sa place aux côtés d'une Weasley.
Mais le petit ami (dont Scorpius ne connaissait même pas le nom, après tout ce temps) sembla lire dans les pensées de ce dernier avec une facilité perturbante il écarquilla les yeux sous le coup de la compréhension.
-Mieux pour moi ? C'est ça, alors ? T'es juste effrayé parce qu'elle est une Weasley, et toi un Malefoy ?
Aucune répartie digne de ce nom ne vint à l'esprit de Scorpius, et il se trouva incapable de répondre.
-Mec, sérieux, on est plus au Moyen-Âge ! s'exclama l'autre jeune homme. Je garantis pas que ses parents seraient dingues de toi dès la première minute, mais on est loin du temps où ils te demanderaient de montrer que tu n'as rien sur le bras gauche avant d'entrer dans la salle à manger…
Il adopta une expression faussement inquiète.
-Tu n'as rien sur le bras gauche, pas vrai ?
Scorpius leva les yeux au ciel, pas impressionné pour un sou.
-Ça va, t'as fini de rigoler, je peux retourner au boulot maintenant ? fit-il d'un ton exaspéré.
Son interlocuteur soupira.
-Sérieusement, tu vas vraiment me faire croire que tu n'es pas intéressé ? J'ai jamais vu un Malefoy devenir rouge aussi vite… pointa-t-il d'un ton goguenard.
Et c'est à peu près à ce moment que Scorpius perdit tout sens commun en un instant il était sur l'autre jeune homme, et il le plaqua violemment contre le comptoir, un bras pâle coincé sous sa gorge insolente.
-Tais-toi, tu n'en sais rien, gronda-t-il.
Wow, wow, mec. Calme. Tu sais que d'habitude je suis à fond avec toi quand tu veux la bagarre mais là… juste, calme-toi. Et ne dis rien que tu pourrais regretter.
Mais Scorpius voyait rouge. Comment cet imbécile de petit ami de Rose osait-il venir à son lieu de travail pour se moquer de lui et de ses stupides, stupides sentiments ? N'avait-il pas déjà gagné ?
-Et puis qu'est-ce que ça peut te faire, hein ? reprit Scorpius, la voix sombre et rauque. J'aurais pensé que tu la voudrais plutôt pour toi tout seul…
Le gars coincé contre le comptoir lui lança un regard bizarre et ouvrit la bouche, mais Scorpius en avait fini d'écouter les autres, voix intérieure ou pas.
-À moins que ce soit un de ces plans à trois bizarres tellement à la mode en ce moment ? C'est pour ça que vous tenez à mon entente avec vous, c'est pour ça que Rose t'a amené l'autre jour ?
Scorpius allait trop loin et quelque part tout au fond de lui il le savait, mais son esprit rationnel et pacifique était apparemment manquant à l'appel depuis que Rose s'était blottie dans les bras d'un autre gars que lui…
-Laisse tomber, grogna Scorpius. C'est vraiment pas mon genre, et j'espérais vraiment que Rose valait mieux que ça, mais apparemment elle…
-Wow, wow, mec !
Le gars leva ses deux mains comme pour demander une trêve et Scorpius se tut.
-Tu…
Il semblait totalement abasourdi.
-Tu crois que je veux coucher avec Rose ? Et avec toi ?
Scorpius secoua la tête, l'esprit soudain un peu plus clair ses yeux se posèrent sur son bras qui étouffait toujours légèrement l'autre garçon, et il desserra son étreinte.
-Non… non, pas avec moi, je… je ne sais pas ce qui m'a pris de dire ça.
Mais le garçon n'avait pas l'air apaisé.
-Parce qu'avec Rose, oui ? s'exclama-t-il, l'air vaguement malade. Je crois qu'il y a un malentendu.
Scorpius haussa les épaules.
-No offense, mec, dit l'autre avec une grimace, mais t'es vraiment pas mon genre… et pourtant je coucherais avec toi avant de coucher avec ma cousine !
Il réprima un frisson qui semblait sincère.
-Bon sang, mais t'as l'esprit tordu, toi.
Mais le cerveau de Scorpius s'était figé au moment où le gars avait prononcé le mot « cousine ».
-Je… je…
Il déglutit péniblement.
-Vous ne sortez pas ensemble ?
L'autre secoua la tête en signe de dénégation.
-Merlin, non. L'inceste, franchement… très peu pour moi. Et puis j'aime mieux les brunes.
Il sembla se rendre compte que la nouvelle était un choc pour Scorpius, et une fois encore il comprit plus vite qu'il n'aurait dû.
-Jamais, murmura-t-il.
Scorpius lui lança un regard implorant, mais le jeune homme continua sans hésiter.
-Tu croyais… que moi et Rose… tu as cru qu'on était ensemble ?
Il se passa une main sur le visage, comme pour rassembler toutes ses pensées en un groupe assez cohérent pour parler.
Tu crois que c'est maintenant le moment où il nous casse la gueule ?
Tais-toi. Au maximum, il me jette un Incarcerem et il ne revient jamais me libérer.
Il aurait raison. Tu mérites de souffrir.
Hey.
Ok, ok. On mérite de souffrir.
-Bon sang, lâcha alors le gars.
Il y eut quelques secondes de silence.
-J'ai l'impression que certains détails ont été laissés dans l'ombre, sur ce coup.
Naaaan… il est malin ce petit.
L'autre lui tendit alors une main, un sourire hésitant mais chaleureux sur les lèvres.
-Hey, fit-il tranquillement. Moi c'est Albus, Albus Potter.
Scorpius sentit ses yeux s'écarquiller.
Potter. Oh mon dieu. Comme… oh mon dieu.
Panique pas.
Potter. Et je viens de dire… je viens de l'accuser de… oh mon dieu, je vais mourir.
Hey, hey. Panique pas. Juste… prends sa main comme un grand garçon…
Quoi. Non. Non. Il va me tuer et personne ne retrouvera jamais mon corps.
SERRE SA PUTAIN DE MAIN.
Scorpius serra la main d'Albus Potter d'un geste un peu gauche.
-Scorpius Malefoy, offrit-il en retour, d'un ton un peu raide.
Voilààààà. C'était pas si difficile, pas vrai ?
Je te hais.
Albus (puisque c'était son nom) recula d'un pas, posa ses mains sur ses hanches, haussa un sourcil, et Scorpius ne put s'empêcher de se sentir profondément jugé.
-Euh… quoi ?
Albus leva les yeux au ciel.
-Je n'arrive pas à croire que je doive faire ça.
Il fit la moue.
-Rose ? reprit-il. Il faut que tu la récupères ?
Scorpius changea de pied d'appui, mal à l'aise.
-Je… je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
Albus ouvrit grand les mains, comme pour dire vas-y, balance les excuses minables, je t'écoute.
Scorpius se força à ne pas se sentir insulté.
-C'est juste que…
Tu as cru qu'elle couchait avec son cousin et ce n'est pas exactement un bon début quand on veut demander à une fille de sortir avec elle ?
Un jour je te tuerai.
Scorpius déglutit.
-Je ne vois pas pourquoi elle voudrait un jour me revoir. Surtout quand tu lui auras dit… euh, ce que j'ai pensé de vous deux, conclut Scorpius, mortifié.
Albus se passa une main sur le visage, lentement, et son geste évoqua irrésistiblement une mère de famille au bord de la crise de nerfs.
-Malefoy, dit-il d'une voix excessivement calme, écoute-moi bien parce que je ne le dirai qu'une seule fois. Rose Weasley, ma cousine, a un énorme crush sur toi depuis que tu lui as adressé la parole pour la première fois et, Dieu seul sait pourquoi, elle adorerait que tu t'enlèves la merde que tu as dans les yeux pour lui proposer un rendez-vous.
Scorpius sentit son cœur battre un peu plus vite à la pensée d'avoir pu inspirer à Rose ne serait-ce qu'une fraction de ce qu'elle lui faisait ressentir, mais Albus n'avait pas terminé.
-Alors, petit Serpentard, je vais te noter son adresse sur ce bout de papier (Albus s'empara d'une serviette en papier marquée du logo de Heaven's Darling) et tu vas aller te jeter à ses pieds pour lui déclarer ton amour éternel.
Albus griffonna quelque chose sur la serviette et la lui tendit avec un regard entendu.
-Je… hésita Scorpius.
Les yeux d'Albus se plissèrent.
-Maintenant, crétin.
Scorpius n'avait jamais couru plus vite dans sa vie.
Je l'aime bien, ce petit.
Évidemment.
...
Eh bien voilà, c'est tout pour ce troisième (et normalement avant-dernier) chapitre…
Je compte sur toi pour laisser une review, adorable lecteur; j'ai passé tellement de temps à douter de moi en écrivant ce chapitre, à supprimer des centaines de mots et à réécrire frénétiquement des passages entiers, que j'apprécierais vraiment si tu voulais bien me dire ce que tu en penses, si c'était acceptable en fin de compte… ou même pour me dire que tu me pardonnes d'avoir pris tant de temps pour continuer ?
Bref, ce serait vraiment gentil.
Merci d'avance, et à bientôt j'espère ! ^^
