Voilà la toute fin de cinq mois de travail, en espérant que ça vous aura plu/touché/intrigué ou mieux, les trois à la fois – sachez que les reviews que j'ai déjà reçues m'ont fait foutrement plaisir. Lavi et Tyki sont décidemment les mecs les plus versatiles que j'ai jamais « rencontrés ». J'aime beaucoup le fait qu'ils changent d'avis toutes les deux secondes, que leurs réactions soient improbables et leur personnalité insaisissable. Toujours cette idée : à une même question, il y a des milliards de réactions différentes, dont pas mal d'étranges. C'est au tour de Kanda de se prendre la tête avec Lavi... Je me suis toujours posé la question de ce qui pourrait se passer si Lavi savait tout au sujet de son passé, le genre de (non) relation que cela instaurerait entre eux. J'ai donc brodé un peu là-dessus. Je rappelle au passage (étant donné le laps de temps entre le chapitre un et celui-ci) que les noms lâchés par Tyki Mikk sont ceux des membres de la Congrégation tombés au combat.
Niveau musique, pas mal de bandes originales. Peau d'Âne et Madagascar 2 pour se marrer, Killing Bono pour se souvenir. Sinon, Yann Tiersen pour sentir les choses, Craig Armstrong pour réfléchir, Steve Reich pour relire et corriger. Merci encore à ma bétalectrice Mad-Chestnut-Tree (qui passera par là un jour) et bonne lecture.
« Moi je ne fais qu'un seul geste, je retourne ma veste – toujours du bon côté ! » Jacques Dutronc, « L'opportuniste »
Magnet
III- Le reste du monde
Tyki esquissa un large sourire, le genre de sourire qui pouvait aussi bien être celui d'un humain philanthrope que celui d'un Noah cruel et sans scrupule. Lui-même n'en savait rien. Parfois, il se demandait sérieusement pourquoi il portait la mémoire du Plaisir et pas celle du Paradoxe. Il songea que le roux devait se poser le même genre de questions et se promit d'en discuter un jour avec lui – s'il ne le tuait pas avant.
Cela faisait un quart d'heure que Lavi était rentré à la baraque. Le Portugais avait d'abord trouvé la maison vide, mais il ne s'était pas inquiété – il était inutile de dire qu'il s'y attendait. Il s'était laissé tomber sur le vieux canapé. Les mots qu'il avait dits à Road dansaient dans sa tête. Il le savait, ça marcherait. Il était sûr et certain que l'autre reviendrait vers lui. Parce que c'était vers lui qu'il reviendrait, pas vers le sofa défoncé, la chaleur étouffante, les assiettes sales qui dormaient en pile dans l'évier. Non, c'était vers lui, c'était pour lui.
Lorsqu'il l'avait vu s'arrêter dans l'embrasure de la porte ouverte, il lui avait lancé un regard aussi long que pénétrant. Le garçon avait l'air paumé, hésitant, le genre de truc qui n'arrivait pas souvent. Tyki l'aurait presque pris dans ses bras, mais il s'était contenté de l'observer entrer et s'asseoir sur le tabouret branlant, les jambes croisées. Il n'était ni fâché, ni surpris de le voir revenir vers lui. Pas content, non plus. Il n'y avait rien d'étonnant à ce que Lavi préfère sa compagnie à celle des bouseux du village d'à côté il avait tout de suite reconnu cette odeur dégueulasse, les rayures qui courraient sur le cuir de ses bottes et cet air abattu qu'on traînait avec soi lorsqu'on quittait la misérable bourgade.
Non, s'il avait dû mettre un nom sur ce qu'il avait ressenti à cet instant, il aurait probablement choisi le mot « satisfaction » – ou « désir », mais ça, c'était depuis le début, ça n'avait rien d'extraordinaire.
Silencieux sur son siège de fortune, Lavi semblait attendre qu'il prenne la parole. Il avait l'air de ne pas trop savoir ce qu'il foutait ici, concentré à disséquer la pièce du regard comme si c'était la toute première fois qu'il y mettait les pieds. La tôle qui couvrait les murs par endroits, la bougie qui pleurait dans son assiette en métal, la carafe blanc sale posée sur la table... Le malaise était aussi lourd que l'air qui les entourait. Le roux s'attendait peut-être à ce que Tyki se précipite pour fermer la porte, lui flanque une gifle d'une telle violence qu'elle le ferait tomber à terre et se mette à hurler des menaces en l'enchaînant au canapé...
Le Portugais n'en fit rien.
« C'était laquelle, Carmen ou Rosa ? »
Le roux leva un regard perplexe.
« Hein ?
— Je te demande si c'était Carmen ou Rosa... Non attend, dis rien. »
Tyki quitta le canapé pour s'approcher de Lavi. Inconsciemment, le garçon se raidit. Le Noah se mit à faire le tour du tabouret d'un pas expert, rappelant au roux les membres du Ministère qu'il avait rencontrés à quelques reprises avec son grand-père. Ne lui manquaient que quelques médailles, une rose au veston, et... Il chassa cette pensée de son esprit.
« C'était Esther, c'est ça ? déclara enfin le brun, un index levé, comme s'il s'attendait à ce que l'autre lui donne un bon point avant de pouvoir regagner sa place au deuxième rang de la classe.
— Esther ? répéta Lavi, avisant prudemment le Noah.
— C'est son parfum. Lavande, myrrhe, vanille. Assez difficile à déceler derrière cette odeur de merde, je te l'accorde, mais on oublie pas l'odeur d'une si jolie femme... Elle était en forme, au moins ? J'espère qu'elle fait attention à elle, je sais que ça a toujours été une nana raffinée mais ces derniers temps, elle avait l'air un peu ailleurs. »
Le roux ne répondit rien. S'il s'agissait de celle à qui il pensait, « raffinée » n'aurait probablement pas été le premier adjectif qui lui serait venu à l'esprit pour la décrire. Face à son air perplexe, Tyki enchaîna immédiatement :
« Mais si, Esther, la belle blonde aux cheveux bouclés et aux tâches de rousseur ! Me dis pas que tu l'as déjà oubliée. La petite anglaise... Eh, maintenant que j'y pense, t'es bien exigeant pour un gamin de dix-neuf ans ! Tu pouvais pas te contenter des produits locaux ? Enfin t'es peut-être pas habitué aux brunes, après tout... La vieille Branca a dû se marrer, tiens.
— Cette espèce de vieille folle qui m'a littéralement sauté dessus ? Non mais tu te fous de ma gueule ? J'ai cru qu'elle allait m'arracher mes fringues elle-même pour que je saute sa pute sur la place publique... Et puis tu crois quoi, que je me casse d'ici pour aller baiser au premier bordel du coin ? Merde, je suis pas comme toi, Mikk... Tu peux t'enfiler qui tu veux, j'en ai rien à foutre, mais putain, arrête de croire que tout le monde suit ton modèle ! »
Sa voix trahissait autant de colère que de dégoût. Tyki haussa un sourcil hautain qui signifiait clairement « comme si j'avais quelque chose à branler de ton avis », avant de se rasseoir sur le canapé défoncé et de croiser les bras.
« Je suis désolé, marmonna-t-il sans en penser le moindre mot.
— Et... c'est tout ?
— Comment ça, c'est tout ? J'ai pas l'intention de me mettre à genoux pour me faire pardonner d'avoir un ego surdimensionné, tu sais.
— Non, mais je veux dire, tu t'en fous ? J'étais prêt à me casser d'ici une bonne fois pour toutes et toi, tu t'en fous ?
— Bah, t'es revenu, ricana Tyki. A croire que t'étais pas si prêt que ça... Et puis moi aussi, je suis sorti alors que j'aurai pas dû. Ca fait un partout... Tiens, maintenant que j'y pense, j'ai quelques noms pour toi : Alexander, Beauchamps, Koch, Li Park, Kjeldahl et Cedeño pour hier. En Jordanie. Le front vient de s'élargir, il paraît. C'était des tra...
— Des traqueurs, je sais... grogna le roux en fronçant les sourcils, clairement largué par la tournure que prenait la discussion. Putain, j'en ai marre, Mikk...
— De quoi, gamin ? répliqua le Noah la tête en arrière, avisant le plafond délabré. De la Guerre Sainte, ou de rester enfermé ici avec moi ? C'est pas vrai, tu viens de rentrer que tu râles déjà... Et puis tu croies que j'en ai pas marre, moi ? J'ai jamais demandé à me retrouver avec toi sur les bras, merde...
— Ca, fallait peut-être y penser avant. »
Tyki sembla d'abord surpris, puis il éclata de rire.
« Peut-être, ouais.
— Pourquoi tu m'as pas tué ? »
Si les yeux de Tyki avaient été des lance-missiles, la dernière image qu'aurait emportée Lavi dans la mort aurait été celle de deux roquettes de 89 millimètres fonçant à toute vitesse sur lui dans un nuage de fumée brûlante. Ayant toujours préféré les papillons aux armes de guerre, le Portugais se contenta de fronçer les sourcils. C'était encore cette question, encore et toujours cette putain de question... A croire que l'autre n'avait que ces mots à la bouche.
« Je t'ai déjà dit, j'en sais rien... râla-t-il en passant une main dans ses cheveux.
— Arrête tes conneries, Mikk, fais pas passer ça pour une simple erreur de ta part... T'as eu mille occasions de me buter, depuis. T'aurais pu m'arracher le cœur une bonne dizaine de fois, m'étrangler, me laisser crever de faim, m'abandonner en plein soleil, me balancer cette putain de carafe sur la gueule... Et encore d'autres trucs, je suppose que t'as plus d'imagination que moi dans ce domaine-là, sauf que tu l'as pas fait. Alors si tu préfères que je reformule, je vais reformuler : pourquoi tu veux pas me tuer ? »
Il y eut un silence particulièrement désagréable, et Tyki prit enfin la parole.
« Je... Tu sais que j'ai failli te buter ? Au début, au tout début je veux dire, quand on se tapait dessus comme des cons en haut de la Gardunha... A ce moment-là, j'ai vraiment pensé qu'il fallait que je te bute, parce que bon, c'était quand même pour ça que j'étais là, à l'origine... Et puis au dernier moment, j'ai repensé à un truc. Je sais pas si c'est à cause de ça, ou... Enfin bref, j'ai pensé que t'avais pas répondu à ma question.
— Ta question ? répéta Lavi.
— Est-ce que tu croies en Dieu ? »
Le roux se prit la tête entre les mains.
« Putain mais c'est pas vrai... Tu comptes vraiment me faire croire que c'est juste à cause de cette connerie que tu m'as laissé en vie ? Et puis qu'est-ce que ça peut te foutre, de toute façon, t'en as pas marre de chercher des réponses comme ça, des réponses qui te serviront à rien ? On est en pleine guerre, merde ! Tu t'es jamais dit qu'il faudrait me buter, même après avoir foiré ? Je sais pas, moi, au bout de quelques jours, quand je dormais, il y a une semaine, hier ? Comment est-ce que tu peux...
— Je ne me suis rien dit du tout, fit calmement Tyki. Je voulais savoir, c'est tout.
— Savoir, mais savoir quoi, putain ? Il reste des trucs à savoir ?
— Savoir si tu croyais en Dieu, lâcha le Noah en songeant que Lavi allait finir par lui foutre son poing dans la gueule et que ça risquait de lui laisser un sale hématome sur la joue.
— Putain, mais j'en ai rien à branler, de Dieu ! Ma vie c'est un enfer, tu comprends, un enfer ! Je passe mon temps à laisser tomber des gens qui avaient confiance en moi pour changer de guerre, j'ai failli crever à sept ans et tout est en train de foutre le camp chez moi parce qu'un connard de Noah a eu la bonne idée de m'enlever, alors qu'est-ce que tu croies que j'en ai à foutre, de Dieu ?
— Je pensais que c'était pour lui que tu te battais... Que c'était pour lui que vous vous battiez tous ? »
Lavi eut un rire nerveux. Ses muscles tendus faisaient saillir ses veines, dans lesquelles pulsaient probablement quelques litres d'adrénaline. Ses mèches rousses dansaient sur son front chaque fois qu'il secouait la tête pour appuyer ses paroles, et sa pupille dilatée donnait un je-ne-sais-quoi d'effrayant à la situation. Un instant, Tyki crut qu'il était en train de devenir fou.
« Pour Dieu ? répéta amèrement l'ancien exorciste. On se bat pour le bonheur des hautes sphères, pour faire bonne figure, pour obéir aux ordres, pour honorer ceux qui sont tombés, pour trouver sa place, pour jouer au gentil petit soldat peut-être, mais certainement pas pour les beaux yeux du Lord ! Evidemment, t'auras toujours ces petites messes hypocrites, ces hommages inutiles, ces mises en scènes ridicules... Mais c'est pas parce qu'ils ont juré de donner leur vie pour servir Dieu que les hommes croient un seul mot de ce qu'ils ont juré une main sur la Bible ! J'en ai vu chier dans leur froc au moment de clamser, et croie-moi qu'ils auraient léché les pieds du Comte si ça leur avait permis de sauver leur cul !
— Donc tu n'y croies pas, » marmonna Tyki pour lui-même sans se rendre compte que s'il existait des bornes à ne pas dépasser, il venait de les piétiner allègrement.
— T'en doutes encore ? Tu veux quoi, que je te signe une décharge ?
— Excuse-moi mais pour quelqu'un qui bosse dans une Congrégation religieuse, on peut quand même se poser la question, étant donné que...
— Tu sais ce que ça fait, de se prendre une putain de balle dans l'œil et de manquer crever alors que deux heures plus tôt, on t'a promis que Dieu veillait sur tous ses enfants ? T'es allongé par terre, tu manques de te noyer dans ton sang, t'entends des gens gueuler autour de toi et tout ce que tu penses, c'est que ça fait sept belles années qu'on te raconte que de la merde ! Tu sais ce que ça fait, putain ? »
Tyki ne répondit rien. L'ancien exorciste venait de rentrer, et ce n'était pas forcément le meilleur moment de le convaincre qu'il aurait mieux fait de déguerpir tant qu'il le pouvait encore.
Sa curiosité venait de noyer sa dernière chance de négocier avec Lavi et d'éviter d'en venir à la solution évoquée par Road, et toute la fureur que dégageait le regard du rouquin ne valait pas le quart de celle qu'il sentait bouillir à l'intérieur de lui-même lorsqu'il songeait à ce qui allait se passer – à ce qui devrait se passer.
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« Tu dois faire quelque chose, Tyki, tu dois faire quelque chose, soufflait la petite voix triste de Road à son oreille. Parce que tu sais que ta mémoire de Noah ne te laissera jamais tranquille, sinon, parce que tu sais qu'il reviendra avec son fichu sourire pour te rappeler à l'ordre. Je... Débrouille-toi pour que ça marche, s'il te plaît. Je veux que tu reviennes au manoir. Je veux qu'on recommence comme avant. Je veux que tu fasses quelque chose. »
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« T'es sûr que tu veux rien manger ? Il en reste vachement, tu sais, » soupira Tyki Mikk en indiquant d'un geste vague le plat fêlé dans lequel reposait une sorte de bouillie grisâtre.
Lavi resta silencieux, les sourcils froncés. Cela faisait une petite demi-heure que le Noah parlait tout seul. L'autre refusait de dire le moindre mot, assis dans le canapé, les genoux repliés sur la poitrine. Tyki l'ignora, saisit le plat et le laissa tomber dans l'évier sur une pile de vaisselle sale qui menaçait de s'effondrer. Il rangea rapidement les assiettes qui restaient encore sur la table, songeant que ce serait toujours plus passionnant que de regarder le roux faire la gueule.
Il n'aurait probablement pas dû le provoquer comme ça, le faire sortir de ses gonds pour qu'il réponde enfin à sa putain de question... Mais d'un certain côté, ça avait été libérateur d'entendre ces mots, comme si les chaînes qui l'avaient empêché de le buter venaient de s'évaporer sur sa peau : cette réponse, c'était la clé de tous ses problèmes, même s'il ne s'était pas attendu à ce qu'on lui donne celle-ci. Il était grand temps d'en finir et par conséquent, de réparer ses conneries rapidement, sans quoi il était certain de trouver le canapé vide dès le lendemain matin. Ce qui risquait de déplaire fortement à Road.
Il poussa le tabouret du bout du pied et vint s'asseoir à côté de Lavi.
« Ecoute, fais pas la gueule... Tu sais, je... »
Il se passa une main dans les cheveux, nerveux. Il n'y avait pourtant aucune raison de s'inquiéter. Ca marcherait, hein. Ca marchait toujours, lorsque sa nièce tenait les rênes.
« Au début, juste après qu'on se soit installés ici, et bah... Je pensais pas que ça durerait. J'aurais jamais parié qu'on y serait encore, aujourd'hui. Mais quand je t'ai vu déliré à cause de la fièvre, que je t'ai entendu gueuler des trucs que j'arrivais même pas à comprendre... Je crois que tu m'as intrigué, que je me suis... posé des questions. C'est à ce moment que j'ai vu ton œil, l'autre, là. Il était ouvert, tout blanc, coincé dans cette cicatrice dégueu... C'était pas beau à voir, franchement. Enfin tu vois, je voulais dire que... c'était peut-être une excuse minable, cette question, en fait. J'en sais trop rien, mais... »
Lavi le dévisagea ouvertement, l'air ahuri.
« T'es conscient que c'est la première fois que tu me parles de toi comme ça ? Sans me poser de question en échange, je veux dire...
— Bah qu'est-ce que tu veux... » lâcha Tyki avec un sourire.
C'était comme si savoir qu'il n'était pas le seul à être complètement paumé l'avait rassuré, pensa le brun avant de reprendre :
« Après tout ce que tu m'as balancé, j'ai du retard à rattraper... Et puis il y a autre chose. Une autre raison pour laquelle je t'ai pas tué, je pense. Une raison que j'ai trouvée qu'au bout d'un moment, c'est vrai, mais une raison quand même... »
Lavi fronça les sourcils.
« Au bout d'un moment, je me suis dit que t'étais pas mal pour faire la vaisselle. »
Le roux aurait dû se lever brutalement, ignorer le bruit du tabouret tombant par terre et se jeter sur le Portugais pour lui enfoncer son poing dans la gueule, pour marteler la moindre parcelle de son corps et déchirer sa peau brune du bout des ongles. Il aurait hurlé d'une voix rendue rauque par la poussière et l'aurait frappé jusqu'à ce que son corps ne soit plus qu'un petit tas de chair, de sang et d'os qu'il aurait laissé pourrir au soleil...
Au lieu de ça, il éclata de rire. Le Noah parut d'abord surpris, puis il esquissa un faible sourire.
« Qu'est-ce qui te fait rire ? fit-il d'une voix calme, détachant méticuleusement ses cheveux.
— Haha, je... Je m'attendais pas exactement à ça, répondit Lavi en reprenant son souffle, s'efforçant de rester le plus sérieux possible. Je veux dire... T'es le Noah du Plaisir, alors...
— Alors ? »
Une vague rougeur gagna les joues blêmes du garçon.
« Nan, laisse tomber, ça fait probablement pas partie de ton domaine. »
Tyki esquissa un sourire inquiétant.
« J'ai déjà baisé des mecs, tu sais.
— Quoi ?
— Des mecs. J'en ai déjà baisés. C'est ce que tu voulais dire, nan ?
— Euh... Ouais... ?
— Alors tu as ta réponse. Evidemment, c'est pas trop dans mes habitudes, mais ça a bien dû arriver une petite dizaine de fois... Des vrais canons, bien sûr, je privilégie toujours la qualité à la quantité. C'est pas la même chose qu'avec des filles, déjà, c'est moins facile... Mais on va dire que c'est quelque chose d'enrichissant, conclut Tyki avec un sourire éclatant. Cela dit, peu de personnes sont au courant. »
Si on avait dit un jour à Lavi qu'il se retrouverait au beau milieu du Portugal en train d'écouter Tyki Mikk lui faire une leçon sur sa vie sexuelle, il se serait sans doute enfui en courant dans la Citadelle, marmonnant des phrases dans lesquelles il serait question de laisser tomber une bonne fois pour toutes cette maison de fous pour commencer un élevage de papillons.
Pour cette fois, il choisit de réagir autrement.
« C'est à cause de ce que tu m'as dit l'autre fois, là, quand on parlait d'Allen... » marmonna-t-il en espérant ne pas le regretter.
Un sourire naquit sur les lèvres du Portugais.
« Oh, je vois... Você pode falar Português?
— Nan, répondit le roux, je sais pas. Mais je sais ce que ça veut dire, 'quente'... »
Il sentit soudain des boucles noires effleurer sa joue, et deux lèvres brunes se glissèrent tout près de son oreille pour murmurer :
« Oh... Alors tu dois sûrement savoir ce que ça veut dire, 'atraente'... ?
— Nan, mentit Lavi, le souffle court.
— 'Emocionante'... ? 'Sensual'... ? »
Chaque syllabe sortait de sa bouche comme la plus douce des sucreries. Son souffle chaud roulait dans le cou de l'ancien exorciste, qui secoua doucement la tête. Leur peau se rencontra une fraction de seconde, mais Lavi ignora le contact.
« Nan, » répéta-t-il dans un souffle.
Les lèvres du Portugais étaient toujours étirées en un large sourire. Le roux sentit les mains de Tyki s'enrouler autour de ses joues pour qu'il tourne la tête. Il plongea son regard dans les prunelles dorées du Noah dont les lèvres s'entrouvrirent doucement.
« Alors il faut que je te montre... »
Lavi ne savait pas ce qu'il faisait. Cela faisait un petit moment qu'il ne le savait plus, à vrai dire. La raison pour laquelle il était revenu, déjà, puis celle pour laquelle il se laissait faire. Tout ce qu'il savait, c'était que la bouche de Tyki se perdait dans son cou en baisers silencieux, que leurs corps étaient tellement chauds qu'on aurait dit qu'ils allaient fondre ensemble et que les mains du Noah s'agitaient dans ses cheveux hirsutes, dans sa nuque, tout du long de son dos.
Ses propres doigts déboutonnèrent maladroitement sa chemise pour aller ensuite s'enrouler dans les boucles noires de l'autre et le rapprocher de lui, plus près, encore plus près. Il glissait lentement en arrière, et le brun en profita pour se pencher sur lui... C'était comme si la langue de Tyki avait décidé de peindre les moindres recoins de son corps, brossant sa peau entre deux lèvres entrouvertes.
L'air lourd continuait de gonfler les poumons de Lavi, s'échappant de sa bouche pour courir dans le cou de Tyki. Enfin, des lèvres glissèrent le long de son torse, des doigts s'égarèrent du côté de sa braguette. Il les aida à aller plus loin, les yeux fermés, croquant presque les lèvres du Noah. Il fallait qu'il le rapproche encore de lui, qu'il le rapproche jusqu'à ce qu'ils ne forment plus qu'un seul corps, un corps glissant de sueur, respirant d'un même souffle et parcouru des mêmes frissons...
Il ne savait plus grand-chose d'autre.
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On en revient enfin au premier, à celui qui lui a comme qui dirait foutu le doute. Celui sur lequel il peut remettre toute la faute parce qu'il a pas trop envie de réfléchir, qu'il est fatigué et que c'est toujours plus facile de dire « c'est lui qui a commencé ». Lui aussi l'a chopé au détour d'un couloir, menaçant de lui exploser la tête contre le mur s'il refusait de se tenir tranquille. C'était avant que tout ne dérape, avant qu'Allen ait la même idée de le prendre à part, avant qu'il ne commence à se poser trop de questions.
Sur le coup, il ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive, la raison pour laquelle Kanda est sur le point de le buter tout ce qu'il sait, c'est qu'il a cinq putain de doigts enroulés autour de chaque poignet, que le Japonais est furieux et que ça fait vraiment peur.
« Y... Yû... Qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce que tu... Tu me fais mal, putain, lâche-moi !
— M'appelle pas comme ça, enfoiré de collabo ! fait l'autre en resserrant son étreinte, comme s'il avait l'intention de broyer les poignets du roux de la seule force de ses doigts – et Lavi ne doute pas une seule seconde qu'il en soit capable.
— Putain mais qu'est-ce qui te prend ? Je t'ai fait quoi, au juste ?
— Tu m'as fait quoi ? Non mais tu te fous de ma gueule ? Tu savais tout depuis le début, connard ! »
Un poing lâche son poignet engourdi pour s'écraser violemment contre sa pommette. Sous le choc, il ouvre la bouche, plaque sa paume contre sa peau qui commence déjà à rougir. Il a envie de répliquer, de lui rendre son coup ou de lui en foutre un autre part – il a bien des idées – mais le Japonais est plus rapide que lui, alors il s'en prend un deuxième dans la gueule. Il ne comprend toujours pas ce qui se passe, et se demande si l'autre daignera s'expliquer un jour visiblement, pour le moment, il est plutôt d'humeur à débiter des flots de menaces.
« Tu sais quoi ? Tu vas plus m'approcher. Je veux plus te voir, plus jamais, t'as compris ? Tu dégages de ma vie, toi et tes conneries de Bookman ! Tu m'approches plus, bordel ! Si je te revois, je te bute, c'est clair ? T'avais pas le droit, putain ! Ca te suffisait plus, de rester là sans rien dire, fallait que t'ailles fouiller dans la merde des autres ? J'espère au moins que tu prends ton pied à faire ton petit Luberier, connard ! »
Chaque syllabe qu'il prononce est comme un coup de couteau. Le roux cesse de se débattre pour le regarder gueuler.
C'est bizarre. Kanda est bizarre. Ils se sont déjà engueulés, bien sûr, c'est même le genre de truc qui leur arrive à longueur de journée, mais c'est la première fois que ça se passe comme ça. Il lèche le sang qui coule d'entre ses lèvres, silencieux, retraçant intérieurement ces vingt-quatre dernières heures sans parvenir à trouver ce qu'il a bien pu faire pour le mettre dans cet état. C'est probablement la première fois qu'il le voit comme ça. Il suppose aussi que ce sera la dernière. D'un certain côté, même, Kanda lui fait peur. Parce qu'il sait qu'il est foutrement sérieux, que c'est pas juste histoire de faire son râleur, qu'il pense vraiment les injures qu'il lui crache à la gueule. Ca se voit, ça se sent.
Lavi le regarde droit dans les yeux jusqu'à ce que le brun se taise, le souffle court, les nerfs tellement à vif qu'on a l'impression qu'il se retient de le massacrer sur place. Il reste silencieux, s'efforçant de ne pas détourner le regard de ces yeux bridés qui ne demandent qu'à le voir mort. Le Japonais le lâche enfin, toujours haletant, et crache à ses pieds d'un air dégoûté.
« Ecoute, Yû, je sais pas ce que je t'ai fait, ce que je suis censé savoir, mais...
— Ferme-la, connard. Tu me donnes envie de gerber. »
Il se casse sans même lui jeter un regard. Ses cheveux noirs se balancent dans son dos dans un mouvement furieux.
C'est en rentrant vers la chambre qu'il partage avec son grand-père que Lavi commence à comprendre. Panda l'attend devant la porte, aussi loquace qu'une statue, le visage sévère. Il lui accorde à peine un regard. Tout ce qu'il lui dit, c'est de voir par lui-même. Il se précipite à l'intérieur de la pièce, perplexe, et s'arrête aussitôt. A l'intérieur, tout est sens dessus dessous des dossiers ouverts couvrent le sol, les articles de journaux accrochés aux murs sont déchirés, la majorité des archives qu'ils conservaient sont dans un état si déplorable qu'il se demande s'ils pourront s'en resservir un jour. Il ressort de la pièce sans dire un mot, avant de demander à son grand-père :
« Il a disparu, hein ? Le dossier Karma, il a disparu ? »
Panda hoche la tête en silence, et Lavi devine que s'intéresser à l'expérience de la Matrice, c'était une grosse connerie. C'est là qu'une voix l'appelle il se retourne, mais il ne voit personne. Tout autour de lui, le décor coule lentement sur les murs. On dirait de la cire chaude. On l'appelle encore, et il ne sait plus où regarder.
« Lavi, réveille-toi, putain ! »
Il ouvrit les yeux à l'instant même où une main sortie de nulle part s'apprêtait à tomber sur sa joue. Entre deux battements de cils, il aperçut une masse sombre soupirer au dessus de lui, chose étrange puisque les masses sombres ne soupiraient pas. Il cligna des yeux. Dans le vague, il finit par reconnaître la silhouette de Tyki, assis de son côté du lit. Il se redressa péniblement, frottant ses yeux du coin de la paume.
« Tu faisais un cauchemar...
— Ca va, grogna-t-il entre deux baillements.
— T'as une tête épouvantable, insista le Noah.
— Ca va, je te dis, répéta le roux en passant une main dans ses cheveux, dégageant les mèches que la sueur collait sur son front. J'ai l'habitude.
— C'est toi qui vois... Tu veux du café tiède ? »
Lavi hocha vivement la tête, dégageant les draps chauds qui lui donnaient l'impression d'étouffer. C'était la première fois qu'il dormait dans ce lit et d'un certain côté, il espérait que c'était la dernière. Pas que ça ne lui avait pas plu, ça avait été génial, mais... Si ça continuait, il savait qu'il n'arriverait jamais à se détacher de l'idée que le Noah ne faisait que le manipuler pour parvenir à ses fins. Et puis ça n'aurait eu aucun sens de continuer, de toute façon. Ca avait juste été histoire de se décharger d'un trop plein de désir, de ce besoin de contact, ils le savaient tous les deux. Enfin, Lavi espérait qu'ils le savaient tous les deux.
Il se leva, s'assit à la table où l'attendait l'autre et prit le mug que lui tendit le Noah. Ses lèvres plongèrent dans le liquide brun – Tyki n'avait pas menti, il était bien tiède.
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Tyki s'était demandé s'il devait le laisser dormir, ce qu'on était censé faire dans ce genre de situation – d'habitude, il abandonnait ses conquêtes avant le lever du jour mais cette fois-ci, il savait qu'il ne pourrait pas s'enfuir. Il était resté un bon bout de temps dehors à regarder le ciel vide, appuyé contre un vieux morceau de tôle, les jambes croisées et les mains dans les poches. Il avait envie de voir Road, de lui parler encore et encore. Pourtant, lorsqu'il cherchait ce qu'il pourrait lui dire, c'était comme si ses mots s'envolaient hors de sa portée... Et puis elle savait probablement déjà tout, de toute façon.
Tout serait bientôt fini. C'est en songeant cela qu'il l'avait aperçu dans le ciel sombre, grand et tordu. Ce large sourire qui semblait se moquer de lui, dévoilant toutes ses dents trop blanches comme des éclats de miroir. Et presque aussitôt, la douleur qui allait avec. Il s'était effondré par terre, tombant à genoux comme un vulgaire pantin. Et il y avait toujours ces voix, ces voix qui lui murmuraient des choses qu'il s'efforçait de ne pas entendre...
Il avait rouvert les yeux un peu plus tard, lorsque l'impression de se faire écorcher vif avait disparue, que les voix s'étaient évanouies et que le ciel était redevenu un simple aplat bleu, vide de tout astre. Il avait décidé de rentrer à l'intérieur et s'était endormi sur le canapé pour ne pas gêner Lavi, étalé sur le lit double. Lorsqu'il s'était réveillé, l'agitation du roux l'avait intrigué. Au début, il l'avait simplement observé. L'ancien exorciste marmonnait des choses qu'il ne comprenait pas, se tordant dans son sommeil, secoué de spasmes visiblement douloureux. Tyki avait essayé de le réveiller, doucement d'abord puis en y allant un peu plus franchement, et là le gamin avait ouvert les yeux. Le Noah n'avait pas cherché à savoir ce qui le tourmentait au point de le poursuivre dans ses rêves, parce qu'il sentait que l'autre n'avait pas ressenti le besoin de le partager avec lui.
Peut-être à cause de ce qu'il s'apprêtait à faire, il espérait juste que cela n'avait rien à voir avec lui.
Il fit tourner une dernière fois dans sa tête les mots que Road lui avaient dictés, les yeux fermés. Un dernier regard vers le roux qui buvait tranquillement le café tiède, l'air perdu dans ses pensées. C'était dommage de tout gâcher maintenant, songea Tyki, seulement il n'avait pas le choix. Il avait fait comme elle lui avait dit – la petite partie de plaisir en plus, mais il ne pouvait pas deviner, à ce moment-là. Attendre son retour calmement, car c'était sûr qu'il reviendrait, et faire quelque chose. S'acquitter de sa mission, rentrer au manoir. Bientôt, il la prendrait dans ses bras.
Il jeta un coup d'œil à sa propre tasse de café. Dans le disque noir brillait un sourire malsain. Le même que celui qui se reflétait désormais à la surface de chaque meuble de la pièce. Le brun les ignora tous. Tout serait bientôt fini. Tout serait bientôt fini. Tout serait bientôt fi...
« Lee, lâcha-t-il comme une bombe en regardant Lavi droit dans les yeux. Lenalee Lee. C'est le dernier nom rapporté par Tease. »
La tasse glissa des doigts du roux pour rouler sur la table, déversant une mare de liquide brun au passage. Lavi ne fit pas le moindre mouvement pour la rattraper. Il lança un long regard à Tyki, dévisageant son grain de beauté qui lui donnait cet air si arrogant, les mèches noires qui tombaient sur ses yeux, sa bouche qui l'avait léché toute la nuit passée. Le café commença à goutter sur le rebord de la table, se perdant en petites tâches sur le sol.
« Tu mens, » répliqua l'ancien exorciste sans rompre le regard, incertain de comprendre ce qui était en train de se passer – Tyki l'avait baisé toute la nuit pour lui annoncer finalement que Lenalee avait passé l'arme à gauche ?
C'était trop facile. Et en même temps terriblement effrayant.
Tyki esquissa un sourire amusé et se leva, repoussant le tabouret derrière lui d'un coup de pied. Il s'approcha lentement de l'autre, comme paralysé, en faisant glisser ses doigts sur le bois humide de la table, et prit soin de prononcer chacun de ses mots avec une certaine prestance, conscient que tout se jouerait maintenant.
« Peut-être. Peut-être pas. Est-ce que tu le sauras jamais ? C'est ça, la vraie question, gamin. Tu m'as dit que t'en avais marre, que t'en pouvais plus, que tu croyais même pas en Dieu... Alors à quoi ça sert de continuer, tu peux me le dire ? »
Lavi écouta le Noah sans dire le moindre mot, suivant sa silhouette du regard. L'homme s'arrêta derrière lui et posa doucement ses mains sur ses épaules tendues. Ses lèvres se rapprochèrent de son oreille, mais le roux était certain que ses intentions étaient tout autres que celles de la veille. Les boucles brunes qui lui tombaient sur l'épaule le dégoûtaient.
« Tu n'es plus exorciste. Tu n'es même plus Bookman.
— Tu n'es plus un Noah, tenta Lavi en sentant tous ses muscles se tendre.
— C'est aussi ce que je pensais, seulement mon Dieu m'a rappelé les promesses que je lui avais faites, souffla Tyki en songeant au large sourire qui ne quittait plus les murs de la pièce. Mais toi, toi tu n'es rien d'autre qu'un humain. Un simple humain qui n'a plus rien à voir avec cette guerre... Et pourtant, tu pourrais y mettre fin. Empêcher la mort de milliers de gens, de ta petite Chinoise, même. Il te suffirait de me glisser quelques mots, juste quelques mots. Tu sais comment percer la défense de votre quartier général, comment s'organisent vos troupes, votre stratégie, vos points forts comme vos points faibles... Je t'offre le moyen de retourner d'où tu viens en échange de quelques informations, menino.
— Je peux pas y retourner, Mikk, ça sert à rien.
— Ah oui ? Sans Innocence, peut-être, mais si je te la rendais ? Si tu jouais au pauvre petit garçon qui a profité d'une absence de son ravisseur pour se faire la malle, contacter la Congrégation et demander qu'on vienne te chercher ? Si tu rentrais chez toi pour de bon, gamin ?
— Et faire la taupe pour le compte de votre Clan ? Tu me prends pour qui, Mikk, un putain de collabo ? lâcha amèrement le roux en se souvenant des insultes de Kanda. J'ai rien à faire de votre côté, merde...
— Parce que tu crois que la Congrégation est plus blanche que nous ? demanda Tyki avec un petit rire. Joue pas au con, tu sais aussi bien que moi ce qui se trame du côté des hautes sphères.
— Vous avez buté plusieurs centaines de traqueurs, fit Lavi en serrant les dents, et presque une dizaine d'exorcistes.
— Ah, parce que tu préfères une institution qui fait exécuter ses Maréchaux dans le dos de tout le monde ? »
Lavi fronça les sourcils.
« Et c'est censé faire quoi, ça, me faire choisir votre côté plutôt que celui des exorcistes ?
— Qui t'a parlé de choisir, gamin ? »
Et déjà, Lavi pouvait sentir les doigts chauds du Portugais s'enrouler doucement autour de son cœur, comme un serpent se saisit de sa proie avant de l'étouffer cruellement entre ses anneaux.
Il était peut-être temps de croire en Dieu, après tout.
Pour tous ceux qui malgré leur persévérance (et je sais ce que c'est), ne parlent toujours pas un mot de Portugais :
Você pode falar Português ? : Tu sais parler Portugais ?
Atraente, emocionante, sensual : attirant, excitant, sexy
Je me ferai une joie de discuter avec vous si vous avez des questions/suggestions/critiques, comme toujours, et encore merci d'avoir lu. Non, il n'y aura normalement pas de suite. Oui, c'est normal que vous vous posiez tous des milliards de questions à présent je m'en pose beaucoup également.
