Me laisse pas

-Chapitre III-

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Yuy

Bêta de lumière : Lysanea

Genre : yaoi, romance.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Ziva Waliti, Jack Russel, Romuald, le majordome de Quatre et Yuki.

Pairing : 1x2 ; 3x4

Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, (le majordome et Romuald).

Résumé : Tout va pour le mieux pour Trowa et Quatre. Ils se sont retrouvés. Heero et Duo pourraient filer le parfait amour si ce dernier y mettait encore un peu du sien... Est-ce si facile d'accepter pleinement le bonheur véritable dans sa vie lorsque l'on est habitué à souffrir seul et en silence ? Ils sont plus d'un à décider que oui...

Note en bas de page.

Lime

A Ly-chan et à tous les lecteurs.

Bon et agréable moment à toutes et à tous !


Deux semaines plus tard,

Quelque part sur l'autoroute...

- Je n'ai jamais dit que tu me faisais « chier », pour reprendre ton expression. Je dis simplement qu'ils auraient peut-être préféré rentrer seuls.

Heero est au volant de son Audi© noir et tente encore de le faire changer d'avis, mais Duo ne voit pas du tout les choses comme lui.

- Ça fait trois semaines, 'ro ! J'estime qu'ils se sont assez vus et que j'ai le droit de voir mon Quatquat'.

Duo est tranquillement installé côté passager, les pieds sur le tableau de bord et les mains derrière la tête.

Heero et lui ne se sont plus quittés depuis leur retour de Russie, un miracle !

- Hn.

- Et puis quoi ? On n'a eu que trois missions depuis qu'on est rentré de vacances, soit depuis cinq semaines, profitons-en ! Ça n'va pas durer ! laisse-t-il échapper.

Heero saisit l'occasion, une fois encore.

- Je souhaite que l'on discute de notre vie professionnelle et privée, puisqu'elles sont liées.

- Je ne vois pas ce qu'il y a à en dire. Mission ou pas mission, telle est la question !

Mais Heero est loin de partager son sens de l'humour, en tout cas sur ce point.

- Moi, j'y ai réfléchi et je pense qu'un changement s'impose. Il est évident que tu vis très mal ma position au sein des Preventers et que...

- Woh woh woh ! C'est quoi ce plan, 'ro ? ! l'interrompt-il. Arrête tout de suite de me foutre ça sur le dos, c'est clair ?

Duo se redresse et ôte ses pieds du tableau de bord. Heero est comme d'habitude : très calme, maître de lui. Il sait que c'est la dernière étape à passer pour Duo et il est heureux que Quatre soit là pour l'aider et l'appuyer.

- Tu ne peux tout de même pas nier que...

- Je ne nie rien du tout ! hausse-t-il le ton.

Depuis plus de cinq semaines, Duo a menti trois fois. Il nie, élude, évite, change de conversation ou la fuit carrément.

- Ce que je ne supporte pas, c'est que tu me prennes pour une gonzesse ! finit-il par l'accuser.

Heero lève et fronce à la fois ses sourcils, comme lui seul sait le faire, avant de donner un brusque coup de volant et de se ranger sur la bande d'arrêt d'urgence, faisant klaxonner quelques automobilistes surpris et furieux mais hors de danger.

Duo aussi ne s'y attendait pas du tout, même s'il sait déjà qu'il a dépassé les limites d'Heero, et les siennes en lui mentant effrontément.

Il n'en mène vraiment pas large et n'ose le regarder.

- Shit ! se murmure-t-il à lui-même, la main sur le front.

Heero déboucle sa ceinture et se tourne vers lui afin de rapprocher son visage du sien au maximum ; sauf que Duo préfère observer le paysage de sa fenêtre.

- Regarde-moi.

- ...

- Je t'interdis de me fuir.

Sa voix basse presque rauque, son aura, son regard qu'il sent sur lui, sa façon qu'il a de le deviner et dans ces moments-là de le commander... Duo ne peut résister plus.

Il bouge un peu sur son siège, mal à l'aise, avant de pivoter vers lui, sans le regarder dans les yeux toutefois.

- Je suis en colère pour deux raisons, reprend Heero tout en l'obligeant à le regarder, deux doigts sous son menton. Et tu vas devoir répondre de tes actes, de tes dires et de tes non-dits. D'une, je ne te prends pas pour une « gonzesse » mais je désire ardemment connaître la raison de cette soudaine et inattendue accusation. Et de deux, tu nous empêches pour la troisième fois en cinq semaines de discuter paisiblement de notre situation, en créant une diversion verbale tout à fait déplaisante, sans compter que tu viens de mentir sans vergogne. Je t'écoute.

Duo est coincé dans cette voiture et se retrouve à deux centimètres d'une force de la nature.

Il ne peut plus quitter son regard bleu nuit et il sait, oh ! combien Heero peut lire dans le sien à quel point il redoute ce moment.

Finalement, après avoir respiré un bon coup, Duo répond :

- Sorry, my love, je me suis emporté et mes mots ont dépassé ma pensée. Vas-y, si tu veux parler de notre travail, je t'écoute, se résigne-t-il, se montrant peu coopératif et fuyant.

Heero soupire, puis lui lâche le menton avant de retourner à sa place et de poser les mains sur le volant.

- Tu ne réponds à aucune de mes questions et je déteste ça.

- 'ro... s'inquiète Duo en lui caressant la joue du bout des doigts. Je suis désolé...

- Je ne t'ai pas laissé le choix par le passé, lui dit-il en apposant sa main sur la sienne. Je ne te laisse plus le choix pour ce blocage non plus, le prévient Heero d'un regard presque froid qui dit tout de sa détermination.

Duo le regarde toujours, les yeux brillants de larmes contenues mais se garde bien de répondre quoi que ce soit. Il se sait déjà vaincu et qu'il n'a jusqu'à présent réussi qu'à repousser l'inévitable.

Heero embrasse tendrement le creux de sa main, puis se détourne, afin de reprendre la route et d'arriver à bon port.

Duo se rassoit correctement à son tour ; il ne dira plus un mot et demeurera plongé dans l'angoisse de ce futur affrontement jusqu'à leur arrivée.

A l'aéroport privé des Winner...

Le jet privé de Quatre vient d'atterrir et à peine a-t-il posé un pied sur le tarmac qu'il ressent des vibrations de peur et de tristesse, mêlées à d'autres de colère, de désir et de détermination.

Aucun doute ne lui est possible.

- Duo et Heero sont ici, annonce-t-il à Trowa, alors même que ni l'un, ni l'autre ne peut encore les apercevoir.

- Il n'était pas prévu qu'ils viennent nous chercher, mais je n'en suis pas étonné. Quelque chose de grave ?

- Je ne sais pas trop, grimace légèrement Quatre. D'après ce que je ressens d'Heero, je te répondrai que non, il envoie surtout des signaux de frustration. Mais Duo ne va pas bien.

Trowa et lui traversent la piste d'un pas modéré, main dans la main.

- Hum. Ce qui implique qu'ils n'ont toujours pas fait le point.

- Oui et Duo m'attend avec impatience ; il pense lui échapper ainsi.

- Hum. Dans ce cas, que dirais-tu de faire « voiture à part », mon ange ?

Quatre s'arrête et Trowa en fait autant.

- Ça ne te dérange pas, vraiment ?

- Non, sauf si tu ne m'embrasses pas avant.

Quatre lui sourit avant de se pendre à son cou et de le gratifier d'un long et langoureux baiser.

Plusieurs dizaines de mètres les séparent encore, mais de là où ils se situent, Heero et Duo peuvent clairement voir leurs silhouettes.

Duo est sincèrement heureux pour son meilleur ami et sourit tendrement à les voir comme « sains et saufs » tous les deux, qu'il n'y ait plus aucun nuage dans leur vie ; pas comme lui. Mais il n'a pas le temps de se sentir isolé ou seul qu'Heero le prend dans ses bras et lui dépose de doux baisers sur la nuque.

Frissonnant et rassuré par cette chaleur et cet amour inconditionnel, Duo se laisse aller à cette étreinte bienvenue en nichant plus sûrement encore son visage dans son cou.

- 'love you, 'ro, murmure-t-il contre sa peau. Si tu savais combien je suis... mhm ? !

La surprise ne dure qu'une seconde que déjà il participe au baiser.

Heero cherche toujours à l'apaiser de toutes les façons possibles, et l'embrasser en fait toujours partie ; faire l'amour aussi. Au-delà du fait qu'ils s'aiment et ont sans cesse envie l'un de l'autre, Duo a besoin de ces étreintes-là pour dépasser ses malaises.

- Justement, je ne sais pas jusqu'où tu plonges durant tes crises d'anxiété et tu refuses de m'en parler.

Duo reste muet. Il hoche la tête sans dire ni oui ni non, tout en réajustant le col de la chemise blanche d'Heero, pourtant parfaitement positionnée et repassée, les trois premiers boutons ouverts.

- Tenshi, je t'en prie, ouvre-toi pour moi. Libère-toi de cette tension permanente.

Duo a envie de pleurer : comment peut-il dire « ça » dans pareille situation ? !

- Garde-moi juste dans tes bras. Je n'ai besoin que de toi, mon amour, de rien d'autre.

- Je n'ai pas l'intention de lâcher prise.

Encore une parole à double sens, que Duo « entend » et comprend nettement.

Ce qu'Heero entend, lui, ce sont les pas feutrés de Trowa et de Quatre.

Ils se séparent et vont à leur rencontre. Ils se saluent chaleureusement avant que Trowa ne leurs propose de rentrer à deux voitures.

- It's great ! se ravit Duo, soulagé de pouvoir s'entretenir avec Quatre seul à seul aussi rapidement.

Quatre lui sourit avant de se tourner vers Heero.

- Duo et moi seront conduits par mon chauffeur, on aura le temps de discuter.

- Vous allez directement au manoir ? s'intéresse Heero.

- Oui, vu nos valises et nos cadeaux souvenirs pour vous et les membres du cirque, je crains que notre caravane ne plie sous le poids ! sourit plus largement Quatre, conscient de l'effet qu'il vient de produire.

Et Duo ne tarde pas à rebondir.

- Mwah ! Mon Quatquat' ! « Notre caravane », se moque gentiment Duo. Mais dites-moi, très cher, Trowa et vous partagez le même tabouret pour prendre votre dîner ?

Là-dessus, Duo explose de rire, suivit de près par Quatre, qui arrive tout de même à articuler :

- Ce n'est pas... nécessaire...

- Et pourquoi ? rit-il encore.

- Pour la simple raison que Trowa et moi nous suffisons l'un à l'autre.

Duo cesse de rire, à l'instar de Quatre un peu plus tôt, tout sourire et les yeux pétillants.

- Tu, tu veux dire que vous... sautez vos repas ? Aaaaaaaaaaaah !

Duo n'en peut plus de rire autant. Et même si Quatre l'a accompagné dans son hilarité, une lueur de tristesse traverse son regard ; il sent à quel point son ami est mal et cherche à le dissimuler sous cette apparente légèreté d'être. Son humour et son enthousiasme à les revoir sont sincères, mais Duo ne peut plus leur cacher le dernier point noir de sa vie ; ni à Heero, ni à Trowa, ni à Quatre.

- T'as pas bientôt fini ? lui demande ce dernier.

Un Quatre épanoui et resplendissant de lumière qui lui sourit et l'entraîne vers sa limousine.

- Ah ! sacré Quatquat' ! se calme finalement Duo.

- Tu t'es pas vu !

Un peu en retrait, Trowa et Heero, le sourire aux lèvres, posent sur eux un regard protecteur et profondément amoureux ; non sans une note de contrariété pour Heero.

Les laissant à leurs retrouvailles, ils se chargent de quelques bagages puis se dirigent vers l'Audi©.

- Ça va, vous deux ? demande Trowa, jugeant qu'ils se trouvent à bonne distance de l'ouïe fine de Duo.

- Notre mission en Afghanistan, c'était du gâteau à côté de lui.

Trowa se permet de sourire en coin.

- Duo déteint sur toi : tu exagères.

Heero sourit à son tour, mais reste très sérieux.

- On vient encore de se disputer, sur la route.

Ils déposent leurs chargements dans le coffre et à l'arrière de la voiture.

- Ton assignation niveau cinq, devine Trowa sans effort.

- Hn. Il refuse d'aborder le sujet, alors en parler…

- Hey !

Ils se retournent d'un même mouvement pour voir Duo courir vers eux, enfin vers Heero.

Alors qu'il arrive à sa hauteur, il ne ralentit pas sa course et se jette dans ses bras.

- Tu n'allais quand même pas partir sans me dire au revoir ?

- Iee, tenshi.

Sur ce, Duo l'embrasse langoureusement et ne semble pas vouloir s'arrêter. Heero ne refuse jamais ses baisers. Quel que soit soit le lieu où ils se trouvent et les gens autour. Jamais.

Quatre arrive enfin, d'un pas bien plus modéré et se blottit tendrement contre son homme avant de l'embrasser à son tour.

- Tu pourrais lui faire faire un détour ? souffle-t-il à son oreille.

- C'est prévu, répond Trowa sur le même ton.

Quatre sourit, sa bouche toujours contre son oreille, puis lui mordille le lobe avant de lui donner un coup de langue qui va tout précipiter.

- Mhm ! Je t'aime...

Trowa le colle soudain contre la voiture et l'embrasse furieusement. Quatre ne peut que suivre le rythme s'en voulant presque de son geste, tant il regrette de n'être pas seul à seul.

Heero et Duo sourient puis se détournent, respectueux de leur intimité.

Au bout d'un petit moment :

- Euh… je vous signale tout de même que vous revenez de vacances plus que torrides et que vous êtes sur le parking, leur rappelle Duo, de dos. Et accessoirement, nous sommes là.

Trowa semble reprendre conscience de ce qui les entoure et rompt leur échange. Quatre a les lèvres ravagées, le souffle irrégulier et les jambes flageolantes. Trowa est fier de lui : il a pu immédiatement se venger de la provocation de son amant.

- Quelque chose à ajouter ? murmure-t-il, alors qu'il lui caresse la hanche et presse savamment son bassin contre le sien.

- Non... halète-t-il encore. Si... heureusement, que nous faisons « voiture à part »... finalement !

- Ça reste à voir, sourit-il, coquin. Allez, en route !

Quatre fait appel à toute sa maîtrise pour revenir à un état émotionnel et physique « normal ». Il y arrive rapidement, grâce, notamment, à Duo qui ne manque pas de le faire rire.

Sur la route menant au cirque...

- De « gonzesse » ? ! s'étonne Trowa suite à ce que vient de lui rapporter Heero.

- Hn.

Heero file à vive allure. Sa vitesse moyenne lorsqu'il est en mission, mais un peu démesurée lorsqu'il est au « repos ». Tandis que Trowa l'écoute, absolument pas effrayé par sa conduite ; il a été son coéquipier plus d'une fois en temps de guerre et en tant que Preventer, il sait à quoi s'en tenir. De plus, il ne conduit pas moins vite, en mission, et aime se faire des circuits en moto tard le soir et la nuit, enfin, à l'époque où Quatre et lui ne vivaient pas ensemble.

- Je crois avoir compris ce qu'il entend par là, reprend Heero.

- Avant, sort à droite.

- Nous n'allons pas au manoir ?

- Si, mais nous faisons un détour par le cirque.

- Un détour, constate Heero.

- Hum. Quatre ne demande que quelques minutes, pas plus. Il souhaite seulement l'aider à s'ouvrir avec toi et ce dans les plus bref délais. Il n'arrête pas de me dire que c'est urgent.

- Hn. Je suis de son avis.

- Que penses-tu donc avoir compris ? reprend Trowa, alors qu'ils sont déjà presque arrivés.

- Par « gonzesse », il entend « faiblesse ». Il a l'air persuadé que je le prends pour un être faible en plus d'être vulnérable, qu'il n'est plus capable d'endurer quoi que ce soit de pénible ou d'éprouvant, que cela soit en mission ou dans notre vie privée.

- Soit heureux de savoir lire en lui comme dans un livre ouvert. Il y a peu, tu n'en étais pas capable, pas à ce point-là.

- Hn.

- Ensuite, ce que pense Duo n'est pas faux. Mais ce n'est pas non plus une mauvaise chose ou un reproche, ajoute-t-il rapidement suite au regard noir d'Heero.

- Qu'essayes-tu de me dire ? Duo est un soldat d'élite, dépression ou pas, il n'en reste pas moins le Shinigami.

- Nous le savons tous et personne ne prétend le contraire. Seulement, Duo sait pertinemment où il en est, aujourd'hui, et il vit dans le paradoxe de te le cacher tout en ayant le fort désir de se donner corps et âme dans votre relation.

Heero garde le silence quelques minutes. Trowa le respecte, il sait qu'Heero analyse cette nouvelle information.

Ils ont le temps d'arriver au cirque, de se garer et de descendre du véhicule avant qu'Heero ne reprenne la parole.

- Je dois lui prouver que ma confiance en lui est totale.

- Je crois surtout qu'il a besoin d'une vision claire et précise de votre situation. Vous vous aimez, certes, mais rien ne s'est décidé, rien n'est clairement établi entre vous. Il doit avoir l'impression d'être testé en permanence pour que votre couple dure et survive à ses angoisses. Ajoute à cela que ton rythme de vie, danger de mort compris, reste inchangé.

Heero médite une nouvelle fois, mains dans les poches de son pantalon noir, cheveux au vent.

- Il est persuadé que mon travail passe avant lui, avant nous, reprend-il. C'est pour cette raison qu'il refuse d'en parler. Il a peur que je choisisse l'adrénaline de mes missions plutôt que le confort et le « calme » apparent d'une vie de couple.

- Il te l'a souvent dit : il ne veut pas te perdre et quoi que tu fasses, il te suivra.

- D'où le paradoxe.

- Hum. Là où tu vas, ce que tu fais, c'est précisément là où il est quasi sûr de te perdre, et de la pire manière qui soit, puisque définitive.

Heero s'adosse contre la voiture, puis lui demande après un court silence :

- Tu en as pour longtemps ?

Trowa jette un œil à sa caravane puis se tourne à nouveau vers lui.

- J'ai fini.

Heero sourit en coin avant de lui lancer les clefs de son petit bolide.

- A ton tour de conduire.

Entendez : « à ton tour de te confier. »

Trowa arbore le même air qu'Heero et prend le volant.

Et vu ce qu'indique le compteur de vitesse, ils y seront très vite.

Quelques petites minutes plus tôt...

Quatre sent bien que Duo est sur ses gardes. Il va devoir s'y prendre habilement pour l'amener à confier ses craintes ; s'il y parvient.

Il commence donc par lui raconter en détail ses vacances avec son Trowa. Ce qui lui prend bien toute la durée de leur trajet jusqu'au manoir ; son chauffeur n'a pas risqué d'être flashé.

- Nous sommes arrivés, M. Winner.

- Merci, Romuald.

Ils descendent de la limousine puis pénètrent la demeure où les accueille le majordome. Quatre prend ensuite quelques minutes pour faire le point avec lui.

- Duo et moi serons au salon vert. Trowa et Heero ne devraient plus tarder, faites-les entrer par la porte sud.

- Bien, Monsieur.

Il ne lui est pas nécessaire de demander des boissons chaudes avec des petits gâteaux, ni même d'allumer un feu dans la cheminée lorsqu'il fait froid... tout ceci se fait automatiquement.

Ainsi, ils sont assurés de voir apparaître, comme par magie, deux tasses de thé fumantes, accompagnées de délicieuses sucreries dont Duo raffole particulièrement.

- Mhmmm ! C'est trop bon ! se régale Duo. Comment j'ai fait pour survivre sans ces petites merveilles ? Pâte d'amande de qualité supérieure parfumée à la fleur d'oranger entourée d'amandes effilées. C'est tout simplement extraordinaire ! Mhmmm ! Dis, y aurait pas de l'alcool de rose là-dedans ?

Quatre sourit, très amusé par sa gourmandise. Duo en déguste encore quelques unes avant de s'arrêter, soucieux d'en laisser aux autres.

- Heero va adorer ! Il n'est pas très sucreries, mais il sait apprécier les bonnes choses.

Quatre sourit avant de tremper délicatement ses lèvres dans son thé, afin d'en tester la température. Il prend ensuite le temps de reposer sa tasse sur sa soucoupe dans un délicat tintement de porcelaine, avant de repousser le tout sur la table basse.

- J'en suis sûr. Surtout à même tes lèvres, lui sourit-il.

Duo lui sourit en retour, mais n'ajoute rien.

- Si j'ai bien compris, vous avez eu trois missions depuis votre retour de Russie ? reprend Quatre.

- Ouais ! Enfin, quatre, mais elle compte pas, celle-là, c'était du niveau trois.

- Les autres étaient de niveau quatre, si je comprends bien. Cela s'est bien passé ?

- Moui, confirme-t-il de nouveau, un dernier morceau de gâteau dans sa bouche ; il n'a pas pu résister.

- J'imagine donc que tu t'apprêtes à le lui demander.

- Demander... quoi ? demande-t-il en terminant d'avaler sa délicieuse pâtisserie. À qui ?

- Ton vœu premier est de vivre loin des conflits et de la guerre, non ?

- Mon vœu premier est de vivre près d'Heero ; avec lui, c'est du grand luxe.

Quatre avance doucement mais sûrement. Duo est de nouveau sur ses gardes et cela ne le rend pas très aimable.

Surtout, il est tellement concentré sur ce que Quatre va lui dire et ce qu'il doit répondre, qu'il ne sent pas la présence, toute récente et discrète, d'Heero et de Trowa derrière l'une des trois portes entrouvertes ; la porte sud.

Le manoir est si entretenu qu'aucune porte ne grince. Et les tapis qui recouvrent le centre des allées rendent le bruit des pas peu perceptible, surtout lorsque l'on est occupé à discuter et éventuellement à mastiquer.

Mais Quatre, si ; il sent et sait qui se trouve derrière cette porte et qu'à partir de maintenant, il met son amitié avec Duo en jeu.

De plus, Duo est assis de façon à tourner le dos à cette porte, celle derrière laquelle se tiennent les nouveaux venus.

Quatre a une vue d'ensemble, mais ne fait pas l'erreur de regarder dans leur direction.

De leur côté, Trowa empêche Heero d'entrer, une main sur l'épaule et d'un regard, lui demande d'observer et d'écouter ce qui va suivre. Il a tout de suite compris ce que son empathe de compagnon a derrière la tête.

Heero hésite un court instant, puis se décide à agir d'une façon qui déplaira forcément à son amant. Seulement, il est déterminé à en finir avec son refus de communiquer sur ce dernier point.

- Oui, j'entends bien, sourit Quatre, conscient que leur discussion est déjà sursitaire. Trowa n'est plus un membre actif depuis peu. Il n'intervient plus qu'en cas d'alerte six et auquel cas, nous serions tous sur le front.

- Bien sûr ! affirme-t-il avec aplomb. C'est bien, concède-t-il ensuite, prudent. Ça vous permet de faire des projets.

Duo baisse son regard sur ses mains, triste.

- Je sens une tension entre vous deux. Tu veux m'en parler ? reprend Quatre.

- Oui, je voulais aussi te voir pour ça. Si tu pouvais, s'il te plaît, dire à Heero que je vais bien, ça m'arrangerait !

- Si c'était réellement le cas, je n'aurais pas besoin de le lui assurer et de plus, tu ne me demanderais pas de lui mentir.

- Quat', je te le demande comme un service…

- Je ne te rendrai pas service en agissant contre toi, mon Dodo. Ça ne te ressemble pas d'agir ainsi.

- Tu ne m'aideras donc pas ? lui demande-t-il, un peu triste et surtout déçu.

Quatre doit faire abstraction de ce qui émane de son « frère », s'il veut l'aider au mieux.

- Duo, je crois que le « bon moment » est arrivé.

Duo se rembrunit soudainement et semble sur le point de se fermer comme une huître à qui l'on tenterait de voler sa perle. Il sait parfaitement ce que Quatre entend par « bon moment ».

- Combien de temps vas-tu nier votre réalité de...

Mu par son instinct de survie, Duo se lève et sort ses griffes.

- Mais c'est pas vrai ? ! Vous vous êtes passé le mot ou quoi ? ! !

- Mon Dodo, calme-toi.

- Je n'ai pas l'intention de te faire la moindre révélation, Quat' ! Pour la simple raison que je n'ai rien à te dire !

- A moi, certes pas, mais à Heero, si.

Duo serre les poings, le regard combatif.

- Il t'a demandé de me parler, c'est ça ?

- Absolument pas. Ce n'est pas son genre.

- Je sais, admet Duo. C'est le tien !

- Tu sais au fond de toi que ça ne peut plus durer. Tu en as marre de détruire et de tuer. Tu veux construire, reconstruire, bâtir... Tu te souviens des rêves que tu me confiais, à l'époque ?

- Evidemment ! J'ai peut-être changé mais je ne suis pas devenu amnésique !

- Duo, tu as fait le plus dur, non ? Tu lui as avoué tes sentiments à son égard et vous avez parlé de ton « projet » de suicide. Je ne comprends pas ce qui t'empêche de lui dire que ses missions te rendent malade.

Duo le jauge un instant avant de desserrer les poings et de se rasseoir ; après tout, il parle avec son meilleur ami, son frère d'âme.

Heero n'en saura rien.

- Ça paraît évident, Quat', soupire-t-il, las.

- Quoi donc ? se réjouit-il intérieurement.

- « Heero Yuy, the perfect soldier » : ça te dit quelque chose ?

Heero, qui se sent comme muselé, serre les poings à son tour. Il a vu juste, certes, mais il n'est pas satisfait pour autant.

- Le contexte politique a changé, je pense que...

- Foutaises ! le coupe-t-il. C'est toute sa vie, Quat'. C'est le meilleur et je l'aime. Tu me vois lui demander de renoncer à ce qui lui a toujours donné une raison de vivre ? Non, répond-il à sa place. S'il doit y avoir un changement, ça serait à moi de faire un effort.

- Qu'entends-tu par « faire un effort » ? s'inquiète son ami.

- Je vais demander à repasser au niveau cinq.

- Mais enfin, Duo, tu es déjà épuisé par celles de niveau quatre ! Nous savons tous que tu en es largement capable, là n'est pas la question, mais Heero ne...

- Je ne te demande pas ton avis, Quatre ! le coupe-t-il encore. S'il te plaît, respecte ma décision.

Quatre garde le silence quelques secondes, son visage et son regard exprimant tout son étonnement et sa véritable inquiétude quant au chemin que son ami semble prendre.

- Je t'en prie, Duo, amorce la discussion avec lui. Tu sais qu'il va te coincer tôt ou tard.

- Je sais, mais tant que je peux reculer l'échéance, je le ferai.

- Pourquoi ? Pardonne-moi, mais c'est inutile !

- Parce qu'à ce moment-là, je n'aurais plus le choix que de tout lui dire, parce qu'il a une putain de technique pour m'interroger et que je lui ai fait des promesses. Seulement, il y en a une que je ne pourrais pas tenir s'il venait à disparaître et ça, il ne supportera pas de l'entendre.

- Je vois, soupire Quatre qui ressent pleinement les émotions d'Heero. Enfin, dans tous les cas de figure, tu es coincé, mon Dodo.

- Dans tous les cas de figure, il me quittera lorsqu'il s'apercevra qu'indirectement, je lui demande de choisir entre ses missions ou moi.

- Et tu doutes vraiment de sa réponse ? s'étonne tout de même Quatre. Tu n'es pas sérieux ?

- J'ai confiance en lui, mais lui... c'est lui. Il est tout ce qu'il y a de plus fiable. Moi, il m'a vu faible, abattu, en larmes et complètement à bout. Franchement Quatre, il doit se dire que j'étais bien avant mais qu'aujourd'hui, son Duo n'est plus qu'un souvenir.

Heero tremble de colère et bout littéralement derrière la lourde porte en bois, aussi sombre qu'est la couleur de ses yeux en cet instant. Quatre ressent son humeur et sa douleur. Il décide donc qu'il en a suffisamment entendu et que de toute façon, lui-même ne pourra en soutenir d'avantage.

- Ils ne vont pas tarder à entrer.

« Entrer » pas « arriver ». Quatre veille à ne pas lui mentir. Il tient à mettre toutes les chances de son côté, lorsque Duo s'apercevra du stratagème.

Duo se lève et attrape sa tasse avant d'en boire quelques gorgées, dans le but de se redonner contenance.

- T'as gagné, je me suis confié, mais pas un mot, Quatre. Pas même sur l'oreiller.

- Cela ne sera pas nécessaire. Je veux juste que tu saches que ce que je fais pour toi, je le fais avec mon cœur et parce que je t'aime comme un frère.

- Oui, je te crois.

Duo est soupçonneux et c'est pire lorsque Quatre se rapproche et lui prend les mains entre les siennes.

- Promets-moi de ne pas trop m'en vouloir et de ne pas y voir un acte de trahison.

- Oula ! Tu délires, Quatquat' ! Y avait quoi dans ton thé ?

- Une bonne dose d'amitié et d'inquiétude. Je refuse de te perdre, Duo.

Duo prend peur.

- Qu'as-tu l'intention de faire au juste ? En parler à Heero ?

- Non, je te l'ai dit, je n'en ai pas besoin. Il est là... depuis tout à l'heure.

Duo retire vivement ses mains d'entre les siennes et recule d'un pas.

- What ? C'est du délire, il n'est pas transparent à ce que je sache ! T'as placé un mouchard ?

- Non, mon ange.

Heero a poussé la porte et s'avance vers lui.

Le cœur de Duo rate un battement, avant de voir son rythme cardiaque s'accélérer douloureusement.

Dans le même temps, il se retourne, le regard brouillé et la respiration difficile, avant de reculer au fur et à mesure qu'Heero se rapproche de lui.

- Comment as-tu pu être complice de ça ? pleure-t-il de peur et de colère, se rendant de plus en plus compte des mots qu'il a prononcé.

Il ne voulait pas lui en parler, il ne le voulait pas !

Comme un animal trahi par l'homme, Duo refuse la main tendue par Heero et fait tout pour garder une certaine distance entre eux deux.

- Duo… tente Quatre.

- T'approche pas ! D'abord Wufeï, ensuite toi... Mais... c'est quoi votre problème au juste ? Hein ?... MAIS MERDE A LA FIN ! ! !

Trowa est déjà auprès de Quatre, qui frémit sous sa colère, et l'entraîne vers la sortie.

- Trowa, attend !

- Non, mon cœur, c'est entre eux. Tu ne peux plus rien, si ce n'est leur garantir de ne pas être dérangés.

Quatre est en larmes ; il ressent trop puissamment la détresse et la tristesse de Duo.

Il finit par suivre son amant et donne des consignes pour que personne ne pénètre dans le salon vert, à moins d'être appelé par ses occupants.

Trowa l'entraine ensuite dans l'aile opposée et le garde dans ses bras tout le temps nécessaire à ce qu'il retrouve un semblant de contrôle sur son organisme et ses émotions ; ce qui, dans ses bras et loin du salon vert, devrait lui être plus aisé.

Dans le salon, Heero fait toujours face à Duo.

- J'aurais préféré que tu l'apprennes... autrement, reprend difficilement Duo, mentant à moitié.

- C'est-à-dire jamais, si j'ai bien tout suivi.

- J'ai besoin de prendre l'air, seul. Laisse-moi sortir, s'il te plaît.

- Tu as besoin d'entendre certaines choses.

Duo ne répond rien, acculé contre l'un des murs verts, son regard ancré à celui d'Heero. Ce dernier cesse soudain d'avancer et lui tend la main à nouveau.

- Tu n'iras nulle part et c'est la dernière fois que tu me mens.

Un violent frisson traverse Duo.

- Je…

Les larmes de Duo redoublent, tandis qu'il se mord la lèvre inférieure, coupable.

Au bout de quelques secondes, il s'essuie doucement les joues avant de rejoindre enfin son amant, ami et frère d'armes.

Heero l'entoure de ses bras, aux creux desquels Duo se blottit sans se détendre vraiment. Fatigué et las, il pose sa tête sur son épaule et niche son visage dans son cou, tandis qu'Heero lui caresse les cheveux avant de le porter jusqu'au canapé.

Une fois Heero assis, Duo se cramponne à lui : bras autour du cou et jambes enserrant sa taille.

Seules quelques larmes résistent encore, mais son appréhension, elle, est tout aussi vive.

- Tu te sens trahi, j'ai tout gâché, affirme Duo.

- Iee. Je ne supporte pas de te savoir mal. Ecoute...

Il tente de s'écarter, juste de quoi voir son visage, mais Duo s'y refuse.

- Non ! Je n'ai pas peur de mourir, tu sais... J'ai juste peur de te perdre, alors laisse-moi faire ces missions avec toi, s'il te plaît.

- Mon ange, regarde-moi.

- Non !

Duo est affolé et raffermit sa prise.

Mais c'est inutile.

Heero le serre un peu plus fort contre lui et change alors de position : Duo se retrouve à moitié allongé sur le canapé, confortablement adossé contre un oreiller, Heero au-dessus de lui.

A présent, il peut voir son visage.

- Ma vie n'a qu'un seul sens : toi, lui dit-il très calmement, avec amour et détermination.

Il lui caresse le visage et les lèvres du bout des doigts avant de l'embrasser plusieurs fois, chastement ; presque par effleurement.

- Tu n'as rien à me prouver, glisse-t-il ensuite sur ses lèvres, et je ne t'ai jamais considéré comme une « gonzesse ».

Heero peine à dire ce mot tant il le déteste ; surtout lorsqu'il doit l'associer à Duo.

- Pardon, je ne...

- Chuuut, lui intime-t-il, un doigt sur ses lèvres. Je parle, tu écoutes. Mais avant, nous avons besoin de ça, souffle-t-il avant de l'embrasser langoureusement.

Un baiser qui se veut simple, apaisant et doux mais sans se départir d'une touche d'intensité propre à Heero, propre à Duo, propre à l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, mais pas seulement ; pour la vie aussi.

Lorsqu'ils se séparent, juste un peu, juste un instant, Duo a retrouvé un peu de son regard clair, pétillant et confiant, son visage est plus détendu et sans s'en rendre compte, l'une de ses jambes est remontée le long de celle d'Heero jusqu'à se stabiliser sur sa hanche.

Après plusieurs minutes de ce traitement, Heero rompt à nouveau leur échange, mais ne s'écarte que de quelques centimètres de son visage.

Reprenant ses caresses sur sa joue et ses cheveux, il délivre enfin son aimé d'un lourd fardeau.

- Je m'en veux de t'avoir laissé dans cet état tant de mois et plus sûrement encore, d'années ?

Duo hoche négativement la tête, mais pour répondre quoi : non, ne t'en veux pas ou non, des mois mais pas des années ?

Heero penche plutôt pour la première hypothèse.

- Il est impératif que tout sorte. Tout de suite. Tu es bien ici ou tu préfères être dans l'une des chambres d'amis ?

C'est à peine s'il peut entendre le « non, non » de Duo qu'il devine plus qu'autre chose, tant son murmure est proche de l'inaudible.

- Bien. Je vais commencer par relever ce que tu m'as dit tout à l'heure, à savoir, que je te prends pour une...

Duo lui plaque vivement sa main sur sa bouche, lui demandant du regard de ne plus jamais prononcer ce mot ; il le regrette déjà bien assez, il ne veut plus l'entendre.

En réponse, Heero lui embrasse le bout des doigts. Duo ôte sa main, impuissant quand à ce qu'Heero va « faire de lui »...

- C'est faux et tu le sais, reprend Heero. Je te sais, te vois et te sens vulnérable, c'est un fait. Mais ceci est provisoire et c'est uniquement par rapport à moi. Tu as toujours été celui que j'ai connu en mission. Tu es le seul, avec Trowa, Wufeï et Quatre avec qui je puisse réellement travailler sans me soucier de savoir si vous vous en sortirez ou non. Tu es un soldat d'élite, Duo. Je n'en ai jamais douté et mon regard de militaire sur toi n'a jamais changé. Tu n'as rien à me prouver et encore moins en risquant ta vie dans des missions de niveau cinq. Je désire ardemment que tu entendes ceci, que tu me crois.

Duo lui sourit faiblement et hoche à nouveau la tête, positivement cette fois. Heero peut alors continuer.

- Quelques mois avant ton arrivée, Wufeï avait déjà commencé l'entraînement de ses recrues. Nous en discutions souvent et à l'époque, j'étais l'un des rares à pouvoir garantir la réussite des missions de ce niveau. Depuis quatre mois, c'est différent. Wufeï les a bien préparées et à condition qu'elles travaillent en équipe, elles peuvent prétendre réussir sans trop de dommages. Seulement, il y a quatre mois, nous n'étions pas ensemble et je fonçais tête baissée dans mon travail ; tu me connais.

Duo essaye vraiment de lui sourire, mais il n'y arrive pas.

- Après notre séjour en Russie et tout ce qui en a découlé, j'ai sérieusement réfléchi à notre nouvelle vie à tous les deux. Il s'est passé et dit beaucoup de choses et je t'avoue en avoir été un peu déstabilisé. Ta peur et ton angoisse, irraisonnées à mes yeux, de me perdre... J'ai mis du temps à comprendre et intégrer ces notions.

Duo détourne le regard.

Heero lui demande de revenir vers lui, d'une simple pression sur sa joue, ce que Duo ne peut que lui accorder ; il n'a de toute façon pas le choix.

- Je pensais avoir le temps de modifier mon emploi du temps. Ce n'est apparemment pas le cas. « The perfect soldier » ne réapparaîtra plus que dans le cadre de menaces impliquant toutes les nations terrestres et les colonies. Dès demain, nous irons voir Russel afin de changer notre statut ; qu'en dis-tu ?

C'est à peine si Duo prend le temps de la réflexion, il a déjà son idée sur la question.

- J'en dis que tu ne tiendras pas longtemps. Je ne te suffirai pas, c'est évident !

Heero n'est pas content de sa réponse.

- Je n'ai pas à choisir entre des missions que d'autres que nous peuvent remplir et ta vie ! s'emporte-t-il avec ardeur.

- ...

Heero hausse rarement la voix et cela impressionne toujours plus ou moins Duo, pour ne parler que de lui. Ce n'est pas qu'il a peur, il lui a déjà tenu tête, c'est plutôt qu'il évite de jouer sur les mots dans ces cas-là.

- Tu es mon plus beau souvenir, reprend Heero. Mon plus bel avenir et un présent absolu. Alors s'il te plaît, cesse de penser et de parler à ma place, tu veux ?

Duo hoche la tête et pleure en silence ; une fois n'est pas coutume !

- J'ai très envie de te voir sourire, s'adoucit-il ensuite. Et pour tout te dire, j'ai hâte de ne plus parler.

Sa remarque obtient l'effet escompté : Duo rit, tout en pleurant un peu plus.

- Aurais-je omis un détail ? s'enquiert Heero, soucieux d'avoir fait le tour de son malaise une fois pour toute.

- Non, amour, je suis désolé et merci... et je t'aime ! sourit Duo, le visage rayonnant.

Il verse ses dernières larmes qui disparaissent bien vite sous les lèvres d'Heero.

- Je sais, moi aussi.

Heero frotte son nez sur celui de Duo puis l'embrasse, avant de nicher son visage dans son cou.

Il est autant rassuré que Duo. A partir de maintenant tout ne peut qu'aller...

… dans le meilleur des mondes...

… qui ne l'est pas...

… et ne le sera jamais...

- Beaucoup de soucis pour rien, souligne Heero.

- Oui.

- Tu me dis tout maintenant ? Tu arrêtes de te cacher ?

- Oui, j'arrête.

Duo l'entoure de ses bras et respire avidement son odeur tout autant qu'Heero s'enivre de la sienne.

Ils restent ainsi de longues minutes, jusqu'à ce que Duo brise le silence d'une voix douce et aérienne.

- J'en connais au moins un qui ne va pas être content ! se réjouit-il d'avance.

- Hn.

Heero s'en fout royalement.

- Russel va nous péter une durite, rit Duo.

Heero quitte paresseusement la douce chaleur de son cou pour le regarder, soudain illuminé par une brillante idée.

- Resto ?

Duo sourit amoureusement.

- Resto.

- Avec Quatre et Trowa ?

Il est impératif que Duo pardonne à Quatre et à son complice d'amant.

- ...

- Ceux grâce à qui notre vie prend une nouvelle direction plus tôt que prévu. Ceux qui m'ont permis de ne pas perdre de temps.

Duo ne peut que se rendre à l'évidence.

- Ok ! soupire-t-il tout de même. Mais c'était quand même pas honnête !

- Hn.

- Et tu étais de mèche ! lui reproche-t-il mollement.

- Hn.

- Vous avez été carrément hors limites !

- Hn. Tu remarqueras qu'il n'a pas menti, contrairement à toi.

- Pfff ! Ça me fait une belle jambe ! bougonne Duo, pas fier de lui.

- Je peux la voir, histoire de vérifier ?

- Même pas en rêve ! sourit Duo, joueur.

Heero se rapproche comme pour l'embrasser, mais s'arrête à un souffle de ses lèvres.

- Si tu savais de quoi sont faits mes rêves, ce n'est pas ta jambe que tu protègerais le plus, susurre-t-il, son regard ancré à celui de son ange.

Coup de chaud assuré pour Duo qui ne peut gémir son désir que dans la bouche de son « Perfect Lover ».

- Mhmmm... I want you, my love...

Duo ondule du bassin et bloque Heero contre lui de ses jambes.

- Je sens bien que tu en as envie et besoin, mais pas ici, tenshi.

- On est chez Quatre et Trowa. Tu sais, « nos amis » par qui on est pleinement heureux.

Heero rit doucement à le voir retourner la situation à son avantage.

Duo se repaît de ce spectacle, comme à chaque fois.

Il en oublie même de continuer ses provocations physiques. Au lieu de ça, il le regarde de ses yeux d'améthyste profond, un léger sourire sur son visage détendu et épanoui.

- T'es incroyable, reprend Heero.

- J'ai surtout de la chance ! le contre Duo à un souffle de son visage.

- J'en ai plus que toi.

- Non.

- Si.

- Non !

- Si et maintenant chante ! lui ordonne Heero avant de capturer ses lèvres et bien plus encore.

- Hein ? Mhmmm ? !

Duo ne met pas bien longtemps à comprendre ce qu'Heero entend par là...

Pendant ce temps, dans un autre salon aux teintes orangé...

- Oh ! sourit Quatre.

- Que se passe-t-il ? Tu viens de dire que les choses s'arrangeaient ?

- Oui, oui, elles s'arrangent, mon Trowa. Je parie que c'est Duo qui a commencé !

Trowa sourit à son tour.

- Et pourquoi lui ? Heero n'est pas mieux, même s'il aurait sans doute préféré attendre d'être chez eux.

- Parce que c'est vital, voilà pourquoi lui. Pour Duo, c'est une façon de quitter définitivement sa tristesse et de mettre K.O. ses vieux fantômes ; de tourner la page, en quelque sorte. Heero ne peut que le deviner et faire de lui un homme libéré et heureux.

- Est-ce que cela signifie que nous avons du temps devant nous ?

- Pourquoi ? Tu veux prendre rendez-vous ? le taquine Quatre.

- J'ai déjà pris tout l'agenda.

Ils se sourient avec tendresse avant de s'embrasser.

L'instant est si paisible, si rassurant ; il est si bon de se sentir aimé et en sécurité. Il est si agréable d'avoir quelqu'un à protéger et de savoir que l'on peut compter sur l'autre en cas de fatigue ou d'abattement. De savoir que son couple repose avant tout sur l'amitié, l'intégrité et la confiance. De se dire que quoiqu'il puisse arriver, quels que soient les aléas de la vie, le lien restera intact parce qu'invincible.

Mieux, il se renforcera avec le temps, encore et encore...

Une heure plus tard...

Heero et Duo ne sont qu'à moitié rhabillés, et ce grâce à Heero : boxer et pantalon noir pour les deux.

Duo s'est rallongé sur lui à deux doigts de faire une sieste. Sa main monte et descend sur les abdominaux parfaits d'Heero, tandis que ce dernier caresse son dos nu sous ses cheveux dénattés.

Le calme après la « tempête » !

- Dis 'ro ?

- Hn.

- Tu crois qu'on nous a entendus ? murmure-t-il, gêné.

- Tu étais loin de t'en soucier, il y a encore quelques minutes, remarque Heero le sourire en coin.

- Oui, mais j'ai... j'ai « chanté » fort ?

- Hn.

- Hn. quoi ? insiste-t-il en relevant son visage pour pouvoir, à défaut d'avoir une réponse audible claire, la lire dans ses yeux.

Heero sourit toujours, une lueur malicieuse éclairant son regard.

Duo rougit légèrement et se mord la lèvre.

- Je n'oserai plus jamais regarder son majordome en face ! décrète-t-il en cachant son visage dans son cou.

Heero les redresse soudain.

- Quoi ? s'étonne Duo.

- Quelqu'un arrive.

- C'est ton imagination 'ro, on n'entend rien avec leur foutu tapis ! J'en sais quelque chose !

Toc toc toc

Duo est vert.

Heero, indifférent, revêt sa chemise blanche, très peu froissée, puis ramasse celle de Duo.

- Ouais, entrez ! lance Duo, faussement dégoûté de ne pas les avoir entendus.

Trowa et Quatre entrent, pas surpris de les voir à moitié débraillés. Ce dernier aurait bien aimé lancer une petite boutade, mais il ne se sent pas en droit de le faire.

Heero revient auprès de son amant, lui pose délicatement la chemise sur le dos, puis lui souffle à l'oreille :

- N'as-tu pas tout tenté pour que Quatre reconquiert Trowa et sorte de son impasse ?

- Si, soupire Duo tout en enfilant son vêtement. Quitte à perdre son amitié, ajoute-t-il, honnête malgré tout.

Heero lui embrasse la tempe, fier de son amant, de ce qu'il a toujours été à ses yeux, puis retourne enfiler ses chaussures.

Duo finit de boutonner sa chemise en silence, son regard rivé à celui de son ami.

Mais Quatre n'arrive pas à parler. Son regard exprime déjà tant que les mots lui sont inutiles.

Duo brise enfin le silence.

- Tu m'auras tout fait, toi. Tu fais chier avec ton amitié ! soupire-t-il tout en le rejoignant.

Quatre sourit enfin, soulagé.

- Allez, viens-là, ange de mes deux !

Duo lui ouvre bien grand les bras ; Quatre s'y blottit avec bonheur.

Trowa et Heero échangent un regard qui dit tout de leur contentement.

- Tu sens son odeur à dix kilomètres ! chuchote Quatre, amusé.

- Vous ne nous avez pas... commence Duo sur le même ton, un peu tard, il se l'avoue.

- Non, rit Quatre qui rompt leur échange.

Il se garde bien de lui dire pourquoi.

- Bon, 'ro et moi, on file se changer et on se retrouve au resto ? « Le Pacha », ça vous va ?

- Ça marche ! se réjouit Quatre après avoir interrogé Trowa du regard.

- Great ! On y va, 'ro ?

- Nous pouvons tous voir tes ailes, tenshi, mais tu devrais quand même te chausser, lui conseille-t-il gentiment.

- … ? !

Duo s'en retourne mettre ses chaussures sans un mot, tandis que Quatre se mord la lèvre pour ne pas rire trop fort.

Dans ce domaine, seuls Heero et Trowa arrivent à se maîtriser.

Dix neuf heures, devant le restaurant étoilé « Le Pacha »...

Quatre est certes richissime, mais ses compagnons de route ont parfaitement les moyens de s'offrir ce type de soirée.

Ça ne paye pas, le terrorisme, mais les Preventers, si.

Et ni Heero, ni Duo, ni Trowa n'ont eu le loisir de dépenser leur argent ; excepté pour leurs voitures et motos.

Leur compte en banque est donc, pour chacun, relativement bien fourni.

Ils ont bien invité Wufeï, à la dernière minute il est vrai, mais ce dernier a semble-t-il déjà prévu d'emmener Sally au restaurant et d'y rencontrer sa famille. A présent qu'il a obtenu son grade officiel, à savoir : « Responsable d'équipes et conseiller en stratégie militaire », Colonel, en somme, Wufeï se sent digne d'être présenté.

Trowa et Quatre viennent d'arriver. Il a dû se faire entendre, mais le chef de sa sécurité a finalement accepté de les laisser partir en moto et sans escorte.

Un pur bonheur... pour eux.

Ils ont à peine le temps d'ôter leur casque qu'une autre moto, noire, celle-ci, s'arrête à leur niveau : leur couple d'amis vient d'arriver.

Deux voituriers se chargent de leurs montures, tandis qu'ils entrent dans le restaurant et s'installent à l'une des meilleures tables.

Leur soirée est idéale.

L'on ne parle ni de guerre, ni de stratégie d'attaque, ni de politique... si ce n'est un peu de Relena et de son fiancé enfin.

Quatre et Trowa les informent du déménagement officiel de ce dernier au manoir. Un lieu où Quatre va enfin se sentir chez lui, parce que chez eux.

Son rythme de travail s'est déjà considérablement allégé grâce aux quatre nouveaux directeurs et à Ziva, qui a reçu pour consigne de barrer certains jours et certaines matinées de son planning, à savoir tous les mercredis matin, dimanches et samedis ; certains samedis après-midi étant réservés pour de grosses affaires que lui seul peut traiter.

Dans la foulée, Ziva voit son salaire majoré de cinquante pour cent et ses mercredis matin et samedis « offerts » et ce, même si Quatre vient au bureau.

Elle aura plus de temps pour sa vie de femme et de mère, ainsi que plus de moyens pour faire face en cas de coups durs.

Trowa travaille toujours au cirque, mais désire se rapprocher un peu plus des enfants et des jeunes du quartier, surtout ceux qui ne peuvent pas assister aux spectacles.

- Il y a nombre de talents, ici. J'aimerais les dénicher et permettre à la jeunesse de s'exprimer.

Duo a les yeux brillants d'envie et d'espoir.

- Ça, c'est génial !

- Ça te dirait de m'aider ?

- Tu es tout seul ? Mis à part Quatre, bien sûr.

- Hum.

- Yes ! Laisse-nous le temps de faire pleurer Russel et on démarre tout ça !

- Ça marche.

Heero et Quatre n'ont pas perdu une seule miette de leur conversation.

- Vous pouvez compter sur mon soutien, de tout ordre.

- Merci, Quatquat' !

Trowa serre la main de Quatre plus fort avant de la porter à ses lèvres et d'y déposer un doux baiser.

- Un ange de plus ne sera pas de trop, lui dit-il ensuite.

- J'ai récupéré un local qui pourrait convenir, il y a quelques mois, propose Heero. Mon projet était d'en faire un centre de commandement clandestin en cas de conflit, mais je pense que vous en ferez un meilleur usage.

A son tour, Duo serre la main de son amant, même si tout le monde se retient de lui faire une réflexion.

- Ne vous souciez de rien d'autre que de votre nouvelle mission. Quatre et moi gérons les aspects matériels et financiers, ajoute Heero.

- Mission acceptée ! le taquine Quatre, qui soit dit en passant, est heureux de constater à quel point Heero a changé et ce, dans un laps de temps très court.

Heero et Trowa sourient en coin.

- Thank you, chéri. Mwaaaah, c'est tout un programme ! se réjouit Duo, très enthousiaste.

- Au fait, vous avez eu le temps de tenir votre chef de mission au courant pour votre sorte de « démission » ? s'informe Quatre.

- Non, le renseigne Heero. Nous y allons demain.

- A la première heure ! ajoute Duo. J'y pense ! Faudra passer par l'entrée nord, 'ro.

- Pourquoi ? s'intéresse-t-il.

- Je dois saluer quelqu'un.

Son grand sourire n'annonce rien de bon pour ce « quelqu'un », et il ne tarde pas à leur raconter l'histoire de son « Kiki »...

Soudain, alors que Duo plonge sa cuillère dans une crème glacée...

Bip bip bip...bip bip bip...

Duo et Trowa se figent, comme statufiés. Cela n'a rien d'extraordinaire pour ce dernier, mais pour Duo, c'est inhabituel et inquiétant.

Quatre les regarde tour à tour, tandis qu'Heero ferme les yeux, puis les rouvre sur son bipeur.

- Ne me dis pas que ce sont eux ? l'interroge Quatre, effaré.

- Hn.

- Pourquoi celui de Duo ne sonne-t-il pas a...lors... ?

Quatre n'a pas fini sa phrase que la réponse lui explose en pleine figure.

- C'est du niveau cinq, c'est ça ? reprend-il, le regard tourné vers Duo.

- Hn. Je dois y aller, mon ange. C'est la dernière.

Duo hoche simplement la tête tout en tripotant sa serviette de table, le regard fuyant.

- On dirait que le sort s'acharne... finit-il par dire, fataliste.

Heero n'est pas tranquille. Il se tourne vers Trowa.

- Veille sur lui, nuit et jour, onegaï.

- Tu n'as même pas à demander. Pars l'esprit serein.

- Merci.

Il revient vers Duo qui le regarde enfin... tristement.

- Je ne peux pas échouer parce que ma mission c'est toi, Duo. Compris ?

Encore une fois, Duo hoche simplement la tête, le regard terne et le visage pâle.

- Daisuki(1), dit-il encore avant de l'embrasser rapidement.

Heero sort de table, intérieurement au plus mal, et s'apprête à les quitter, lorsque Duo sort de son calme anormal et le rattrape.

- Attends !

Heero se retourne et le reçoit directement dans ses bras.

- Je viens avec toi ! décrète-t-il.

Il fallait s'y attendre.

- Non et c'est sans appel.

Heero est intransigeant ; Duo ne pourra remporter ce duel.

- Shit !

Heero le serre fort dans ses bras et l'amène à se rasseoir. Duo se raccroche à l'une de ses manches.

- Fais attention à toi, mais fais vite !

- Je te promets de revenir.

- J'ai confiance en toi, répond Duo, se forçant quelque peu à l'optimisme.

Heero l'embrasse chastement, puis se détourne pour disparaître derrière l'épais rideau de velours bordeaux, délimitant l'immense salle du restaurant du hall d'entrée.

Quatre ne tarde à régler l'addition ; personne ne proteste, ils sont à mille lieues de parler d'argent.

Ils sortent ensuite du restaurant et d'un commun accord silencieux. Trowa embarque Duo sur sa moto, tandis que Quatre appelle son chauffeur, présent en moins de dix minutes.

Duo se retrouve donc « kidnappé » par son couple d'amis. Il ne pourra plus faire un geste sans être surveillé par Quatre et plus sûrement par Trowa.

De toute façon, Duo ne proteste pas. Heero n'est plus là.

En moins d'une heure, Heero est dans un avion militaire, prêt à sauter en parachute, armé jusqu'aux dents.

En moins d'une heure, toutes les promesses faites et les projets d'avenir peuvent être anéantis.

En moins d'une heure, Duo passe de la joie et de l'espoir à la déception et à l'angoisse les plus profondes.

En moins d'une heure, les presque neuf semaines qu'Heero et Duo ont vécues ensemble sont mises entre parenthèses et risquent à tout moment d'être reléguées aux archives.

En moins d'une heure, la promesse d'une vie meilleure est devenue presque risible, voire impossible dans l'esprit de Duo.

Un peu plus tard, au Manoir...

Trowa et Duo arrivent les premiers. Quatre les rejoint quelques minutes plus tard, dans le salon vert.

Le salon vert...

Duo a son regard braqué sur le divan depuis qu'il est arrivé. Il refuse d'y prendre place et préfère l'une des chaises de la grande table.

Il n'a pas dit un mot ; Trowa non plus. Il n'y a rien à dire, de toute façon.

Comme d'habitude, Trowa est confiant, comme si Heero était parti en courses ou en balade. Pour Quatre aussi, il ne s'agit là que d'un contretemps ; il craint par contre pour la santé de son ami.

Duo, même s'il sait combien Heero est efficace sur le terrain, voit ses sentiments prendre le dessus et balayer toutes ses certitudes.

Quatre s'approche de lui jusqu'à poser sa main sur son épaule.

- Allons nous coucher.

Duo se lève sans un mot et le suit, tel un automate.

Quatre embrasse rapidement son homme.

- À demain matin, chéri.

- Je veille, bonne nuit à vous deux.

Puis, il conduit Duo jusqu'à sa chambre.

Jusqu'à ce qu'Heero revienne, Quatre dormira avec Duo dans sa chambre attitrée, tandis que Trowa veillera, installé dans la chambre d'en face, la porte ouverte.

Le jour, il prendra le relais ; il s'arrangera avec le directeur du cirque.

Il prend très au sérieux la mission que lui a confié Heero : Duo ne doit jamais être seul.

À suivre...


Note :

(1) Daisuki : je suis fou de toi.

Je réponds ici à celles et ceux qui n'ont pas de lien sur le site ou qui ne m'ont pas donné d'e-mail. Comme il est interdit de discuter/répondre par reviews/réponses interposées, il est plus prudent que je poste mes notes en fin de chapitres ^^

Altaya : Merci à toi, du fond du cœur ! Je suis très très contente de savoir que les fics fonctionnent aussi bien.

Merci à toutes et à tous d'être là. Je vous donne rendez-vous pour un quatrième et dernier chapitre.

Je suis en train de le relire avant de le donner à corriger ; j'aurais peut-être, voire certainement du retard, mais je fais au plus vite !

Kisu

Yuy ღ