Hellooo tout le monde ! J'espère que vous avez passé un bon Halloween rempli de bonbons et un excellent jour férié ! Voici le troisième chapitre de mon histoire :) Il n'en reste plus que deux ! Ici on rencontre de nouveaux personnages et Stiles joue désormais dans un autre registre...


Stiles lui avait dit qu'il pouvait aménager sa chambre comme il le souhaitait. C'était... étonnant. C'était la première fois qu'il avait une pièce rien que pour lui. D'habitude, les créatures surnaturelles chargées, comme lui, des missions physiques dormaient dans des dortoirs ou des granges fermées, ou bien ils étaient attachés pour ne pas fuir la nuit. De toute façon, peu d'entre elles cherchaient à s'enfuir. Lorsqu'ils avaient des repas chauds et un lieu propre où dormir, elles s'en contentaient. Alors un lit... Derek n'avait jamais dormi dans un lit depuis qu'il avait été vendu. Il testa d'abord le moelleux du matelas avec sa patte. C'était une sensation bizarre et étrangement réconfortante. Il eut tout de suite envie de se blottir dans les draps. Il se déshabilla prestement et s'allongea en position fœtale au milieu du lit. Cela lui faisait penser à sa mère. C'était comme s'il était de nouveau dans ses bras.

Sa mère... Elle lui manquait. Elle et son père étaient décédés dans une chasse aux créatures surnaturelles, ils avaient été pris au piège dans leur maison en flammes. Ses deux sœurs, Laura et Cora, avaient été sauvées à temps et emmenées pour être vendues. Depuis lors, il n'avait pas eu de nouvelles. Il n'avait cessé alors de s'entraîner pour devenir fort afin de fuir les humains et de retrouver ses sœurs. Il ferait tout pour les protéger. Il s'en était fait la promesse. Mais plus le temps avançait et plus les techniques des humains s'étaient améliorées, empêchant sa fuite. Jusqu'à ce jour. Il avait retrouvé sa liberté pleine et entière grâce aux papiers que Stiles lui avait signé. C'était décidément un humain bien étrange, intriguant et mignon en plus de cela. Toutefois, ce n'est pas ce qui allait l'empêcher de fuir. Il comptait se reposer ici cette nuit avant de s'en aller. Définitivement.

Il dormit profondément cette nuit. Cela faisait bien des années qu'il n'avait pas dormi aussi bien. Il s'était senti en sécurité ici. Peut-être qu'il avait eu tort de faire confiance aussi rapidement à l'humain mais son instinct lui dictait de baisser sa garde. Il descendit au rez-de-chaussée pour rejoindre la cuisine d'où il entendait des éclats de voix. Lorsqu'il poussa la porte, Stiles l'accueillit avec un grand sourire :

« - Bonjour marmotte. Wow. »

Le jeune homme s'était arrêté dans sa phrase et le regardait, bouche bée. Derek entendit même un tressautement dans ses battements de cœur. Il croisa les bras sur sa poitrine et haussa un sourcil, curieux.

« - Ça te va bien. »

Alors c'était donc ça. Derek sourit d'un air moqueur tandis que l'humain rougissait en réponse. Ce dernier montra une chaise libre d'un geste, l'invitant à s'asseoir. Même si Derek avait prévu de fuir, cela ne lui coûterait rien de rester pour le petit-déjeuner n'est-ce-pas ? Il s'assit et se contenta d'écouter la discussion des trois jeunes hommes à ses côtés. Scott et Stiles avaient l'air très complices et semblaient se connaître depuis longtemps tandis qu'Isaac semblait bien plus proche de Scott que de Stiles. Il sentit l'air et put reconnaître les effluves de désir émanant des deux loups tandis que l'humain sentait principalement le contentement et la curiosité. Néanmoins, il ne lui faisait toujours pas confiance et n'avait pas envie de se livrer. Les humains ne méritaient pas sa confiance. Ses sombres pensées furent interrompues par la voix de Stiles :

« - Alors dis-moi, quelle est cette arène dont tu me parlais hier ? »

Les sourcils de Derek se froncèrent tandis qu'Isaac lâchait un glapissement de peur. Scott et Stiles échangèrent un regard surpris. Le jeune aristocrate laissa quelques minutes s'étioler avant qu'il ne perde patience :

« - Quelqu'un va m'expliquer ou je vais chercher les informations par moi-même ?!

- L'Arène est un lieu où combattent les créatures pour de l'argent. »

C'est Isaac qui lui avait répondu sous les yeux réprobateurs de Derek.

« - Mais... pourquoi feraient-elles ça ?!

- Parce que les riches les obligent pour gagner de l'argent et leurs vendent du rêve en leur disant que, s'ils gagnent le grand tournoi, ils leur octroieront la liberté.

- Oh. »

Stiles comprenait mieux la réaction du loup le concernant. S'il avait été à sa place, lui aussi aurait trouvé étrange son comportement. Il regarda le loup : ses poings se serraient et se desserraient convulsivement et les traits de son visage s'étaient durcis. Le jeune homme comprit soudain :

« - Tu y as participé n'est-ce-pas ? »

Pour toute réponse, le loup gronda et s'en fut. Stiles sut qu'il avait raison mais n'avait pas voulu lui causer du tort. Il sortit à sa suite pour le retrouver dans le jardin :

« - Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de la peine. »

Derek ne lui accordât même pas un regard et grogna.

« - Tu ne sais rien de ce qu'il se passe dans la vraie vie. Tu es né dans l'humanité et la richesse. Tu ne comprendras jamais la vie des créatures surnaturelles.

- Tu ne peux pas me blâmer pour ça. »

Le jeune homme sentait toute la colère et la rage bouillonner en lui. Il sentit qu'il avait du mal à contrôler son loup. Derek se tourna vers l'humain et s'approcha à quelques centimètres de lui, menaçant :

« - Tu crois que parce que tu achètes des créatures et leur rend leur liberté, tu es mieux que les autres hein ? Tu crois vraiment à ta connerie de liberté mais dehors ce putain de certificat n'a pas de valeur auprès des marchands. Les putains de couronnes que tu dépenses pour des créatures misérables vont dans leurs poches. Et tu sais ce qu'ils font avec ? Ils paient des chasseurs pour nous traquer. Et si nous leur résistons, on nous tue. Sais-tu ce que ça fait de se réveiller en pleine nuit en entendant ta mère hurler avant qu'elle ne succombe ? Sais-tu ce que ça fait d'être séparé des siens ? De sa meute ? De voir Cora et Laura emmenées pour être vendues alors que Cora avait à peine huit ans ? Tu as le confort de ton domaine alors ne me dit pas que je ne peux pas te blâmer pour ça ! Ne me dis pas ça merde ! »

Stiles avait pâli durant la tirade. Est-ce que Derek avait raison ? Son combat était-il vain ? Enrichissait-il les marchands et les chasseurs ? Il papillonna des yeux, décontenancé :

« - Derek je...

- La ferme ! »

Derek avait hurlé son ordre. Il était à deux doigts de se transformer et ne se contenait que difficilement. Stiles ne donnait pas cher de sa peau si le loup n'arrivait pas à se contrôler. Il montra alors le domaine d'un geste et dit ce qu'il pensait être juste :

« - Tu es libre. »

Il n'en fallut pas plus pour que Derek se transforme. Toutefois, ce n'est pas tout à fait ce à quoi Stiles s'était attendu. Ayant vécu avec un loup-garou depuis une décennie, il savait à quoi ressemblait une transformation et fut plus que surpris lorsqu'il se retrouva en face d'un véritable loup. Derek savait muter complètement ! C'était chose de plus en plus rare chez les créatures surnaturelles, en partie due à leur soumission forcée. Les humains tenaient à les contrôler et juguler leurs pouvoirs mais ce n'était pas le cas de tous, comme le prouvait en ce moment Derek. Il s'était transformé en une bête gigantesque à la musculature impressionnante. Sa fourrure était d'un noir ébène et ses yeux bleus reflétaient toute sa colère et sa rancœur. Lorsque le jeune homme s'approcha d'un pas, le loup retroussa ses babines en grondant, dévoilant ses crocs. Stiles s'arrêta. Il ne voulait que le bien des créatures. Pourquoi Derek était-il incapable de le comprendre ? Le jeune humain haussa les épaules et contempla la course du loup, partit en direction des arbres. Reviendrait-il ? Stiles n'avait pas de réponse à cette question. Il soupira avant de rejoindre Isaac et Scott.

[.۞.]

« - Je les ai trouvées ! »

Stiles était trempé de sueur après sa course folle. Scott haussa un sourcil interrogateur. Il était dans la cuisine où Isaac était en train de cuisiner un plat qui, Stiles le savait, serait sans doute exceptionnel.

« - Qui ça ? »

- Cora et Laura voyons ! Je sais où elles se trouvent. »

Aussitôt, la suspicion se fit sentir dans la voix du jeune loup :

« - Es-tu sûr de toi ?

- Bien sûr !

- C'est ce que tu avais dit la fois dernière.

- Et la fois encore d'avant. »

Le jeune homme grogna. Durant les trois années écoulées, il avait peut-être emmené Scott et Isaac sur de fausses pistes mais là, il était pratiquement sûr de lui. Pratiquement. Et c'est ce qui inquiétait les deux loups qui partageaient son quotidien. Il dut pratiquement les supplier pour qu'ils l'autorisent à aller voir l'aristocrate qui était censé détenir les deux louves. Ce serait un long voyage et les deux loups n'appréciaient pas à le savoir seul sur les routes. Mais Stiles refusait toujours qu'ils l'accompagne, préférant les savoir ici, à gérer le domaine.

« - Bon.. d'accord.

- Franchement les mecs, je préférais quand vous étiez ma propriété, au moins je pouvais vous obliger à faire tout ce que je voulais... »

Scott rit de bon cœur et Isaac sourit, amusé. Les premières fois que Stiles avait plaisanté sur le statut des esclaves, Isaac n'avait pu s'empêcher de trembler de peur. Heureusement, depuis maintenant trois ans qu'Isaac vivait dans le domaine Stilinski, le loup avait su comprendre véritablement Stiles et son humeur et à l'apprécier. Il s'était beaucoup plus ouvert et avait entrepris de faire la cuisine au jeune homme et à son compagnon tous les jours pour les remercier. Stiles avait tout d'abord refusé, prétextant que les créatures surnaturelles n'étaient pas obligées de subvenir à ses besoins mais lorsqu'il avait goûté les plats du loup, il n'avait plus jamais rien dit contre ce fait.

Stiles était maintenant un jeune homme de dix-neuf ans, pleinement actif dans la société aristocratique et politicien en devenir. Il avait encore grandi et ses muscles s'étaient dévoilés, sculptant un corps athlétique. Il s'était aussi remis sérieusement au travail. Il avait réussi à s'approcher des plus hautes sphères de la société afin de s'attirer les faveurs de la reine et de la princesse pour faire entendre son point de vue. Avec ses idées nettes et arrêtées sur le sort des créatures, il s'était fait plus d'ennemis que son père mais cela ne l'empêchait pas de continuer. Il souhaitait faire changer la société et il y arriverait en faisant plier la souveraine ou sa fille, il en était persuadé. Il avait déjà rencontré la princesse lors d'une soirée mondaine et elle lui avait paru tout à fait abordable. Néanmoins, elle avait été contrainte de partir lorsqu'il allait parler avec elle le sujet des créatures surnaturelles. Mais le jeune homme était patient et savait attendre son heure. Toutes ces circonvolutions politiques lui prenaient beaucoup de temps et, de ce fait, lui permettait de moins en moins d'aller acheter des créatures. Il y était également de plus en plus réticent. Si ce que le loup lui avait dit était vrai, l'achat de toutes ces créatures ne servait à rien. Stiles envoyait Scott régulièrement pour faire le tour des marchands et des foires aux créatures afin de voir s'il reconnaissait des créatures qu'il avait pu acquérir par le passé. Scott avait effectivement retrouvé une fée acquise il y a longtemps. Stiles n'avait pas parlé durant deux semaines après ça. Le jeune homme sortit de ses pensées par la voix de Scott :

« - Et quelle est-elle cette piste aujourd'hui ?

- Un marchand au nord du pays, je crois que Derek et sa famille pourrait venir de là. »

Les traits du visage de Stiles se crispèrent imperceptiblement lorsqu'il prononça ce nom. Cela faisait trois ans que le jeune homme et ses deux amis loups fuyaient ce sujet épineux. Le départ de la créature avait miné l'aristocrate. Les paroles qu'avaient prononcées Derek avant de partir, avaient détruit sa vision du monde et remis en cause sa façon de vivre. L'humain avait toujours vécu pour le bien des créatures et il avait appris, à ses dépens, que le travail qu'il avait réalisé n'avait, en réalité, servi à rien. Au départ, Stiles ne l'avait pas cru, n'avait pas voulu le croire. Et puis ça avait lentement fait chemin dans son esprit. Il avait été totalement abattu et terriblement triste. Tout ce dont en quoi il croyait, le monde qu'il espérait... rien. C'était les paroles de Derek qui l'avait, selon son père, remis dans le droit chemin. Il avait passé son temps à étudier comme un forcené et à enchaîner les soirées aristocratiques pour se faire un nom, une place. Il connaissait une majorité des aristocrates du pays et, avec ses escapades, il avait également de nombreuses relations au sein du peuple. Il possédait donc un certain pouvoir. Ne lui restait plus qu'à s'en servir à bon escient.

« - Je pense partir en fin de semaine. Scott, je te laisse te charger du domaine. Isaac, n'oublies pas mon estomac.

- Entendu ! »

Le loup aux boucles blondes avait souri à la remarque de son ex-propriétaire. Stiles n'avait même pas besoin de lui demander de le faire, il y aurait pensé de toute façon. C'était son devoir, non : un privilège. Le lendemain, le loup partit faire des emplettes auprès d'un marchand afin d'avoir tout ce dont il aurait besoin pour le voyage de Stiles. Le trajet lui prendrait bien deux jours à cheval si ce n'est trois et autant pour revenir. Ça allait être long pour le jeune homme qui ne cessait de babiller : Stiles avait horreur d'être seul. Bien sûr, Scott avait bien proposé sa compagnie mais le jeune homme préférait qu'il s'occupe des affaires du manoir, son père étant absent pour une durée indéterminée. Lorsque enfin, le jour du départ fut venu, Isaac avait prévu une telle quantité de nourriture séchée que Stiles dut partir avec une mule pour porter ses affaires.

Stiles arriva enfin au nord du pays après trois jours de longue chevauchée. Il était épuisé et avait les fesses endolories d'être resté sur une selle trop longtemps. Il arriva sur une place d'un petit village en tenant son cheval par la bride. Il essaya de repérer les écuries mais n'en vit pas. Il attacha donc simplement ses animaux au poteau devant la devanture d'un bar en espérant ne pas se faire voler et pénétra dans l'établissement. La décoration était chaleureuse mais l'ambiance n'y était pas. Sitôt qu'il fut rentré, de nombreux regards hostiles se tournèrent vers lui et des murmures précipités emplirent la pièce. Ça c'est sûr, Stiles savait faire parler de lui. Il s'installa sur un tabouret, commanda un verre d'alcool local et entama la conversation comme si de rien n'était avec le barman :

« - Votre établissement est très joli. »

Le gérant se contenta de hocher la tête en essuyant un verre. Il n'avait pas l'air d'être très causant et regardait Stiles avec animosité. Bon. Quitte à être ici, autant être direct :

« - Connaissez-vous un humain du nom de Daniel Blake. ? »

Aussitôt ce nom prononcé, le silence se fit dans la salle et un homme au visage marqué par la vie cracha par terre avant de l'interpeller agressivement :

« - Qu'est-ce tu veux à c'batard gamin ?

- Il possède des créatures qui m'intéresse.

- On aime pas trop les aristos dans ton genre par ici...

- Je ne cherche pas les ennuis, simplement des informations. Au vu de votre réaction, j'imagine que ce nom ne vous est pas inconnu. Sauriez-vous où il réside ? »

Stiles vit du coin de l'œil deux personnes aux mines renfrognées se diriger vers lui. Il soupira : il allait devoir se battre. Ce n'était pas la première fois et sans doute pas la dernière mais il n'aimait pas particulièrement ça. Il s'entraînait régulièrement avec Scott et Isaac qui avaient des prédispositions naturelles du fait de leur condition de loup. Stiles avait ainsi gagné en endurance, en souplesse et en vitesse mais manquait de force physique pour faire face aux loups. Néanmoins, pour un humain, il était vraiment bon. Moins de quinze minutes plus tard, les renforts du barman étaient à terre. Stiles termina son verre d'une traite avant de s'adresser de nouveau au barman :

« - Bon, maintenant qu'on a fini de s'amuser, est-ce que je pourrais savoir où se trouve monsieur Blake ?

- Je sais pas ce que vous lui voulez, mais mieux vaut se méfier de ce gars là. Il fait affaire avec un chasseur louche du nom de Gérard Argent. Ce type est un détraqué. Il a cramé une famille pour récupérer les monstres au berceau. Sont plus dociles à cet âge là à ce qu'il paraît. »

Stiles repartit enfin avec les informations. Il se dirigea vers l'endroit où il avait attaché son cheval et sa mule mais n'y trouva qu'un poteau de bois. Il soupira. Il aurait du s'y attendre. Les habitants du pays du nord n'étaient vraiment pas accueillants. Les quelques personnes qu'il croisa ne répondait pas à ses salutations et certaines fermaient même leurs volets à son passage. Il dut se résoudre à parcourir les rues du village à pied. Il s'écarta des bas fonds, un marchand étant généralement assez riche : ce n'est pas ici qu'il trouverait Daniel Blake. Ce ne fut qu'au bout de longues heures de marche qu'il trouva enfin la maison. Il frappa et patienta de longues minutes avec qu'une femme assez ronde ne lui ouvre. Après les présentations d'usage, la dénommée Jeanine invita Stiles à boire le thé. Le jeune homme était fatigué et aurait préféré parler directement au marchant mais il accepta tout de même. S'il pouvait se faire une connaissance aristocratique dans les pays du nord, il n'allait pas dire non.

« - Qu'est-ce qui vous amène Monsieur Stilinski ?

- Hé bien, j'ai eu vent que vous possédiez deux femelles loup-garous. J'aimerais me les procurer.

- Vous n'en avez pas par chez vous ? Vous avez fait tout ce chemin pour deux vulgaires monstres ? »

Stiles haussa les épaules, feignant l'indifférence. Il déblatéra son mensonge :

« - Je possède la frère de ces deux là. Il est coriace à la tâche, obéissant et ne cherche pas à s'enfuir comme la plupart de ces monstres. Si les deux sœurs sont pareils, j'aurais enfin une équipe de créatures digne de ce nom. »

Cela avait coûté à Stiles de mentir sur ses amis et d'insulter les créatures de monstres. Il adressa des excuses muettes à toute la population surnaturelle et plus particulièrement à Isaac et Scott. Il planta son regard de miel dans les yeux marrons de son hôte.

« - Je comprends. Il est rare de trouver des monstres dignes de ce nom. Malheureusement, je ne peux accéder à votre requête.

- Si c'est une question d'argent, j'ai de quoi vous payer grassement.

- Je n'en doute pas, mais mon époux est parti et je ne gère pas ses affaires.

- Pourrais-je le rencontrer ?

- Hé bien, je ne pense pas que...

- Deux cent cinquante couronnes. Pour chaque. Mais je veux les voir aujourd'hui. Et je repars demain avec elles, intactes et en bonne santé. »

Jeanine eut un hoquet de surprise. Le prix était élevé pour des femelles loups-garous domestiques. Elle reposa la tasse à thé qu'elle avait amené à ses lèvres. Elle toussota légèrement pour reprendre contenance. L'appât du gain avait avivé une lueur dans ses yeux marrons :

« - Hé bien puisque vous semblez si pressé... »

Elle prit une clochette que Stiles n'avait pas remarqué sur la petite table et la fit sonner. Aussitôt, une créature que le jeune homme identifia de la famille des fées du logis arriva et s'inclina devant sa maîtresse.

« - Va chercher les papiers de Laura et Cora. Dis leur de s'apprêter correctement. Ce monsieur aimerait les voir. »

La fée s'inclina de nouveau et repartit. Lorsqu'elle eut atteint la porte, Stiles remarqua un discret tatouage sous son oreille : un triskèle, symbole de la famille Stilinski. Il réussit à cacher son étonnement mais le regard que lui lança la créature augmenta davantage son étonnement. Il n'eut pas le temps de s'interroger plus que son hôte poursuivit :

« - Voudriez-vous partager le dîner avec nous ce soir Monsieur Stilinski ?

- Je vous en suis aimable mais j'ai d'autres affaires à régler et je préférais conclure rapidement celle-ci. »

Jeanine hocha la tête, compréhensive. En attendant l'arrivée des deux louves, ils échangèrent tous deux des banalités, lorsqu'ils furent interrompus par le bruit de quelqu'un qui tapait à la porte. Un instant plus tard, deux louves arrivèrent. Le cœur de Stiles rata un battement. Il les avait trouvé. Enfin ! La ressemblance avec Derek était frappante : même couleur de pelage, même forme de visage. Il y avait une aura de bestialité dans leur regard. On aurait dit que leur bête attendait la plus petite occasion pour sortir. Un trait commun des Hale sans doute. Les deux créatures lui jetèrent un regard curieux avant de baisser les yeux, soumises. Elle se tournèrent vers leur maîtresse :

« - Dites bonjour à Monsieur Stilinski. Il sera votre maître d'ici demain. Ne déshonorez pas le nom des Blake et comportez-vous de manière respectueuse ! »

Les deux louves s'inclinèrent vers lui avant que Jeanine ne les renvoie d'un signe de la main. Stiles aurait aimé partir avec elles dès ce soir mais avec l'argent qu'il allait dépenser ici, il ne pouvait se permettre une chambre d'hôtel pour trois. Et il était hors de question de repartir dès ce soir. Surtout qu'ils allaient devoir retourner à pied jusqu'à chez lui et acheter des vivres. Il paya deux cent cinquante couronnes le jour même en promettant le reste le jour suivant et prit congé.

Le lendemain, Stiles se rendit chez les Blake dès l'aube. Il paya les deux cent cinquante couronnes et ils effectuèrent les papiers de cession de propriétaires. Les deux louves portaient chacune un petit sac qui contenaient sans doute leurs effets personnels. Une fois dehors, le jeune homme leur expliqua où il se rendait et s'excusa de ne plus avoir de monture. Les louves se lancèrent un coup d'œil surpris avant de lui emboîter le pas. Stiles décida d'atteindre la sortie de la ville avant de leur expliquer ce qu'il était venu faire ici et pourquoi il les avait acheté.

« - Vous êtes bien Laura et Cora Hale ? »

La plus âgée hocha la tête, apparemment peu encline à la conversation. Elle s'était mise entre lui et Cora, farouchement décidée à la protéger quoi qu'il arrive.

« - Je vous cherche depuis longtemps. C'est Derek qui m'a parlé de vous mais le nord du pays est peu enclin aux échanges. J'ai essayé plusieurs pistes qui m'ont fait perdre pas mal de temps et puis j'ai pas mal d'obligations familiales qui m'ont retardé mais je vous trouve enfin. Je m'appelle Stiles. Stiles Stilinski.

- Derek ? Tu... Tu as vu Derek ? Comment va-t-il ?

- Hé bien ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu. C'était il y a trois ans. Je l'ai acheté au cours de la foire annuelle des créatures, je l'ai libéré et il est parti le lendemain. Je ne l'ai jamais revu depuis. Je suis désolé. »

Il vit des larmes perler aux coins des yeux de la plus jeune des louves. Les deux sœurs se rapprochèrent imperceptiblement et Stiles respecta leur douleur en les laissant tranquilles. C'est les seuls mots qu'ils avaient échangées jusqu'au soir. Stiles aurait aimé leur parler de son projet de les libérer, de les aider à retrouver leur frère... mais il n'avait pas trouvé le bon moment. Les deux sœurs étaient centrées sur elles-mêmes et leur souffrance. Il avait donc préféré attendre le soir et le moment où ils allaient campés. Ils s'installèrent dans une clairière à deux pas de la route. Les deux sœurs se collèrent l'une à l'autre pour se tenir chaud tandis que Stiles cherchait du bois pour faire un feu. Il s'installa dans l'herbe, passablement épuisé. Il regarda les quelques vivres qu'il avait acheté la veille et les divisa en trois. Ils devraient faire autrement pour le lendemain, Stiles n'ayant plus ni vivres, ni couronnes.

« - Tenez, mangez. Je n'ai que ça pour le moment, il faudra voir pour... »

Lorsque Cora tendit le bras pour attraper les vivres, sa manche se releva sur son poignet, dévoilant un tatouage en forme de triskèle. Stiles interrompit son geste, interloqué. Ça ne pouvait pas être une coïncidence avec le tatouage qu'il avait aperçu dans le cou de la fée de la veille.

« - Qu'est-ce que... Pourquoi portes-tu l'emblème de ma famille sur ton poignet ?! »

A cette question, Cora retira précipitamment sa main tandis que Laura soupira. Les sœurs Hale se jetèrent un regard avant que Laura ne prit la parole.

« - C'est devenu le symbole de l'espoir chez les créatures.

- De.. de l'espoir ?

- Le symbole de ta famille représente la liberté chez nous. L'espoir d'une vie meilleure et que quelqu'un comme toi nous libère de nos chaînes. »


Comme dirait ma Béta Neliia, la review est le salaire de l'auteur alors à vos claviers !