« WEASLEY N'EST PLUS NOT' ROI »
CHAPITRE III : Entre hypocrisie et mensonges…
-Thier, veuillez faire entrer Miss Patil je vous pris.
L'inspecteur Tinghas allait commencer ses interrogatoires. Il avait pour cela emprunté une petite salle de classe inutilisée située près hall d'entrée qu'il avait emménagé à sa façon : une table en fer et deux chaises de la même origine, une unique ampoule pour éclairer la pièce. Lorsque Luna avait entendu la description de la pièce que voulait Tinghas à ses hommes, elle soupira. Comment espérait-il voir la réaction de ses suspects lorsqu'il poserait des questions avec une seule ridicule ampoule ?
Fort heureusement, avec ruse et habileté et malgré les gardes postés devant la porte, elle avait réussi à glisser une oreille à rallonge qui se cachait sous la porte grâce à un sort de Miniaturisation. Certes, le son serait un peu plus mauvais mais cela ferait bien l'affaire. Et Luna était presque sûre que l'inspecteur parlerait fort, voulant intimider ses témoins.
Parvati Patil entra dans la pièce et l'examina d'un air critique. Cet inspecteur n'a aucun goût, aucune imagination. Elle soupira et s'installa sur la chaise que l'inspecteur lui montrait du doigt. Il faisait une horrible grimace et Parvati sut tout de suite qu'il ne faudrait pas le contrarier, ou le moins possible.
-Déclinez votre identité.
Parvati soupira intérieurement.
-Parvati Gerda Patil, 17 ans.
-Je ne vous ai pas demandé votre âge !
-Désolée.
Silence.
-Bien, comme vous le savez, reprit l'inspecteur, un crime ou plutôt deux crimes ont eu lien dans cette école et l'on m'a demandé d'enquêter pour trouver le responsable. Puisque vous faites partis des gens présents lors du dernier crime, vous êtes donc suspecte. Je dois vous poser quelques questions, j'essaierai de faire le plus court possible.
-Posez donc, répondit Parvati en faisant un geste négligeant de la main.
-Bien, commençons par les questions habituelles. J'aimerais que vous me décriviez la journée du meurtre, c'est-à-dire hier, aussi précisément que possible s'il vous plait.
-J'imagine que je peux sauter rapidement mon réveil et le petit déjeuner n'est-ce pas ? Bien. J'ai, bien entendu, tout le temps cours avec Ron, sauf pendant les options. Il a arrêté la divination. Quoi qu'il en soit nous avons eut un double cours de métamorphose suivit d'un double cours d'histoire de la magie. Tout s'est bien passé, Ron était parfaitement normal. Puis nous sommes allé déjeuner. Nous avons un peu discuter et j'ai appris qu'il n'irait pas à Pré-au-lard.
-Pourquoi cela ?
-Je… il avait eut une retenue, en matinée, et le professeur Binns voulait son devoir le lendemain. Il devait non seulement faire une dissertation mais aussi un exposé, je crois. Bref, comme cela lui prendrait sans doute un long moment, il a décidé de rester à Poudlard pour travailler…
-Pourquoi êtes-vous resté à Poudlard, vous ?
-Et bien, rougit légèrement Parvati, je sors avec un garçon, Neville, et nous voulions profiter d'un peu d'intimité. Le château serait presque vide, vous comprenez, et il venait de neiger dehors. Nous comptions nous amuser dans la neige, même si c'est puéril. En voyant le regard abattu de Ron, je n'ai pas pu m'empêcher de lui propose de se joindre à nous… Il a accepté avec empressement. Bien sûr, Hermione et Harry sont venus avec lui, vu qu'ils avaient décidé de se « sacrifier » pour lui et de rester au château.
-Je vois. Vous avez donc finit de manger et vous êtes sortis dehors pour vous amuser, c'est bien ça ?
-Pas tout à fait. Ron devait passer à la bibliothèque, je crois. Hermione l'a obligé de le faire avant de sortir. Moi j'en ai profité pour monter au dortoir pour prendre des gants, il fait très froid dehors. Je suis redescendu et Neville m'attendait en bas puis nous sommes sortis tous les deux. Harry et Hermione sont arrivés juste après, puis Ron et Lavande quelques minutes plus tard. Nous avons commencé tout de suite… Nous avons du jouer vingt minutes je suppose. On s'épuise vite et le froid engourdissait nos muscles. Puis Lavande est partie.
-Partie ? Pourquoi est-elle partie ?
-Hermione lui a joué un tour, répondit Parvati en pouffant de rire. Elle a ensorcelé de la neige pour effrayer Lavande. Elle était furieuse et est partie bouder dans son coin. Nous ne l'avons plus vu de la journée.
-Vous avez entendu ça, Thier ? Notez au lieu de rêvasser !
Le pauvre homme sursauta et se mit à écrire frénétiquement.
-Nous avons continué de nous amuser quelques minutes, mais pas longtemps. Nous nous sommes arrêtés pour souffler au bord du lac et Neville a découvert une plante. Il était surexcité mais moi, ça ne m'intéresse pas alors j'ai fais comme Hermione, je me suis entraînée à modeler de la neige avec ma baguette. Ron est partit ensuite pour faire son devoir, accompagné par Harry. Hermione a parlé herbologie avec Neville puis est partie à son tour. Neville a continué ses observations un moment puis il… enfin nous sommes restés seuls une ou deux minutes. Je l'ai ensuite envoyé chercher de quoi manger… Pendant que je continuais de m'entraîner. J'étais seule et Harry est revenue quelques minutes après. Il a été très vite rejoins par Neville qui revenait avec de quoi manger. Harry n'est pas resté longtemps, il a dit avoir oublié quelque chose au château. Il s'est pratiquement enfuit.
-Comment était-il, s'enquit l'inspecteur ?
Parvati réfléchît un instant.
-Troublé, je dirais… Ou plutôt préoccupé. Il ne faisait presque pas attention à Neville et moi.
-A-t-il précisé ce qu'il voulait chercher dans la salle commune ?
-Non.
-Bien.
-Nous sommes restés une dizaine de minutes seuls puis nous sommes retournés au château pour nous réchauffer. C'est là que l'on a appris la nouvelle, conclus Parvati.
-Je vous remercie, Mademoiselle. Avez-vous remarqué quelque chose de bizarre cette après-midi ? Une attitude suspecte ?
-Pas vraiment, Monsieur… A part bien sûr Harry, comme je vous l'ai dis. Ron était toujours joyeux, il ne donnait pas l'impression de… et bien, qu'il allait se faire assassiner. Hermione était fidèle à elle-même et à aucun moment je ne l'ai vu paraître suspecte. Lavande… et bien, c'est Lavande Monsieur. Elle est jalouse, c'est indéniable. Mais elle aimait tellement Ron… Je peux vous assurer néanmoins qu'elle est incapable de tuer.
-Nous verrons cela, Mademoiselle.
Silence.
-Vous sortez, demanda-t-il d'une voix traînante, avec Monsieur Londubat depuis… ?
-Depuis six mois, mais je ne vois vraiment pas en quoi cela vous…
-Le nom de Ginny Weasley vous dit quelque chose, je suppose ? interrompit l'inspecteur d'une voix forte.
Parvati resta quelques secondes sans rien dire, bouche bée.
-Vous supposez bien répondit-elle glacialement. Mais encore une fois, je ne vois pas…
-Mademoiselle Patil, il y a beaucoup de choses que vous ne i voyez pas /i . Vous devez néanmoins savoir que Ginny Weasley a été assassinée l'an dernier et que deux morts, deux Weasley qui plus est, mort avec une si courte intervalle aussi prématurément, cela parait plus que suspect.
-Vous devez avoir raison, grinça Parvati après quelques secondes. Que voulez-vous savoir ?
-Quelle relation entreteniez-vous avec Ginny Weasley ? Étiez-vous amie ?
Parvati hésita, mais répondit tout de même :
-Pas vraiment… Elle était sortit avec Neville l'an passé et je l'ai toujours peu appréciée à cause de ça… Stupide, vous devez penser, et vous avez raison. Mais Ginny Weasley…
-Était folle ?
-Avait changée, corrigea Parvati. Quelques semaines avant sa mort, elle était bizarre. Elle semblait… conspirer. Elle donnait l'impression de savoir quelque chose, connaître un secret d'état. Et elle en jouait. Son suicide m'a attristé et ne m'a pas étonné tant que ça au final. Elle avait à l'évidence perdu l'esprit..
-On ne devient pas folle comme ça, Mademoiselle Patil.
-A l'évidence si.
-Je pensais plutôt qu'on l'a assassiné contra l'inspecteur.
Parvati eut un rictus légèrement méprisant.
-Assassiner Ginny ? Absurde, personne n'aurait de raison. Elle était peut être un peu cinglée, mais inoffensive.
-Vous venez de me dire qu'elle semblait savoir quelque chose. Pour moi, c'est un excellent mobile.
Parvati ne répondit rien.
-Avez-vous la moindre idée de ce que Ginny Weasley pouvait savoir ?
-Pas la moindre, inspecteur, répondit-elle en fixant ses pieds.
-Et une de qui a pu tuer son frère ? Ou même sa sœur ?
Cette fois-ci, Parvati le regarda droit dans les yeux.
-Non, inspecteur. Si vous n'avez plus de question…
-Vous pouvez sortir, merci de votre coopération, Mademoiselle Patil.
Sans ajouter un mot, Parvati sorti de la pièce.
…
Harry Potter entra dans la salle d'interrogatoire et lança un regard inquiet à la pièce à l'allure douteuse. Une fois, il avait fait un rêve. Il s'était retrouvé dans une pièce tout à fait similaire, attaché au mur, à la merci d'un Mangemort. Il avait tout fait pour oublier ce cauchemar humiliant.
Harry s'assit et regarda l'inspecteur qui semblait relire des notes. Quelques minutes passèrent, dans le silence. Ce fut finalement Harry qui le brisa le premier, impatient d'en finir.
-Monsieur… ?
Celui si sursauta, arborant un sourire satisfait. Il inscrivit un mot sur son papier et releva la tête vers Harry qui semblait inquiet. Il trouvait l'inspecteur si vieux… Prions pour qu'il ne nous fasse pas une attaque sous le nez !
-Comment était votre ami Ronald cette matinée-là ?
Harry eut un imperceptible soupir de soulagement. Ça, c'était une question facile.
-Normal… Comme d'habitude. Grognon au réveil, glouton au petit déjeuner. Il a changé radicalement d'humeur après le cours d'histoire de la magie, bien sûr. Il a écopé d'une retenue pour avoir lancé un sortilège sur ce pauvre professeur Binns. Je dois avouer que c'était assez drôle. Bref, il avait une dissertation et un exposé à faire… Pour le lendemain. Il était vraiment furieux d'avoir ça à faire, mais encore plus de louper la sortie au village. Quoique… il était plutôt accablé par cette nouvelle.
-Qu'avez-vous fait après le déjeuner ?
-Hermione et moi nous l'avons accompagné à la bibliothèque pour emprunter l'unique livre qui parlait d'Annie Wilkes, c'était son sujet. Un gros livre volumineux et poussiéreux que peu de personnes ont du emprunter. Bref, Ron était dégoûté et est vite allé ramener le livre dans le dortoir. Il est revenu aussi vite qu'il était parti et nous sommes sorti dehors. Lavande est arrivée derrière nous et nous à demandé si elle pouvait venir. Nous avons accepté même si Hermione n'était pas ravie. Puis Ron…
-Oui ?
-Il a pris à part Lavande. Il faut que vous sachiez, inspecteur, que Lavande était jalouse de Hermione, même si elle n'avait aucune raison. Ron et Hermione était de très bons amis et en amis, ils étaient complices. Bien sûr, ils jouaient parfois au chien et au chat mais ça n'allait pas très loin… Et Lavande avait très mal accepté sa rupture avec Ron et le faisait payer à Hermione… Au déjeuner, Hermione a sommé Ron d'allé s'expliquer avec Lavande, ce qu'il à fait donc avant de sortir. Cela s'est apparemment bien passé vu qu'ils sont sortis tous les deux, le sourire aux lèvres.
-Inutile de me raconter les détails ensuite, je les connais. Lorsque vous avez accompagné Monsieur Weasley à la salle commune, était-ce une initiative de votre part ?
-Non, répondit Harry d'une voix prudente, il m'a demandé si je pouvais l'accompagner pour le soutenir… J'ai fais un détour aux toilettes avant, celles qui sont à côté du dortoir.
-Vous êtes donc allé au château ensemble et vous avez laissé Monsieur Weasley monter dans la tour pour travailler pendant que vous alliez aux toilettes, puis vous l'avez rejoint, est-ce exact ?
-Oui, ça l'est. Ensuite je l'ai rejoins et nous avons commencé à travailler.
-Pourquoi l'avoir quitté si vite et être retourné voir Parvati où vous l'aviez laissé demanda rapidement l'inspecteur ?
Luna écouta attentivement la réponse.
-Parce que… Ron a eut une crise de colère. J'ai honte de l'avouer, mais nous nous sommes un peu disputer. Enfin, il m'a plutôt crié dessus. Devant la montagne de travaille qu'il avait a effectuer, il m'a accusé d'être responsable de sa punition. Je l'ai mal pris et je suis sortis, énervé… Je suis donc retourné voir Parvati qui était seule. Neville est revenu peu après avec de quoi manger, mais je n'avais pas très fin.
-Pourquoi être retourné si vite au château alors, si vous veniez de vous disputer avec votre ami ?
-Il faisait froid et j'avais ôté mes gants pour écrire dans la salle commune. Je les avais oubliés et je comptais les prendre et au passage, tenter de me réconcilier avec Ron…
-S'il vous plait, décrivez-moi comment vous avez découvert le corps.
Harry était très pâle, ses yeux fixaient un point invisible sur la table. Il semblait bien loin de la réalité, revivant l'horreur…
-J'ai donné le mot de passage à la Grosse Dame. Je suis rentré mais je ne l'ai pas vu. Je me suis dirigé jusqu'aux escaliers et je l'ai appelé mais je n'ai pas eut de réponse. C'est là que j'ai vu… un pied dépasser. Et j'ai aperçut en même temps qu'il y avait du sang partout… J'ai courut mais me suis arrêté en le voyant… Il… J'ai sut tout de suite qu'il était mort. Je suis sortis en courant et me suis arrêté. Et j'ai vu les deuxièmes années revenir de leur étude. Je les ai empêché d'entrer… J'ai du leur dire la vérité… Puis Neville et Parvati sont arrivés, suivis par Lavande quelques secondes après, et Hermione… Je leur ai dis. C'est tout.
Harry s'arrêta de parler. Il ne cillait plus.
-Vous vous souvenez de la mort de Ginny Weasley ? demanda l'inspecteur d'une voix douce que l'on ne lui connaissait pas.
Harry hocha la tête, comme s'il le faisait machinalement, sans comprendre vraiment ce que l'inspecteur Tinghas lui disait.
-Vous réalisez qu'il y a peut-être, et même de fortes chances, pour qu'il y ait un lien avec la mort de votre ami?
Cette fois, Harry releva la tête vers l'inspecteur. Il le regardait avec une expression de franche incrédulité qui frappa l'inspecteur.
-Oui, c'est possible, répondit Harry d'une voix interdite. J'imagine qu'on ne peut pas exclure cette possibilité.
-Nous ne pouvons pas, en effet. Peu de tant avant que Mademoiselle Weasley meurt, comment était-elle ? Je veux dire… mentalement ?
-Elle avait perdu la raison, répondit Harry sans détour.
-Pourriez-vous êtes plus explicite ?
-Elle avait tout le temps l'air de conspirer quelque chose. Toujours avec un rictus au bord des lèvres. Je me souviendrais toujours du regard sournois qu'elle lançait à tout le monde. Quand elle vous regardait, on avait l'impression qu'elle savait des choses sur vous, que vous même vous ignorez. C'était déstabilisant.
-Après les derniers évènements, pensez-vous toujours que Ginny Weasley s'est suicidée ?
-Je ne vois pas ce que Ron et Ginny pourraient avoir en rapport, mis à part leur lien de parenté… Au fait, comment a réagis Madame Weasley ? Je n'ai pas pensé à lui écrire…
-Elle est sous le choc, bien sûr répondit l'inspecteur d'un ton cassant. Monsieur Potter, auriez-vous remarqué quelque chose qui mériterait d'être signalé ? N'importe quoi, même le plus petit des éléments mériterait..
-Non, inspecteur, je ne sais rien de plus, désolé.
-Bon. Une dernière question. Avez-vous une idée de qui pourrait avoir commis cette atrocité ?
-Je suppose, murmura Harry d'une voix lente, que Lavande serait votre meilleure suspecte. Vu la rancune qu'elle avait contre Ron et vu qu'on ne l'a pas revue de l'après-midi…
-Oui… et bien, je vous remercie. Vous pouvez sortir.
Harry pris congé et entra Neville Londubat juste après lui.
…
-Vous entretenez, si mes sources sont bonnes, une relation avec Mademoiselle Patil ? demanda l'inspecteur en rentrant immédiatement dans le vif du sujet.
La question désarçonna quelque peu Neville qui répondit en bafouillant :
-Heu, et bien oui, c'est exact.
-Depuis combien de temps ?
-Six mois et vingt-deux jours répondit Neville en rougissant de plus belle.
-Comment cela se passe-t-il entre vous ?
Cette fois aussi, Neville rougis, mais pas de gêne.
-Vraiment inspecteur, cela ne vous regarde pas. Ce…
-Je dois connaître au mieux les relations entre les divers suspects de cette affaire, Monsieur Londubat, aussi je vous prierais de répondre à ma question : comme votre relation se passe-t-elle ?
-Très bien, répondit presque aussitôt Neville. Aucune dispute conjugale, si c'est ce que vous voulez savoir. Nous sommes un modeste petit couple heureux et je suis le plus heureux des hommes.
-Si vous le dites… Pouvez-vous me parler un peu de l'après-midi ?
-Quelle après-midi ? Oh ! Oui. Et bien nous sommes allé jouer dans la neige presque immédiatement après le déjeuner. Parvati est juste allé chercher quelque chose dans son dortoir. Son écharpe je crois. Puis nous sommes sortis, avons attendus les autres et nous sommes amusés.
-J'ai cru comprendre Monsieur Londubat que vous aviez découvert une nouvelle plante, est-ce exact ?
-Oh ! Oui, Monsieur, mais ce n'est pas une nouvelle plante. C'este juste qu'à Poudlard on ne l'a jamais vu, d'après le professeur Chourave. J'avais vraiment hâte de l'étudier. J'ai pris quelques échantillons pour le professeur, mais bien sûr avec le récent évènement, nous n'en avons rien fait pour le moment.
Malgré la peine qu'affichait Neville, l'inspecteur remarqua que ne pas pouvoir étudier sa plante à cause de la mort d'un individu l'agaçait légèrement.
-C'était une Kianna, je ne sais pas si vous connaissez. Bref, Hermione et moi avons un peu parlé herbologie… Je me souviens avoir demandé à Parvati de me faire une minuscule aiguille en glace. Je n'ai jamais le matériel adéquat pour mes prélèvements et j'ai tellement peur d'abîmer les plantes ! Elle a réussit et depuis, je la conserve précieusement grâce à un sortilège de Gèle. Ensuite Ron, Harry et Hermione sont partis dans cet ordre et Parvati m'a demandé presque de suite d'aller aux cuisines chercher à manger. J'y suis allé mais ils n'ont pas voulu me passer de Bière au beurre, même par ce froid… Bref. Je suis revenu avec quelques biscuits et des fruits, les enfles n'ont pas voulu m'en donner plus. Harry était là quand je suis revenu mais il est parti presque aussitôt. Nous sommes restés seuls un moment Patou et moi puis nous sommes retournés au manoir. Nous avons appris la nouvelle à ce moment-là…
Il y eut un silence, seulement troublé par le grattement d'une plume sur un parchemin.
-Il me semble aussi que vous avez eut une relation avec… Ginny Weasley ?
-Oui, répondit Neville, comme s'il s'attendait à cette question.
-Tiens, vous ne semblez pas troubler ? Pourtant, avec les personnes avec qui j'en ai parlé auparavant, ils l'ont tous été…
-Je ne suis pas idiot Monsieur et je ne me voile pas la face répondit Neville d'un air sombre. Je m'attendais à ce qu'on relis la mort de Ron à celle de Ginny… Pauvre Ginny…
-Pourquoi vous êtes-vous séparés ? Qui à quitté qui ?
-C'est moi qui l'ai quitté… Mais bien avant que le drame ait eut lieu. Je suis tombé amoureux de Parvati et je ne pouvais plus rester avec Ginny… Je trouvais ça malhonnête. Je lui ai avoué être amoureux d'une fille sans citer de nom. Je n'ai osé parler à Parvati qu'après la mort de Ginny…
-Comment la défunte l'a-t-elle pris ? interrogea l'inspecteur.
-Assez mal, je dois l'avouer, répondit Neville, attristé. Elle ne m'a pas fait de scandale mais ne m'a plus adressé la parole, ou alors très rarement… Puis elle a changé. Elle est devenue sournoise, presque méchante. Elle ricanait tout le temps dans le dos des gens. Et elle est morte.
L'inspecteur regarda longuement Neville et malgré son âge avancé, son expérience lui chuchota à l'oreille : Il ne croit pas qu'elle se soit suicidée… Il lui posa la question.
-Non, je ne l'ai pas cru un seul instant. Ginny avait peut-être changé mais elle aimait la vie, elle était trop… Et bien vivante, je ne vois pas d'autre mot. Elle n'aurait pas pu se suicider.
-Vous pensez donc qu'elle a été assassinée ?
-Je ne sais ce que je pense, inspecteur.
-Moi, je vais vous dire ce que vous pensez, même si vous ne voulez pas l'entendre. Vous croyez que la mort de Ron, un an après celle de Ginny, n'est pas sans rapport et que si vous aviez soulevé le problème du meurtre plus tôt, cela ne serait peut-être pas arrivé.
Neville leva un regard affolé sur l'inspecteur.
-Mais c'est faux !
-Bien sûr que c'est faux. Mais c'est ce que vous ressentez au fond de vous. Néanmoins, laissez-moi vous rassurer. Votre directrice a lutté tellement activement pour plaider le suicide que personne ne vous aurait écouté, quelque soit vos soupçons.
Neville soupira.
-Vous devez avoir raison. Mais maintenant, il y a deux morts. Et il va falloir vivre avec.
-Puisque vous penchez pour le meurtre, avez-vous une idée… de qui ?
-Je suis désolé inspecteur. Je peux avoir des soupçons de meurtres mais je ne i peux pas /i accuser impunément un de mes amis. Je suis désolé.
-Je comprends, Monsieur. Une dernière question qui n'a rien à voir : Monsieur Potter avait-il ses gants lorsqu'il est reparti voir Monsieur Weasley au dortoir, après que vous soyez revenu de la cuisine ?
Neville fut surpris par la question et dut réfléchir quelques secondes pour se remettre la scène en tête.
-Attendez… Je… je serais tenté de vous dire oui, mais sans conviction. S'il dit les avoir oublié, c'est qu'il les avait oubliés, non ?
L'inspecteur ne répondit rien, mais Neville savait qu'il n'en pensait pas moins.
…
Lavande s'était assise rapidement sur la chaise, pressée d'en finir. Elle avait joint ses mains sur la table et regardait ouvertement l'inspecteur avec un air méprisant. Qu'il avise ne serait-ce qu'une seule fois de faire quelque chose de déplacé…
-Pour une femme qui vient de perdre un être cher, vous ne semblez pas très éplorée, mademoiselle.
Lavande resta maîtresse d'elle-même et préféra siffler entre ses dents :
-Ce goujat a eut ce qu'il méritait, c'est tout. Ce n'est que justice après m'avoir traitée comme il l'a fait, m'avoir humiliée devant tout le monde.
-Qu'a-t-il fait, exactement ? demanda le plus poliment l'inspecteur.
-Il m'a plaquée, voilà ce qu'il à fait ! Il a osé me plaquer, moi ! Et non content de l'avoir fait devant mes amis, il m'humiliais chaque jour en flirtant avec Granger, sachant que je tenais toujours à lui ! Je me suis donné corps et âme pour lui et je n'en ai eut aucun remerciement. Il m'a larguée.
-Cela fait deux ans presque que vous n'êtes plus ensemble, je crois. Vous avez la rancune tenace.
-Je ne lui ai pas rendu au centième de ce qu'il m'a fait répondit-elle d'une voix hargneuse.
-Vous n'êtes même pas un tout petit peu triste ?
L'inspecteur se trouvait ridicule. Il avait l'impression de parler à une enfant.
-Oh, bien sûr que si, un petit peu, répondit Lavande en se radoucissant. Il me manque beaucoup et je suis malgré tout heureuse de ne plus être avec lui depuis si longtemps, je n'aurais pas supporté le choc… L'estomac fragile, vous comprenez…
-Pourquoi êtes-vous parti pendant votre bataille de boule de neige hier ?
-Oh ! s'exclama Lavande avec une vigueur nouvelle. Après l'ho-rri-ble farce perfide de Hermione Granger ? J'ai été humiliée par cette petite garce, cette petite intrigante qui tournait autour de mon Ronald ! Plutôt que de l'humilier comme elle l'a fait avec moi, j'ai préféré m'en aller, la tête haute, pleine de grâce et de dignité.
Elle releva la tête, illustrant ses dires.
-Qu'avez-vous fait jusqu'à ce que vous retourniez à la salle commune pour apprendre le meurtre ?
-J'y suis allé bien avant. Pour chercher un livre, mais je ne voulais pas rester enfermé, vous comprenez. Je déteste ça, surtout que le feu était éteint, et je ne voulais pas croiser ces affreux elfes de maison. Bref je suis sortie, bien emmitouflée dans mon manteau et j'ai lu un moment à l'abris du vent. J'étais bien. Puis j'en ai eu assez et je suis rentré au château… Parvati et Neville étaient devant moi, je les ai rejoins et nous sommes allé à la salle commune ensemble où Harry nous a appris…
-Vous avez eut une discussion avec Ronald Weasley après le dîner, il me semble, continua l'inspecteur. Pourrais-je savoir de quoi il était question ?
-Et bien, murmura Lavande, il voulait que j'arrête… D' i ennuyer /i la petite Granger. Je l'ai bien entendu envoyé se faire voir. Je n'allais sûrement pas baisser les bras ! Et encore moins maintenant, après ce qu'elle m'a fait l'autre jour.
-Pourtant, contra l'inspecteur, certains témoins affirment vous avoir vu le sourire aux lèvres juste après, Monsieur Weasley et vous. Comment expliquez-vous cela si vous vous êtes disputez ?
Lavande sembla mal à l'aise, mais se décida à répondre.
-A vrai dire… Je ne l'ai pas vraiment envoyé sur les autres. Je l'ai embrassé et il ne m'a pas rejeté… tout de suite. Je lui ai promis de ne plus embêter sa petite Hermione, mais je lui ai dis ça dans le but de le récupérer rien de plus, je n'en pensais pas un mot… Il semblait troubler par ce baiser, et il est sortit. Oh ! Si on ne l'avait pas assassiné ! Je suis sûre que… que nous serions retournés ensemble.
Émue, elle se tût quelques secondes avant de soupirer d'un air las.
-Mais bien sûr, cette petite vicieuse, cette petite salope a voulu empêcher cet amour et l'a tué !
-De qui diable parlez-vous ?
-Mais de Granger, bien sûr ! s'écria Lavande en écrasant son point sur la table. De qui d'autre ? Il est évident qu'elle l'a tué !
-Pourquoi cela, demanda l'inspecteur, légèrement surpris par la violence de la jeune femme ?
-Pure jalousie, répondit Lavande d'un ton dédaigneux. Elle savait qu'il m'aimait toujours et elle ne voulait pas le voir avec une autre, c'est tout. Pourquoi diable voulez-vous qu'on ai tué ce pauvre Ronald ?
Ah ! Elle n'est pas bête du tout cette fille ! C'est vrai, pourquoi aurait-on tué Ronald Weasley ? Il était pauvre comme deux sous ! C'est forcément une histoire d'amourettes.
-Je prend bonne note de vos soupçons, Mademoiselle Brown. J'aimerais maintenant parler d'un autre sujet, mais pourtant lié à l'affaire… la mort de Ginny Weasley.
-Ginny ? Mais que diable vient faire Ginny la dedans ? Laissez les morts au passé, Monsieur !
-Je crains que non, il est difficile d'ignorer la corrélation. Deux Weasley décédés au même endroit en deux ans, étrange non? Surtout qu'ils n'étaient pas en âge de mourir.
-Si ma mère était là, interrompit Lavande, elle vous dirait que personne n'est en âge de mourir. Mais si vous tenez vraiment à parler de cette pauvre fille, parlons-en. Je ne la fréquentais pas. Elle était la sœur de mon amour et ça s'arrêtait là. Ce serait bien sûr mentir de dire que sa mort ne m'a pas… secouée. Mais bon, la pauvre fille était folle.
-Folle, cinglée, tarée… tout le monde ne fait que de me dire ça, s'énerva l'inspecteur. Je vais bien finir par le croire, soupira-t-il. Vous pensez qu'elle s'est donnée la mort ?
-Aussi sûr qu'elle avait découvert des choses.
-Ainsi donc…
-Oui, l'intérompit-elle une nouvelle fois. Elle cachait des choses, c'était certain. Mais quoi, je ne sais pas… Sûrement des histoires de pacotilles. Qui sort avec qui, ce genre de chose mais croyez moi, sur ce sujet, je suis incollable ! Il est impossible qu'elle sache quelque chose que je ne sache déjà. J'ai des informateurs partout, vous savez.
Elle lui lança un regard rusé.
-Bon, si vous n'avez plus rien à dire.
-Et bien non, soupira-t-elle théâtralement. Si je peux…
-Faites donc, répondit l'inspecteur sans chercher à entendre la fin de la phrase.
Il était content de se débarrasser d'elle et de ses idées folles. Néanmoins, elle avait dit des choses bougrement intéressantes…L'inspecteur consulta sa liste alors que la jeune femme sortait. Il ne restait qu'Hermione Granger.
-Là, les choses vont devenir intéressantes, s'exclama-t-il à voix haute !
…
Si l'inspecteur Tinghas avait du parier sur l'un des cinq suspects sans les avoir interroger, il aurait tout misé sur Hermione Granger mais lorsqu'elle entra dans la salle d'interrogatoire, il fut sincèrement troublé. Jamais de sa vie il n'avait vu une femme au visage reflétant autant de terreur, de tristesse et de mal être. Il chercha par tous les moyens à garder la tête froide. C'était peut-être une remarquable actrice, voilà tout. De plus, beaucoup de choses l'accusait.
-Bonjour, Mademoiselle Granger, vous pouvez vous asseoir…
Elle ne répondit rien, faisant seulement ce qu'il voulait.
-Je vais vous poser quelques questions au sujet des évènements d'hier après-midi.
-J'imagine bien que vous ne m'avez pas convié pour parler d'histoire de la magie se moqua-t-elle.
L'inspecteur fut surpris. En voyant son visage, il ne l'avait pas cru si… consciente.
-Puisque vous semblez aller bien…
Hermione posa les yeux sur lui. Il étais rougis, et leur contour était sale. Il reflétait le plus profond désespoir.
-Vraiment demanda-t-elle d'une voix qu'elle ne voulut pas trop froide ?
-Je… Commençons, bafouilla l'inspecteur. Qu'avez-vous fais après avoir quitté Londubat et Patil ?
-Je suis retourné au château, répondit-elle d'une voix mécanique. Je suis allé à la salle commune… En passant, j'ai croisé Harry. Je ne savais pas où il allait… Je suis entré dans la salle et je n'ai vu personne. J'ai pensé qu'Harry allait rejoindre Ron à la bibliothèque. Alors j'y suis allé mais je ne les ai pas vu. Ils m'énervaient un peu à aller et venir alors j'ai décidé de les laisser tomber et de chercher un livre… Je suis donc rester à la bibliothèque jusqu'à trouver le livre que je voulais puis je suis retourné à la salle commune… Ron était mort.
-D'après la Grosse Dame, avant la découverte du corps, une jeune fille est entrée dans la salle commune, en dernier donc…
Hermione eut un petit sourire.
-Et vous croyez la Grosse Dame.
-En effet, je la crois répliqua l'inspecteur.
-Et vous pensez que la fille en question, c'est moi ?
-Je ne vois pas d'autre explication, Mademoiselle Granger.
Le sourire de Hermione s'effaça. Son regard se durcit.
-Et pourquoi ça ? demanda-t-elle sèchement.
-Votre écharpe a été retrouvée sur le lieu du crime ! s'exclama l'inspecteur, ne pouvant réprimer un sourire triomphant.
-Quelqu'un à pu l'y mettre, s'écria Hermione en bondissant de sa chaise, la renversant au passage !
-Pour cela, il aurait fallu que l'ayez perdu avant…
Hermione rougit violemment mais ne répondit rien.
-Il y avait beaucoup de sang dans la pièce, Mademoiselle Granger. Vous voulez me faire croire que même si le corps était caché, vous ne l'avez pas vu ?
-C'est pourtant la vérité répondit-elle d'une voix blanche.
-J'aimerais que vous vous rasseyez, Mademoiselle Granger.
Pas de réponse, pas de réaction. Le silence s'installa quelques minutes.
-Je souhaiterais que nous parlions de Ginny Weasley à présent.
Jamais l'inspecteur n'avait vu se faire lancer un regard aussi menaçant.
-Je n'ai rien, absolument rien à dire sur Ginny Weasley. Elle était folle, tarée, maboule, elle s'est suicidée, cela s'arrête là !
L'inspecteur grogna.
-Vous refusez de coopérer murmura-t-il d'une voix grondante.
Il lui lança un regard perçant.
-Et bien oui, je n'ai plus rien à vous dire. Je refuse de répondre à une seule question de plus, Monsieur.
Elle se dirigea vers la porte. L'inspecteur se leva brusquement.
-Vous vous attirez des ennuis, Mademoiselle ! Vous vous attirez de graves ennuis !
-Ça m'est égal. J'ai fais et je fais toujours ce que me dictait mon cœur.
Elle ouvrit la porte à la volée et disparut dans le couloir.
(PS : Cinq chapitres de prévus, les cinq sont écrits, un par jour Merci pour vos Reviews, mais je n'ais pas le temps de répondre ').
