Et voilà le chapitre 3 ! Je pars demain pour une durée de trois semaines, donc vous aurez la suite à mon retour !

Enjoy

Nina-sama

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Les bruits de pas de Nina résonnaient sur le pavé. Le silence qu'ils brisaient les rendaient plus sonores encore.

Ojisama, doshite ?

Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle fut au beau milieu du parc du lycée, à deux kilomètres environ des bâtiments. Elle jeta son sac par terre et laissa les larmes couler.

"Ojisama...aishiteru...dakara..."

Elle prit son pendentif rouge sombre dans sa main et le regarda un instant, avant de l'envoyer rejoindre le sac dans un geste rageur. Alors qu'elle sanglotait, debout au milieu de la clairière, le bijou se mit à luire, les volutes de fumée rouge commençant à tournoyer à l'intérieur.

"Iya...Ojisama...iya...IYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !"

Un éclat lumineux jaillit alors du pendentif, et deux petites formes atterrirent dans la paume de Nina, encore sous le choc des paroles de l'homme.

"Uruso...nani o kore ?"

Elle tenait à présent deux petits diamants d'un noir de jais, de taille et de forme identiques. Elle se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir en faire, et se souvint vaguement avoir brisé la pierre de la boucle qu'elle portait habituellement à l'oreille gauche, symbole des enfants ayant résidé dans un centre d'adoption japonais pendant une longue période.

Cette pierre était rouge vif, celles-ci sont noires...après tout...quelle importance ? Mais qu'est-ce que je...alors qu'il m'a dit...je me soucie de babioles...

Elle entendit des pas derrière elle et se retourna d'un geste vif.

"Ojisama !"

Elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit d'autre : celui-ci s'était jetée sur elle pour la prendre dans ses bras...

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Celestine déposa ses affaires et partit se laver et changer de tenue. A la demande de son père, elle revêtit l'uniforme offert par celui-ci un an auparavant avec l'interdiction formelle de le mettre sans sa permission.

C'est un jour spécial...puisque je peux le mettre, ce doit être un jour de fête...yeah !

La jeune fille se regarda un instant dans la glace. Elle portait une robe rouge s'arrêtant à mi-cuisses, avec des chaussettes blanches montantes qui allaient jusqu'à la cuisse, et des sandales noires avec une boucle.

"Beautiful girl " (nan nan, Celestine ne s'envoie pas DU TOUT de fleurs...xD)

Elle dévala alors l'escalier, qui comportait tout de même 111 marches, et alla dans la salle de réception, où ses parents l'attendaient.

"Well, Celestine...aujourd'hui, tu n'auras pas de cours de piano."

La blonde fixa son père de ses yeux vert émeraude.

"Why ?"

Son père lui montra une boîte de la taille d'une boîte à bijoux.

"Because it's time. C'est le moment de te transmettre l'héritage des Row. Un bijou très rare, très précieux, mais qui ne doit pas être porté et utilisé à la légère."

Il prit la boîte rouge et la tendit à sa fille.

"- Prends-la et mets-la dans ta valise, Celestine.

- Ma...ma valise ?

- Tu pars à Tokyo dans trois jours. Dis adieu à tes amies, tu ne les reverras peut-être pas.

- Pardon ? Father, c'est...je...

- I'm sorry, Celestine, mais nous n'avons pas le choix. Il est un peu tôt, mais le temps presse. Tu es une Otome à présent, une jeune fille, et tu dois trouver quelqu'un capable de révéler ton pouvoir. Tu t'en sers déjà inconsciemment, mais sa pleine puissance ne sera disponible que lorsque tu auras un Master."

En plein désarroi, Celestine fut incapable de dire quoi que ce soit. Mais elle savait que protester ne servirait à rien, sinon à prendre le risque de se voir enfermer jusqu'à son départ. Elle finit par réussir à prononcer faiblement :

"Yes, Father. Je vais me préparer sur-le-champ."

Résignée, elle remonta dans sa chambre et commença à rassembler ses affaires.

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"QUOI ?"

Celestine resta muette devant le cri de stupéfaction de son amie dans le combiné.

"J'arrive pas à y croire, Celestine ! Comme ça, de suite là ? Et...us ? Tu y penses ?"

La jeune fille soupira.

"- Of course. Mais c'est ainsi, si Father le souhaite, je le ferai. Je n'ai pas le choix.

- Si, tu as le choix ! C'est ta vie ! YOUR LIFE ! Pas celle de ton père !

- I'm sorry, but...that's it, ma valise est faite, je pars dans moins de dix minutes.

- Celestine...

- Sorry..."

Elle raccrocha en pleurant silencieusement. Son père tapa alors à la porte.

"On s'en va, Celestine."

Elle se leva et prit ses affaires pour les lui donner, puis descendit et monta dans la limousine, alors que sa mère lui broyait littéralement les mains.

"Téléphone-nous, Celestine darling."

Elle acquiesca, et la limousine démarra en trombe.

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Ariana s'affala sur le pouf du salon et soupira.

"Ahi...mamma mia, l'eau, c'est vraiment pas mon truc..."

Sa mère adoptive rigola et lui apporta à boire.

"Te, Ariana, si tu faisais plus attention...je pense que tu serais plus en mesure d'apprendre. Tu es tellement enthousiaste que tu fais parfois n'importe quoi."

La jeune fille éternua bruyamment.

"Accidenti. Bon, n'oublie pas de préparer tes affaires pour le voyage avec la classe, tu pars dans deux jours."

Ariana se leva d'un bond et fit cul sec.

"Sisisisisisisisiiiiii ! J'y vais tout de sui...ahi !"

Elle venait de s'étaler par terre en se prenant les pieds dans le tapis. Sa mère soupira à nouveau.

"Ma che...allez, fais attention à toi."

Sa fille se releva et courut vers sa chambre, enfin, vers la petite pièce qui lui tenait lieu de chambre. Elle commença alors à s'affairer, et des vêtements se mirent à voler dans tous les sens. Enfin, quand la valise fut prête et fermée...

Fermée ?

Disons plutôt qu'elle était déformée par des excroissances qu'on aurait pu croire cancérigènes si ce n'était pas d'une valise dont il était question, et qu'on aurait pu entendre gémir le cuir si celui-ci savait parler, accompagné par un concert de son amie mademoiselle la fermeture éclair...le tout formait une espèce d'hybride à mi-chemin entre le tas de terre très inégal et le tas de linge jeté en vrac sur le sol et enroulé dans des draps avant la machine. Et comme si cela ne suffisait pas, la pauvre valise avait reçu une demi-douzaine de coups de poing, et supporté environ 10 fois le poids d'Ariana dans ses tentatives désespérées de plaquage afin de pouvoir la fermer.

Bref, la valise était fermée, c'était le principal.

Ayant dépensé une énergie considérable dans la bataille avec ses bagages, Ariana se laissa tomber sur son petit lit et attrapa machinalement son collier. Il était bleu, avec une sorte de pierre plate en apparence sertie dans un socle doré. D'aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, Ariana avait toujours eu ce bijou. Elle l'adorait, parce qu'on lui avait toujours dit que c'était la seule chose que sa mère lui avait laissé, à moins qu'elle n'ait inventé cette "légende" seulement pour se rassurer et avoir quelque chose à quoi se raccrocher...

Tiens...il ne brille pas aujourd'hui.

"Ariana ! A tavola !"

Son estomac répondit à l'appel de sa mère par un énorme gargouillis. Chassant son pendentif de son esprit, elle se précipita vers le salon pour dévorer son repas.

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Sheena descendit les quelques marches qui la séparaient de la terre ferme. Elle n'eut pas à chercher longtemps dans la foule : Matsaki était facilement repérable avec ses cheveux bleu sombre et ses yeux d'un vert profond.

"Matsaki !"

Celle-ci sourit en entendant son amie et courut vers elle pour la serrer dans ses bras.

"Sheena...tu m'as manquée."

Elles se regardèrent longuement et prirent la direction de la maison de la grecque.

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"Je suis un peu fatiguée, on peut dormir assez tôt ce soir ?"

Matsaki acquiesca.

"Bien sûr. Tout de suite si tu veux. Mais avant, je dois te montrer quelque chose..."

Elle fouilla dans ses affaires et en tira une petite bourse de cuir.

"- J'ai acheté ça à mon informateur. Tu sais, l'homme qui me renseigne sur ce qui s'est passé il y a ...

- Yes, je sais. Ta mère, le labo. Je sais.

- Eh bien, il m'a vendu ce truc, que je trouve vraiment beau, mais vraiment bizarre aussi."

Elle montra son achat à Sheena : un morceau de glace taillé en pics, transparent mais tiède, qui ne fondait pas, et qui contenait deux petites pierres gris argenté. Son amie eut un mouvement de surprise, que Matsaki interpréta comme un simple signe d'étonnement et de saisissement.

"Il m'a assuré que ça avait de la valeur, mais n'a pas voulu m'indiquer sa provenance. Je lui fais confiance, mais je ne vois pas l'utilité d'un tel truc, sauf pour décorer."

Sheena la regarda de ses yeux ambrés.

"Listen, si tu as confiance en lui, et s'il t'a dit que c'était précieux, alors ça l'est. J'ai fait une découverte moi aussi il y a peu. Regarde."

Elle sortit une améthyste de belle taille de sa valise.

"Avec mon club d'histoire et d'archéologie, on a eu la permission d'aller faire des fouilles sur un site très prisé, moyennant une somme assez...big, enfin, tu vois. Et en creusant, j'ai trouvé cette belle pierre, et j'ai pu la garder à condition de verser une garantie de ma bonne foi en ce qui concerne la vente et la mise aux enchères d'une telle pièce. Regarde bien."

Matsaki examina attentivement la pierre et laissa échapper un cri. En effet, celle-ci contenait deux pierres similaires à celles qu'il y avait dans son cristal de glace, différentes seulement par leur couleur d'un violet éclatant.

"Pas possible ! On dirait les miennes !"

Sheena acquiesca.

"Ce n'est pas un hasard. I am sure that...il y a un lien. Et ces pierres doivent certainement renfermer...a power. J'ai besoin d'aller demander quelque chose à un ami du club, je peux aller sur ton ordinateur ?"

Son amie fit signe que oui, intriguée.

Une heure plus tard, elles se dévisageaient, estomaquées.

"QUOI ?"

L'ami de Sheena avait parlé d'une légende à propos de pierres que seules les jeunes filles pures et aptes à utiliser leur pouvoir pouvaient porter. Les Otome. Une légende japonaise peu connue, mais qui correspondait parfaitement à la situation des deux jeunes filles à cet instant.

"Ecoute, Sheena...admettons que ce soit vraiment le cas. Qu'en ferions-nous ? Ce pouvoir, pourrions-nous le maitriser ? Arriverions-nous à être raisonnables ?"

Sheena posa sa main sur l'épaule de Matsaki, qui frissonna.

"Ne te pose pas trop de questions, Mats. Nous verrons...tomorrow. Dormons, nous sommes fatiguées, toi par les cours, moi par le voyage. Good night, Mats."

Elle embrassa Matsaki sur la joue, ce qui fit prendre à la jeune fille une délicate teinte rosée.

"Ah...euh...d'accord...bonne nuit, Sheena."

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"Niina."

L'homme avait prononcé le nom de la jeune fille d'une voix grave et rassurante. Celle qu'il tenait à présent dans ses bras se relâcha complètement et pleura un long moment.

"Tu es calmée ?"

Nina leva les yeux vers lui.

"- Hai. Sumimasen, ano...

- Je sais que je t'ai fait du mal, mais ne t'imagine pas être la seule à souffrir. Moi aussi j'ai mal..."

Il dévisagea Nina et soupira.

"Tu...je t'ai peut-être dit ça un peu brusquement, et j'ai sûrement manqué de tact. Gomenasai, Niina."

Ils s'assirent par terre. Nina desserra alors son poing et regarda les deux petits objets qui avaient jailli de son pendentif rouge.

"Qu'est-ce que c'est ?"

Nina fit signe qu'elle n'en savait rien.

"C'est sorti de mon collier...quand j'ai...tout à l'heure."

Le professeur examina les pierres, mais ne dit rien à leur propos.

"Je...je ne sais pas comment nous allons faire. Enfin...je veux parler de nous. Tu es mon élève, et je ne peux pas me permettre d'être aussi proche que je le voudrais de toi..."

Nina se jeta sur lui et appuya sa tête contre son torse.

"Ojisama, Ojisama, 'suki da yo ! Dakara atashi...zutto...Ojisama no soba ni !"

L'homme serra Nina contre lui et lui caressa doucement la tête, passant et repassant ses doigts dans les couettes et les longues nattes de la jeune fille.

"Wakateru. Nara...nara, trouvons une solution. Si nous nous cachons...peut-être que...ce sera vivable. Ne ?"

Le visage de Nina s'éclaira alors qu'un sourire radieux apparaissait. Elle leva les yeux vers lui.

"Hai ! Je suis prête à tout...anata no tame ni."

Ils sourirent et restèrent enlacés ainsi dans le parc, alors que le Soleil disparaissait peu à peu à l'horizon.

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"On y va, Henrietta ?"

La blonde acquiesca.

"Regarde ma coupe ! Elle est trop belle, harrr !"

Henrietta brandissait son prix à bout de bras en marchant et en criant à tue-tête dans la rue. Son amie souriait d'un air à la fois amusé et embarrassé.

" - A-ah, oui ! Il y a même des pierres précieuses dessus...

- Koooooleuuuh ! J'vais pouvoir être riche si je les rev..."

Elle s'arrêta soudain. Iouke la regarda, inquiète.

"Henrietta ?"

La lutteuse fixait les petites pierres d'un air absent, le regard dans le vague. Elle donnait l'impression d'être là sans l'être.

"Ohé, Hen-rie-tta !"

Henrietta secoua soudain la tête et laissa échapper un "Uh ?" d'étonnement. Elle reprit cependant bien vite ses esprits et lança :

"Ouais, chuis là ! On attend quoi là ? Komm schon !"

Elle partit en courant en direction de la maison, alors que Iouke essayait de la rattraper.

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Lexique

Doshite : pourquoi

Aishiteru : je vous aime

Dakara : c'est pourquoi

Iya : non

Uso...nani o kore : C'est pas vrai...qu'est-ce que c'est ?

Darling : chérie

Accidenti : à tes souhaits

Gomenasai : excuse-moi

Ojisama, Ojisama, 'suki da yo : Monsieur, je vous aime !

Dakara atashi...zutto...Ojisama no soba ni : C'est pour ça que je veux... toujours...être à vos côtés !

Wakateru : je le sais

Nara : alors

Anata no tame ni : pour toi

En espérant que vous aurez envie de lire la suite !