C'ETAIT ECRIT

Auteur : Elehyn

Disclaimer : Les lieux, personnages, etc… appartiennent à J. K. Rowling. Pas à moi.

Warning : Slash de rating M ; langage comprenant parfois des insultes.

Cette fiction ne comprend pas le tome 6 donc il n'y a aucun spoiler.

Traduction : Wormtail : Queudver.

Diagon Alley : Chemin de traverse.


C'ETAIT ECRIT

Chapitre 3 : Un été chez Snape – partie 3

A 7H30, Severus entra dans la salle à manger pour voir que la grande table n'avait pas encore été débarrassée et il en conçut une vive rancœur. Des coupes de champagnaubeurre ou des verres ayant contenu du jus de citrouille se trouvaient ça et là, debout ou couchés, à moitié pleins ou totalement vidés. Des miettes de gâteau s'éparpillaient dans les assiettes sales, sur la nappe ou encore sur le sol, écrasés parmi les confettis qui – la fête finie - s'étaient enfin décidés à rester immobiles.

Les cœurs roses - appelés parfois communément les petits prophètes - qui avaient chanté leurs messages fortement la veille voletaient par-ci, par-là tandis que d'autres papillonnaient de leurs ailes sur le parquet. Le bruit de fond provenait d'eux et le maître des potions pouvaient parfois entendre des bribes de phrases toutes aussi ridicules les unes que les autres.

« … être vous manque et tout est dépeuplé. »

« … Les astres me l'ont soufflé, tu es la plus belle pour l'éternité. »

« … Il faut parfois chercher l'amour parmi ses meilleurs amis, Ronald… »

« … Chaque Fleur à son abeille prénommée Bill. »

« … cherche pas car l'amour viendra de lui-même à toi… »

Les serpentins semblaient dégoulinés du plafond sous leur poids et certains étaient encore fermement enroulés autour des meubles.

Severus grogna et sortit sa baguette. Il commençait à lancer des sorts pour nettoyer tout cela lorsqu'un petit prophète surgit près de son oreille pour tenter désespérément d'émettre sa phrase avec une énergie qui n'était plus.

« Prends-moi au mot car il réalise tes idéaux. A dix-sept ans, déjà ton amour t'attend. Il sera ton aimé, ta complémentarité… »

« Oh la ferme ! » marmonna Snape avec humeur tout en faisant disparaître le messager de papier. « Tinky, Tobby, Lyvvie ! » appela-t-il ensuite brusquement.

Les elfes de maison apparurent aussitôt et avisèrent tout aussi vite l'ampleur des dégâts.

« Tinky, Tobby et Lyvvie sont désolés Maître » Tinky s'empressa-t-elle d'exclamer. « Des invités étaient toujours présents au petit matin et comme le Maître n'avait rien dit, Tinky, Tobby et Lyvvie n'ont pas osé dérangé les hôtes du Maître ainsi que le Maître. »

« Ce n'est rien Tinky ! » aboya Snape, contrarié. Je voudrais que vous finissiez de nettoyer tout ça ! Qu'il n'y ait plus aucune trace de cette maudite fête et s'il en reste encore, virez les intrus de ma propriété ! »

« Bien Maître ! » s'exclamèrent les trois elfes en même temps.

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Harry s'éveilla plus tard qu'il ne l'avait escompté étant donné qu'il était près de dix heures. Il mit un peu de temps à réaliser l'heure et, surtout, le fait que personne n'était venu le réveiller et encore moins le houspiller pour avoir oser manquer le service du petit déjeuner.

Il étouffa un bâillement et repoussa les draps pour se lever. Cinq minutes plus tard, il se trouvait dans la douche, se remémorant la soirée de la veille. Il sourit.

Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas autant amusé et le fait d'avoir vu les personnes qui comptaient le plus à son cœur l'avait rasséréné et lui avait rendu le moral qu'il avait quelque peu perdu ces derniers temps.

Il s'ennuyait ici malgré les activités qu'il s'était trouvées. Il avait hâte de pouvoir échapper à l'emprise de son maître des potions.

Harry coupa l'eau, déterminé à faire fi des opinions et exigences de son professeur. Il avait dix-sept ans à présent : l'âge de la majorité, l'âge qui lui rendait sa liberté, l'âge qui lui permettait de se révéler pleinement sorcier car il était maintenant autorisé à se servir de sa magie autrement qu'à Poudlard. Et il comptait bien en profiter.

OOOoooOOOoooOOO

Harry ne vit pas Snape de la journée et en conçut des sentiments mitigés. Au début, il en avait été heureux puis, plus les heures étaient passées et plus il en avait ressenti de la contrariété mêlée d'anxiété. A présent, il était 22h30 et il se posait des questions.

Depuis la dizaine de jours qu'il était là, Snape n'avait jamais oublié une seule fois de lui rappeler le couvre-feu. A 22h tapantes, il était habituellement toujours derrière sa porte à aboyer « Lumière ! » puis à attendre une vingtaine de minutes pour voir si Harry allait la rallumer mais cette nuit-là, rien ! Snape était-il malade ?

Harry s'imagina bientôt un Snape dans son lit, seul, délirant de fièvre ou agonisant de douleur. Devait-il aller voir si son hôte allait bien ? Il s'interrogea encore cinq minutes avant de hausser les épaules. Si son enseignant était malade, ses elfes de maison l'avaient automatiquement noté et s'occupaient de lui… si Snape acceptait seulement leur aide.

En soupirant, Harry se dit qu'il se faisait certainement des films, que son professeur allait très bien mais que la fête l'avait certainement contrarié au plus haut point et donc qu'il ne voulait plus voir son élève du tout au risque de l'étrangler dans un des coins sombres de la maison.

Le jeune Gryffondor se pencha vers sa table de nuit et attrapa le livre qu'il n'avait pu commencer que sommairement et pourtant qui l'intriguait démesurément : Le jardin d'Eros.

Il se demanda brièvement à qui cet ouvrage appartenait mais il n'osa pas aller plus loin dans ses réflexions car imaginer que ce livre érotique était celui de son maître des potions le faisait presque vomir de dégoût.

Il ouvrit donc le livre au chapitre 6, intitulé Sortilèges érotiques et incantations luxurieuses, et en commença la lecture.

Quelques minutes plus tard, il haletait de désir. Les images qui ornaient les pages étaient toutes plus brûlantes les unes que les autres et les protagonistes qui se mouvaient sur ces photographies étaient tantôt assez explicites, tantôt assez suggestives pour que l'imagination prenne le relais à des degrés divers.

« Le sort d'engorgement est très utilisé chez les sorciers plus âgés dont les érections sont moins fréquentes et plus difficiles à maintenir mais il est également source de plaisir chez les plus jeunes » lut Harry avec avidité. « Il existe différents niveaux de puissance de ce sort. Un sortilège simple (annoté en numéro un ci-dessous) fait gonfler et raidir la verge comme il en serait de même pour une excitation naturelle. Un sortilège de niveau moyen (annoté en numéro deux ci-dessous) fait enfler l'érection jusqu'à prendre une belle taille. Elle dépend tout aussi bien de la volonté que de la puissance du sorcier. Et enfin, un sortilège complexe (annoté en numéro trois) peut faire doubler, voire tripler le volume de l'érection ! »

Harry ouvrit de grands yeux à ces derniers mots.

« Tripler ! Waw ! » murmura-t-il d'un ton rêveur en imaginant déjà son sexe aussi gros qu'un de ses bras, sa main devenue minuscule à son côté, enserrer son gland écumant.

Cette vision lui coupa le souffle et à présent, son état était équivalent à celui d'un sort d'engorgement simple. Il se tourna sur le ventre et, inconsciemment, commença à onduler des hanches contre son matelas.

« Le sort d'engorgement peut être associés à d'autres sortilèges (cf chapitre 7 : Potions et masturbations pour d'autres informations) comme le sort de pression externe et interne qui fait soit compresser l'air autour du membre, soit faire pulser le sang à l'intérieur de celui-ci pour obtenir un plaisir plus intense. Le sortilège orgasmique est fréquemment utilisé chez les sorciers, hétérosexuels comme homosexuels. Pour les femmes, il consiste en une contraction répétée des muscles vaginaux. Pour les hommes, la contraction est d'ordre anal, pouvant atteindre la prostate selon la puissance du sort. »

Tout en continuant ses mouvements rotatifs sur le matelas, Harry fixa ses yeux sur une photographie montrant deux hommes en train de faire l'amour. C'était la première fois qu'il voyait un couple d'homosexuels s'adonner au plaisir de la chair mais cela ne le répugna pas. Il était pourtant un fervent hétérosexuel, n'avait jamais été attiré par un homme de sa vie mais, en cet instant, il éprouvait de la curiosité concernant l'acte charnel avec une personne du même sexe que lui.

Qu'éprouvait-on alors ? Etait-ce vraiment différent de faire l'amour avec une femme qu'avec un homme ? Malgré son ignorance en la matière, Harry n'était pas inconscient de la vie au point de ne pas savoir quelles différences existaient entre l'acte hétérosexuel et homosexuel mais il s'interrogeait sur les sensations. Un orgasme restait un orgasme alors ressentir du plaisir avec un homme ou une femme, peu importait du moment qu'il y avait l'amour.

Harry glissa sa main sous les draps. Bientôt suivit par sa baguette.

Les yeux perdus dans le vague, il murmura le petit mot en Latin qui fit pulser son sang avec une intensité incroyable dans son membre devenu tellement dur qu'il en avait mal. Son gland humide continuait de frotter contre le matelas et il n'eut qu'à passer son pouce sur le doux renflement pour que sa semence jaillisse, le libérant de sa délicieuse tension.

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Harry ne vit pas Snape pendant les quatre jours suivants et, finalement, ne tint plus et demanda à Tinky ce qu'il se passait avec le maître des lieux.

« Le Maître n'est pas dans la maison actuellement. Le Maître a dit à Tinky qu'il allait revenir dans quelques jours. »

« Il est parti ! » s'exclama Harry, mi-horrifié et mi-dépité par ce qu'il venait d'entendre. « Il m'a laissé tout seul dans sa propre maison alors qu'il est censé me protéger si l'un des mangemorts arrive ! »

Tinky se mit à danser d'un pied sur l'autre, visiblement mal à l'aise et ne répondit pas.

Le Survivant ne savait pas que penser. D'un côté, il se disait que c'étaient quand même les vacances de l'homme et que s'il voulait aller quelque part, il avait le droit d'y aller. Aussi, que moins il voyait Snape et mieux il se portait. Qu'ainsi, il n'était plus soumis à ses exigences mal placées. Mais d'un autre côté, il était offusqué et même complètement vexé. Même si Harry savait se défendre et avait tué Voldemort, il savait que s'il avait à faire face seul à une bande de mangemorts assoiffés de sang, il n'en mènerait pas large. Et même si la position de Snape pendant la guerre avait été ambiguë, certains mangemorts étaient susceptibles de vouloir retrouver Snape soit pour le tuer, soit pour essayer de le convaincre de se rallier à leur groupe. Et s'ils retrouvaient la maison de Snape, ils le retrouvaient lui, Harry !

« Il n'en a vraiment rien à faire si je meurs ou pas ! » s'esclaffa le jeune homme avec amertume.

Tinky avait à présent les larmes aux yeux et, bouleversée, s'empressa s'ajouter « Oh non ! Non ! Le Maître ne souhaite pas que du mal soit fait au jeune Maître même si le Maître lui en veut à cause de l'union ! »

« L'union ? » répéta-t-il déconcerté tandis que l'elfe plaquait ses mains contre sa bouche, consciente d'en avoir trop dit. « Quelle union ? »

« Tinky doit y aller, jeune Maître. Tinky a beaucoup de travail ! Si le jeune Maître souhaite quelque chose, qu'il appelle Tinky ! » se précipita-t-elle d'énoncer avant de s'éclipser brusquement laissant Harry perplexe, les sourcils froncés.

Ce jour-là et le jour suivant, Harry s'occupa de planter des arbres fruitiers dans le verge, à l'aide des elfes parfois. Lorsqu'ils étaient là, il essayait de les questionner sur Snape, la propriété et surtout comment Snape avait fait pour l'avoir ainsi que sur l'union qu'avait mentionné Tinky mais Harry avait bientôt cessé de les interroger en voyant des bandages orner de plus en plus les membres de Siania, Lyvvie, Tobby et principalement Tinky.

Malgré l'interdiction stricte de fréquenter le laboratoire du maître des potions, Harry s'y était rendue pour préparer quelques préparations. Aucun elfe ne l'avait su bien entendu. Il avait fait le tour du petit manoir, seul, et était entré dans certaines pièces qui lui avaient été proscrites le premier jour. Il avait fait cela autant par curiosité, que par sécurité (mieux valait connaître une maison pour pouvoir s'en servir ou s'y cacher en cas d'attaque), et que pour transgresser des règles. Harry savait que cette dernière impulsion était stupide mais Snape n'avait jamais cessé de lui répéter qu'il ne savait pas suivre les règlements et de le punir pour cela donc il voulait une nouvelle fois lui donner raison. Une partie de lui ne pouvait s'empêcher de clamer que c'était aussi pour se venger de l'avoir laissé seul ici mais il repoussa l'idée. Il aurait dû être content de ce fait.

Dans ces salles qu'il avait visitées, il avait découvert six autres chambres qui devaient être destinées à des invités, une salle de jeux qui comportaient certains accessoires qu'il n'avait jamais vus auparavant, une petite salle de sport comportant un sauna dans l'un des angles, deux réserves : l'une dédiée au rangement des malles ou autres objets que l'on utilisait peu couramment et l'autre aux potions.

Harry avait été étonné de découvrir des centaines de bocaux de toutes couleurs et toutes proportions faire face à de larges armoires munies ou non de portes où étaient répertoriés des ingrédients ordinaires ou rares, bon marchés ou chers. Une grande échelle permettait d'aller et venir sur les différents rayonnages et permettaient d'accéder au niveau supérieur que Harry n'avait pas visité.

Cette salle était attenante à un large laboratoire, ingénieusement équipé et insonorisé que le jeune homme avait bientôt utilisé. Il avait fabriqué une potion permettant aux plantes et aux arbres de pousser plus vite et en pleine santé. Une autre qui agissait comme insecticide sans polluer quoi que ce soit et ensuite… il avait réalisé des préparations bien moins altruistes et beaucoup plus personnelles qu'il avait lu dans Le jardin d'Eros, chapitre 7.

Il venait souvent dans ce laboratoire, profitant de l'absence de son professeur. Il prenait soin de tout remettre en place et de tout nettoyer à l'aide de la magie avant d'en sortir. Il utilisait les ingrédients de l'homme mais il en avait tellement que Harry doutait qu'il ne s'en aperçoive un jour.

Sa visite s'était aussi soldée par la découverte d'une jolie pièce en hauteur, dont le toit en forme de dôme était à l'identique de celui de la Grande Salle de Poudlard. Il montrait le ciel : le soleil ou les nuages le jour et la nuit, les étoiles scintillantes.

Le dôme pouvait s'ouvrir sur simple demande et alors, l'on se retrouvait à l'extérieur. Des torches d'aspect exotiques se mettaient à flamber ça et là autour de la pièce, offrant ses charmes à la vue. Une belle cheminée faisait face à une sorte de comptoir de bar où, sur simple ordre, on avait accès à toutes les boissons, tous les sorbets et glaces mais également tous les plats qui existaient au monde. Des palmiers et autres plantes et fleurs tropicales décoraient magnifiquement ce petit coin de paradis. Au centre de la pièce, un matelas semblait être incrusté dans le sol comme sa surface était à la même hauteur que le parquet de bois brun. Draps et oreillers étaient faits de soieries rose fuschia, orange pamplemousse et jaune doré et invitaient à la paresse et à la sensualité. Des amphores grecques déversaient leur or sous trois petites bibliothèques aux livres bien rangés comme si elles prouvaient qu'elles dévoilaient un trésor.

De sa vie, Harry n'avait jamais vu de pièce plus belle et plus extraordinaire.

« Pas étonnant que Snape la garde pour lui ! » s'était-il dit alors mais en y repensant, il n'arrivait pas à voir son si glacial et méprisant maître des potions dans une salle aussi chaude et érotique.

Ce même jour, Harry avait visité encore deux autres endroits : le grenier et la cave, cependant certaines portes étaient restées définitivement closes. Comme celle des quartiers de son enseignant qu'il aurait ardemment voulu analyser. Il aurait aimé découvrir sa chambre notamment pour pouvoir en apprendre davantage sur son maître des potions. Sa chambre était-elle sombre comme tout ce qui le reflétait l'était ou se pouvait-il qu'il l'est décoré autrement, suivant une autre facette de sa personnalité… s'il en avait une ?

Cette question demeurait encore en suspens et il savait qu'il n'obtiendrait aucune aide de la part des elfes de maison donc il s'abstint de toute remarque.

Dans la nuit du cinquième jour suivant le départ de Snape, Harry surprit une conversation dans la bibliothèque comme il voulait s'y rendre pour reporter un livre sur des sorts muets et sans baguette qu'il avait avidement dévoré.

« … Vous dire que je suis déçu est un faible mot, Severus ! Vous saviez quelle était votre mission et vous saviez également quelle importance revêtait votre présence ici et pourtant, vous n'avez pas hésiter une seconde à laisser Harry tout seul… »

« Monsieur le directeur, Potter n'a jamais couru aucun danger ici. Avant de partir, j'ai renforcé les sortilèges qui trônent autour de la maison alors qu'ils étaient déjà très puissant. J'ai lancé un sort de localisation sur lui pour pouvoir être en mesure de savoir où il était à chaque seconde. Il était surveillé par mes elfes de maison qui m'ont assuré chaque soir que Potter n'était pas sorti du domaine. Que vouliez-vous que je fasse de plus ? »

« Rester ! Voilà ce que je voulais que vous fassiez ! Vous savez très bien que son sang ne le protège plus, qu'il n'est en sécurité nulle part excepté à Poudlard – et encore ! – et surtout, auprès de vous, Severus ! »

Harry entendit Snape grogner.

« Ce lien qui vous unit est la meilleure protection qu'il ait à présent et vous le savez ! Je pensais pouvoir vous faire confiance, Severus ! »

« Et vous le pouvez ! » siffla Snape entre ses dents. « Pendant la guerre, je vous ai toujours obéi, j'ai toujours fait ce que vous vouliez quoi qu'il en coûtait et encore aujourd'hui, je suis vos désirs mais vous devez aussi comprendre que j'ai envie de vivre ma vie, que je ne veux pas être la nounou de Potter, que j'ai besoin d'un peu de répit et de longs moments sans le voir. Sauf votre respect monsieur le directeur, vous savez à quel point je le méprise, à quel point j'abhorre tout ce qu'il est et qu'il représente. Si vous voulez toute la vérité, je ne supporte plus de voir son visage ou même son ombre chez moi ! Je ne supporte plus l'idée qu'il est près de moi et je ne supporte plus de savoir ce qui va se passer dans moins de deux mois maintenant et surtout, que je ne puisse rien faire pour arrêter tout ça ! »

Le cœur serré, Harry haletait de douleur. Il ne pouvait pas nier qu'il ne savait pas déjà que son professeur l'exécrait mais le haïr au point de quitter sa propre maison pour ne plus le voir alors qu'ils ne se rencontraient déjà pas fréquemment dans le manoir lui faisait mal. Il avait déjà été rejeté dans la vie mais ce dernier constat était une souffrance plus intense que les autres car il ne savait pas pourquoi.

Comment pouvait-on haïr une personne sans l'avoir jamais connue, sachant qu'elle ne vous avait jamais rien fait ?

Cette question, Harry se l'était posé très souvent sans jamais y trouver de réponse.

Le jeune étudiant se força à reprendre une respiration à peu près normale, crispant ses paupières pour empêcher ses yeux de laisser libre cours à leur peine et il put écouter de nouveau ce qu'il se disait.

« … Pettigrew ! » conclut la voix de Dumbledore avec détermination. « Tout cela ne peut prendre fin qu'avec sa capture donc l'union peut n'être que temporaire… »

Encore cette question d'union, se dit Harry restant perplexe.

« … Mais vous êtes prévenu Severus ! Dorénavant, je ne veux plus que vous quittiez Harry comme ça ! »

Comme la voix du directeur du collège se rapprochait de la porte, Harry se recula précipitamment et s'enfuit aussi rapidement que le lui permettait la discrétion.

Il se retrouva bientôt sur son lit, regarda l'heure et vit qu'il était minuit passé. Il éteint donc son plafonnier pour plus de sûreté et resta ainsi, dos sur son matelas, toujours habillé, le livre serré contre sa poitrine se soulevant et se rabaissant suivant l'allure vive de sa respiration saccadée et des questions tourbillonnant dans sa tête.

'De quelle union parlent-ils tous ? Qu'est-ce que Wormtail à avoir là-dedans ? Pourquoi est-ce que je suis plus en sécurité auprès de Snape qu'auprès de quiconque d'autre ? Qu'allait-il se passer dans moins de deux mois et pourquoi Snape et les autres apparemment étaient-ils impuissants devant cela ? Que lui cachait-on encore ?'

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Harry s'éveilla sans avoir eu conscience de s'être endormi et étouffa un bâillement. Il tenta d'ouvrir un œil tandis que le cognement qui l'avait réveillé e répercuta à nouveau contre la porte. Etait-il déjà presque 9 heures ?

Il n'eut pas le temps de le vérifier comme Tinky se précipitait déjà vers lui, l'air affolé.

« Oh le jeune Maître devrait se lever très, très vite pour tenter d'apaiser la colère du Maître ! »

Harry fronça les sourcils en avisant l'heure : 8h27. Il n'était donc pas en retard ! Alors pourquoi Snape était-il furieux ?

« Oh le jeune Maître n'aurait jamais dû faire ça ! Jamais dû ! » couina-t-elle, en tirant le bras de Harry pour qu'il se lève plus vite.

« Jamais dû faire quoi ? »

« Le jeune Maître n'aurait jamais dû se promener dans les pièces interdites pour lui ! »

Harry se sentit pâlir. Comment savait-il ? pensa-t-il tandis qu'il ne put empêcher sa deuxième pensée de sortir de sa bouche.

« Aïe ! »

« Comme le jeune Maître dit ! » acquiesça l'elfe.

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Harry subissait la rage de son maître des potions depuis cinq bonnes minutes lorsqu'il osa poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« Comment avez-vous su ? »

Le corps tremblant, les yeux menaçants et la bouche étirée en un rictus cruel, Snape rétorqua « J'avais lancé un sort de localisation sur vous !… »

Harry se remémora soudain la phrase que Snape avait dite la vieille à Dumbledore mais dont il n'avait pas pris conscience de toute l'ampleur : « J'ai lancé un sort de localisation sur lui pour pouvoir être en mesure de savoir où il était à chaque seconde. »

« … Et j'ai analysé tous vos allés et venues ce matin ! »

« Ah ! » fit simplement Harry qui avait la vague impression d'avoir été acculé au pied d'un mur infranchissable qui s'appelait douleur et punitions.

« Vous avez même essayé de vous rendre dans mes quartiers ! » accusa l'homme d'une voix tellement froide et féroce que Harry en frissonna. « Pourquoi ? Pour essayer d'y trouver une pensine ? »

Harry grimaça devant cette dernière phrase.

« Je voulais juste savoir comment étaient vos appartements, c'est tout ! » se défendit piteusement le jeune homme, conscient que son indiscrétion avait été déplacée mais tout en ne pouvant s'empêcher de ressentir la brûlante curiosité le consumer encore.

« Vous me prenez pour un imbécile ! Vous croyez que vous allez me faire avaler ça ? Qu'escomptiez-vous trouver dans mes quartiers ? Comptiez-vous trouver quelque chose de si affreusement excitant selon vous que vous auriez voulu me faire chanter ? Vouliez-vous comme votre satané père dévoiler devant vos pathétiques amis une parcelle de l'intimité de Snivellus ? » cracha-t-il avec un mépris palpable, la respiration devenue laborieuse par une rage qui l'étouffait.

Il saisit Harry par le col et lui siffla au visage « Souhaitiez-vous suivre les traces de votre infâme géniteur et de son fidèle cabot – dont la seule bonne décision a été de mourir - en essayant de dégoter des informations compromettantes pour les distribuer à tous les étudiants de Poudlard pour me discréditer auprès de mes élèves et de mes pairs ? »

Harry grogna de dégoût et de fureur. Dès que quelqu'un – et en particulier Snape – médisait ou insultait son père et Sirius entre autres, il voyait rouge. Il se mit donc à rétorquer avec la même intensité.

« Parce que vous ne croyez pas que vous vous êtes déjà discrédité tout seul ? »

Harry vit Snape rougir de rage et assena le coup final qu'il savait être un point sensible chez son maître des potions. « Parce que vous croyez toujours qu'il existe encore une seule âme qui vive qui ne connaisse pas votre glorieux passé de mangemort ! Non, je n'ai jamais cherché d'informations compromettantes sur vous car vous les avez déjà dévoilées très bien vous-même ! Mais vous connaissant, ça ne m'étonnerait pas que vous en ayez d'autres ! »

Cette fois-ci, l'homme pâlit affreusement et se raidit.

D'un ton glacial, il dit « Déguerpissez Potter ou sinon, je le jure, je vous tue sur le champ ! »

Harry hésita, tenté de lui river son clou pour de bon mais se ravisa et sortit. Dès que Snape fut hors de sa vue, il relâcha toute la tension qui s'était accumulée en lui et s'autorisa à trembler de tous ses membres.

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Le mois d'août tint compte de cette lourde friction. Harry ne revit Snape que dans les couloirs de la maison ou lorsqu'il voulait entrer ou sortir d'une pièce. Il ne restait jamais plus d'une seconde auprès de lui et ne lui parlait plus. Il ne venait même plus manger à table avec lui et la seule fois où l'homme lui adressait encore un mot était le fameux « Lumière ! » à 22 heures tapantes.

Ainsi, Harry fut soulager lorsqu'il dût faire ses malles pour le retour à Poudlard. Bien sûr, il savait que la vie ne serait pas facile là-bas car Snape pourrait lui donner des punitions sévères et injustifiées, ôter des points à sa Maison ou rendre sa vie misérable mais, à l'école, il n'y avait pas que Snape et quatre elfes de maison comme seuls contacts. Là-bas, il y retrouverait ses amis.

Et ce fut avec cette pensée en tête qu'il commença à se promener en cette journée du 31 août dans les rues de Diagon Alley. Il dépensa une coquette somme pour l'achat de ses livres, parchemins et autres fournitures scolaires mais surtout, pour le renouvellement de sa garde robe qui était à présent trop petite pour lui. Il avait grandit d'une dizaine de centimètres durant l'été et il fallait absolument qu'il trouve d'autres vêtements à sa taille.

Il déambula dans le magasin de Madame Malkin et observa les modèles virtuels qu'elle proposait. Au final, il acheta quatre robes noires dont trois étaient destinées pour l'école, une robe gris perle ornée de files d'argent savamment placés, une autre gris anthracite, une septième d'une belle couleur bleu roi, une nouvelle d'un vert émeraude qui reflétait l'éclat de ses yeux et une dernière en une sorte de velours lie-de-vin qui le seyait à la perfection. Il ajouté trois capes à cette pile : deux noires et une gris anthracite.

Il s'acheta également des vêtements moldus qui semblaient être la mode ces derniers temps chez les sorciers. Il sortit de la boutique avec trois pairs de jeans moulants : un noir, un blanc et un bleu délavé ; quatre pantalons de ville en toile d'une belle qualité : deux noirs, un blanc et un blanc cassé ; six pulls élégamment tricotés : deux noirs, un rouge sang, un vert d'une sombre émeraude, un bleu roi, un blanc cassé et un gris anthracite ; six tee-shirts suivants ces mêmes coloris ; des boxers noirs, des chaussettes et une paire de chaussures à lacets en cuir souple et noire.

Heureux de ses achats vestimentaires qu'il avait réduit pour les mettre dans sa poche, il se dirigea vers le chocolatier et, avisant l'augmentation des prix, se dit qu'il faudrait qu'il passe ensuite à Gringotts s'il ne voulait pas être à court d'argent pour acheter le cadeau d'anniversaire de Hermione.

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« Coffre 687, Monsieur ! » couina le gobelin en laissant passer Harry.

« Merci ! » fit ce dernier en entrant dans son coffre.

Il ouvrit sa bourse et y enfourna quelques gallions avant de prendre des noises et des mornilles. Ceci fait, il se retournait dans le but de partir lorsqu'il vit une enveloppe sur le sol qui semblait l'appeler. Il ne l'avait jamais vu auparavant et pourtant, elle scintillait intensément et paraissait tressauter comme si elle avait hâte d'être ouverte.

Fronçant les sourcils, Harry la ramassa, l'ouvrit et lut.

« Harry, mon fils,

Si tu lis un jour cette lettre, ça voudra dire que Voldemort a réussi à nous tuer ton père et moi mais que tu as survécu, ce qui est le principal.

Tu es probablement au courant maintenant de la prophétie que Sibylle Trelawney a fait sur toi et ton lien avec Voldemort mais je ne suis pas certaine que Dumbledore – s'il est toujours en vie – ou, encore moins, Severus Snape n'ait fait allusion à celle que Cassandra Trelawney a fait sur toi et Severus.

Je sais que la réalisation d'une prophétie va de pair avec les gens qui y croient mais je ne voulais courir aucun risque te concernant. Il en allait de ta vie – ce qui est plus précieux à mes yeux que quoi que ce soit d'autre au monde.

Harry, il est important que tu saches de quoi il retourne.

Il y a de cela trois mois, Sirius a entendu la prophétie de Cassandra Trelawney – une célèbre médium – et me l'a rapporté, ainsi qu'à James. Elle disait que si tu ne te liais pas avec Severus Snape avant ton dix-huitième anniversaire, tu ne l'atteindrais pas. Que si tu ne t'unissais pas à cet homme qui t'est complémentaire après ton dix-septième anniversaire, tu mourrais dans les six mois suivants.

James n'a pas cru en cette prophétie et n'a jamais voulu entendre de ce mariage, c'est pour cela Harry, mon fils, que nous t'avons uni légalement à Severus sans qu'il le sache. Lorsqu'il a eu connaissance de votre mariage, James était furieux et tu dois peut-être l'être aussi mais sache que tout ce qui a été fait était pour ton bien et que l'amour pour toi conduisait nos pas – à Sirius et à moi. De plus, tu es trop important pour l'avenir de la communauté sorcière ainsi que pour l'humanité pour que nous courrions un risque aussi grand.

Ton mariage est effectif car il a été consenti autant par Severus que par moi et a été assisté par un témoin : Sirius. Ce contrat sorcier ne peut être brisé excepté selon les clauses habituelles de ce type d'engagement. Si Severus ne remplit pas le sien, il ne pourra pas survivre car, aussi cruel que cela puisse paraître, si vous ne consommez pas votre mariage dans les deux mois suivants ton dix-septième anniversaire, il mourra. Je suis sincèrement désolée de devoir placer sur tes épaules et sur celles de Severus cette pression et contrainte mais nous ne pouvions réellement pas faire autrement.

J'espère que tu pourras un jour me pardonner ce mariage qui a eu lieu dans la soirée du 31 juillet 1981.

Je t'aime Harry. De tout mon cœur.

Ta maman,

Lily Evans Potter »

A suivre…
NdA : Dans le prochain chapitre, il y aura une discussion entre Severus, Dumbledore et Harry qui expliquera tout ce que je n'ai pas dit dans ce chapitre concernant le mariage de Severus et de Harry. Je sais que cette union paraît cruelle car personne n'aurait envie de se retrouver lié de force à une autre personne mais ne pensez pas que Lily ou Sirius étaient contents de les contraindre au mariage. Vous avez été nombreux a vous demander pourquoi ils avaient fait ça. Vous avez la réponse dans ce chapitre mais ils avaient raison : Harry court bel et bien un réel danger que vous verrez dans un chapitre beaucoup plus tard dans cette fic.

Quant à Severus, vous avez aussi été nombreux à me dire qu'il était méchant et bien… oui. Mais il n'est pas vraiment gentil non plus dans les livres. J'essaye de le garder « in character » même si c'est impossible quand on fait entrer de la romance dans une histoire avec lui. De plus, ses réactions sont un peu compréhensibles. On l'a marié de force au fils de son pire ennemi et il voit le jour fatidique s'approcher ou soit il doit 'coucher' avec lui, soit mourir. Sa situation n'est pas enviable… pour l'instant. Enfin, vous ne savez pas tout ce que le jour du 31 juillet 1981 a provoqué dans sa vie car, à la suite de cela, de grandes choses importantes ont changé pour lui. Souvenez-vous du diction : Chat échaudé craint l'eau froide. Ca lui va comme un gant et c'est aussi l'une des explications qui montrent la raison de son aigreur et amertume.

Voilà ! Comme nous n'avons plus le droit de répondre aux reviews, j'ai préféré faire une note d'auteur – encore autorisées, elles.

J'espère que ce chapitre vous a plu. Une dernière chose : ne faites pas attention aux fautes d'orthographe car je n'ai pas relu et aussi, il peut y avoir des lettres manquantes à certains mots ce qui m'agace mais depuis que mon portable a rendu l'âme, je me sers d'un ordinateur à clavier sans fil et comme je n'ai pas de bureau, je tape mes textes sur mon lit ce qui n'est pas l'idéal et comme le clavier n'est pas toujours bien devant l'ordi, ça ne tape pas toutes les lettres parfois. Il y en a certaine que je vois et que je retape mais parfois, elles passent à la trappe. Désolée pour ça.