En effet, au bout d'une semaine, Blacksmith avait déjà reprit des joues et pas mal de muscles. C'est fou ce que quelques repas l'avaient remit sur pied…
Assit sur son banc, Kimblee souriait, le regardant dévorer ses repas, affamé comme il était.
- Essaie de venir vers moi, pour voir.
L'homme le regarda en haussant un sourcil, avant de baisser les yeux vers ses chaînes.
- Vu le tas de muscles que t'es, t'as de grandes chances pour que ce soit pas un problème. Allez, debout.
Blacksmith sembla hésiter et s'avança vers Kimblee jusqu'à ce que ses chaînes ne le retiennent. L'alchimiste, le regard brillant, esquissa un large sourire.
- Maintenant, tu tires. De toutes tes forces.
L'homme à la peau sombre le scruta puis, le voyant si sûr de lui, se leva et commença à tirer.
Premièrement, Kimblee se rendit compte à quel point il était grand. Ensuite, son sourire s'élargit lorsqu'il entendit un son désagréable parviendre à ses oreilles.
La chaîne gémissait, se tordait, grinçait, craquait…
Puis les bras de Blacksmith partirent en avant et il tomba à genoux, la chaîne brisée venant retomber devant lui. L'homme semblait exténué, mais heureux. Il leva même un regard où l'on pouvait lire de la gratitude vers le tueur fou en face de lui, les yeux de ce dernier étincellants d'une folie retrouvée.
- Je comprends maintenant pourquoi ils te nourrissaient plus…
Son attention fut alors happée par une énorme tache noire sur le mur gris où l'autre était auparavant. Il fronça les sourcils alors que, sans un mot, Blacksmith se relevait et attrapait la planche de l'alchimiste des deux mains, le bois commençant à geindre sous la pression de ses mains. Kimblee, désormais debout, bras en l'air, nota avec une pointe d'appréhension que l'autre faisait plus d'une tête de plus que lui. Ce sentiment s'envola lorsqu'il sentit la planche craquer sous les doigts de son colocataires, il se mit même à rire lorsqu'il se baissa pour exploser sa chaîne. Lorsqu'il releva les yeux vers l'homme, ils souriaient tous deux, une lueur malsaine au fond du regard.
Kimblee se dirigea vers la porte et l'explosa, avant de se mettre à éclater de rire. Liberté… enfin…
Du coin de l'œil, il vit Blacksmith emprunter un couloir et décida de le suivre. Après tout, ils pouvaient bien s'évader ensemble jusqu'au bout, non ? En plus, la situation les amusa plus qu'autre chose.
Blacksmith attrapait les gardes d'une main chacun et les envoyait derrière lui, où Kimblee les explosait avec plaisir, riant alors que le sang chaud venait le recouvrir, comme avant… Seule l'alarme stridente gâchait tout ce plaisir. De plus, le noir s'éloignait de plus en plus de l'entrée, et cela l'excitait, attisait sa curiosité. On devait lui avoir confisqué quelque chose à son arrivée ici, et il se demandait bien quoi.
Blacksmith finit par ouvrir une porte d'un coup de pied puis il se dirigea vers le fond de la salle, où étaient entreposées des armes. Il fouilla un peu avant de sortir une sorte de gant taillé dans un plastique souple, qu'il enfila à la main gauche avant d'attraper cinq lames, chacune ayant une sorte de bague grossièrement fondue dans le métal. L'homme fit glisser les lames dans son gant, les bagues sur ses doigts avant de bouger ses derniers, souriant en voyant les lames bouger d'un même geste.
Lorsqu'il ressortit, Kimblee approuva d'un signe de tête, puis ils repartirent dans l'autre sens.
Il y eut très peu de survivants.
Une fois qu'ils furent tous deux dehors, ils prirent une profonde inspiration et se regardèrent avant de se serrer la main.
- Mon seul regret, commença Kimblee, c'est que t'as jamais rien dit à part ton nom.
L'autre lui sourit et se mit à parler dans un dialecte incompréhensible, ponctué de R magnifiquement roulés. L'alchimiste éclata de rire sur le coup, comprenant qu'il ne parlait pas sa langue, la comprenant juste.
- Vu comme ça… Allez, adieu.
Il lui adressa un signe de main avant de s'éloigner, main dans les poches, avant d'entendre le noir se remettre à parler.
- Ian Blacksmith.
Malgré la distance à laquelle ils étaient, Kimblee put voir une rangée de dents blanches chez cet homme totalement sombre. Il sourit et lui adressa ironiquement le salut militaire.
- Zolf Kimblee.
Puis il tourna les talons. Lorsque la question de la tache noire lui revint en tête, il se retourna, avec ne serait-ce qu'un espoir d'avoir une réponse. La seule chose qu'il aperçut fut la rue déserte.
Il haussa les épaules et reprit son chemin.
Nan, c'est pas fini :D
