A/N: Voilà donc la suite de l'histoire, avec l'arrivée de nos héros chez les Cullen. Pour la petite histoire l'intrigue a lieu dans les années 1920, d'où la présence du gramophone, et de l'extrême politesse de Jasper (même si nous savons toutes qu'il restera toujours notre "Southern Gentleman" préféré)... Bonne lecture!!!


Chapitre 3 – Arrivée chez les Cullen

Il ne leur fallut pas longtemps pour arriver au manoir des Cullen. La grande bâtisse se détacha bientôt du reste de la forêt, sans pour autant briser l'harmonie inhérente au paysage. Néanmoins par cette nuit pluvieuse, elle paraissait plus imposante et impressionnante que jamais. Alice ne put s'empêcher de se blottir plus étroitement entre les bras du jeune homme, cherchant cette sensation de sécurité qu'elle avait ressenti un peu plus tôt. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais il se dégageait tant de douceur et de gentillesse de lui, sentiments qu'elle n'avait plus ressenti depuis bien longtemps. La froideur et l'humidité de son corps ne la dérangeaient pas, elle se focalisait plutôt sur son odeur si masculine et légèrement musquée. Lorsqu'il la reposa à terre avec la plus grande déférence, elle regretta aussitôt le confort de leur étreinte, et se consola en s'agrippant à son bras.

Ses sens à lui étaient en ébullition, et le court trajet entre la clairière et la maison avait été un calvaire. Non qu'il ait détesté leur soudaine proximité, au contraire, il avait été agréablement surpris par la sensation de bonheur et d'abandon total qu'elle avait exprimé quand il l'avait prise contre lui. Non, c'était d'être soudain si proche des battements de son cœur qui l'avait troublé. Il s'était d'ailleurs forcé à ne pas respirer, trop conscient de l'odeur de son sang sous la fine couche de peau diaphane. Il avait préféré se concentrer sur les émotions qu'elle avait fait naître en lui à la place, seul dérivatif efficace. Cette confiance presqu'aveugle qu'il lui avait témoigné quelques instants plus tôt, ce n'était pas naturel, surtout venant de lui. Depuis toujours, on lui avait appris à se méfier de son prochain, à toujours mettre des distances pour ne pas blesser et être blessé. Et il était devenu un maître en la matière. Cet atout s'était aussi révélé être un handicap, il n'y avait qu'à voir les difficultés qu'il avait éprouvé à se rapprocher des Cullen depuis son arrivée. Pourtant cette fois encore, il leur faudrait lui venir en aide.

Arrivant devant la maison, il avait posé la jeune fille à terre aussi délicatement que possible, conscient de sa cheville blessée, et avait été surpris quand elle était venue s'accrocher à son bras en clopinant, sans doute effrayée par l'allure austère de la maison. Contre toute attente il avait alors repris sa main dans la sienne, et la précédant, l'avait invitée à entrer à son tour.

« Carlisle ! »

Il n'avait pas élevé le ton de sa voix, elle en était sure, elle avait même cru un instant qu'il s'était adressé à elle. Pourtant quand un homme à peine plus âgé que lui avait accouru pour le voir, elle avait bien dû se rendre à l'idée qu'il avait appelé à l'aide. Un échange avait ensuite eu lieu entre les deux hommes, et mettant cela sur le compte de l'extrême fatigue dont elle commençait à sentir les effets, elle n'avait pas réussi à en comprendre un mot. Il lui avait semblé que leurs voix étaient trop basses et rapides, comme passées en accéléré sur l'un de ces gramophones-valises qu'elle avait pu voir un jour dans la salle commune. Celui qui se faisait appeler Carlisle avait soudain prononcé le nom de quelqu'un, et une femme d'une beauté saisissante était alors venue les rejoindre dans l'entrée. Son visage respirait la douceur et la gentillesse, et immédiatement Alice se détendit.

« Esmée, voici Alice. Je l'ai rencontrée dans la forêt, elle s'est blessée à la cheville. J'ai pensé que peut-être… »

« Oh bien sûr ! Tu as bien fait Jasper, je suis fière de toi ! Viens mon enfant, tu dois être frigorifiée avec seulement cette fine chemise de nuit et tes cheveux mouillés ! »

Jasper… C'était donc ainsi que se nommait son sauveur… Elle n'eut cependant pas le temps de trop réfléchir à ce que lui évoquait ce nom, car déjà ladite Esmée la prenait par les épaules, l'entraînant vers le salon où crépitait un feu qui emplissait la pièce d'une douce chaleur. Elle l'invita à s'asseoir, le temps pour l'autre homme de jeter un œil à sa cheville légèrement enflée. Il s'affaira à nettoyer le sang qui avait coulé, avant de sortir d'on ne sait où une trousse pleine de bandages et remèdes en tout genre. Bien que plein de précautions, Alice sentit une douleur fulgurante la traverser quand il prit le petit pied entre ses mains pour l'immobiliser. Retenant un cri, elle se mordit violemment la lèvre en fermant les yeux. Etonnamment la douleur disparut presqu'instantanément, remplacée par une étrange langueur. Elle s'aperçut alors que Jasper venait de faire son entrée dans le salon lui aussi, des vêtements secs ayant remplacés ceux mouillés et salis qu'il portait un peu plus tôt. Une serviette reposait sur ses larges épaules, évitant aux boucles blondes indisciplinées de tremper le tissu de sa chemise. Il vint s'asseoir dans le fauteuil à côté d'elle, ses yeux ne quittant pas les siens un instant. Esmée revint rapidement auprès d'eux, une serviette et des vêtements propres plein les bras. Demandant à celui qu'Alice devina être son époux s'il considérait qu'elle pourrait marcher, elle entreprit de l'emmener vers la salle de bain la plus proche pour la débarbouiller un peu. Jasper acquiesça d'un signe de tête et la jeune fille fut emmenée sans qu'elle ait eu le temps de dire un mot. Là elle fut promptement déshabillée, plongée dans un bain chaud et lavée, avant d'être enveloppée dans une serviette deux fois plus grande qu'elle. Elle enfila ensuite une nouvelle chemise de nuit au tissu particulièrement fin et couteux, probablement très en vogue dans la haute société. D'abord un peu gênée, elle s'y trouva vite à l'aise, et esquissa un sourire quand son regard croisa son reflet dans le miroir. Jamais encore elle n'avait porté de vêtements si luxueux, et elle ne pouvait nier que la sensation lui plaisait beaucoup…

Elle fut ensuite conduite dans une chambre immense au milieu de laquelle trônait le plus grand lit qu'elle ait jamais vu. Esmée la pria d'aller y prendre un peu de repos, l'aidant à s'installer confortablement entre les draps de soie. Ils parleraient demain avait-elle dit de sa voix presque chantante. Les émotions de la journée ajoutées à la fatigue de sa course effrénée à travers les bois eurent rapidement raison d'elle, et ce fut à peine si elle entendit son hôte quitter la pièce sur la pointe des pieds quand Morphée l'appela à lui. Pour la première fois depuis des années, elle dormit d'un sommeil calme et réparateur, aucun cauchemar ni vision ne venant la hanter. Et pendant tout le temps qu'elle reposait, petite silhouette fragile perdue au milieu des énormes coussins et couvertures de toutes sortes, Jasper resta près d'elle, l'observant attentivement, totalement fasciné par la si petite main qu'il tenait entre les siennes.


Merci à tout le monde pour les reviews, et pour m'avoir mis dans vos alertes, ça me touche beaucoup, j'espère que vous continuerez de suivre mes histoires, et que je resterai à la hauteur de vos espérances dans les chapitres à venir! très vite pour la suite!!!