Un grand merci aux lecteurs assidus qui prennent la peine de me laisser des reviews.

Disclaimer de rigueur :

Mes machinations machiavéliques pour m'approprier les personnages de JKR ayant échoués, je suis au regret de vous annoncer que ceux-ci lui appartiennent toujours...

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3 – A un cheveu près

Confortablement installés dans la chambre d'Hermione, les 3 amis discutèrent un moment pour décider qui tenterait l'expérience en premier. Ils décidèrent que Ron passerait d'abord, suivi par Hermione et enfin Harry lorsque Ron se serait réveillé. Ils convinrent également, de ne discuter des détails de leurs visions ou de leur animal que lorsque chacun d'eux aurait terminé sa transe « Pour éviter que l'on ne s'influence mutuellement » avait expliqué Hermione.

Lorsque tous les détails furent discutés et acceptés, Hermione ouvrit un sac et en sortit 3 flacons. Elle en donna un à chacun des garçons et garda le dernier pour elle-même.

Ron fit la moue en regardant le contenu de la potion. Le liquide était verdâtre et sirupeux. Il s'en dégageait une odeur écoeurante de pourriture qui le prit à la gorge lorsqu'il déboucha sa fiole.

- « Dis Hermione, je suis vraiment obligé de boire ça ? » demanda-t-il d'un air peu convaincu.

- « Tu sais bien que oui. C'est le seul moyen si tu veux devenir un animagus. D'ailleurs, c'est bien la première fois que je te vois faire des difficultés pour avaler quelque chose.»

- « Ca c'est vrai ! » renchérit Harry. « De toutes façons, pour quelqu'un qui a déjà craché des limaces pendant toute une journée, boire cette potion ne devrait être qu'une formalité… »

- « Bon ça va, ça va… » Fit Ron, qui ne put réprimer une grimace à l'évocation de cette journée de 2ème année qu'il préférait oublier. « Vous pouvez toujours vous moquer, il n'empêche que ça a l'air dégoûtant ce truc. Qu'est-ce qu'il y a dans cette potion ? »

- « Crois moi, il vaut mieux que tu ne le sache pas » lui répondit Hermione avec un regard destiné à couper court à toute question supplémentaire sur le sujet.

- « L'effet de la potion dure combien de temps ? » Intervint Harry, qui n'avait effectivement pas très envie de savoir ce qu'Hermione avait bien pu utiliser comme ingrédients pour arriver à un résultat aussi pestilentiel.

- « Je n'en suis pas sûre, le livre n'était pas très clair là-dessus et le professeur Mac Gonagall n'en savait pas plus. J'ai voulu demander conseil à Rogue, mais je n'ai pas réussi à le voir en privé avant la fin de l'année scolaire. Enfin quoi qu'il en soit, je …»

Elle s'arrêta en voyant l'expression sidérée de Ron et Harry.

- « Hein ? Hermione, tu comptais vraiment aller demander conseil à Rogue ? » Demanda Ron avec un ton lourd de reproche.

- « Bien sûr, c'est notre professeur de potion, non ? »

- « Mais il nous déteste ! Je suis sûr qu'il nous aurait dénoncés au ministère pour nous faire expulser de Poudlard… » S'emporta Harry. A la simple évocation du nom de leur professeur de potion, ses yeux d'émeraude s'étaient emplis d'une telle fureur qu'ils semblaient lancer des éclairs.

- « Voyons Harry, Rogue ne ferait jamais une chose pareille. Je te rappelle qu'il est membre de l'ordre. D'ailleurs nous agissons avec l'assentiment de Dumbledore, Rogue ne le trahirait pas ! » Répondit Hermione qui commençait elle aussi à perdre son calme.

Harry pouvait sentir la colère monter en elle, vague après vague, comme si sa propre rage avait été directement projetée dans l'esprit de son amie. Hermione semblait avoir perdu tout self-contrôle.

- « Tu es impossible Harry ! Dès que l'on parle de Rogue, tu te mets en colère sans raison ! Et toi ne t'avises pas de lui donner raison ! » Ajouta-t-elle à l'intention de Ron. Mais ce dernier ne semblait pas décidé à dire quoi que ce soit et restait estomaqué par la fureur subite de sa petite amie. Hermione, habituellement si calme et si posée, ne l'avait pas habituée à ce genre d'éclats.

Alors que Harry s'apprêtait à rétorquer violemment, Hermione se tourna vers lui en le fusillant du regard. Harry s'arrêta net, hypnotisé par le mouvement harmonieux des cheveux de la jeune fille. Ils étaient si beaux, si soyeux. Il avait envie de les caresser, de plonger son visage dedans… Pendant un fugitif instant, il se trouva incapable de penser à autre chose. Puis, il se reprit mais toute sa rage semblait avoir disparut. Comment aurait-il pu être en colère contre une personne avec des cheveux aussi magnifiques ?

Hermione sembla hésiter un instant, puis elle se radoucit. Sa colère s'était dissipée aussi vite que celle d'Harry. Elle observait maintenant ce dernier en réfléchissant et remarqua vite le regard de son ami qui restait rivé sur ses cheveux. « Etrange, ces sautes d'humeur. Et pourquoi est-ce qu'il regarde mes cheveux comme ça ? » Pensa-t-elle. Puis soudain elle comprit. « Oh mon dieu, j'aurais du y penser tout de suite ! La potion… »

Ses pensées furent interrompues par Harry qui avait repris la parole :

- « Excusez-moi tous les deux. Tu as raison Hermione. Je m'emporte inutilement. C'est juste que … c'est dur depuis la mort de Sirius. Il me manque tellement… Et puis je ne peux pas m'empêcher de penser que si Rogue ne l'avait pas sans cesse provoqué, il serait toujours en vie...»

- « Bien sûr qu'on comprend Harry. On a tous été très affectés par la mort de Sirius. Mais je ne crois pas que ce soit vraiment la faute de Rogue » dit Ron en posant une main réconfortante sur l'épaule de son ami.

« Lorsque Sirius a appris que nous étions en danger, il s'est précipité au ministère avec les autres membres de l'ordre pour nous aider. Tu sais bien qu'il serait venu de toute façon, avec ou sans les provocations de Rogue. »

Harry fut bien obligé de reconnaître qu'il avait raison.

- « Oui, je le sais. Bon, si on reparlait de cette potion. Donc Hermione, tu ne sais pas combien de temps dure l'effet ?»

- « Et bien comme je vous le disais tout à l'heure, le livre est plutôt avare de détail sur la potion Animagi Revelo. Il semble que la durée varie d'un individu à l'autre, mais je pense que cela devrait normalement durer 3 ou 4 heures ».

- « Bon. Dans ce cas, je devrais probablement attendre que Ron se réveille avant de prendre la mienne ».

- « Oui, je crois que c'est plus sage » approuva hermione.

- « Lâcheur ! Tu t'en tires bien oui » lui lança Ron tout en jetant un regard inquiet vers la fiole.

Puis, prenant une grande inspiration, il vida d'un trait son contenu, bientôt imité par Hermione.

Devant les grimaces éloquentes de ses deux amis, Harry ne put réprimer un petit rire.

- « Pouah ! C'est encore pire que ce que je craignais. C'est tellement infâme que cela me fait penser à une aisselle de troll. » Pesta Ron, ce qui ne fit qu'ajouter à l'hilarité de harry.

- « Oui, c'est ça rigole. On en reparlera quand tu auras bu la tienne… » Plaisanta Ron, faisant rire ses amis de bon cœur.

Ils discutèrent encore un moment puis décidèrent de passer à la suite des opérations. Hermione se retira donc et les deux garçons restèrent seuls dans la chambre de Harry.

Avec un sourire gêné, Ron retira sa chemise. Il partageait le même dortoir qu'Harry, ils étaient dans la même équipe de Quidditch, aussi c'était loin d'être la première fois qu'il se déshabillait devant son meilleur ami. Habituellement, cela ne le dérangeait pas, mais là, les circonstances étaient un peu différentes. Ron, qui était plutôt d'une nature pudique, était quand même mal à l'aise de se dévêtir ainsi devant quelqu'un qui le regardait.

« Allez, grand fou, montre-moi ton corps d'athlète ! » le taquina Harry, plutôt amusé par la gêne de son ami. Cela eut l'effet escompté et Ron éclatant de rire, finit de se déshabiller. Il s'allongea ensuite sur le lit et se détendit, faisant le vide dans son esprit.

- « Bon, tu es prêt ? Ok, alors on y va.» Harry se concentra sur son ami, traça le symbole dans le vide avec sa baguette et prononça la formule « Anima Soporis ».

- « Ron ? » appela Harry en secouant légèrement son ami par le bras. Ron ne répondit pas. Sa respiration était lente et régulière.

- « Bon et d'un ! » murmura Harry pour lui-même. « Maintenant, passons à Hermione ».

Il sortit de la chambre et se retrouva dans le couloir sombre, qui n'était éclairé que par un mince rai de lumière filtrant par le trou de serrure de la chambre d'Hermione. Il fut instantanément frappé par la musique tonitruante provenant de la chambre de Dudley qui faisait vibrer les murs. Harry trouvait que son oncle et sa tante étaient toujours d'une indulgence coupable avec leur fils, notamment lorsqu'il s'agissait de ce genre de nuisance…

Il frappa à la porte « Hermione ? C'est Harry », mais il n'eut aucune réponse.

« HERMIONE ? HERMIONE, TU ES LA ? » Insista-t-il, toujours sans succès. Dans la pièce d'à côté, la musique s'était tue. Un peu inquiet, il sortit sa baguette et essaya d'ouvrir la porte ; elle n'était pas fermée. Harry prit une courte inspiration et pénétra silencieusement dans la pièce.

Hermione était assise sur le lit et lisait un livre. Elle lui sembla si belle, avec ses longs cheveux ondulant au dessus des pages. Il resta un moment à la regarder silencieusement.

Au bout de quelques secondes, elle sembla sentir sa présence et releva la tête vers lui :

- « Harry ! Je ne t'avais pas entendu entrer»

- « Pourtant j'ai appelé et j'ai frappé à la porte. »

- « Oh, c'est vrai, je ne pouvais pas t'entendre. J'ai du jeter un sortilège d'insonorisation, à cause du boucan que faisait ton cousin. Aucun bruit ne peut entrer ou sortir de la pièce. »

- « Effectivement, c'était une bonne idée. Ca aurait été dur de se concentrer et d'entrer en transe avec cette musique infernale » observa Harry avec un geste vers le mur les séparant de la chambre de Dudley.

- « A propos de transe, comment ça c'est passé avec Ron ? »

- « Parfaitement bien. Je l'ai envoyé au pays des songes. D'ailleurs il faut maintenant que je m'occupe de toi» répondit-il avec un sourire. En réalité, il ne se sentait pas aussi sûr de lui qu'il aurait voulu l'être. Hermione était si attirante, qu'il lui fallait déployer tout son sang-froid pour garder le contrôle et ne rien dévoiler de son trouble.

Hermione le regarda d'un air embarrassé.

- « Ecoute Harry, je… j'ai remarqué que tu fixais souvent mes cheveux et je crois que… »

- « Oui, peut-être. C'est parce que je suis impressionné par l'efficacité de ta potion. » L'interrompit Harry. « D'ailleurs, il faudra que je pense à l'essayer moi aussi. » ajouta-t-il d'un air faussement détaché, en désignant les très nombreuses mèches rebelles de sa propre chevelure.

Bien qu'il fasse de très gros efforts pour dissimuler ce qu'il ressentait, Hermione ne semblait pas dupe.

- « Je ne sais pas si ce serait une bonne idée Harry. Il semble qu'il y ait des effets… non prévus. D'ailleurs, pour ce qui est de la transe, on devrait peut-être attendre … »

- « Mais non, je suis bien rôdé après avoir endormi Ron. Autant y aller tout de suite pendant que je suis chaud. »

En réalité, Harry était surtout soucieux d'abréger son supplice. Il devait déployait d'importants efforts pour éviter de regarder les cheveux d'Hermione et pour ne rien laisser paraître des émotions violentes qui le parcouraient. « Allez, on se calme. C'est juste Hermione. Il n'y a aucune raison de se mettre dans un état pareil » se répétait-il en boucle. Mais il avait beau tenter de se raisonner, sa libido semblait imperméable à toute logique.

Hermione resta un instant songeuse, puis elle parut prendre une décision.

- « Bon d'accord allons-y ».

Elle prit une profonde inspiration et enleva d'un seul mouvement son pull et son t-shirt, révélant des seins ronds et fermes, à peine dissimulés par le soutien-gorge en coton qu'elle portait. Harry fit un effort surhumain pour ne pas loucher sur la poitrine de la jeune sorcière et se plongea dans la contemplation de ses ongles.

Hermione semblait encore plus embarrassée que son ami et ses joues arboraient à présent une belle teinte écarlate qui aurait presque pu la faire passer pour une Weasley. Mais elle ne se démonta pas pour autant. Prenant son courage à deux mains, elle déboutonna son jean et le fit glisser le long de ses hanches. Elle se trouvait maintenant en sous-vêtement devant Harry.

Cette fois, ce dernier ne put contrôler son regard et se retrouva malgré lui à contempler le corps de son amie. Elle avait de très jolies jambes, fines et galbées, et sa silhouette d'apparence menue cachait en fait des courbes très féminines. La culotte et le soutien-gorge qu'elle portait étaient tout sauf sophistiqués : de simples sous-vêtements en coton blanc, mais Harry la trouvait terriblement sexy dans cette tenue.

Devant le regard appuyé de Harry qui la dévorait des yeux, Hermione se sentit encore plus mal à l'aise qu'auparavant, si tant était que ce fut possible. Incapable de supporter le regard avide de son ami sur son corps, elle se détourna pour dégrafer son soutien-gorge.

Harry se retrouva donc à observer le dos d'Hermione, la blancheur de sa peau, la rondeur délicate de ses fesses et ces cheveux, oh mon dieu ces merveilleux cheveux… Ils ondulaient gracieusement alors qu'elle se penchait pour laisser tomber à terre son soutien-gorge.

Pour Harry, ce fut le coup de grâce. Il éprouvait la sensation d'un homme à demi-mort de soif et devant lequel on agiterait une coupe d'eau délicieusement fraîche. Il savait pertinemment qu'il ne devait pas y toucher, mais qui aurait pu résister ?

Il eu soudain l'impression que toute sa vie était là, que jamais il ne pourrait trouver le bonheur ailleurs que dans les bras de la déesse qui lui faisait face. Alors, sans plus réfléchir, comme un automate, il s'avança vers elle et l'enlaça.

Hermione, le sentant soudainement approcher, se retourna et se retrouva dans les bras d'Harry, avant d'avoir eu le temps de réaliser ce qui se passait. Son étreinte était forte, impérieuse.

Elle sentait le torse du jeune homme contre sa poitrine nue ; ses mains sur ses fesses, les caressant doucement après avoir fait glisser le mince tissu qui les recouvrait encore ; et son érection pressée contre ses cuisses, bien sensible même à travers le jean et qui laissait peu de doute sur ses intentions.

Hermione savait qu'elle aurait du tenter quelque chose; crier, le repousser, le gifler, n'importe quoi pourvu qu'elle lui résiste; mais elle était dans un tel état de choc qu'elle ne fit rien pour se dégager. Elle était comme paralysée, ne pouvant croire ce qui était en train de lui arriver.

Puis, il inclina la tête, ses lèvres cherchant avidement les siennes. Pendant une fraction de seconde, elle songea à nouveau à se débattre, mais elle changea d'avis et n'en fit rien. A contrecoeur, elle lui rendit son baiser.

Ils s'embrassèrent pendant quelques secondes qui leur semblèrent s'étirer à l'infini. Quelques secondes de délice pour Harry, un long moment de sueur froide pour Hermione. Puis quelque chose se passa. Hermione sentit une sorte de changement subtil se produire chez Harry et il relâcha son étreinte. Les yeux d'émeraudes la regardaient à présent avec incrédulité…

Alors qu'il savourait ce merveilleux baiser avec cette jeune femme qu'il désirait plus que tout, Harry eu soudain une étrange impression, comme si ses pensées s'éclaircissaient brutalement, comme si on avait levé le voile qui obscurcissait son esprit.

Une soudaine prise de conscience transperça son esprit comme une flèche : Hermione ! C'était Hermione qu'il était en train d'embrasser ! « Non mais qu'est-ce que je fabrique ! » se dit-il en lâchant son amie et en reculant d'un pas.

Il la regarda. Ce n'était plus la sublime jeune femme qu'il avait tenue dans ses bras quelques instants plus tôt et pour laquelle il se serait damné sans hésitation. A présent, il ne voyait plus qu'une simple jeune sorcière de 16 ans, certes plutôt mignonne, mais qui n'éveillait aucun désir en lui.

Il aurait plutôt eu envie de la prendre dans ses bras pour la consoler et la protéger. C'était son amie, c'était Hermione.

Leurs regards se croisèrent et lorsque Harry vit l'expression effarouchée dans les yeux d'Hermione, son coeur se serra. « Mon dieu, mais qu'est-ce que j'ai fait ? » songea-t-il.

- « Hermione, je … je suis désolé. »

Elle s'assit sur le lit, attrapa une couverture et se la passa autour des épaules pour masquer sa nudité, puis elle releva les yeux et répondit simplement « Je sais Harry ».

- « Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je n'étais plus moi-même. Je… enfin je n'arrivais plus à me contrôler. »

- « Moi je sais ce qui c'est passé. C'est la potion… »

- « La potion ? »

- « La potion pour mes cheveux. Quelle idée j'ai eu ? J'aurais du me douter que cela allait arriver. Je n'aurais jamais du fabriquer cette maudite potion…»

Le désarroi d'Hermione avait fait place à une colère froide. Harry pouvait sentir qu'elle ne lui en voulait pas, qu'elle s'en voulait à elle-même, mais il ne comprenait pas pourquoi.

- « Je ne vois pas le rapport entre cette potion et ce que j'ai… ce qui vient de se passer »

- « C'est malheureusement très simple. A la base, j'ai repris la recette utilisée pour les potions démêlantes classiques. Mais, j'ai également ajouté d'autres ingrédients. »

- « Oui, pour que l'effet dure plus longtemps, c'est ça ? »

- « En fait non. Enfin pas seulement pour ça.» Répondit Hermione à mi-voix. « J'ai … J'ai aussi ajouté un cheveu de vélane. » Avoua-t-elle dans un souffle, avec l'air aussi coupable que si elle venait de reconnaître avoir commis un meurtre.

- « Ah ? » fit Harry qui ne voyait toujours pas où elle voulait en venir.

- « Harry, tu n'écoutes jamais rien en cours de potion ? » lui reprocha-t-elle avec impatience. Sans lui laisser le temps de répondre elle reprit « le cheveu de vélane compte parmi les ingrédients les plus puissants que l'on puisse utiliser pour confectionner un filtre d'amour. »

- « Oh… » Fit Harry qui commençait à comprendre. « Tu veux dire que tu as fabriqué une sorte de …'shampoing d'amour' ? »

- « Je ne l'aurais sans doute pas formulé comme ça, mais oui, en quelque sorte. Je pensais que cela rendrait peut-être mes cheveux plus jolis, plus attirants. Je voulais juste que Ron me remarque… »

- « De ce point de vue là au moins, c'est réussi. »

- « Oui, mais je n'avais pas prévu que l'effet serait aussi puissant. Je n'imaginais pas que tu pourrais tomber amoureux de moi juste en regardant mes cheveux. »

- « Ce n'était pas vraiment de l'amour. » répondit Harry en réfléchissant. « C'était purement physique, comme une sorte de désir obsessionnel et malsain. » En se remémorant ce qu'il avait éprouvé, il se sentit à nouveau coupable à l'idée de ce qui venait de se passer. « Hermione, je suis tellement désolé...»

- « Je ne t'en veux pas Harry. Tu n'étais plus toi-même et c'était d'ailleurs en grande partie de ma faute. Cette potion a modifié ton comportement … et le mien aussi, je crois. Et celui de Ron également, même si lui a été affecté différemment. »

- « Que veux-tu dire ? »

- « Et bien, on aurait dit que la potion lui avait donné de la force, de l'assurance, il paraissait savoir exactement ce qu'il voulait et il … » Elle s'interrompit devant le sourire amusé qui apparaissait sur le visage de son ami. « Enfin c'était bien. » conclut-elle en rougissant légèrement.

- « Je pense que si Ron s'est comporté ainsi, c'est parce qu'il était déjà amoureux de toi, avant la potion. »

- « Tu as peut-être raison. » répondit Hermione avec un sourire épanoui. « En tout cas, je me rappelle que lorsque j'ai embrassé Ron, son comportement a changé. Il est redevenu lui-même. Alors, je me suis dit que cela marcherait peut-être pour toi aussi, et ça a été le cas. »

- « Oui, on dirait. Heureusement que même dans les situations délicates, ta cervelle fonctionne toujours aussi bien. »

- « Justement, si elle avait mieux fonctionné auparavant, nous ne nous serions pas retrouvé dans cette situation délicate… »

- « A ce propos, qu'est-ce qu'on va dire à Ron ? »

A ces mots, Hermione eu soudain l'air paniquée.

- « Oh mon dieu, Ron. Heu, je ne sais pas. Tu crois vraiment qu'on doit lui en parler ? » Demanda-t-elle avec un nuance d'espoir dans la voix.

- « C'est mon meilleur ami, Hermione. Il est comme un frère pour moi, je ne pourrais jamais lui cacher que j'ai embrassé sa petite amie »

- « Mais tu te rends compte ? Rappelle-toi les colères qu'il pique à propos de Viktor. Et encore, j'étais juste allée au bal avec lui, alors s'il apprend que je t'ai embrassé et que tu m'as … touchée, je n'ose pas imaginer sa réaction. »

- « On n'est peut être pas non plus obligés de rentrer dans les détails, mais il faut qu'on lui dise qu'il s'est passé quelque chose. Si je ne le faisais pas, je ne pourrais plus jamais me regarder en face. »

- « Soit. Mais alors laisse-moi lui expliquer d'abord les effets de la potion, pour le préparer... »

- « D'accord, bonne idée » approuva Harry.

- « Bien, tout cela ne doit pas nous faire oublier que nous somme là pour découvrir nos animaux. Harry, tu te sens capable de continuer ?»

- « Heu, oui je crois. Et toi ? »

- « Evidemment. Je vais juste diminuer la lumière, ainsi je serais plus à l'aise »

Hermione tendit la main jusqu'à l'interrupteur mural et éteignit le plafonnier qui éclairait la chambre. Ils se trouvèrent alors plongés dans une demi-pénombre, seule une petite lampe de chevet éclairant encore faiblement la pièce.

- « C'est une bonne idée. Si tu veux tu peux éteindre complètement. » Proposa Harry.

- « Non Harry, le sortilège Soporis nécessite un contact visuel minimal pour fonctionner. Mais ne t'en fait pas, cela ira très bien comme ça»

Elle se leva et hésita une seconde, avant de défaire la couverture qui masquait sa nudité et de la reposer sur le lit. Sans perdre sa contenance, elle se retourna et se pencha pour arranger le lit avant de s'allonger dessus.

Harry, de son côté, fut rassuré de constater que le corps d'Hermione le laissait désormais quasi-indifférent. Tout au plus était-il légèrement embarrassé de se retrouver ainsi face à son amie dans le plus simple appareil. Mais en tout cas, tout désir avait disparu.

Hermione était allongée sur le lit, les yeux clos. Harry se concentra sur le sortilège qu'il s'apprêtait à lancer.

- « Tu es prête Hermione ? » Elle hocha silencieusement la tête, les yeux toujours fermés.

Harry se concentra sur l'esprit de son amie, traça le symbole et prononça la formule.

- « Hermione ? »

Elle ne répondit pas et semblait dormir paisiblement. Ses traits étaient totalement détendus. Sans la mine soucieuse et concentrée qu'elle arborait habituellement, elle lui faisait penser à une petite fille. Harry la regarda avec un regard attendri, presque paternel. Il eut le réflexe de la recouvrir d'une couverture, mais arrêta son geste : elle devait rester totalement nue pour que la potion Animagi Revelo agisse et lui procure la vision attendue.

Il sortit donc de la pièce et se retrouva nez à nez avec un Dudley au regard fuyant.

- « Dudley. Qu'est-ce que tu fais là ? » Demanda Harry d'un air suspicieux.

- « J'ai besoin de prendre un truc dans mon bureau »

- « Désolé, mais ça devra attendre. Tu ne peux pas entrer pour le moment »

- « Mais je dois le prendre maintenant ! Je vais chez Malcolm et je lui ai promis d'amener mon nouveau jeu « Alien Destructor 2000 ! » Commença à s'énerver Dudley.

- « Dudley, ça te plairait une nouvelle queue en tire-bouchon ? » demanda Harry en sortant sa baguette. « A moins que tu ne préfères le groin qui va avec ? » ajouta-t-il en s'avançant de manière menaçante vers son cousin.

- « Tu n'as pas le droit de faire de magie ici ! » glapit Dudley en reculant précipitamment.

- « Tu sais bien que je n'ai jamais été très respectueux des règlements… » Rétorqua Harry en pointant sa baguette vers son cousin qui pâlissait à vue d'œil.

Le jeune sorcier se mit alors à marmonner des formules sans queue ni tête d'une voix sinistre. Cela eut l'effet escompté et Dudley déguerpit sans demander son reste, pour la plus grande joie de Harry. Il entendit avec satisfaction son cousin dévaler les escaliers et franchir au pas de course la porte d'entrée. « Cela lui fera du bien de galoper un peu, à ce baleineau... » Songea-t-il.

Harry retourna ensuite dans sa chambre. Ron dormait toujours sur son lit, le visage totalement impassible. Se sentant un peu las, Harry décida de se coucher lui aussi. Il se mit en pyjama, éteignit la lumière et se coucha.

Il se réveilla en sentant des mains puissantes le secouer.

- « Harry. Hé, Harry réveille-toi ».

Harry ouvrit les yeux et distingua un grande tache flou qu'il devina être une tignasse rousse. Il chercha à tâton ses lunettes, les trouva et les enfila, pour se trouver nez à nez avec le visage lunaire de Ron. Ce dernier portait un vieux pyjama et le regardait d'un air réjoui.

- « Ron. Tu es réveillé. » Constata Harry, l'esprit encore embrumé. « Quelle heure est-il ? »

- « Il est 1h 20. Ma transe a dû durer près de 3 heures. »

- « Alors, comment c'était ? Tu as découvert ton animal ? »

- « C'était incroyable, très étrange ; et oui je connais mon animal. Enfin je crois. »

- « Comment ça ? » demanda Harry intrigué.

- « Je te raconterai plus tard. Tu sais bien que Mione ne veut pas qu'on en parle tant que tu n'auras fini ta propre transe. D'ailleurs comment ça s'est passé avec elle ? Elle est entrée en transe sans problème ? »

Alors que Harry réfléchissait pour répondre, les événements de la soirée lui revinrent en mémoire. Il se sentit terriblement gêné par ce qui s'était passé et eu envie de tout avouer à son meilleur ami. Mais il avait promis à Hermione de ne rien dire avant qu'elle lui ait elle-même parlé.

- « Quoi qu'est-ce qu'il y a ? » insista Ron devant le silence d'Harry « Il y a eu un problème ? Hermione va bien ?»

- « Heu non, non pas de problème. Tout s'est bien passé, Hermione dort dans la chambre d'en face. »

- « Ah bon, tant mieux. Alors c'est ton tour maintenant. »

- « On dirait bien. »

Harry se dirigea vers la table de sa chambre et prit la fiole de potion. Il l'ouvrit, la renifla prudemment et fit une grimace écoeurée. Puis, prenant son courage à deux mains, il rejeta la tête en arrière et but la fiole d'une seule traite.

- « Beurk. Tu avais raison Ron, ce truc est infâme » dit Harry en réprimant un haut le cœur.

- « Ah, ça je te l'avais bien dit » s'amusa Ron.

- « Bon maintenant je n'ai plus qu'à me déshabiller… » Lança Harry qui joignit le geste à la parole en retirant son haut de pyjama.

- « C'est ça grand fou, montre-moi ton corps d'athlète… » Répondit un Ron hilare en imitant la voix de Harry. Les deux garçons éclatèrent de rire.

Harry retira ensuite son pantalon et s'allongea sur le lit. Il ferma les yeux et se détendit.

- « Prêt Harry ? » lui demanda la voix de Ron.

Harry fit un signe de tête et attendit. Il entendit le bruissement de la baguette de Ron fendant l'air, la fameuse formule « Anima Soporis ! » puis il sombra dans un sommeil profond.

- « Hé Harry ! Ca a marché ? » Demanda Ron. Il n'eut aucune réponse. « Bon, il faut croire que oui. »

Ron resta quelques instants à regarder Harry qui dormait, immobile. Puis, lorsqu'il fut sûr que tout allait bien, il se recoucha, mais bien qu'il se sentit épuisé, il ne parvint pas à se rendormir.

Depuis qu'il était sorti de sa transe, sa tête bouillonnait de questions et de doutes, il fallait qu'il en parle à quelqu'un. Et qui mieux qu'Hermione aurait pu l'aider à comprendre ? C'était sans contestation possible, la personne la plus intelligente qu'il connaissait. Pour autant que Ron le sache, elle était même probablement l'élève la plus brillante à avoir jamais fréquenté les bancs de Poudlard.

Ron se releva donc et sortit dans le couloir, pour aller se poster devant la porte d'Hermione. Etait-elle réveillée ?

Il colla son oreille sur le panneau de bois, mais aucun son ne provenait de la chambre. Il hésita alors sur la marche à suivre. Devait-il entrer et rester près d'elle jusqu'à ce qu'elle se réveille ? Il devait bien avouer que voir Hermione en tenue d'Eve le tentait terriblement (elle devait avoir un corps si magnifique), mais n'allait-elle pas lui en vouloir en se réveillant ?

« Oh et puis, si elle a pu se déshabiller sans problème devant Harry, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas la voir nue moi aussi ? Après tout je suis son petit-ami maintenant…» se dit Ron en essayant de se convaincre.

Il resta ainsi quelques instants en débat avec lui-même, puis décida finalement de céder à la tentation. Il ouvrit la porte et pénétra sans bruit dans la chambre d'Hermione.

Il regarda autour de lui. La pièce lui parut sombre, l'unique petite lampe allumée lui conférait une atmosphère de veillée funèbre qui le poussa instinctivement à rester silencieux. Hermione était allongée sur le lit, complètement nue. Elle était magnifique, sa peau laiteuse luisait presque dans la pénombre. Décidemment, tout chez elle était sublime…

Il admira ses petits pieds fins, ses jambes fines et galbées, la rondeur de ses hanches. Son regard s'attarda un instant sur la fine toison qu'il devinait entre ses cuisses, puis remonta le long de son ventre, jusqu'à ses seins d'albâtre. Ou plutôt son sein, puisqu'il ne pouvait en voir qu'un seul, l'autre étant masquée par la grosse main aux doigts potelés qui le caressait…

Une main ? Hermione ne se trouvait donc pas seule dans la pièce avant son arrivée. Ron fut frappé de stupeur en réalisant à qui appartenait cette main…

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Fin du troisième chapitre. comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, positifs ou non.