Série : Gundam Wing ! Impossible de changer en cours de route malgré les menaces de mort que je reçois d'un certain Shinigami….

Auteur : TP (même chose que pour la série….)

Genre : angst, OOC, POV Dudu…. Comme d'hab quoi !

Disclaimer : …. Je peux avoir la moto à défaut d'autre chose ? Mais heu !

Commentaire : J'ai eu de mal à l'écrire ce chapitre ! D'ailleurs j'en suis pas contente alors si vous avez des idées pour l'améliorer n'hésitez pas à me les communiquer ! En tout cas, J'AI ENFIN FINI CETTE TRILOGIE (temporairement peut-être mais bon….) !

Je ne mens jamais

Au matin, fort de ma nouvelle résolution, je me lève avant le soleil et j'enjambe les corps endormis éparpillés autour de moi en essayant de ne réveiller personne. Dans le hall, la femme est endormie sur le comptoir et ronfle allègrement. Je n'y prête pas attention et me dirige directement vers la porte.

Il a plu toute la nuit et le sol est trempé. Je patauge dans la boue et les flaques sans chercher à les éviter.

Mais je m'arrête d'un coup en apercevant une silhouette à côté de la moto. Une silhouette blonde dont les vêtements élégants sont dégoulinants et tachés de boue. Quatre bien sûr. Son 4x4 est garé au bord de la route et il examine la moto sous tous les angles, cherchant probablement à savoir si c'est bien celle de Heero, si elle a servi récemment…

Je recule doucement, essayant de ne pas me faire remarquer. J'espère qu'il va croire que j'ai abandonné la moto et qu'il va continuer ses recherches ailleurs.

Mais il se redresse, se tourne vers l'hôtel avec la visible intention d'y entrer et m'aperçoit.

Je m'immobilise.

Pendant une seconde, aucun de nous deux ne bouge. On s'observe simplement, on étudie la réaction de l'autre. Il a l'air surpris. Peut-être à cause de l'expression impassible et sérieuse si inhabituelle de mon visage. Pour une fois, je ne souris pas, je ne plaisante pas. J'analyse la situation et je calcule mes faibles chances de lui échapper.

Puis, le moment d'étonnement passé, il se précipite vers moi.

Duo ! Que fais-tu ici ?

Je recule d'un pas et il hésite devant ma réaction.

Duo ? Que se passe-t-il ? Pourquoi es-tu parti comme ça ? Nous nous sommes inquiétés…

Je ne peux pas supporter la douleur évidente dans sa voix et sur son visage. Elle va faire craquer mon masque. Je ne peux pas l'accepter. Il faut que je l'éloigne.

Laisse-moi tranquille, lui dis-je d'un ton aussi froid que possible en me détournant pour ne pas voir l'expression blessée qui, je le sais, apparaît sur son visage à ces mots.

Je ne me suis pas encore assez endurci. Je dois encore rester seul pour m'habituer à ma nouvelle personnalité, pour ne pas risquer de voir tous mes efforts échouer et mon ancien moi remonter à la surface. Pour ne pas risquer de voir mourir mes amis. Ils en souffriront peut-être pendant un moment, Quatre en tout cas, mais c'est pour leur bien. Je sais bien qu'ils ne peuvent pas comprendre mais si je reste assez longtemps loin d'eux, ils finiront par m'oublier. Je ne pourrai plus les faire souffrir ou les mettre en danger.

Il faut juste que je les oublie, que je retourne à la vie que j'avais avant de les rencontrer. Il faut juste que je me réhabitue à la solitude.

… Duo ?

Je relève la tête. Quatre semble totalement perdu.

Que puis-je lui dire ? Je n'ai pas encore affermi assez ma détermination pour en parler sans risquer de la briser.

Je garde donc le silence et je me dirige vers la moto sans regarder Quatre, comme si cela pouvait l'empêcher de m'arrêter. Bien sûr, cela ne marche pas et, lorsque je passe à côté de lui, il m'attrape le bras et me tourne brutalement vers lui. Je m'arrange pour garder une expression impassible quand nos regards se croisent. Incompréhension, colère due à cette incompréhension, tristesse… voilà ce que je peux lire dans ses yeux.

Duo… S'il te plaît, viens avec moi. Rentre à la maison. Je ne sais pas ce qui t'arrive mais cela ne peut pas s'arranger dans la fuite, j'en suis certain. Nous pouvons sûrement t'aider à régler ton problème, quel qu'il soit…

Je sais qu'il a tort. Je sais que rentrer avec lui ne pourra pas m'aider, au contraire.

Alors pourquoi est-ce que je le suis dans le 4x4 ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas empêcher mon corps de faire ce que je ne souhaite pas faire ?

Mais au fond, qu'est-ce que je veux vraiment ? Je sais que suivre ma décision serait la meilleure chose à faire. Mais d'un autre côté… Je suis tiraillé entre mon désir de protéger mes amis et mon instinct de survie, qui me hurle que je ne pourrai pas supporter la solitude. Et le regard inquiet de Quatre n'arrange pas les choses…

Je suis totalement perdu. Mon corps ne marche plus qu'à l'instinct et je me retrouve à fixer la route qui défile sous les roues du 4x4 avant d'avoir compris ce que j'étais en train de faire. Je ne peux plus revenir en arrière. Bien sûr, la sécurité de mes amis passe avant tout, mais comment l'assurer quand ils sabotent eux-mêmes tous mes efforts pour les protéger ? Il faut que je leur explique pourquoi je dois partir. Il faut qu'ils comprennent que c'est pour leur bien que j'agis ainsi. Il faut qu'ils me laissent partir. Je n'ai pas d'autre choix.

Pendant le trajet, Quatre ne dit rien, à part pour prévenir les autres par radio qu'il m'a retrouvé. Je me tais aussi. Il a allumé le poste et une musique douce essaie sans grand succès de détendre l'atmosphère. La pluie recommence à tomber…

Nous arrivons enfin à la maison. Elle est vide. Quatre m'explique qu'ils sont tous à ma recherche depuis la veille. Je me sens coupable de leur avoir fait passé une nuit blanche, dehors, sous la pluie… mais s'ils m'avaient tout simplement laissé partir…

Je m'assois devant la fenêtre en attendant les autres pendant que Quatre fait chauffer de l'eau pour le thé. Heero est le premier à revenir. Sa voiture, lancée à toute vitesse s'arrête dans un dérapage à quelques centimètres du mur de la maison qui se retrouve couvert de la boue projetée par les roues. Il sort de la voiture sans prendre la peine de fermer la portière et se précipite à l'intérieur. Je suis surpris de le voir ainsi et, quand il s'arrête devant moi, je me demande s'il va me frapper ou me prendre dans ses bras. Mais il se contente de se laisser tomber sur une chaise en soupirant puis me fixe avec une expression que j'ai du mal à déchiffrer…

Trowa et Wufei ne tarde pas à arriver. Trowa semble légèrement soulagé en me voyant, ce qui me touche profondément étant donné son habituelle absence d'expression. Wufei, quant à lui, reste égal à lui-même : il me crie dessus :

Où étais-tu passé, Maxwell ? T'as une idée de ce qu'on a dû faire pour te retrouver ? Ne t'avise pas de recommencer sinon je te promets que tu goûteras de mon sabre !

Je baisse les yeux avec un petit sourire triste, résigné. Je ne peux pas les quitter. Je viens de comprendre que, malgré toutes mes bonnes raisons, ils ne me laisseront jamais partir. Et à eux quatre contre moi, je n'ai aucune chance de leur échapper. Je me retrouverais attaché à ma chaise avant d'avoir eu le temps de dire « ouf ». Et puis, de toute façon, je ne veux pas partir. Je ne veux pas être seul de nouveau. Je veux rester moi-même au milieu de mes amis. Alors je leur promets de ne pas recommencer et, sans rien leur expliquer, je me réfugie dans la chambre que je partage avec Heero. Allongé sur mon lit, je me fais le serment silencieux de toujours les protéger, de briser ma malédiction avant qu'elle ne les touche.

Quelques instants plus tard, la porte de la chambre s'ouvre sur un Heero beaucoup moins froid que d'habitude. Il a l'air gêné.

Heero ? Qu'est-ce qu'il y a ? lui demandé-je.

Sans me regarder, il bafouille :

Je… Tu…

Il lève les yeux vers les miens et dit très sérieusement :

Ne refais plus jamais ça… C'est tout.

Et il sort sans attendre de réponse de ma part mais, je n'entends pas ses pas s'éloigner dans le couloir.

Je souris à part moi et lui en fais la promesse à travers la porte.

Après tout, je ne mens jamais.