Pride of Time
Résumé : Hermione se retrouve projeté de vingt ans en arrière. Il n'y a aucun retour possible l'unique option est d'aller de l'avant. Et quand inconsciemment on interfère avec le temps, ce à quoi on s'attend n'est pas toujours ce que l'on trouve. Traduction d'une fiction de Anubis Ankh.
Disclaimer : Je ne possède rien, ne me fais pas d'argent grâce à la fiction ou n'en profite d'aucune manière. Essayez de vous en rappeler s'il vous plaît. Tous les personnages appartiennent à JK Rowling, et toutes les citations viennent directement des livres qui lui appartiennent également évidemment.
Chapitre 3 :
Le restant de la semaine se passa bien, mieux que les deux premiers jours. Le vendredi, Hermione allait rejoindre les Maraudeurs qui l'attendaient en bas des escaliers comme chaque matin pour aller petit déjeuner. Mary rejoignait de temps en temps Hermione, et tous les six marchaient vers la Grande Salle. Hermione s'asseyait entre Mary et Remus, pendant que James cherchait à tout prix à s'asseoir auprès de Lily.
Tout se passait bien en classe jusqu'à ce qu'Hermione choisit où s'asseoir en Arithmancie cet après-midi après le déjeuner.
Le destin devait avoir un cruel sens de l'humour, pensa Hermione quand elle réalisa que le garçon assit à côté d'elle était celui qui l'accompagnerait pendant son heure de colle ce soir. Ce n'était pas de sa faute Hermione cherchait une place à l'avant de la classe qui ne soit pas prise, et c'était celle qui était le plus proche. Elle n'avait pas réalisé que la place vide à côté, la dernière de la rangée, était en réalité occupée. Il n'y avait aucun moyen de le savoir à l'avance. Mais quand Snape eu fini d'expliquer son retard au professeur – le Professeur Vector s'étant contenté d'hocher la tête pour lui dire de retourner à sa place – il l'avait fusillé du regard avant de se laisser tomber sur sa chaise.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » siffla-t-il du bout de ses lèvres en sortant des plumes et un parchemin de son sac, les yeux posés sur le Professeur Vector qui commençait à noter des équations complexes d'Arithmancie au tableau.
Hermione grinça des dents. « Je ne suis pas là pour simplement t'embêter. Je peux t'assurer, je ne savais pas que tu étais dans cette classe. Sinon, j'aurais songé à ne pas choisir cette option. »
Il posa violemment la pointe de sa plume sur son parchemin, lui lança un dernier regard meurtrier, et commença à noter ce que le Professeur Vector avait expliqué au tableau. « Tente juste de ne pas me déranger, » siffla-t-il, pour ensuite l'ignorer superbement.
Cela convenait tout à fait à Hermione. Une fois que le Professeur Vector eu fini son explication, elle alla de l'autre côté du tableau et commença alors le cours des cinquièmes années. Pendant ce temps, les sixièmes années tentaient de résoudre les problèmes qu'elle avait écrit en-dessous des équations de début du cours. Hermione ne put que constater que Snape travaillait sur le problème des sixièmes années, ce qui voulait donc dire qu'il n'avait qu'un an de plus dans cette nouvelle époque.
C'était une troublante constatation.
Hermione ne lui parla pas de tout le cours, et ne le dérangea pas non plus. Lui, en retour, agissait comme si elle n'existait pas. Dès que Vector eut fini la leçon des cinquièmes années et eut donné des problèmes à résoudre, Hermione se concentra sur ce qu'elle avait à faire, et ne s'arrêta pas jusqu'à ce que la cloche sonne pour signaler la fin du cours.
« Je te voit en retenue, » lui dit-elle en mettant son sac sur son épaule.
Il lui grogna quelque chose entre ses dents, qu'elle prétendit ne pas avoir entendu, et s'en alla.
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La salle commune était particulièrement bruyante ce soir-là. Alice, une des nouvelles camarades de chambre d'Hermione, réussi à convaincre Hermione et Mary de la rejoindre pour une parie de Bavboules, pendant que les Maraudeurs s'amusaient avec une partie de Bataille Explosive. Quelques autres étudiants paressaient autour, riant et discutant, et Hermione aurait pu croire qu'il s'agissait d'une journée normale si elle connaissait au moins la moitié des gens.
Il y avait la frappante absence des feux d'artifice et des Crèmes Canari. Ils étaient devenus chose courante à Poudlard ces deniers temps, du moins à l'époque d'Hermione. Les jumeaux Weasley y avaient veillé.
Hermione était au milieu de sa troisième partie de Bavboules quand elle vérifia sa montre, et s'excusa auprès de ses amies car elle devait partir pour sa retenue.
« Une retenue ? » s'étonna Alice. « Pourquoi donc ? »
Hermione grimaça. « Mary et moi nous sommes faits piégées dans les donjons par les Serpentards, et on s'est retrouvés en retenue. »
« Zut. Vas-y alors. Je vais demander à Franck de prendre ta place. » Alice se pencha alors en direction d'un garçon aux cheveux bruns et bouclés, assis sur l'un des canapés. « Franck ! » Le garçon se retourna vers elle. « Viens jouer ! »
Franck Londubat referma immédiatement le livre qu'il lisait au sol et prit la place d'Hermione en une fraction de seconde, s'excusant auprès d'Hermione qui ne se levait qu'à peine.
Hermione prit son sac et partit.
Elle arriva devant la salle de Potions et se fit accueillir par le Professeur Slughorn qui l'invita joyeusement à entrer.
« Bonsoir, Miss Granger. » la salua-t-il cordialement, s'activant autour de l'une des tables sur laquelle il avait sorti toute une panoplie d'ingrédients. « Vous préparerez quelques potions pour Madame Pomfresh ce soir. Severus ne devrait plus tarder… ah, quand on parle du diable ! » s'exclama Slughorn en riant alors que le sixième année au nez crochu entrait dans la salle en refermant la porte derrière lui. Le professeur tapa des mains alors que Snape s'installait à la table qui leur était réservée et Hermione n'eut d'autre choix que de prendre place à côté de lui. Elle se décala cependant aussi loin possible de lui sans que cela ne soit cependant trop évident. « Maintenant que vous êtes tous les deux là, nous pouvons nous mettre au travail. Lequel d'entre vous a déjà préparé avec succès un filtre de Sommeil sans Rêves ? »
Snape soupira et leva la main à contrecœur. Hermione l'imita.
« Parfait ! C'est ce que vous préparerez ce soir. » déclara Slughorn en indiquant les ingrédients devant eux. « J'ai sorti tout ce dont vous aurez besoin. Il ne manque plus qu'une paire de mains talentueuses et d'yeux attentifs pour faire le reste. Je vous fais confiance pour travailler ensemble sans problèmes ? » Hermione et Snape lui lancèrent un même regard sceptique, que Slughorn sembla prendre pour un signe d'acquiescement puisqu'il tapa ses mains entre elles avant de s'exclamer : « Parfait ! Et bien dans ce cas, je serais dans mon bureau si vous avez besoin de quoi que ce soit. »
Sitôt que la porte se fut refermée derrière lui, Hermione jeta un œil à la table, puis à Snape.
« Il ne surveille pas lui-même les retenues ? » se sentit-elle obligée de demander alors qu'elle était sur le point d'exploser sous le poids de la curiosité. Elle n'avait encore jamais vu un professeur laisser ses étudiants sans supervision de cette façon.
« S'il les pense capables de ne pas faire exploser la salle de classe. » répondit sobrement Snape en saisissant une lame d'argent au bout de la table. Il fit apparaître sa copie du Manuel Avancé de Préparation des Potions dans une main et commença à découper des racines de pissenlit de l'autre, dans un geste précis et rapide.
Hermione hésita un instant en le regardant travailler puis lui demanda timidement : « Est-ce que tu pourrais mettre ton livre entre nous deux ? Je n'ai pas d'exemplaire des instructions. »
Snape se tourna et lui lança un regard noir. « Pourquoi donc ? »
« Parce que même si j'ai déjà préparé un filtre de Sommeil sans Rêves, je n'ai pas les instructions avec moi et je ne les connais pas par cœur non plus. » répondit Hermione, légèrement irritée.
Snape fit glisser le livre vers elle et Hermione survola la première ligne avant de sortir sa baguette pour remplir son chaudron d'eau et allumer un feu avant de commencer à couper des racines de pissenlit en silence. Elle les versa dans le chaudron et retourna aux instructions mais constata qu'elles étaient illisibles. Les marges étaient presque toutes recouvertes d'encre. Ce fut son tour de le fusiller du regard.
« Pourquoi est-ce que tu as écrit partout ? » demanda-t-elle en essayant de déchiffrer le texte imprimé à travers la quantité impressionnante de gribouillis qui l'en empêchaient. « Je ne peux même pas lire ce qu'il y a d'écrit. »
« Si tu n'en veux pas, tu n'as qu'à me le rendre. » répliqua froidement Snape.
« Pourquoi est-ce que tu te conduis ainsi ? » s'emporta Hermione en frappant la table du plat de sa main. « Je ne t'ai absolument rien fait et pourtant, la première fois que j'ai posé les yeux sur toi, tu pointais ta baguette dans ma direction. Tu es incompréhensible… bon sang, même ton maudit bouquin est incompréhensible ! Je n'arrive pas à le lire ! »
Elle dut paraître au bord de la crise de nerfs car Snape sembla prendre suffisamment pitié d'elle pour lui répondre.
« Sept gouttes d'extrait de Digitalis. » lui dit-il succinctement sans la regarder, toujours concentré sur son chaudron. « Mélange jusqu'à ce que la potion prenne une teinte blanc-cassé puis ajoute les pétales d'aconit broyés. »
Hermione le jaugea un instant, suspicieuse, mais se rappelant vaguement des instructions qu'il venait de lui répéter, elle fit ce qu'il dit. Elle doutait qu'il puisse la tromper dans le but de faire exploser ou de gâcher sa potion. Il était juste à côté, ce qui signifiait qu'il n'échapperait pas aux effets d'une explosion et elle ne manquerait pas de lui rendre la monnaie de sa pièce sur l'instant si elle réalisait qu'il l'avait mal informée. Elle ajouta les pétales d'aconit broyés à sa préparation puis lui lança un regard mauvais avant de se pencher à nouveau vers les instructions pour tenter de les déchiffrer.
Snape soupira, l'air de subir un supplice insoutenable, ce qui agaça Hermione au plus haut point. « Ensuite, tu ajoutes le sisymbre puis tu coupes le feu pour que ça refroidisse… tu mélanges dans le sens contraire des aiguilles d'une montre en attendant que ça arrête de bouillir. »
« Ce n'est pas ce qui est écrit ici. » dit Hermione.
Snape grogna. « Si tu as un problème avec ma façon de faire, tu peux toujours essayer de suivre les instructions complètement dépassées du livre et voir où ça te mène. »
Il sonnait tellement comme le Professeur Snape, c'en était presque inquiétant. Le ton autoritaire était immanquable. Malgré tout, l'instinct d'Hermione lui soufflait d'écouter et elle fit ce qu'il ordonnait.
Les choses se déroulèrent ainsi durant un long moment. Snape lui dictait les instructions et Hermione les appliquait à la lettre. Rien d'autre. Hermione n'avait pas particulièrement envie de chatouiller plus que nécessaire le dragon endormi alors qu'elle devait se concentrer sur quelque chose d'autre. Ce fut seulement lorsqu'elle recula d'un pas pour laisser refroidir sa potion avant de la mettre à décanter qu'elle tenta d'engager la conversation.
Elle aurait pu dire beaucoup de choses. Se moquer de son nez, faire un commentaire sur l'apparence graisseuse de ses cheveux ou bien encore lancer une remarque bien placée concernant son caractère.
Au lieu de ça, dans une tentative d'enterrer la hache de guerre, elle lui dit « Tu es vraiment doué en potions. »
Il lui adressa un sourire méprisant. « Je ne ferais pas tes devoirs à ta place. »
Il y avait peu de chose qu'il aurait pu dire pour vexer Hermione comme il venait de le faire. Elle resta un instant bouche bée avant de serrer les poings, à tel point qu'ils en devenaient blancs, « C'est quelque chose que je ne demanderais jamais. »
Il la regarda, les sourcils froncés. « Tout le monde veut quelque chose, Granger. »
« Je ne demanderais jamais à qui que ce soit de faire mes devoirs à ma place ! » s'exclama Hermione en tapant sur la table. « Tout ce que je fais est toujours fait par moi-même ! »
« J'ai des doutes. » répondit Snape en faisant rouler sa baguette entre ses doigts. « Comme je disais, tout le monde veut quelque chose… pouvoir, prestige, adoration même. Tu ne fais pas exception. »
Hermione referma la main autour du bocal de sangsues sur la table.
« Par Merlin tout Puissant ! » Hermione était sur le point d'exploser. C'en était simplement trop. « Tout ce que je faisais était te complimenter ! Si je t'ai dit que tu étais doué pour les potions, c'est parce que c'est la vérité ! Pas parce que je veux que tu fasses mes devoirs de Potions à ma place ! »
« Bien sûr que tu dis ça… »
Hermione envisagea un instant de lui jeter le bocal de sangsues, énervée au-delà du possible par le ton traînant et méprisant de sa voix, mais avant qu'elle n'ait pu se convaincre de ne rien faire, sa main avait lâché le bocal et, dans un moment de colère incontrôlée, elle le gifla.
S'en suivit un moment de silence choqué. Snape porta la main à sa joue, désormais marquée par la trace rouge laissée par Hermione. Son regard se fit alors meurtrier. Il ouvrit la bouche, probablement pour répliquer furieusement, mais Hermione le devança.
« Tu es un connard fini ! » Hermione lança son sac sur son épaule, ne prenant même pas la peine de faire d'abord décanter sa potion. « Un connard fini ! Je me demande même pourquoi j'ai essayé. »
Elle avait quitté la salle avant qu'il ne puisse répondre, ce qui était sans doute une bonne chose car dès que la porte fut refermée derrière elle, le bocal de sangsues vint s'y écraser violemment.
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Hermione se plaignit de sa retenue le jour suivant à Remus qui fut particulièrement compatissant. Sa propre retenue, qui avait consisté en la tâche inutile et non-productive de copier des lignes, n'avait rien eut de palpitant et il écoutait avec bien plus d'intérêt les complaintes d'Hermione. Pendant ce temps, James et Sirius ricanaient par-dessus leur petit déjeuner au sujet des sortilèges d'auto-écriture qu'ils avaient appliqué sur leurs craies afin de s'échanger des messages par le biais du Réseau de Cheminées et Hermione se demanda simplement combien de temps il faudrait aux professeurs pour se rendre compte du stratagème, les obligeant ainsi à en inventer un autre.
Elle se demandait juste à quel point Snape irait loin dans sa vengeance. Serait-ce maintenant, peut-être avec l'aide de ses camarades Serpentards, ou bien ne prendrait sa revanche que sur sa jeune version de onze ans lorsqu'elle s'installerait dans sa classe pour la première fois ? Elle se sentait réellement coupable de ce qu'elle avait fait, mais en même temps, c'était tellement satisfaisant. Cependant, il y avait maintenant la possibilité qu'elle se soit accrochée une cible rouge dans le dos.
Elle était désolée d'avouer que Harry et Ron auraient été fiers d'elle.
Le lundi suivant, les enseignants commencèrent à leur assigner des devoirs de révision évalués et l'on pouvait généralement trouver Hermione assise l'une des tables de la bibliothèque, avec plus d'un livre étalé autour d'elle. Une table normalement prévue pour quatre personnes était entièrement recouverte par la masse de documents qu'Hermione voulait étudier à la fois. Aucun des Maraudeurs ou de ses nouveaux amis n'était capable de l'en déloger et Sirius lui apporta donc à manger à la bibliothèque et elle prenait quelques bouchées de sandwich au jambon lorsque Madame Pince avait le dos tourné, prenant soin de faire disparaître les miettes avant de quitter les lieux.
Elle avait à nouveau Arithmancie ce soir-là et c'est résignée qu'elle prit sa place et sortit un parchemin pour prendre des notes. Snape passa près d'elle sans un mot et Hermione aurait pu penser qu'il comptait complètement l'ignorer s'il ne lui avait pas jeté des coups d'œil étranges lorsqu'il pensait qu'elle ne lui prêtait pas attention.
Hermione trouvait son comportement déroutant. Elle s'était attendue à recevoir un sort par derrière durant tout le week-end, ou à être convoquée par un professeur pour avoir frappé un autre élève, mais ni l'un ni l'autre ne s'était produit. Lorsque le cours fut terminé, elle se demanda tout en rangeant ses affaires si Snape comptait la prendre au piège. Ils étaient généralement les derniers sortis, il n'y aurait donc rien pour l'empêcher de l'attaquer sur le chemin du dîner.
Elle attendit donc qu'il soit sorti avant de le suivre. Elle descendit sans encombre jusqu'à la Grande Salle où elle reprit place entre Mary et Remus. Ils étaient au milieu du repas lorsque Sirius posa brusquement sa fourchette pleine de hachis Parmentier, fixant quelque chose par-dessus son épaule.
« Cet espèce de connard graisseux » dit-il avant d'enfourner sa bouchée de hachis, rappelant très clairement à Hermione l'habitude que Ron avait de parler la bouche pleine. « Pourquoi est-ce que Snivellus te fixe comme ça, Hermione ? »
James, Remus et Peter levèrent la tête pour la regarder.
Hermione se tourna lentement vers la table des Serpentards. Il lui fallut un moment pour identifier Snape au milieu de la masse d'élèves vêtu de noir et de vert, mais très clairement, lorsqu'elle posa les yeux sur lui, il était évident qu'il la regardait. Lorsque leurs regards se croisèrent, il la fixa encore quelques secondes avant de rapidement porter son attention sur autre chose.
« Notre retenue ne s'est pas très bien passée. » répondit-elle honnêtement. « Il s'est juste conduit en imbécile fini, ne t'inquiète pas pour ça. »
Sirius pointa sa fourchette en direction de la table des Serpentards. « Tu veux qu'on lui jette un sort ou deux pour toi ? »
« S'il-te-plaît, non. » fit Hermione en se tournant à nouveau vers son assiette. « Je préfèrerais que vous vous absteniez. Ça n'aidera pas et de toute façon c'était en partie ma faute. »
« Je peux m'en occuper demain, on a potion avec lui. Je peux lui lancer un sort pendant qu'il a le dos tourné… »
« Sirius, non. »
« Tu n'es pas vraiment pas drôle. » se plaignit Sirius en lui lançant un regard mauvais, qu'Hermione savait n'être que pour plaisanter. Il donna un coup de coude à James et montra Remus du doigt. « Regarde Mr Parfait là. Tu vois ce qui se passe quand tu le laisses seul trop longtemps ? Il se réplique plus vite que des pantoufles lapins abandonnées sous un lit. »
James en recracha presque son jus de citrouille.
Hermione et Remus roulèrent des yeux et échangèrent un regard amusé quoique légèrement contrarié avant de recommencer à manger. Dès qu'Hermione eut fini, elle s'excusa pour se rendre à la bibliothèque et réviser.
« Ne reste pas là-dedans trop longtemps. » cria Sirius alors qu'elle s'éloignait. « Tu vas faire surchauffer ton cerveau ! »
La table partit dans un grand fou-rire. Et Hermione, trouvant sa remarque étrangement drôle, sans doute parce que ça sonnait comme quelque chose que Ron aurait pu lui dire et que cela enlevait un peu du poids qu'elle avait sur le cœur, quitta la Grande Salle le sourire aux lèvres.
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Le restant de la semaine, Hermione se rendit à la bibliothèque chaque soir après le dîner pour continuer à réviser. Une sortie à Pré-au-Lard était prévue ce week-end-là et elle avait pu obtenir la permission de s'y rendre étant donné qu'elle n'avait aucun tuteur qui aurait pu la lui donner et que, qui plus est, elle en avait eu le droit à son époque. McGonagall avait donc fini par céder, signant elle-même l'autorisation et Hermione avait pu faire des projets pour y rejoindre les Maraudeurs. C'était sans doute la seule et unique fois de mémoire de sorcier que le Professeur McGonagall avait ainsi contourné le règlement pour un élève.
En attendant, elle consacrait chaque temps libre à réviser, voûtée sur ses notes, jusqu'à ce que Madame Pince ne l'informe qu'il était temps de partir.
Hermione commençait à en vouloir furieusement au Destin, qui lui avait joué plus d'un mauvais tour ces deux dernières semaines. Et alors que son deuxième vendredi à cette époque touchait à sa fin, elle en avait réellement plus qu'assez. Elle était loin d'être la seule élève à utiliser la bibliothèque. Elle n'était pas non plus la seule élève à s'installer dans cette section de la bibliothèque pour travailler pas plus qu'elle n'était la seule élève à se rendre à s'y rendre après diner.
Pourquoi dans ce cas, Snape était-il toujours assis à l'une des chaises situées à portée de sa vue. Il semblait étudier, peut-être était-ce véritablement le cas, mais Hermione avait la désagréable impression d'être telle une souris à la merci d'un rapace. Elle s'attendait toujours à le voir tenter de prendre sa revanche et tant qu'il n'avait rien essayé, elle restait sur ses gardes. Il ne lui avait pas adressé un seul mot de toute la semaine. Pas même en Arithmancie, quoiqu'Hermione ait fait de son mieux pour lui apparaître indifférente même s'il était difficile de ne pas surveiller quelqu'un de qui vous attendiez une attaque, d'autant plus quand cette personne vous lançait fréquemment des regards sombres.
Se penchant à nouveau sur sa lecture, elle resta ainsi jusqu'à ce que quelque chose ne vienne lui faire de l'ombre. Elle leva les yeux. Snape la dominait de toute sa hauteur, ce qu'Hermione trouvait à la fois effrayant et ennuyant et ils se fixèrent un long moment avant que Snape ne brise le silence.
« Est-ce que tu comptes rendre un seul de ses livres avant le début de examens ? » demanda-t-il froidement en désignant les livres qu'Hermione avait empilé au coin de sa table.
Hermione ouvrit la bouche, puis la referma presque immédiatement, incertaine de ce qu'elle allait dire. Elle avait été sur ses gardes toute la semaine, pensant qu'il attendait une opportunité de la prendre au piège quand tout ce qu'il voulait en réalité était ses livres ?
Elle retrouva sa voix un moment plus tard.
« Je n'en ai pas l'intention. » répondit-elle honnêtement. « Duquel tu as besoin ? »
« Manuel Avancé de Métamorphose des Métaux Transitifs. » dit-il en regardant le livre en question. « Je ne sais même pas pourquoi tu l'as emprunté pour commencer. Ça ne fait pas partie de ton programme. »
« Il est bien plus avancé sur les théories expliquant pourquoi certains objets sont relativement plus facile à métamorphoser que n'importe lequel des livres proposés aux cinquièmes années. » répondit Hermione, prenant le livre dans sa pile pour le feuilleter. Elle cessa de tourner les pages pour le regarder, méfiante. « J'en ai besoin. »
Il était étrange de voir à quel point le Snape adolescent et le Snape adulte semblaient similaires malgré les presque vingt années qui les séparaient. Ses narines se dilatèrent subtilement, signe de la colère qui le gagnait et Hermione reconnu sa façon de se pincer ses lèvres comme un présage supplémentaire de problèmes à venir.
« Pourquoi toi, en as-tu besoin ? » insista Hermione en refermant le livre. « McGonagall a dû vous dire tout ce dont vous aviez besoin en cours. Tu n'as pas tes notes ? »
Snape se raidit visiblement et lui lança un regard mauvais, qu'Hermione ne pensait pas mériter. Elle le lui fit savoir. « Ne me regarde pas comme ça ! Je n'ai rien fait de mal ! »
« Ton ami, » fit Snape, méprisant, « a semble-t-il jugé bon de me voler mes notes de Métamorphoses de la semaine dernière et je n'ai trouvé personne qui accepterait de me laisser copier les siennes gratuitement. »
« Sirius ? » demanda Hermione, un nœud au ventre alors qu'elle imaginait ce qui avait dû arriver aux notes de Snape un voyage sans retour dans la cheminée de la Salle Commune lors d'un mardi soir morose étant le plus probable.
« Du premier coup. »
Hermione posa les yeux sur le livre entre ses mains. « Laisse-moi jusqu'à demain pour voir si je peux me procurer les notes dont tu as besoin. Sinon, il faudra qu'on partage. »
« Et où comptes-tu trouver une copie du dernier cours de Métamorphose Avancé de la semaine dernière ? »
« Je demanderai à l'un des Gryffondors. » répondit Hermione en pensant immédiatement à Lily. « Ils devraient accepter de me le donner. »
« Très bien. » accepta-t-il l'air renfrogné. « Jusque-là, prête-moi le livre pour que je puisse au moins faire mes devoirs. »
« Tu me le rends demain ? » insista Hermione en serrant le livre contre sa poitrine.
Il la fixa un instant puis soupira. « D'accord. »
« Tiens. » Hermione lui tendit le livre. Il sembla surpris, mais le prit. « Et la prochaine fois que tu veux m'emprunter un livre, ne passe pas la semaine à me suivre pour voir si je compte le rendre bientôt. Il y a de fortes chances pour que je ne le fasse pas. »
Il la regarda étrangement avant de jeter un œil à la quantité de notes et de brouillons sur sa table et sans alla avec son butin.
Lorsqu'Hermione se rassit, elle poussa un profond soupir de soulagement.
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« Le cours de Métamorphose Avancée de la semaine dernière ? » répéta Lily, surprise. « Pourquoi en as-tu donc besoin ? »
« Un ami a égaré les siennes. » répondit vaguement Hermione qui essayait d'enlever l'encre qu'elle avait sur les doigts à l'aide d'un Récurvite. Elle leva les yeux vers la Préfète, tachant d'ignorer ses yeux verts, l'exact même vert que ce de Harry… « S'il-te-plaît Lily, j'ai juste besoin d'une copie. »
A son étonnement, Lily se contenta de rire brièvement avant de sortir ses notes de son sac. « D'accord Hermione, si tu insistes. » D'un coup de baguette, une copie apparue et elle la donna à Hermione qui les saisit en lui lançant un sourire de remerciement avant de les glisser dans son sac.
« Au fait, » dit Lily avant qu'Hermione ne s'en aille. « J'ai remarqué que tu trainais souvent avec James et ses amis. »
Hermione hésita. Est-ce que Lily était jalouse ? James prêtait rarement attention à elle, il n'avait d'yeux que pour Lily. Même un aveugle aurait pu le voir.
Mais Lily souriait. « Je sais que je ne suis pas souvent avec vous, mais est-ce que James parle de moi de temps en temps ? »
Hermione dû se retenir d'éclater de rire. « Lily, tu es tout ce dont James parle. » Voyant l'expression ravie sur le visage de Lily, elle développa. « Quand ce n'est pas le Quidditch, c'est toi, et crois-moi, tu es plus souvent le sujet de ses conversations qu'autre chose. Il craque définitivement pour toi. »
Lily semblait aux anges. « Merci Hermione. » Hermione s'apprêtait à partir quand elle entendu Lily soupirer. « Tu sais, je pourrais accepter de sortir avec lui si seulement il arrêtait de jeter des sorts sur les gens à tout va dans les couloirs. Il est mignon, mais tellement arrogant ! Je ne le comprends pas. » Elle jeta un regard en coin à Hermione. « Je sais que c'est ton ami, mais franchement, tu n'imagines pas à quel point il a la gâchette facile avec sa baguette en main. »
« Je sais. » acquiesça Hermione en hochant la tête, se souvenant comment James et Sirius avaient été prompts à sortir leurs baguettes dans les donjons lorsqu'Hermione et Mary avaient été attaquées. « L'auto-défense est une chose, mais lancer des sorts juste pour s'amuser, c'est… »
« Exactement ! »
Hermione s'en alla finalement. Mais une fois hors de la Salle Commune, elle réalisa qu'elle n'avait pas la moindre idée d'où trouver Snape. Elle commença par vérifier à la Bibliothèque puis descendit à la Grande Salle pour voir s'il était toujours au déjeuner. Ne le trouvant nulle part, elle soupira et partit, résignée, en direction des donjons.
En passant devant la salle de Potions, elle glissa la tête par l'entrebâillement, se disant qu'il y était peut-être, malheureusement non. Elle hésita un instant, se demandant s'il valait mieux aller frapper à l'entrée de la Salle Commune de Serpentard ou passer par leur Directeur de Maison. Elle décida sagement que le mieux serait d'aller trouver Slughorn.
Elle frappa à sa porte. Il y eut un moment de silence, puis Slughorn appela « Entrez ! »
Hermione fit un pas à l'intérieur et referma la porte derrière elle. Elle prit ensuite un moment pour étudier le bureau de Slughorn. Il s'agissait de la même pièce sur laquelle Snape régnerait un jour mais en bien plus colorée qu'elle ne se la rappelait, l'air presque confortable avec les touches personnelles qu'y avait appliqué le professeur. Hermione vit qu'il appréciait clairement le luxe à la vue des murs couverts de tissus violet et argent et des tapis de qualité posés au sol. Hermione songea qu'il avait dû les emporter avec lui en partant à la retraite, à moins que Snape ne les ait simplement jetés. Sur l'étagère qu'Hermione avait vue recouverte de bocaux pleins de créatures conservées au vinaigre la dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans ce bureau, se trouvaient désormais des photos encadrées. Dans un coin, trônait aussi plusieurs boîtes d'ananas cristallisés.
« Bonjour, Professeur. » dit-elle en posant son sac sur le bureau. « Je me demandais si je pouvais vous demander un service ? »
« Bien sûr, bien sûr… » Slughorn repoussa le devoir qu'il était en train d'évaluer pour lui porter sa pleine attention. « Comment puis-je vous aider Miss Granger ? »
« J'ai un cours pour Severus Snape. » expliqua Hermione en sortant les notes que lui avait données Lily et qu'elle posa sur le bureau de Slughorn. « Je n'ai pas réussi à le trouver et comme il a un de mes livres de bibliothèque en attendant que je lui apporte ceci… Pourriez-vous le lui donner la prochaine fois que vous le verrez et lui dire que je voudrais récupérer mon livre ? »
« Bien sûr. » répondit cordialement Slughorn en prenant les notes qu'il survola furtivement. « Ah, c'est là l'écriture de Miss Evans si je ne m'abuse. Severus m'a dit que Sirius Black avait volé son cours, hélas, sans preuves, il n'y avait rien que je puisse faire pour lui. Miss Evans prend d'excellentes notes, je suis certain que Severus ne verra donc pas d'inconvénients à vous rendre votre livre.
Hermione envisagea l'espace d'un instant d'avouer qu'elle avait vu ce qui était arrivé au fameux cours, mais se retint. Snape avait ce dont il avait besoin et faire envoyer Sirius en retenue, quoique mérité, ne ferait sans doute que le convaincre de s'acharner un peu plus contre le Serpentard. Sans mentionner qu'elle n'appréciait pas particulièrement Snape, il n'était qu'un crétin fini selon elle et qu'elle n'avait pas la moindre intention de risquer son amitié avec les Maraudeurs pour lui, pas plus qu'elle n'aurait risqué son amitié avec Ron et Harry pour Drag Malefoy.
« Merci, Monsieur. » répondit-elle poliment.
« Dans un autre registre, Miss Granger. » enchaina jovialement Slughorn « Je voulais justement vous demander si vous étiez libre ce soir. Je tiens de temps à autres de petits soupers informels pour mes meilleurs élèves et il y en a un de prévu ce soir à six heures. Je serais réellement ravi si vous y assistiez. »
Hermione cligna les yeux, surprise, mais sourit néanmoins. Rencontrer les meilleurs élèves de Slughorn était une bonne opportunité de se lier d'amitié avec des gens qui partageait le même intérêt qu'elle pour les études. Elle pensait donc que c'était une excellente idée.
Elle avait découvert que Slughorn était un professeur qu'elle pouvait apprendre à apprécier sincèrement. Il était vrai qu'il était Directeur de Serpentard, mais Hermione pensait qu'il était plus Serpentard pour son ambition et son désir d'être bien entouré plutôt que parce qu'il serait une espèce de sadique assoiffé de pouvoir. Il était le genre de personne capable de diriger une communauté tout entière sans avoir à lever le petit doigt. Hermione l'avait catalogué comme quelqu'un aimant aider les autres à se hisser dans l'échelle sociale pour en tirer de petit profit en retour.
Les boîtes d'ananas cristallisés sur l'étagère semblaient appuyer cette théorie.
« Avec plaisir, Monsieur. »
« Parfait ! » s'enchanta Slughorn. « Dans ce cas Miss Granger, je vous attendrais avec impatience. » Il tapota les notes que lui avait laissées Hermione. « Et je m'assurerais de donner cela à Severus avec une mention spéciale pour qu'il vous ramène votre livre. »
« Merci, Professeur. » répondit Hermione en souriant joyeusement alors qu'elle récupérait son sac pour partir.
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Hermione marchait vers Pré-au-Lard en compagnie de Mary et des Maraudeurs, bien décidée à acheter quelques fournitures et vêtements. Elle avait demandé à James s'il pouvait lui prêter un peu d'argent, avec la ferme intention de le rembourser en travaillant durant l'été, mais il lui avait dit que ce n'était pas la peine et qu'elle pouvait le garder.
« Ecoute, tu as besoin de nouvelles robes. » avait-il dit en jetant un œil à la robe qu'elle était forcée de nettoyer tous les deux jours puisqu'elle n'en avait pas de rechange. Elle était un peu miteuse, à l'image de celles que portait Remus lorsqu'il avait été son professeur. « Et puis aussi de quelques fournitures, non ? Je t'ai entendu dire à Lunard que tu étais presque à cours de plumes. »
Hermione hocha la tête.
« A quoi servent les amis, hein ? » avait-il alors demandé en lançant à Hermione un regard qui lui rappela tant Harry. Il lui avait ensuite donné un sac plein de gallions qu'il gardait sous son lit. Prends-le. »
Elle avait obéi.
Ils arrivaient à Pré-au-Lard. Peter et Mary s'éclipsèrent en s'excusant pour aller chez Mme Pieddodu tandis que James et Sirius se dirigèrent tout droit vers Zonko, disant vaguement à Remus et Hermione de les rejoindre plus tard Aux Trois Balais. Remus proposa donc de l'accompagner et tous deux s'engagèrent dans la rue principale en papotant.
Hermione s'arrêta d'abord chez Gaichiffon, où Remus l'aida à choisir deux nouvelles robes d'école. Il rit lorsqu'Hermione tourbillonna dans l'une d'elles, se complaisant dans le confort de ses nouvelles robes. Elle fit aussi l'acquisition d'un jean et d'un pull-over rouge qu'elle pourrait porter le week-end quand ses robes seraient au lavage. C'était une attitude très moldue, puisque la plupart des élèves de cette époque portaient simplement une autre robe, mais Hermione voulait quelque chose qui lui soit familier. Elle avait d'ailleurs eu de la chance que le magasin propose un rayon pour les nés-moldus. Elle était habituée à ce genre de vêtements le week-end et les habitudes ont la vie dure. Elle acheta aussi quelques sous-vêtements qu'elle fourra au fond de son sac puis ils s'arrêtèrent à Scribenpenne pour prendre du parchemin, de l'encre et des plumes avant de se diriger vers Les Trois Balais.
Hermione se sentait radieuse, le cœur léger. L'air frais et ces quelques heures hors du Château lui faisaient le plus grand bien. Elle était entourée par des gens qui l'avaient acceptée dans un cercle d'amis proches et les vacances d'été approchaient à grands pas, ce qui lui permettrait de prendre un peu de temps pour réfléchir à sa place dans ce nouveau monde.
Son enthousiasme semblait contagieux Remus paraissait insouciant et détendu et lorsqu'Hermione lui demanda ce qui le rendait ainsi heureux, il répondit honnêtement, « Toi. » Il l'avait prise au dépourvu et elle ne savait que répondre, voyant l'expression sur son visage, il s'empressa d'ajouter, « Tu étais si malheureuse quand tu es arrivée ici, c'est bon de voir que tu sais sourire. »
Hermione lui offrit un sourire radieux, intérieurement d'accord avec lui. Il était difficile d'oublier sa dépression mais elle ressentait désormais un curieux détachement face à son origine. Même si elle était toujours coincée à cette époque, et la vérité soit dite, le serait sans doute pour un très long moment, elle ne se sentait plus totalement perdue, elle comprenait mieux le nouveau monde étrange qui l'entourait et voir des gens de son futur ne la plongeait plus dans un état de confusion inextricable. Certes, au fond, elle avait toujours un peu le mal du pays, mais la douleur commençait à s'apaiser.
Hermione et Remus rejoignirent les autres Aux Trois Balais. Hermione constata en passant que si Mme Rosemerta était assez jolie à son époque, elle était absolument superbe à celle des Maraudeurs jeune, le regard vif et un visage parfait. Songeant qu'elle ne devait pas avoir bien plus de vingt-cinq ans, Hermione commanda une bièraubeurre et reporta son attention sur la discussion.
« J'ai aperçu Snivellus dans les couloirs aujourd'hui, » dit Sirius entre deux gorgées de Whisky Pur Feu. « J'ai essayé de lui lancer un sort tant qu'il avait le dos tourné, mais ce crétin devait savoir que j'étais là… »
Hermione s'impatienta et reposa brutalement sa bièraubeurre sur la table.
« Pour l'amour de dieu, Sirius ! » s'exclama-t-elle. « Est-ce que tu ne peux pas passer une journée sans essayer de lancer un sort à quelqu'un ? »« Non. » répondit Sirius, faussement désolé.
« Snivellus est un cas à part. » dit James qui hocha la tête en prenant une nouvelle gorgée de bièraubeurre.
« A propos de ça, » reprit Hermione en fronçant les sourcils. « J'ai des raisons de croire que l'un de vous deux à volé ses notes de Métamorphose. »
Remus, qui écoutait en silence, tourna un regard accusateur vers ses meilleurs amis. James et Sirius semblèrent immédiatement coupables, et le fait qu'ils essaient de le dissimuler ne le rendait que plus évident. Sirius se ressaisit le premier.
« Et tu comptes nous dénoncer à McGonagall ? »
« Non. » répondit Hermione en faisant tourner sa bièraubeurre dans sa chope. Pour dire vrai, elle ne voulait pas que ni l'un ni l'autre ne finisse en retenue par sa faute. Ils avaient si peu de temps à vivre devant eux, que l'idée de les forcer à perdre leur temps à copier des lignes dans une salle de classe lui paraissait profondément cruelle. D'ici vingt ans, James et sa femme seraient tous les deux morts depuis bien longtemps, leur fils serait orphelin et Sirius serait coincé dans une maison décrépie, forcé de rester caché jusqu'à ce que le Ministère ait le bon vouloir de l'innocenter. « Mais j'ai dû demander à Lily une copie du cours que vous aviez détruit. »
« Pourquoi tu as fait ça ? » s'emporta James. « Avec tout le mal qu'on… »
« Peut-être parce que vous ne devriez pas gâcher le futur de quelqu'un avec vos blagues stupides ? » le provoqua Hermione. « Ou peut-être parce que si je ne l'avais pas fait, j'aurais dû lui céder un de mes livres de bibliothèque. »
« Il aurait pu se le procurer ailleurs. » répliqua Sirius, dégoutté.
« Pas le Manuel Avancé de Métamorphose des Métaux Transitifs. » lui répondit sèchement Hermione. « Il n'y en a qu'une seule copie à Poudlard et jusqu'à hier, elle était en ma possession. »
James et Sirius eurent la décence d'avoir au moins l'air vaguement coupable.
« J'apprécierais si vous arrêtiez de le persécuter, comme ça il ne viendrait plus me voir moi ensuite en sachant que je suis amie avec vous. » dit Hermione en buvant un peu de bièraubeurre. « Essayez au moins de plus détruire ses affaires de cours. »
« Attends une seconde, » fit alors James en reposant sa chope. « Où as-tu dit avoir trouvé une copie du dernier cours de Métamorphose Avancé ? »
Hermione lui jeta un regard perçant. « Je l'ai eu par Lily. »
James ouvrir la bouche, horrifié. « Non ! »
« Et c'est pour ça, » répondit Hermione en s'appuyant contre le dos de sa chaise, « qu'il serait à ton avantage de ne plus détruire ses cours. »
« Non, non, » fit James en enlevant ses lunettes pour frotter ses yeux du plat de la main. « Tu ne comprends pas. »
L'expression de Sirius se mua en profond dégoût. « Snivellus et Lily étaient amis avant même de monter dans le train. Ils étaient meilleurs amis jusqu'à l'an dernier, mais elle a fini par réaliser que ce n'était qu'un enfoiré. »
Hermione se figea au milieu de sa gorgée. Quelque chose n'allait pas dans ce que lui disait Sirius. Le Professeur Snape avait été le meilleur ami de Lily Evans ? L'idée même était totalement irréaliste. Elle tentait de se le figurer, allant même jusqu'à imaginer la réaction de Harry si quelqu'un lui avait dit ça. Les images qui se formaient dans son esprit étaient tellement ridicule qu'elle renifla et renversa son verre sur elle. Toussant, elle sortit sa baguette pour nettoyer ses bêtises et repoussa sa boisson.
« Tu rigoles. »
« Si seulement. » répondit James en jetant un regard accusateur à sa bièraubeurre comme si elle était en quelque sorte responsable de son malheur. « Il l'appréciait même un peu trop »
« Il l'apprécie toujours, mon pote. » appuya Sirius. « Il est même carrément amoureux d'elle, ce connard cireux. »
Hermione les regardait, la bouche ouverte de stupeur. Ça expliquait tout. Pas étonnant que le père et le parrain de Harry détestaient tellement Snape s'il avait été si proche de Lily. C'était une fille belle et pleine de vie, il était parfaitement compréhensible qu'un garçon comme James eût été jaloux et, bien entendu, Sirius était juste derrière lui pour le soutenir. Etant donné ce qu'elle savait de James -hormis le fait qu'il était trop bon envers ceux qu'ils considéraient comme ses amis, il pouvait être une vraie brute- cela expliquait pourquoi Snape les haïssait tant, et par la même haïssait Harry. Pourtant, cette idée restait absurde. Elle ne pouvait imaginer Lily, la forte, douce et attentionnée Lily, se lier d'amitié avec quelqu'un d'aussi désobligeant et infect que Snape. Tout cela paraissait vraiment trop étrange.
Sainte mère de dieu, songea Hermione qui essayait toujours d'intégrer ce que ses amis venaient de lui dire. Dans quoi ai-je mis les pieds ?
Si ce qu'ils disaient était vrai, cela donnait à Hermione une toute autre perspective concernant Snape. Cela lui faisait aussi ressentir un soupçon de pitié et de compassion à son égard. Si elle ne se trompait pas, si James n'avait pas été intéressé par Lily, il aurait pu passer ses années à Poudlard en n'étant que rarement la cible des Maraudeurs plutôt que d'avoir à affronter leur quasi-perpétuelle envie de le voir souffrir.
Elle comprenait aussi mieux les motivations de James, même si ça ne faisait que renforcer la colère qu'elle ressentait déjà à son égard. Elle était plus reconnaissante envers James et Sirius qu'elle ne pourrait jamais l'exprimer pour leur gentillesse et leur accueil, mais ça ne l'empêchait pas de penser qu'à dix-sept ans, ils n'étaient vraiment qu'une paire de petits cons.
Elle inspira profondément, perdre son calme n'aiderait pas. Mais il fallait bien voir les choses telles qu'elles étaient.
« James, si Lily n'est plus amie avec Snape, en quoi est-ce important désormais ? » releva Hermione en sirotant un peu de ce qu'il restait au fond de son verre. « Ce n'est pas comme s'il pouvait être une quelconque menace pour toi si elle ne l'apprécie plus. »
Ça n'a pas d'importance. » s'emporta James. « Tu peux le voir dans ses yeux, il l'aime toujours. Je hais l'idée qu'il pense à elle de cette façon, qu'il ose… qu'il ose… » il semblait en avoir perdu ses mots.
« James, si je commençais à lancer un sort à chaque fois que je pensais que quelqu'un regarde ma poitrine, je suis presque certaine que tu me dirais de me calmer. » lui fit sèchement remarquer Hermione. « Tu ne peux pas lancer des sorts aux gens parce qu'ils apprécient Lily, même si c'est Snape. »
James se redressa. « S'il ne s'agissait que de moi, je pourrais le supporter, mais Lily… »
« Lily est une fille remarquablement intelligente, douée et sensible. » lui rappela Hermione. « Et elle n'est pas intéressée par Snape, mais par toi James. Mais tant que tu continueras à lancer des sorts aux gens dans les couloirs, elle continuera à te repousser. »
« Et comment tu sais ça ? » exigea de savoir Sirius.
Hermione se tourna pour lui faire face, mais sa réponse était destinée à James. « Elle me l'a dit. » dit-elle simplement.
James soupira et passa la main dans ses cheveux, légèrement décontenancé mais Hermione voyait une lueur d'espoir se dessiner dans ses yeux. « Tu penses qu'elle accepterait de sortir avec moi si je lui promettais d'arrêter de lancer des sorts aux gens juste pour le fun ? »
« Je ne sais pas. » répondit honnêtement Hermione en finissant sa bièraubeurre. « Tout ce que je peux te dire c'est que les actes en disent souvent bien plus long que les mots. »
Bonsoir à tous! Après une semaine, je vous publie ce nouveau chapitre. J'espère pouvoir continuer sur ce rythme.
Merci pour toutes vos reviews! Je vais tenter de vous répondre à tous. Malheureusement, ceux qui ne sont pas inscrits ne peuvent pas se voir recevoir de réponse.
Bonne soirée, j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre!
MaryJanee
