Disclamer: Je ne possède pas The hobbit, sous aucune de ses formes
Bonjoir et bonne lecture! ;)
Chapitre 3: Omentië
Les mélodies des harpes résonnaient en cœur, les elfes tentant tant bien que mal de jouer juste malgré les rires incessants des nains. La lune illuminait les longues nappes blanches, couvertes de mets raffinés. Un peu à l'écart, une plus petite table mais toute aussi somptueuse, accueillait le seigneur de ces lieux. Celui-ci regardait avec lassitude les hautes falaises qui bordaient la vallée, en proie à une profonde réflexion. Le magicien ne loupant rien de ce spectacle s'abstenait de tout commentaire, attendant patiemment qu'Elrond exprime le fond de sa pensée.
«Fondcombe ne pourra l'accueillir Mithrandir, vous le savez. Cette folie s'était avérée bien plus destructrice encore que ce que nous croyions, nous ne pouvons-nous permettre de réitérer cette erreur.
-Fairië possède des dons inestimables, accueillez-la au moins le temps que nous nous reposions. Je doute qu'elle survive seule dans son état, lorsque son corps atteindra ses limites plus rien ne sera possible, la perte de Faina la mène déjà au bord du précipice.
-Précisément, personne ne sait combien de temps elle a passé enfermée dans Gundabad, je crains que cela se compte en siècles et non pas en semaines, a moins que... Vous ne le sauriez pas, par hasard ?
-J'ignore à quel point je peux être précis… Mais il serait possible que tout cela ait eu lieu peu de temps après Azanulbizar…»
Elrond perdit son masque soucieux immédiatement pour revêtir un subtil mélange de colère et d'effarement :
«Vous rendez-vous compte de ce que vous assurez? Personne ne peux combattre les ténèbres 142 ans sans être rendu fou ! Un elfe plus particulièrement ! Il est impensable qu'elle ait pu survivre aussi longtemps. Gandalf, si je sais votre quête pour Erebor folle, je vous en laisse juge malgré tout. Mais cela est bien trop dangereux, vous semblez vouloir ignorer à quel point ce mal est grave, je ne peux risquer la sécurité d'Imladris pour elle.»
Elrond cessa immédiatement de parler lorsqu'il vit Lindir s'approcher silencieusement, pour se pencher à son oreille :
«Les gardes viennent de m'annoncer qu'ils ont perçu du mouvement dans les falaises, ils assurent avoir entraperçut une femme chevauchant une masse noire, puis quelques minutes après une elfe s'est présenté en disant que vous l'attendiez. Par contre, aucune trace de sa monture»
Aussitôt, Elrond jeta un regard en direction du magicien gris, il fronça ses minces sourcils lorsque la lueur pétillante de malice du vieillard vint contrer son regard froid. Il soupira longuement, avant d'appuyer son front sur le bout de ses doigts.
«Escortez là jusqu'ici mais, si vous le trouvez ou qu'elle vous indique sa position, laissez l'animal loin des regards.
-… Très bien...»
Gardant ses questions pour lui, Lindir s'éloigna, grimaçant à l'entente des rire gras. Il leva les yeux au ciel lorsque l'un des nains fit tomber dans un immense fracas une assiette pleine de victuailles. Cinq jours seulement qu'ils étaient là… Cinq… Et pourtant il semblerait qu'ils soient capable en quelques heures de réduire à néant la légendaire patience des elfes. Il quitta bien vite cette insoutenable agitation et s'approcha des hautes statues finement sculptées qui gardaient la cité. Il baissa les yeux et s'approcha avec une expression méfiante de la femme qui l'attendait de pieds ferme. Le vent accompagna sa venue et fit s'envoler les cheveux noirs de l'elfe, coupés en un carré irrégulier, de petites mèches rebelles s'entortillant aléatoirement dans l'air et les pointes inégales rebiquant follement. Ses oreilles pointues et traits harmonieux ne laissaient aucun doute quant à son appartenance à la race des elfes, mais sa taille ridiculement petite pour son espèce incitait tout de même à se poser des questions. Elle ne devait excéder le mètre soixante, et, ajouté à cela un physique d'une maigreur effrayante : ses joues se creusaient fortement sur une mâchoire bien dessinée, et la peau de son cou, bleutée par de nombreuses et intrigantes meurtrissures, traçait sa trachée et ses muscles tendus. Elle semblait flotter dans des vêtements bien trop lourds pour elle, un épais manteau d'un bleu sombre s'appuyait sur ses épaules, et une sangle en cuir scellée par un large sceau métallique compressait les tissus, tenant fermement un immense bâton dans son dos, une lame sculptée s'incrustant dans le manche qui semblait à peine plus petit que sa propriétaire. Il redressa sa tête et tendit son dos, se grandissant un peu plus. Impérialement, il s'approcha et lança à la jeune femme :
"Le seigneur Elrond va vous recevoir, quel est votre nom?
- Pardonnez-moi, mais je préfère ne pas le prononcer sauf en cas d'absolue nécessité. Et en ce cas, il serait préférable que ce soit Elrond et non pas vous qui me le demandiez. "
Répondit-elle un grand sourire, tranchant avec le ton froid qu'elle avait pris. Lindir fronça les sourcils mais n'insista pas, persuadé qu'elle avait des raisons qu'il ne désirait pas connaître.
"Très bien, par contre, veuillez me confier votre lance, comprenez bien que je ne peux vous laisser entrer armée alors que même votre nom m'est inconnu."
Fairië sourit légèrement et approcha ses mains du sceau en métal qui reposait sur sa poitrine. Après une pression des doigts elle se libéra de la ceinture et passa son arme par-dessus sa tête, elle la lui tendit en plantant ses yeux vairon dans ceux de l'elfe face à elle.
"Prenez en soin, j'y tient beaucoup."
Lindir acquiesça solennellement et fut surprit par la légèreté de l'objet, de plus près il pu voir que cette lame qu'il croyait ne faire qu'un avec le manche, possédait en réalité un mécanisme précis qui semblait lui permettre de se déplier.
Il s'arracha à la contemplation et guida l'étrange invité à travers les murs décorés de lierres et de bas-reliefs. Il put saisir les expressions contradictoires qui dansaient sur le visage maigre. Elle semblait passer de l'émerveillement à une sorte de colère en quelques secondes seulement, ses yeux étranges criant une palette d'émotion aussi vaste qu'incompréhensible.
Enfin, un bruit caractéristique de vaisselle qui tombe au sol retentis et le jeune home poussa un soupir exaspéré, il se redressa vivement quand il entendit à ses coté un petit rire.
Les yeux brillants de compassion de la petite elfe répondirent au ton moqueur qu'elle employa :
"Les nains sont présents je suppose, ne faîtes pas cette tête, quand ils partent, si un sentiment de soulagement nous prend, on ne peut s'empêcher de trouver nos salles bien trop silencieuses par la suite.
-Croyez-moi, parfois je n'aspire qu'au silence... Même la nuit, les ronflements de certains font trembler les murs"
La jeune femme ria de nouveau et s'avança vers la porte, qu'elle désigna du doigt.
"Après vous."
Lindir clos ses yeux un instant et inspira profondément, lorsqu'il les rouvrit, il lui souhaita bonne chance du regard et ouvrit silencieusement un battant de la grande porte en bois.
Le silence se fit immédiatement lorsque Fairië entra, attirant instantanément des yeux inquisiteurs.
Bien trop habituée au poids des regards pour s'en soucier réellement, elle se pencha discrètement vers son guide et lui chuchota :
"Je devrais venir plus souvent apparemment, ce fut si simple de les faire taire, vous ne devez pas faire beaucoup d'efforts...
-Je dois reconnaître que vous m'impressionnez, aurais-je à mes côtés une descendante d'Ilúvatar? Réussir à faire taire un nain relève d'un acte divin..."
Un sourire en coin se dessina sur les lèvres roses de la jeune femme.
"Qui sait ?"
Ils échangèrent un regard amusé avant de s'avancer sur la terrasse fleurie. Les musiciens reprirent leurs symphonies mais les nains gardèrent le silence, s'observant à tour de rôle et détaillant l'étrangère avec méfiance. Fairië leur rendit leurs regards, jaugeant chacun des nains de la compagnie. Ses yeux s'arrêtèrent quelques secondes sur l'un d'eux, à la carrure imposante et à la barbe étonnamment bien taillée. Ses yeux glacés la fixaient sans ciller, quelques mèches noires et grises lui tombaient nonchalamment sur le visage tandis que sa bouche formait un très discret rictus dédaigneux.
Fairië s'arracha à sa contemplation froidement, continuant son examen silencieux avec d'autres nains. Son regard fut vite attiré par un petit être, assis aux côtés d'un nain au couvre-chef improbable. Ses boucles brunes encadraient un visage qui semblait bien trop honnête et surtout particulièrement imberbe pour un nain. Une veste de velours côtelé rouge reposait sur ses épaules et l'attention plus qu'insistante que lui portait la jeune femme sembla le gêner fortement.
Elle se détourna rapidement et regarda Lindir, qui avait saisi son trouble.
"Un hobbit parmi une compagnie de nains?
-Bilbo Baggins, il semble assez proche d'eux, bien que leur chef, Thorin, ne semble pas être des plus convaincus de l'utilité de sa présence..." Expliqua-t-il en haussant les épaules et en désignant discrètement le nain qui avait happé son attention quelques instants plus tôt.
Il vit la jeune femme pâlir brusquement, sa bouche s'ouvrant de surprise :
"Thorin... Pas le Thorin Oakenshield?
-Si, celui-là même. Vous allez bien ? Vous faîtes peur à voir tout d'un coup...
- Oui... tout va bien... Continuons voulez-vous."
Lindir acquiesça, et ravala ses questions, elle avait accéléré le pas et se dirigeait vivement vers la table un peu plus loin où trônait un elfe aux allures impériales et à ses côtés, le magicien gris, bien débraillé en comparaison avec le seigneur à sa gauche.
"Sinen etta, ëa Fairië...*
-Seigneur Elrond... Je vous remercie pour votre hospitalité." La jeune femme s'inclina légèrement, laissant ses cheveux emmêlés par le vent lui tomber devant les yeux. Elle se releva tout aussi vite et fixa sans un mot le roi elfe. Son regard vrilla un instant sur Gandalf et le foudroya. Il saisit sans mal la raison de sa colère et se contenta de hausser les épaules, lui indiquant qu'ils en parleraient plus tard. Le silence s'éternisa alors le magicien se leva et sourit chaleureusement.
"Ma jeune amie, vous devez être affamée, maintenant que vous vous êtes annoncée, joignez-vous à nous pour la fin du repas..."
Il sentit le regard incisif d'Elrond glisser sur lui, parfaitement conscient de ce que le vieillard sous entendait. Il s'empressa alors d'ajouter, pour ne pas se mettre dans une position qu'il ne contrôlerait pas :
"Partagez donc la table de la Compagnie, de ce que m'a dit Mithrandir, vous allez les accompagner."
Aussitôt le bruit de quelqu'un qui se lève résonna entre les murs blancs. La voix grave de Thorin répliqua :
"Je n'ai pas entendu parler de la présence d'un quinzième membre, l'un de vous aurait-il l'obligeance de s'expliquer ?"
La politesse du nain ne trompa personne, Thorin attendait une réponse rapidement et il valait mieux qu'elle lui convienne.
"Les explications viendront avec leur temps et croyez-moi, Thorin vous n'êtes pas le seul à en avoir besoin. Malgré tout, je n'ai pas mangé à ma faim depuis bien trop longtemps, aussi permettez-moi quelques instant de repos mérités."
Malgré son air exténué, Fairië avait une voix posée et impériale, la fatigue ne transparaissait pas dans son timbre clair.
"Je ne serais pas blessée de me voir refuser une place à votre table ne vous inquiétez pas. De toute manière je dois également nourrir ma monture. Ceci étant dit, je suis Fairië, retenez bien mon prénom, je ne tiens pas à le répéter plus que nécessaire.
-Ne vous inquiétez pas miss Fairië, allez nourrir votre monture et rejoignez-nous, une place vous est bien évidement offerte, l'hospitalité des nains n'est pas un mythe, ou du moins nous nous efforçons d'en faire ainsi."
Un vieux nain s'était levé, son nez et sa barbe cachaient une grande partie de sa bouche mais les plis aux coins de ses yeux indiquaient un sourire chaleureux. Fairië sourit sans grand engouement et inclina respectueusement sa tête.
"Merci Maître Nain. Mithrandir, pouvez-vous m'accompagner, je suppose que ma présence en cuisine est interdite."
Ses mots jetèrent un froid dans l'assemblée. Le magicien gris acquiesça en silence et se leva. D'un hochement de la tête Fairië salua l'elfe qui l'avait guidé et suivi Gandalf dans les couloirs de la cité elfe.
"Je crois que vous avez fait forte impression, je suppose que tout le monde s'attendait à ce que se soit moi qui réponde à Thorin, ou encore le seigneur Elrond, mais que vous répondiez vous même au descendant du "roi sous la montagne" a dû en surprendre plus d'un.
-Je n'ai vu aucune montagne et encore moins un prince Mithrandir, seulement un mort.»
Répondit-t-elle, acide, son ton foudroyait le magicien de sa colère. Parmi ces nains qu'elle a pu voir, Fairië avait remarqué de jeunes nains, qui n'avaient pas vu assez d'hivers pour affronter un dragon, tout comme certains d'entre eux, au contraire, en avait trop vécu. Tous avaient de doux sourires, sans doute dessinés par l'espoir de posséder de nouveau un foyer...
«Smaug ne peut résider éternellement dans Erebor, un nécromancien agit dans l'ombre de Dol Guldur et le mal ne détournera pas toujours ses yeux de la montagne solitaire, un jour viendra où ils s'intéresseront de très près au dernier des grands dragons.
-Et c'est pour cela que sacrifier treize nains et un hobbit vous a semblé une merveilleuse idée… Mais malgré tout, je crains que vous n'ayez pas seulement envoyés ces nains dans le brasier du dragon...
-... Que voulez-vous dire Fairië ?
-Ne tournons pas autour de la question, vous avez forcément une théorie sur la raison pour laquelle les orcs nous ont enlevés... Répondez-moi Mithrandir, combien d'années se sont écoulées depuis Azanulbizar ?
- C'est bien ce que je craignais alors... Fairië, Faina et vous avez été prisonnières de Gundabad durant 142 ans..."
Fairië resta silencieuse quelques instant avant d'aller s'appuyer contre le mur le plus proche et de se laisser tomber, cognant douloureusement l'arrière de son crâne sur la pierre. Elle aurait voulu pleurer, ou crier au magicien qu'il se trompait, que le monde se trompait, ou alors espérer qu'elle rêvait... oui... elle aurait voulu pleurer, parce que quand on pleure... on espère encore. Mais non, elle n'est pas cette créature naïve malheureusement... Elle ne croit pas, elle sait. Elle sait que Mithrandir à raison, elle sait que sa sœur est morte, elle sait...
« 142 ans… ? Cela fait si longtemps qu'elle est partie ? » Chuchota-t-elle pour elle-même.
Un siècle et demi... comment ont-elles pu survivre si longtemps ? Ou plutôt comment a-t-elle résisté à ça si longtemps ? Trop de pensées chamboulèrent son esprit et son estomac se souleva. Fairië réprima difficilement son haut-le-cœur. Sans vraiment le voir, elle perçu Gandalf s'accroupir en face d'elle.
"J'ignore comment vous avez pu survivre si longtemps toutes les deux, le sang à dû vous aider mais je ne pense pas que ce soit tout. Gardez vos secrets Fairië, ils ne regardent personne d'autre que vous. Malgré tout, écoutez-moi, je peux vous aider, et sans qu'ils le sachent eux-mêmes, ces nains le pourront également. Vous devez simplement nous laisser faire. Vos dons de guérisseur ne doivent pas sombrer Fairië, vous m'entendez ?
-Je ne sais pas si je saurais encore soigner si bien..." Répondit-elle d'une voix blanche, les yeux dans le vague.
"Ils hurlaient... Ils tuaient dès qu'on leur mentait pour sauver des vies... Les maisons brûlaient, les chaires aussi... Il y avait une petite fille, je crois, elle avait crié que sa mère pouvait soigner 'n'importe quel bobo' en pensant, de sa naïveté infantile, que cela les sauveraient. Et bien ils sont allés vérifier... Et quand ils ont compris que la mère en question ne savait soigner que les petits 'bobos' de sa fille... Ils l'ont tuée, un grand coup d'épée qui la coupa en deux, quant à la petite, ils lui ont arraché la gorge avec leurs dents... Si vous saviez comme il était rouge, écarlate et liquide, le 'ploc' récurrent que l'on entendait lorsque son vermeil atteignait les pavés après avoir roulé sur sa peau grise.
-Fairië, vous vous égarez, je suis certain que vous n'avez pas attaché tant d'importance à ces derniers détails ce jour-là.
-Vous avez raison, pardonnez-moi. L'histoire est telle qu'ils nous ont trouvée, Faina et moi, encore endeuillées. Nos oreilles pointues leurs ont vite fait comprendre que nous n'étions pas comme les autres humains du village... Alors quand ils ont su de qui nous descendions... ils nous ont embarqués. Certains d'entre eux sont bien moins bêtes que l'on pourrait le croire, ils ont vite trouvé un moyen de pression efficace... Alors je l'ai soigné... Il est en vie Mithrandir, et croyez-moi, il a soif de sang nain.
-Pourquoi vous ont-ils gardé si longtemps alors que votre travail initial était terminé ?
-Il a mit bien plus de temps à se remettre que vous ne le pensez, et il s'est rendu compte que c'était incroyablement pratique d'avoir une elfe aussi talentueuse à ses pieds..." Fairië grimaça à ses paroles.
"J'entendrais presque la banshee hurler... Chaque nuit, j'ai l'impression de l'entendre crier, ma peur se mélangeant à mes souvenirs... " Elle releva sa main droite et plaça son majeur sous ses yeux, les tracés dorés creusés dans l'acier bleu l'obsédèrent un instant. Puis elle se redressa doucement.
"Allons-y, Nauro finira par attaquer tout ce qui aura le malheur de bouger sinon.
-Nous savons tous les deux qu'il vous obéit au doigt et l'œil... Si vous tenez à changer de discussion, dîtes-le.
-Très bien, je ne tiens pas à en parler plus que ça. De toute manière je vous connais vous allez forcément me pousser à en parler aux nains, je préfère ne pas avoir à le répéter outre mesure. Par contre, si effectivement il obéit très bien, il reste un animal sauvage, et s'il est affamé, il chasse et se repaît de lui-même. Donc il vaut mieux se dépêcher."
Fairië clos la conversation là et patienta le temps que Gandalf se décide à la guider de nouveau. Le reste du trajet se fit en silence, l'elfe regardant autour d'elle consciencieusement, gravant les directions dans sa mémoire.
Arrivé devant les cuisines, Gandalf la planta là et rentra dans la pièce en jetant juste par-dessus son épaule :
"De la viande crue je suppose?
-Oui, et dans une quantité certaine si possible, je lui dois bien un repas correct après de telles courses!"
La porte se referma en laissant seulement un doux fumet caresser ses narines. Un coup de tonnerre retentit dans son estomac. La faim... une faim tordante lui dévora le ventre. Elle grogna pour se contenir. La jeune femme passa sa main entre les pans de son manteau et voulu serrer la peau de son ventre. Mais tout ce qu'elle put saisir franchement fut de l'air. Si maigre... si maigre qu'elle ne pouvait même pas décoller légèrement sa chair de ses muscles... Elle soupira longuement avant de s'adosser contre le mur. Quelle idée de demander de la viande crue à des cuisiniers elfes...
"Bravo Fairië, apparemment ton cerveau a fondu avec ta graisse pendant le dernier siècle..." chuchota-t-elle pour elle-même.
Enfin Gandalf réapparut avec deux coqs dans les mains, les pauvres bêtes tentent vainement de se redresser en caquetant bruyamment. Surprise, Fairië questionna:
"Vous avez réussi à vous faire offrir deux poulets ? Bravo et merci! Je ne vais pas plus vous embêter, donnez les moi et retournez sur la terrasse...
Ne me regardez pas ainsi, j'ai retenu le chemin.
-Cela fait longtemps, mais je me souviens de Trois jeunes elfes capables de se perdre dans leur propre village...
-Tous ceux qui errent ne sont pas perdus Mithrandir...
-Ne vous moquez pas de moi Fairië. Enfin, je tiens à revoir ce spectacle, nous nous retrouverons plus tard alors. Cependant ne faîtes pas trop attendre les nains.
-Entendu, je me dépêche.
-Par ailleurs, votre chambre se trouvera côté de celle de nains, suivez le bruit vous trouverez vos appartements
Avant de partir, Gandalf jeta un regard entendu et insistant sur la jeune femme, alternant entre les poulets et elle. Cette dernière soupira mais lui fit un sourire qu'elle espérait convainquant. La réaction du magicien lui fit comprendre que ce n'était pas le cas mais il ne sembla pas vouloir rouvrir la discussion.
Les deux vieux amis se séparèrent Fairië ne tarda pas à trouver la sortie, guidée miraculeusement par l'odeur du vent. Elle avait besoin d'air avant de rencontrer les nains, et une petite partie de chasse lui ferait le plus grand bien à elle aussi. Jusque-là elle arrivait à tenir le coup, même si le manque était douloureux, son état n'était pas encore critique.
Lorsqu'elle sortit de la cité et prit une série de virages improbables, elle entendit les ronflements indiscrets que son warg poussait.
Il fut dressé sur ses quatre pattes dès qu'il sentit la présence familière de l'elfe s'approcher, il commença à grogner lorsqu'il entendit les poulets paniquer dans les mains de l'arrivante.
"Quildë Nauro, quildë**"
L'immense loup obéit et s'accroupit pour que sa petite maîtresse puisse monter sur son dos. Sans utiliser ses mains, Fairië s'appuya sur la patte avant gauche de l'animal et contracta sa cuisse pour s'élever et s'installer. Ainsi fait, elle jeta les deux coqs en avant et s'écria à l'intention de l'animal :
"á roita!°"
Omentië: Rencontre
*Sinen etta, ëa Fairië : Ainsi donc, tu es Fairië [Quenya]
**Quildë Nauro, Quildë: Calme Nauro, calme [Quenya]
°á roita!: Poursuis! [Quenya]
J'espère que ça vous a plus et je vous dis, a la semaine prochaine!
Shikyo-chan
