Bonjour, bonsoir ! Hey J'ai réussi à avancer plus tôt que prévu ! J'espère que ça va vous plaire :) J'ai reçu pleins de commentaires enthousiastes pour le dernier chapitre, merci beaucoup !

Je n'en dis pas plus, bonne lecture :)

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Chapitre 2

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Plusieurs élèves passèrent dans son compartiment et cherchèrent à lui adresser la parole, lui demandant s'ils pouvaient prendre place ou ce qu'il faisait par terre. Un ou deux s'inquiétèrent même, mais Harry resta muet, la tête basse et se répétait inlassablement qu'il ne devait pas succomber. C'était comme un mantra, dans sa tête, une litanie, il ne devait pas succomber aux tentations et ne devait pas se faire d'amis, c'étaient tous des monstres mal élevés.

Les autres élèves, constatant son mutisme, firent demi-tour ou se moquèrent de lui avant de fuir. Cet enfant, trop petit et mal fagoté, était trop bizarre et tous préféraient l'éviter. Aucun ne resta et Harry en fut soulagé.

Le trajet fut interminable, son ventre avait un peu commencé à grogner, mais il devait tenir. La nuit était tombée depuis longtemps lorsque le train s'arrêta et un boucan retentit dans les couloirs. Harry attendit que la foule passe et sortit à son tour. Il s'inquiéta quand il constata que tout le monde portait un uniforme. Lui n'en avait pas, il n'avait d'ailleurs aucune fourniture scolaire et se demandait comment il allait faire. Peut-être l'école pourrait-elle lui prêter le strict minimum. De toute façon il savait à peine lire et écrire. Il n'avait jamais été à l'école, il n'en était pas digne, il le savait. C'était sa tante qui lui avait fait classe, quelques fois. Il savait vaguement compter, pouvait déchiffrer un texte et le comprendre partiellement, griffonner quelques mots, mais son vocabulaire était très limité. Il ne devait connaître en tout et pour tout que 1200 mots et un tiers devait concerner le ménage et le jardinage, bref, l'entretien de la maison. Le reste était du langage usuel, dont les mots qui revenaient le plus étaient « oui », « oncle » ou « tante », ces deux derniers précédant généralement leurs noms respectifs.

À l'extérieur, la masse d'élèves était impressionnante. Harry se sentait tout petit. Il l'était d'ailleurs. Il paraissait être une crevette au milieu de montagnes. Même les plus jeunes avaient une tête de plus que lui et c'était pire avec les plus âgés. Il avait à peine mis un pied dehors que ceux qui l'entouraient le dévisagèrent. Il faut dire qu'il n'avait rien pour se fondre dans la masse. Avec son tee-shirt rouge délavé, son vieux pantalon kaki et maintenu par une cordelette à la taille, il ne passait pas inaperçu.

Finalement, les autres se détournèrent de lui et prirent la route pour rejoindre l'école. Les première année furent appelés à suivre un géant, donc il suivit le mouvement pour ne se retrouver qu'en compagnie des nouveaux élèves. Il y avait parmi eux un grand roux, un petit blond, une rousse aux cheveux nattés, un grand brun à la peau brune, un autre aux cheveux frisés. Ils étaient assez nombreux, plus d'une trentaine s'il comptait bien.

Après avoir marché un court instant dans l'herbe, ils s'approchèrent tous d'un ponton. Là, ils durent monter dans de petites embarcations de bois, par trois ou quatre, afin de traverser un lac aussi noir que le ciel de nuit et dont il ne voyait le bout. Heureusement que le géant qui les guidait avait une lanterne pour les éclairer.

Harry monta à bord de l'une des barques en dernier, bien obligé de se trouver une place parmi les autres. L'emplacement était étroit et il ne pouvait pas ne pas toucher son voisin. Cela le dérangeait beaucoup. Il n'arrivait pas à déterminer si c'était agréable ou au contraire dégoûtant, s'il en avait le droit, après tout c'était des monstres aussi, ou si c'était tout autant interdit qu'un autre toucher. Ça le tortura tout au long du voyage et il ne releva la tête que lorsque l'embarcation eut un soubresaut. Ils venaient de toucher l'autre rive.

Là, le géant les guida à nouveau dans la nuit sombre sur un petit chemin enherbé, rapidement remplacé par des graviers, puis des pavés. Finalement, ils passèrent rapidement une porte et pénétrèrent dans la falaise. Les torches accrochées aux murs s'allumaient sur leur chemin et s'éteignaient après leur passage. Harry en était vraiment intrigué et il sentait de plus en plus de pression. Il ne pouvait pas trouver ça merveilleux, c'était monstrueux, mais pourtant c'était tellement inimaginable, qu'il ne pouvait s'empêcher d'admirer le phénomène et cette contradiction le rendait malade presque physiquement.

Le petit groupe d'élèves arriva enfin en haut d'un large escalier de pierre qui semblait être leur destination puisqu'une femme à l'air sévère les y attendait. Celle-ci, vêtue d'une robe vert foncé, se racla la gorge et les chuchotements qui avaient envahi les couloirs se turent. Elle se présenta comme étant le Professeur Mc Gonagall et directrice adjointe. Elle introduit aussi quelques règles basiques de l'école que Harry mémorisa soigneusement, puis expliqua qu'ils allaient être « répartis » dans des maisons aux noms bizarres. Il se demandait de quoi elle pouvait bien parler, mais imaginait que si elle ne donnait plus de précisions maintenant, c'était que ce n'était pas nécessaire.

Soudainement, les grandes portes devant lesquelles ils étaient postés, que Harry n'avait pas encore remarqué, s'ouvrirent et laissèrent passer un brouhaha joyeux de centaines d'élèves. Il n'avait pas noté non plus, d'ailleurs, les coups d'œil angoissés de la professeure qui parcourait leur groupe avidement, semblant à la recherche de quelqu'un.

Alors que la vieille femme se retournait et s'avançait dans l'immense salle illuminée de milliers de bougies, Harry s'appliquait à se répéter toutes les règles nouvelles énoncée plus tôt qui s'ajoutaient à celles de son oncle et sa tante. Il suivit donc, encore une fois, machinalement les élèves devant lui, s'efforçant de ne pas s'émerveiller devant la beauté des lieux. Il commençait à penser que résister serait plus dur que prévu et se morigéna d'avoir de telles pensées. Il était bien élevé, il connaissait les règles, il avait vécu toute sa vie aux côtés de son cousin qui avait droit à mille et une choses qui lui étaient interdites. Il y arriverait. Il s'autorisa alors un tour d'horizon, repérant son environnement, ses futurs camarades de classe et professeurs.

Quatre très longues tables étaient occupées par des élèves de tous âges au-dessus desquelles quelques bannières de couleurs différentes flottaient. Il comprit la mention des quatre maisons énoncées par le Professeur Mc Gonagall. Perpendiculairement à elles, une autre, un peu plus courte, mais surélevée sur une estrade, accueillait les professeurs de l'école et où trônait en son centre un très vieil homme habillé un peu plus richement que les autres, certainement le directeur. Ce dernier se leva et le silence se fit.

- Bienvenue à nos nouveaux élèves et aux anciens qui reviennent. Je vous prie de faire silence pour que la répartition commence, dit-il de façon claire et forte à l'ensemble de la salle.

Tandis qu'il prononçait ces quelques mots, un autre homme courbé et à l'allure hideuse positionna un tabouret à quatre pieds – décidément, ce chiffre devait être important ici – et installa un vieux chapeau rapiécé dessus. Lorsque le directeur se rassit, la Professeur Mc Gonagall ouvrit un rouleau de parchemin et commença à appeler des noms.

Alors qu'une première fille s'asseyait sur le tabouret mis en évidence et enfila le chapeau, celui-ci baya et une voix émit de l'ouverture un tonitruant :

- POUFSOUFFLE !

Harry sursauta, surprit tant par l'annonce de l'objet censé être inanimé que par les hurlements qui retentirent de l'une des tables dans son dos. Tout cela était très effrayant, mais avait au moins le mérite de confirmer sa théorie sur les maisons et la répartition. Cependant, il commença à suer lorsqu'il comprit qu'il allait, lui aussi, devoir y passer.

Il occulta se fait pendant qu'il voyait le nombre de première année diminuer autour de lui. Jusqu'à ce que le professeur Mc Gonagall prononce son nom :

- Harry Potter !

Tout devint blanc autour de lui. Il eut un vertige et sentit la sueur couler dans son dos. Toute l'attention était tournée vers lui et il avait horreur de ça. Il était un monstre, il savait qu'il n'était pas beau, trop petit, trop maigre, qu'il ne le serait jamais, que de toute façon il ne le méritait pas, mais étaient-ils tous obligés de le fixer de la sorte ? Il se gifla mentalement, qu'importe ce qu'il devait subir, il le ferait, il en avait l'habitude. Il ne devait pas faire de vagues, quand bien même ça lui coûtait, il s'avança doucement vers ce qui lui semblait être la pire place au monde.

Alors qu'il se détachait du groupe, les chuchotements reprirent de plus belle. Quelques mots perçaient ses oreilles bourdonnantes et il percevait des « survivant », « accoutrement », mots qu'il le rendirent encore plus mal. Il savait qu'il n'était pas vêtu comme il le devrait, il n'avait pas d'uniforme et même ses habits détonaient dans ce cadre monstrueusement sublime. Il agrippa maladroitement son tee-shirt trop grand, essayant de réprimer ses tremblements, et s'approcha timidement et craintivement du tabouret, comme un condamné à mort s'approche d'un échafaud.

Ce fut un jeune garçon d'un petit mètre vingt qui progressa au milieu de la salle, les cheveux noirs ébouriffés sur le sommet de son crâne et semblant peser 20kg tout mouillé. Il avait l'apparence d'un petit garçon de sept, peut-être huit ans. Ses vêtements, en plus d'être inappropriés étaient dans un état lamentable. Alors c'était ça le célèbre Harry Potter, Celui-Qui-A-Survécu à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Il avait l'air pitoyable.

À reculons, il s'assit sur le piège de bois et ferma les yeux, attendant la sentence. S'il avait compris que le chapeau leur donnait leur « maison », il ne savait pas quels étaient les critères de jugement et il craignait de ne pas avoir sa place dans cette école. Finalement, peut être serait-ce mieux, se dit-il. Il se mit alors à croiser les doigts et à prier d'être renvoyé chez lui. Il se ferait frapper par son oncle et savait qu'il était égoïste, mais il préférait ça à passer une année dans cet endroit inconnu, monstrueux et intimidant, dans lequel, il était sûr, il n'avait pas sa place. C'est alors qu'une voix retentit dans sa tête.

- Hum, Harry Potter, surprenant !

Harry sursauta et ouvrit les yeux, mais le chapeau était tellement grand qu'il lui tombait sur les yeux et il ne voyait rien d'autre qu'un noir profond picté de quelques points blancs, sûrement la lumière qui perçait des mailles de l'antique chapeau.

- Hum … Si tu n'es pas dénué de ruse, tu n'as, en revanche, aucune ambition si ce n'est celle de toujours vouloir bien faire. Serpentard ne sera pas ta maison.

Harry ne savait pas ce que ça signifiait, mais s'entendre dire qu'il n'avait « aucune ambition », mot qu'il ne connaissait pas, il ne savait comment le prendre.

- Tu as un certain courage mais tu manques cruellement de témérité. Tu es bien trop responsable pour aller à Gryffondor.

Plus le chapeau parlait, plus Harry était déconcerté et, à fortiori, angoissé. Encore une fois il n'avait pas compris la moitié des qualificatifs qui lui étaient attribués. Il rougit, cependant, à la phrase suivante.

- Hum … Tu es intelligent, n'en doute jamais, mais ta créativité a été si bridée que Serdaigle ne te convient pas non plus.

Il ne savait pas ce que voulait dire une « créativité bridée », mais il ne méritait sûrement pas le compliment d'être reconnu intelligent. Apparemment, cette réflexion ne fut pas du goût du chapeau bizarre car il reçut une claque mentale sur le haut du crâne. C'était surprenant et ça faisait aussi mal qu'une véritable tape, mais ce ne pouvait être arrivé, le chapeau n'avait pas de main.

Il se flagella lorsqu'il reconnut que tout était possible dans ce monde monstrueux. Il s'encouragea alors à continuer, se retenant de succomber aux mots flatteurs.

- Ton éducation est à refaire, mon enfant. En outre, j'ai rarement vu passer quelqu'un d'aussi travailleur et tu es d'une loyauté sans borne. Laisse donc cette volonté de plaire aux autres et vis pour toi même. Tu n'es pas un monstre, mais un puissant sorcier !

Après une courte pause qui se voulait appuyer ses propos, le choixpeau s'écria :

- Ta maison est sans aucun doute :

- POUFSOUFFLE !

La grande salle resta une seconde suspendue dans le temps, un silence immobile régnant, avant que tout ne reprenne vie. La maison Poufsouffle fit de nouvelles acclamations, tandis que le reste des élèves débattirent vivement sur l'annonce du choixpeau.

Harry, lui, était resté figé, toujours assis et à moitié dissimulé derrière le chapeau. Ce fut la Professeur Mc Gonagall qui vint à son secours et l'aida à reprendre conscience. Elle lui retira le couvre-chef de la tête et l'aida, d'une forte prise sur son bras, à se relever. Il était un peu abruti par le bruit, les mots du chapeau bizarre, par tour ce qu'il avait vu jusqu'alors et lorsque la directrice adjointe se pencha à son oreille pour lui demander de rester après le dîner afin de rencontrer le directeur pour une discussion, il ne put qu'acquiescer machinalement et se laisser conduire à la bonne table.

Il tenta de se concentrer, d'observer ses nouveaux camarades de classe un peu trop près de lui à son goût. Il y avait près de lui, en plus de la jeune fille aux nattes blondes qui avait ouvert la répartition, deux bruns, deux autres blondes, deux roux, une brune et un blond. Hormis la première qui portait le nom de Hanna, il n'avait retenu aucun autre prénom des élèves assis à ses côtés.

En les observant, Harry se rendit compte qu'eux aussi le fixaient intensément, comme tentant de découvrir tous ses secrets. C'était incroyablement inconfortable et cela ajouta à son malaise. Il suait toujours abondamment, ses jambes et ses mains tremblaient et la tête commençait à lui tournée. Son mantra tournait en boucle dans son esprit, lui donnant un mal de tête assourdissant le brouhaha environnant. Il ne se sentait pas bien. Trop d'informations d'un coup, trop de choses auxquelles faire attention, il était au summum de l'angoisse, la tension crispait ses épaules. Il avait trop chaud, mais se dents claquaient et il grelottait. Le directeur parlait, mais il n'arriva pas à l'entendre.

Soudain, une multitude de plats apparurent sur la table. La seconde d'avant il n'y avait rien et la suivante les tables étaient pleines de mets succulents, dégageant une odeur délicieuse, en abondance. Puis il se souvint. Il avait déjà mangé ce matin, il n'avait pas le droit d'être là, assis à table avec les autres. Il sursauta, se leva en catastrophe, se prit les pieds dans le banc et s'effondra, succombant à l'inconscience.

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