Disclaimer : Ces beaux gosses appartiennent toujours à Square Enix. *snif*
Warning : Comme d'hab.
Note : Je ne peux poster que les week-end et ce n'est pas sûr que j'arrive à garder un rythme de trois chapitres à la fois, mais bon, je vais essayer hein ! ;)
Roxas se réveilla avec des effluves de café et de pain grillé. Son estomac lui rappela qu'il n'avait rien avalé depuis son sandwich de la veille, englouti entre deux gares. Il s'étira et constata qu'une couverture le recouvrait. Roxas se frotta les yeux, encore endormi. Deux hypothèses : soit elle était apparue pendant la nuit, soit c'était Axel qui lui avait mise. La première paraissait un peu moins plausible que la deuxième. Son ventre ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir de façon plus approfondie. L'odeur de nourriture le torturait et il ne fallu pas longtemps avant que Roxas ne retrouve Axel dans la cuisine. Ce dernier lisait un livre, adossé au comptoir, un mug de café à la main.
« Bien dormi ?, fit-il sans lever les yeux de son bouquin.
-Euh, oui, merci... »
Roxas ne savait sur quel pied danser. La veille, Axel avait été un peu brusque mais il s'était réveillé ce matin avec une couverture sur lui...
« Hem... Merci, pour, euh, la couverture.
-De rien. Si tu t'étais enrhumé, Demyx m'aurait dévissé la tête. Je préfère éviter. »
Roxas sourit. Un nouveau prétexte.
« Il reste du café, si tu veux. »
Il se percha sur un des tabourets du comptoir et se servit un bol.
« Tu lis quoi ?
-Bleu presque transparent, Murakami.
-Ça parle de quoi ?
-De drogue. »
Roxas ne savait pas vraiment quoi faire, ni quoi dire. Il but un peu de son café, histoire de se donner une contenance.
__
« Ton invité est gêné. » Et ? « Faudrait que tu lui parles, non ? » Pour que je lui dise quoi, ô grand sage ? « Mais j'en sais rien moi... N'importe quoi ! » Axel referma son livre et se tourna vers Roxas, qui avait la tête dans son bol.
« Tu... (Roxas releva la tête) Tu comptes faire quoi, à Lusio ?
-Ben... Me trouver un travail et un studio.
-Tu vas plus au lycée ?, fit le roux, un peu déconcerté.
-J'ai dix-neuf ans », se renfrogna le blond.
« Bouleeeeette ! » Je sais, merci... Axel sourit, embarrassé.
« Ah, euh, désolé...
-Pas grave, j'ai l'habitude.
-Bon ben ça fait qu'on a que deux ans d'écart alors !
-T'as vingt et un ans ? »
« Mais c'est qu'il sait compter le bonhomme ! » Reno, je t'en prie, ferme-la !!
« Ben, ouais... T'as l'air étonné.
-T'as un appart' immense pour un étudiant. »
Reno, allongé sur le canapé, éclata de rire. « Naaaan ! Il te prend pour un étudiant !! Tu vas lui dire quoi ? 'Euh oui, je suis tueur à gage, ça paye plutôt bien !' Huhu... » Axel fit un énorme effort pour ne pas balancer son livre en travers de la pièce. Ça aurait été plutôt suspect de jeter quelque chose sur un canapé vide, n'est-ce pas ?
« C'est... un héritage. Et je suis pas étudiant.
-Moi non plus, ça coûte trop cher. C'est pour ça qu'il faut que je me trouve un job. »
Le rouquin fit cette fois un effort pour ne pas lui répondre « cool, ta vie ». Mais pourquoi avait-il engagé la conversation ? « Pour passer pour un gentil, Axelou. »
« Tu connaîtrais pas un endroit où ils embauchent par hasard ? »
Nouvel éclat de rire provenant du canapé. « Et si tu lui proposais de devenir ton disciple ? Ça serait fun, tu crois pas ? » Reno... Je te jure que je vais te buter.
« Non. Désolé. »
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Son hôte donnait l'impression d'être sur les nerfs. Roxas finit rapidement son petit-déjeuner et entreprit de débarrasser son bol et son assiette.
« Laisse, l'interrompit Axel. Va prendre une douche tant qu'il y a de l'eau chaude, parfois les voisins tirent trop et ça monte plus jusqu'ici.
-Ah, ok... Merci.
-Arrête de me remercier, j't'ai dit, je fais ça uniquement parce que Dem' m'y a forcé.
-O-Oui... Excuse-moi...
-Et t'excuses pas non plus, tu m'énerves !
-Par...
-File ! »
Roxas ne s'autorisa à souffler qu'une fois la porte de la salle de bain refermée. La présence d'Axel était pesante. Enfin, c'était plus son attitude qui l'était. Imprévisible. Impossible de savoir comment se comporter avec lui. Roxas se demanda ce que faisait Axel, puisqu'il n'était pas étudiant. Il l'aurait mal vu en serveur ou en tout autre petit boulot. Dans n'importe quel job requérant un contact humain, en fait. Roxas se rendit compte qu'il n'avait pas de dentifrice. Il ouvrit la glace-armoire à pharmacie dans l'espoir d'en trouver, puisque le rebord du lavabo était désert.
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« Tu vas vraiment nous le traumatiser, mon vieux.
-Il me soûle.
-T'es sûr que c'est ça ?
-Il est trop frais, trop... trop...
-Innocent ?
-Ouais ! Comme s'il croyait que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil...
-T'es sûr que c'est pas plutôt de l'envie ?
-Pardon ?
-Tu l'envies d'avoir cette naïveté. »
Axel baissa la tête, découragé par la si brillante analyse de son double.
« Peut-être. »
Reno s'approcha de lui et lui posa une main sur l'épaule.
« Laisse-moi te donner un conseil, mon pote, arrête de lui donner des excuses merdiques, c'est plus suspect qu'autre chose. »
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Calmants, antidouleurs, décontractants musculaires, somnifères, antidépresseurs... Le placard était remplis de boîtes en tout genre et de flacons oranges étiquetés individuellement. Toujours au nom d'Axel. Roxas resta bloqué devant cet étalage de médicaments. Il regarda les dates. Toutes récentes. Axel devait-il donc se gaver de pilules et de comprimés chaque jour pour pouvoir vivre normalement ? Roxas referma l'armoire en secouant la tête. Quoiqu'il en soit, il n'avait pas à s'en mêler. Il ouvrit une autre porte, dénicha un dentifrice et décida d'oublier ce qu'il avait vu. Il faudrait qu'il demande à Axel comment faire pour aller chez Demyx. Lusio était une ville étendue et il ne tenait pas spécialement à s'y perdre.
Quand il sortit de la douche, il n'y avait pas un bruit dans l'appartement.
« Axel ? »
Seul le silence lui répondit. Arrivé dans la cuisine, il remarqua un papier plié à côté d'un trousseau de clés. L'écriture d'Axel était du genre nerveuse.
Je suis au boulot. Je rentre vers dix-sept heures. Y a de la bouffe dans le frigo. Arrange-toi pour pas perdre les clés et pour pas te perdre tout court.
« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire... », s'interrogea t-il à voix haute. Il n'avait pas vraiment envie de sortir sans quelqu'un pour le guider. Il ne connaissait personne à part Demyx mais il ne savait même pas comment aller chez lui. Et puis il devait sûrement être occupé. Roxas hésita à défaire son sac. Ça revenait à vraiment s'installer. Il ne voulait pas qu'Axel le trouve trop envahissant.
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Axel les mit toutes au centre. Il rechargea son neuf millimètres et le déchargea de nouveau sur la silhouette, de l'autre côté de la pièce. Malgré son casque, il entendit un sifflement admiratif. Il retira la protection et se tourna vers la porte. Une femme athlétique le fixait, l'air moqueur.
« Salut mon chou ! Qu'est-ce que cette malheureuse silhouette t'as fait ?
-Larxene.
-Qu'est-ce que tu fais là ? »
Des gaufres, pauv'gourde. Axel retint sa réplique cinglante et fit craquer ses doigts. Il est vrai que n'étant qu'un pion, il n'avait pas besoin d'aller au siège de la société plus d'une fois par mois. Mais il n'avait aucune envie de passer une journée entière en compagnie de Roxas. Et au moins, dans ces locaux, Reno se tenait tranquille.
« M'entraîne.
-Mais t'as pas de vie ou quoi ?
-Et toi, qu'est-ce que tu fous ?
-Môssieur est sur les nerfs à ce que je vois. J'ai un débriefing dans dix minutes. Toujours pas décidé ?
-Pour ? »
La jeune femme lui lança un regard atterré.
« Samedi soir.
-Ah, ça. J'ai pas envie de bouger, sérieux.
-Aller !, bougonna t-elle en lui donna un coup de coude. Et puis, tu pourras amener ton invité, il rencontrera des gens !
-Comment t'es au courant de ça, toi ? »
L'humeur déjà exécrable d'Axel descendit d'un cran.
« Marlulu.
-Pourrait pas s'occuper de ces foutues fleurs, lui...
-Alors, il est mignon ? »
Le rouquin sursauta.
« Qui ?
-Bah Roxas !
-Mais qu'est-ce que j'en sais moi, bordel !
-Ah, je suppose que c'est oui... Eh, mais ! Pourquoi tu rougis, Axel ?, s'écria Larxene en lui enfonçant son doigt – pardon, son ongle – dans la joue.
-Vas-y, surtout gueule plus fort, je te dirais rien... », maugréa le roux en chassant la main de la blonde.
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Roxas s'ennuyait ferme. Il avait bien essayé de lire le livre d'Axel mais son esprit ne s'accrochait pas aux mots, il était ailleurs. Il avait appelé Naminé, l'avait rassurée, l'avait écoutée lui faire des recommandations inutiles, s'en était débarrassé et à présent, un grand vide l'envahissait. Il ne s'était toujours pas résolu à défaire ses valises. Il aperçut un journal sur la table basse. Il l'ouvrit directement aux petite annonces, armé d'espoir et d'un crayon de papier.
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Axel ne pouvait raisonnablement passer sa journée à plomber des silhouettes de carton et à frapper dans un sac en toile. Le truc, c'est que s'il n'avait pas réunion, il n'avait strictement rien d'autre à faire dans l'immeuble. Avant de le quitter, Larxene lui avait lancé un « à samediiii ! » qui ne lui laissait présager rien de bon. Pourquoi est-ce que tout le monde faisait en sorte de l'exaspérer, en ce moment ? Axel soupira.
« On rentre ?
-Ah ben t'es là, toi...
-Cache ta joie, surtout. »
Axel immobilisa le sac de frappe et retira ses gants. L'horloge au-dessus de la porte indiquait midi et demi passé. Qu'allait-il dire à Roxas s'il rentrait aussi tôt ?
« Mais pourquoi tu te demandes ça ? C'est pas ta mère. T'as pas à lui rendre des comptes. »
Un point pour Reno.
Axel cligna des yeux. Après avoir passé sa matinée dans des sous-sols, la luminosité naturelle était trop forte. Il s'engouffra dans la bouche de métro la plus proche. La station était pleine. Axel émit un claquement de langue agacé. Il détestait la foule. Son train n'arrivait que dans un quart d'heure. Je vais péter un câble...Un bébé chialait comme c'est pas permis. Une grosse femme trop bijoutée parlait fort avec une vieille qui caquetait d'une voix suraiguë. Un groupe d'ados écoutait de la musique pourrie provenant d'un portable. Des pouffes rigolaient comme des pintades. Deux gamins se couraient après en lâchant des hurlements stridents. C'était l'enfer à proprement parler. Puis il y eut un chuintement, quelques bruits de bousculade et enfin, le silence. Un train était passé. Il n'était plus que cinq à attendre le prochain. Un éclair argenté attira son attention. Il tourna vivement la tête et se leva, le regard fixé sur le quai d'en face. Un jeune homme s'y tenait debout, de dos. Axel l'aurait reconnu parmi des milliers. Que faisait-il là ? L'autre se retourna. Il lui sourit. Articula silencieusement « Hey, Axel ». Le cœur du roux rata un battement. Il devait rêver. Il ne pouvait pas être là, si près. Était-il inconscient des risques qu'il prenait ? Un train arriva. Quand il repartit, l'homme était en compagnie d'un brun plus petit. Les sourires qu'ils se lançaient, leurs regards... Ainsi donc, c'était pour lui qu'il avait fui, qu'il l'avait quitté... Axel ne ressentit aucune haine. Juste une immense tristesse. Le couple s'éloignait vers les escaliers. L'homme aux cheveux d'argent lui lança un dernier regard, accompagné d'un de ces sourires dont il avait le secret. Puis ils disparurent. Axel resta figé par cette vision. Riku... Son afflux de souvenirs fut stoppé net par l'apparition de son train. Il monta dans le wagon comme un automate, le visage inexpressif, l'esprit vide. Même Reno ne disait rien.
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Roxas s'était endormi tout de suite après avoir mangé. Emmitouflé dans un plaid, il s'était roulé en boule sur le canapé et avait sombré dans les bras de Morphée. De toutes façons, il n'avait que ça à faire en attendant le retour d'Axel.
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C'est le tableau du petit blond recroquevillé sur le canapé qui ramena Axel à la réalité. Qu'est-ce qu'il peut pioncer... Veinard... Il l'observa dormir un moment, son esprit s'apaisant au fur et à mesure. Reno ne le taquina pas, il savait que son double avait été sérieusement ébranlé par ce qui s'était passé dans le métro. En silence, il remercia Roxas d'être là. Seul avec Axel, il ne savait pas ce qui aurait pu se passer. Le roux remarqua la page de journal parsemée de cercles gris. Roxas ne perdait pas son temps. La vigueur de la jeunesse, hein... Que faisait-il, lui, à dix-neuf ans ? A part se shooter, pas grand chose. Et c'est Riku qui l'avait sorti de là... Ce même Riku qui l'avait abandonné un an auparavant...
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Quelque chose lui chatouilla le nez. Roxas ouvrit difficilement les yeux. Rouge. C'est la première chose qu'il vit. Une masse rouge. Axel était assis contre le canapé et c'étaient ses cheveux qui l'avaient réveillé.
« … Djà là...? », fit-il d'une voix enrouée.
La tête d'Axel pivota vers lui. Il avait le bord des yeux irrité, comme s'il avait pleuré récemment. Roxas s'imaginait mal Axel en train de pleurer.
« Euh... Bien ta journée ? »
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Axel sourit tristement. Ce petit blond était épatant. Lui demander ça alors que sa tête devait probablement pouvoir effrayer un zombie... Reno avait raison. Il l'enviait.
« Et la tienne ?, répondit-il faiblement.
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Roxas comprit qu'Axel ne voulait pas vraiment parler. Qu'il avait plus besoin qu'on lui change les idées. Alors Roxas lui parla de ce qu'il avait fait. Les conseils de Naminé firent presque rire le roux, ainsi que la façon qu'elle avait de se prendre pour sa mère.
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Axel se détendit au son de la voix de Roxas. Il ne voulait pas qu'il s'arrête de parler.
« Décris-moi ta sœur, ta vie avant de venir ici... »
Le blondinet sourit et s'exécuta. Axel ferma les yeux et se laissa bercer par ses paroles. Il s'imagina la petite blonde anxieuse à l'idée que son grand frère se fasse attaquer par 'les méchants de la ville', visita la maison familiale, parcourut les rues de la bourgade, alla à la plage avec les amis d'enfance du blond, Hayner, Pence et Olette, goûta la spécialité du coin, la glace à l'eau de mer... Tout était différent de Lusio. Twitown était une ville dynamique, accueillante, chaleureuse. Les gens se connaissaient tous, les enfants faisaient du skate dans les ruelles sans aucun danger... Lusio était au contraire une ville morne, où tout le monde était anonyme, où la solidarité n'avait pas de sens et où il ne faisait pas bon d'être dehors trop tard le soir. Axel se demanda comment Roxas allait s'adapter.
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Roxas se rendit compte qu'Axel s'était endormi. Il n'osait pas le réveiller, mais en même temps, il aurait des courbatures s'il restait dans cette position. Roxas lui secoua doucement le bras.
« Hmm...?
-Tu vas mal dormir, si tu restes comme ça... »
A la plus grande stupéfaction du blond, Axel se hissa sur le canapé et se serra contre lui, l'empêchant de bouger.
« Eh ! Tu... Tu fais quoi ?!
-J'ai la flemme d'aller jusqu'à ma chambre, répondit-il dans son cou. T'arrêtes pas de parler... »
Quelques minutes plus tard, la respiration profonde d'Axel indiqua qu'il s'était rendormi. Roxas sourit, un peu troublé. Il avait eu raison. Axel était beaucoup plus humain qu'il ne voulait bien le montrer.
Kawaaaaiiii ^^
Ça me fait super plaisir de voir qu'autant de personnes aiment ma fic !! Merci merci merci !!
