Les années passèrent, et la Comté continua de changer, devenant inéluctablement un petit royaume. Que ce soit à Bree, aux Havres Gris, à Fondcombe, voire même dans les campements et royaumes nains les plus reculés, des murmures étaient entendus concernant cette terre verte et luxurieuse. Autrefois inconnue de la majorité de la Terre du Milieu, désormais connue de tous, la Comté était devenue le sujet de bon nombre de ragots et histoires. Beaucoup ne comprenaient pas comment cet endroit des plus invisibles et inconnus était devenu un petit royaume.
La Comté n'était pas connue pour ses prouesses de guerre, mais pour la richesse du sol, les récoltes fructueuses, et les moissons tout au long de l'année. Ses terres riches, son peuple paisible, et son herbe à pipe (le vieux toby restant la meilleure herbe possible). Pourtant, on parlait désormais de la Comté en d'autres termes. Les gens, majoritairement ceux de Bree, se questionnaient à propos des murs s'érigeaient tout autour de la Comté, et des principaux villages tels que Michel Delving et Hobbiton. Les grands smials des Tooks et Brandebouc étaient eux aussi entourés de grands murs. Tous les trois cent mètres, des miradors étaient érigés sur l'ancienne route d'Arnor, surveillant de façon constante les allées et venues des quelques visiteurs, marchands et autre.
Le plus étonnant était de voir des hobbits armées gardant les portes d'entrée et de sortie de la Comté, gardant farouchement les ponts traversant la rivière brandevin. Des patrouilles constantes surveillaient la Comté, expulsant sans vergogne les bandits et rufians qui pensaient trouver en la Comté une proie facile. Toutes ces dispositions changèrent les relations entre la Comté, Bree, et même avec les Dunedains. Arathorn, le chef des Dunedains fut choqué de voir de tels changements prendre place en la Comté, comprenant difficilement la volonté des hobbits à vouloir se défendre et se fortifier, alors qu'ils étaient protégés par les rodeurs.
Ainsi, en l'an 1331 de la Comté (soit l'an 2931 du troisième Âge), Arathorn requit un entretien avec le Thain de la Comté pour mieux comprendre les avenants et aboutissants des actions des hobbits. Bien entendu, Bilbon accepta volontiers de le recevoir, et décida même de le rencontrer à Cul-de-Sac.
Cul-de-Sac n'était plus un grand smial fait pour une famille nombre, surplombant une colline. Non, Cul-de-Sac était bien plus que cela. Après sa nomination en tant que Thain de la Comté, et après s'être approprié quasiment tout pouvoirs, Bilbon n'hésita pas à désigner son smial comme Thainerie, ou comme certains s'amusaient à dire, « Le Palais d'Hobbiton ». La colline étant assez grande, et à l'origine, le smial n'occupant qu'une partie du haut de la colline, Bilbon décida d'agrandir son smial. Plusieurs bâtisseurs hobbits travaillèrent sans relâche pendant des mois, transformant l'entièreté de la colline en un immense smial, découpé en deux parties. La partie du bas était sertie d'une grande porte, faite pour les grandes gens, humains et elfes, pour qu'ils soient accueillis comme il se doit, mais encastré dans la grande porte, une autre porte, plus petite, pour nains et hobbits. Cette partie du smial, prenant environ deux tiers de la colline, était désigné pour accueillir les dignitaires, les repas, les réunions des maisons (clans) hobbits, mais aussi en tant que refuge en temps de famine ou danger. Cette partie de la colline contenait pas moins de vingt garde-manger, jamais n'y avait-il autant de garde-manger dans un smial, car même les grands smials Took et Brandebouc avaient au maximum dix garde-manger.
La seconde partie de la colline, tout en haut, était réservée à la famille du Thain, plus précisément les Took. Bien entendu, Bilbon y vivait seul, enfin, aussi seul qu'on puisse être avec des serviteurs. En effet, Bilbon avait décidé d'instaurer une sorte de quartier des serviteurs, directement dans la première partie de la Thainerie. Pas moins de cinquante hobbits vivaient de façon constante dans la Thainerie, des serviteurs s'occupant d'un constant nettoyage du smial, des gardes protégeant directement la Thainerie (une trentaine), et évidemment des hobbits s'occupant de l'administration avec une certaine rigueur. Beaucoup furent étonnés d'y trouver Lobelia Sacquet de Besace, en tant que trésorière, mais certains s'amusaient à dire que « si elle peut voler l'argenterie sans remords », alors autant l'embaucher pour qu'elle son occupe de façon constante. Certains lui avaient même donnés le surnom de « Lobelia la Dragonne », connue pour son caractère farouche, et sa légendaire cupidité.
Ainsi, Arathorn fut très étonné lorsqu'il se dirigea non pas vers Tocquebourg, mais bel et bien Hobbiton. Son choc fut encore plus grand lorsqu'il passa plusieurs miradors, et même du passer une porte d'un mur fortifié pour pouvoir ne serait-ce qu'entrer dans le village, et il comprit bien vite qu'il n'y avait plus de village, mais bel et bien une petite ville. Il vit alors une sorte de caserne, où s'entrainaient des hobbits de façon constante, et au loin, au centre d'Hobbiton, il vit alors un grand smial, très différents des autres, gardés par des hobbits armés de lances et en armures elfiques.
Lorsqu'il s'approcha de la Thainerie, il fut immédiatement halé par les gardes :
« Que pouvons-nous faire pour vous, maître rodeur ? » demanda l'un des gardes.
« J'ai cru comprendre que le Thain résidait désormais ici, et je souhaite m'entretenir avec lui, maître hobbit. » Répondit-il.
« Ah ! Pas de problème, et qui dois-je annoncer au Thain ? »
« Arathorn, chef des Dunedains. »
« Pas de problème », il se tourne vers un des autres gardes « Tobold, va donc prévenir le Thain. »
« Tout de suite ! » répondit Tobold.
Pendant ce temps, Arathorn décida d'observer le hobbit face à lui. Ce hobbit était vêtu d'une armure de maille elfique, protégeant son torse et ses bras, tandis que ses jambes étaient protégées par des cuissardes de cuir, recouvertes de légères plaques d'acier elfique. Il avait sur sa tête un splendide diadème sans gemme. Il remarqua alors que ses épaules étaient couvertes par des épaulières en plaque, et qu'il y avait sur chaque épaulière le sceau du Thain. Ce sceau n'était pas présent sur les gardes qu'il rencontra lors de son voyage, pourtant, ici à la Thainerie, ce sceau était présent sur chaque garde, signifiant surement qu'ils étaient les gardes personnels du Thain.
Au bout de quelques minutes, Tobold revint, invitant alors Arathorn à entrer dans la Thainerie, et le conduisit immédiatement à la salle d'audience (que certains qualifiaient de Salle du Trône, attendu le splendide trône en marbre présent en plein centre de la pièce), où Bilbon attendait. Tout le long du chemin, le rodeur en profita pour admirer la beauté de la Thainerie, observant les murs en bois de cerisier, gravés avec expertise de fleurs, animaux. Le plafond était exceptionnel, gravés pour ressembler à un ciel étoilé, serti de petites gemmes taillés pour représenter les étoiles. Des tableaux représentant des hobbits connus tout le long du corridor, tels que Bandobras Took, Gérontius Took, et bien d'autres. Enfin, lorsqu'il arriva au bout de ce long corridor dans lequel il y avait beaucoup de portes fermées, il arriva à une grande porte gardée par deux hobbits. Sur les murs se trouvaient les portraits d'un même hobbit, l'un le représentant victorieux sur le corps d'un Warg, l'autre le représentant à genou devant ce qui semblait être la représentation de Yavanna.
Enfin, lorsqu'il entra dans la salle d'audience, il aperçut au centre de la pièce, sur un trône fait de marbre blanc, ce même hobbit qu'il avait pu observer sur ces peintures. Ce hobbit était assez grand, atteignant facilement un nain, les cheveux longs aux pointes bouclés, complètement blonds, et ses yeux argentés aux reflets dorés arboraient une puissante telle qu'Arathorn en frémissait. Plus il s'approchait du hobbit, plus il prenait en compte chaque détail concernant l'être devant lui. La première chose qu'il remarqua fut son armure, faite de platine ou en tout cas d'un métal semblable, protégeant l'entièreté de son torse, ainsi que ses épaules. L'armure était complète, avec des gants, jambières et solerets, chaque partie étant faite de ce métal brillant, filigrané d'or ainsi que d'un tissu noir comme la nuit. Une ceinture était aussi présente, faite d'un métal plus sombre, cerclé d'or.
( . pour l'armure)
Enfin, le hobbit s'adressa à lui.
« J'ai cru comprendre, maître Arathorn, que vous souhaitez vous entretenir avec moi ? » demanda Bilbon d'un ton las.
« En effet, maître hobbit. Je n'ai cependant pas eu connaissance de votre nom, auriez-vous l'amabilité de me le faire connaitre ? » Répondit le rodeur.
« Ah, je vois que ma garde n'a pas pensé à vous le dire, c'est bien, cela prouve qu'ils prennent leur travail au sérieux. Je me m'appelle Bilbon Sacquet, Thain de la Comté. »
« Je suis ravi de faire votre connaissance, maître Sacquet », il s'inclina respectueusement puis demanda directement, « Je suis venu ici pour en apprendre plus concernant les changements entrepris dans la Comté. J'ai cru remarquer des hobbits armés, des gardes, des remparts, des tours, et bien des choses qui n'étaient pas présents auparavant, et je souhaite savoir s'il y a une raison pour tous ces changements. »
« Ah ! », Bilbon observa Arathorn avec un sourire au coin, « Je me disais bien qu'à un moment ou un autre, les rodeurs finiraient pas s'interroger concernant notre comportement. J'ai bien cru que ce moment ne viendrait jamais, maître rodeur. »
« Eh bien, attendu que vous saviez que j'allais venir, je suppose que vous pouvez me répondre ? » demanda Arathorn, « De plus, je souhaiterai savoir où se situe Gérontius, cela fait quelques années que je ne l'ai pas vu. »
A la mention de Gérontius, les yeux de Bilbon flashèrent d'un jaune brillant, redevenant aussitôt argenté.
« Mon grand-père, Gérontius, est décédé lors du Rude Hiver, et je fus alors nommé Thain. Par ailleurs, c'est à la suite du Rude Hiver que j'ai décidé de prendre les choses entre mes propres mains. Remarquant l'inefficacité des rodeurs à nous protéger des wargs, orcs et grands loups blanc, j'ai décidé de créer une garde, de mettre en place des protections et traité pour que plus jamais nous n'ayons à dépendre de protecteurs invisibles. », Les mots étant prononcés avec une certaine dose de venin.
« Je suis vraiment désolé pour votre perte, mais je vous assure que nous avons fait de notre mieux, mais d'autres orcs sont venus du Nord et nous étions occupé à les repousser, et nous n'avons donc pas remarqué que certains venaient du sud. », répondit-il, l'air désolé et attristé, « J'osai espérer que la rivière ne gèlerait pas, mais il semblerait que cet espoir fut en vain. »
« En effet, et comme vous pouvez le voir, nous n'avons désormais plus besoin de votre protection, rodeur. »
« De tout temps, notre mission a été de protéger la Comté en respect du Royaume d'Arnor. Nous continuerons à vous défendre, même si vous pensez ne plus avoir besoin de nous. » Dit-il, l'air solennel.
« Hm, intéressant »répondit Bilbon, puis l'air pensif, il reprit, « Et dîtes moi, êtes-vous confortable dans vos camps ? »
Arathorn observa Bilbon avant de répondre, tentant de comprendre où il voulait en venir.
« Nous sommes habitués à vivre dans nos camps, mais pour répondre à votre question, non, ce n'est pas très confortable. »
Bilbon sembla considérer sa réponse, une lueur intelligente brillant dans ses yeux, puis il prit la parole.
« J'ai une proposition vous concernant, maître Arathorn, une proposition dont vous bénéficierez grandement. »
Arathorn fut interloqué par ce changement de conversation.
« Et quelle est cette proposition ? »
A ce moment-là, Bilbon se mit à sourire et décida d'utiliser subtilement la force pour guider le choix d'Arathorn.
« Ma proposition est simple. Je propose que vous et vos rodeurs vous installiez dans la Comté. Vous bénéficierez alors de quartiers, d'une caserne construite spécialement pour vous, dans laquelle vous pourrez vous installer confortablement, vous entrainer, et même fonder des familles, si ce n'est pas déjà le cas. Vous serez autorisé à construire des maisons autours de cette dite caserne, pour vos familles, nous vous aiderons à la construction, et vous fournirons de façon constante à manger. Qui plus est, vous aurez accès au marché, marchands, et si nécessaire, à notre armurerie. »
Chaque mot prononcé était couvert d'un fin linceul de Force, aussi doux que du miel, résonnant avec force dans l'esprit d'Arathorn.
« Et en échange ? Que demandez-vous pour tant de générosité ? » Demanda Arathorn, intéressé par cette proposition, mais restant méfiant.
« C'est très simple, Arathorn, en échange, je demande à ce que vos rodeurs deviennent membres apparents de l'armée de la Comté, qu'il entrainent les hobbits au mieux de leur compétence, et qu'ils prêtent serment à la Thainerie. Je ne suis pas sot, j'ai appris, et je sais exactement qui vous êtes, Arathorn, fils d'Arador, descendant d'Aranarth et des Rois d'Arnor. Et je sais que vous êtes le prince légitime d'Arnor. Ainsi, je veux la totale indépendance de la Comté, que plus jamais nous n'appartenions au Royaume déchu d'Arnor. »
Arathorn fut choqué par les demandes de Bilbon.
« En somme, vous demandez à ce que les serments de la Comté envers Arnor soient rompus, et que mes rodeurs vous jurent fidélité, devenant ainsi des esclaves ?! » Cria-t-il presque, outré.
« Ai-je dis esclaves ? Non, je ne pense pas. Je dirai plutôt des citoyens, des membres à part entière de la Comté. De toute façon, il n'y a plus d'Arnor, plus de royaume, et vous avez passé toute votre vie à défendre la Comté, pendant des générations. Il est tout à fait normal de vous proposer de nous rejoindre, et de ne plus avoir à vivre dans les bois. Evidemment, cela reviendrait à renoncer à toute possible gouvernance d'Arnor, ce qui serait triste, mais ne vous inquiétez pas, c'est avec grand plaisir que je vous délivrerai de ce lourd fardeau. » Tout en prononçant ces mots, Bilbon utilisa l'entièreté de ses pouvoirs pour convaincre Arathorn. « Mon cher Arathorn, vous avez tout à y gagner. Renoncez donc à cette couronne que vous ne porterez jamais, et laissez la moi, après tout, si les hobbits ont survécu et non pas le reste d'Arnor, cela prouve que nous sommes les plus adaptés à diriger, non ? »
Les yeux d'Arathorn devinrent vides d'émotion, et il répondit machinalement,
« Oui, vous avez raison maître Sacquet. Je n'ai pas besoin de ce fardeau, et c'est avec plaisir que je vous le laisse. »
Bilbon ne put s'empêcher de sourire à cette victoire facile. Que l'esprit est faible, malléable, facile à contrôler. En seulement quelques mots et un peu de Force, il venait de faire renoncer l'héritier d'Isildur à la couronne d'Arnor, désormais sienne, bien qu'il n'y ait pas de royaume.
Les yeux d'Arathorn finirent par récupérer leur lueur.
« Eh bien, quelle drôle de sensation. », pensa-t-il, sans pour autant y faire plus attention, puis s'exclama, « Je vais de ce pas prévenir les rodeurs de la situation. »
Alors qu'il se dirigeait vers la sortie, il se retourna et demanda,
« Si la Comté est désormais indépendante, et que vous avez réclamé un royaume déchu, comment suis-je censé vous appeler ? »
A cette question, les quelques gardes présents dans la salle tendirent l'oreille, attendant avec impatience la réponse de leur Thain.
Bilbon se dressa de toute sa splendeur, une cape noire de jais, filigranée d'or se dépliant dans son dos, et se mit à sourire.
« Je pense que 'Votre Majesté ' fera l'affaire à partir de maintenant, après tout, je suis Roi désormais. »
Arathorn acquiesça de la tête, et s'inclina respectueusement, alors que tous les hobbits s'inclinèrent dans la salle et crièrent de joie.
Le message fut rapidement dispersé dans toute la Comté, et des proclamations eurent lieu dans les quatre quartiers.
Très rapidement, à l'ouest d'Hobbiton, toujours à l'intérieur des remparts, des maisons furent construites, et une caserne fut érigée pour accueillir les Dunedains. Il fallut moins de trois mois pour tout construire, et un mois avec la construction, plus d'une centaine de rodeurs arrivèrent avec leur famille pour s'installer. Arathorn eut l'honneur de s'installer dans le désormais Palais Royal, en tant qu'invité d'honneur, avec sa femme, Gilraen alors enceinte. Trois semaines après leur installation, elle donna naissance au jeune Aragorn, mettant alors fin à la longue tradition d'accouchement ayant d'habitude lieu à Fondcombe. Arathorn fut aussi nommé Commandant des armées de la Comté, et reçu le titre honorifique de « Seigneur d'Arnor », qui passera alors à son fils, et ainsi de suite.
Ainsi en l'an 1332 du calendrier de la Comté, les Hobbits décidèrent de temporairement fermer les frontières de la Comté, au choc des étrangers. Des elfes furent aperçus se dirigeant vers la Comté, à leur tête, le seigneur Elrond Semi-Elfe, ainsi que ses trois enfants, Elladan, Elrohir et Arwen. Ils étaient suivis de près par une escorte, comprenant Glorfindel, Lindir, Erestor et bien d'autres elfes.
Ils furent rejoins plus tard sur la route par Dame Galadriel de Lorien, ainsi que son époux, le seigneur Celeborn, et une garde complète des Bois dorés, composée uniquement de Galadhrim, avec pour capitaine Haldir, sentinelle de la Lorien, ainsi que ses frères, Rumil et Orophin.
Ces groupes arrivèrent de l'est.
De l'Ouest, deux autres groupes elfe arrivèrent. L'un était mené par Cirdan, Seigneur des Havres Gris, accompagné alors de quelques érudits ayant décidé de vivre dans les tours blanches de Mithlond, et d'une garde de piquiers de Mithlond. L'autre groupe était mené par Thranduil, Roi-Elfe du royaume sylvestre de Vert-Bois le Grand, accompagné de son fils Legolas, ainsi que de quelques gardes royaux. Ils étaient en visite diplomatique à Mithlond, et partirent peu après le groupe de Cirdan.
Des murmures furent alors entendus sur la route, parmi les marchands, ainsi que dans les villages tels que Bree où un certain était en train de travailler pour pouvoir envoyer un peu d'argent à sa famille en Ered Luin. Il ne manqua pas à montrer tout le dédain qu'il éprouvait au passage des elfes de Fondcombe et de la Lorien. Les ragots voulaient que les elfes se dirigent vers la Comté pour bénir leurs terres, ce qui expliquerait l'abondance de la Comté. Aucun ne se doutait que tous les royaumes elfes furent invités en la Comté pour assister au couronnement de Bilbon Sacquet, en échange d'un serment de silence concernant l'évènement, acceptant de ne jamais divulguer les informations qu'ils allaient apprendre.
Les groupes se rejoignirent à Hobbiton, au palais où ils furent accueillis et logis. A l'occasion, le Palais avait changé, arborant des tapisseries de grande beauté, des fanions bleus avec le symbole du Thain brodés dessus, ainsi que des bannières étendues sur chaque mur entourant Hobbiton, et même toute la Comté. Le Palais avait lui aussi changé d'apparence, et en seulement une année, il s'était encore agrandit, s'étendant alors au-delà de la colline, ressemblant de plus en plus à un palais de style Arnorien. D'immenses tables et de grandes tentes avaient été déployées sous l'arbre de la fête, prêts à accommoder l'entièreté de la Comté ainsi que les invités elfiques.
A 12h00 précise, tous les habitants de la Comté se dirigèrent vers le Palais, entrant dans la nouvelle salle du trône, assez grande pour accueillir au moins deux fois la population totale de la Comté. En son centre, un immense trône fait de marbre blanc, filigrané d'or, entouré de deux trônes plus petits, faits de marbre noir. Un long tapis bleu royal, reliant l'entrée de la salle aux trônes. Le plafond agrémenté de bannières bleu roi, brodées chacune d'une épée (sabre laser), entourée d'éclairs, avec au-dessus une couronne, et à l'arrière un grand arbre entouré d'étoiles, représentant le royaume d'Arnor.
Tous les invités de tinrent debout, de part et d'autre du tapis, avec à l'avant des sièges pour les délégations elfes. Elrond se tenait près du trône, avec Arathorn qui tenait entre ses mains un coussin sur lequel était posée une splendide couronne de mithril, ressemblant plus à une couronne naine qu'à une couronne faite pour un hobbit. La couronne était filigranée d'or et d'argent, représentant des éclairs sur les côtés, et au centre de la couronne, un splendide saphir taillé sous la forme d'un arbre, entouré de petites émeraudes représentant des plantes.
(La forme de la couronne se rapproche de ça /d22f168 suffit de remplacer le corbeau par le saphir et les émeraudes)
A 12h30, une musique fut lentement entamée par les hobbits, qui se mirent à chanter avec force. Lentement, Bilbon apparut alors, vêtu de sa splendide armure, et d'une cape cette fois-ci bleu roi, avec en son centre le symbole désormais royal. Il se mit alors à marcher le long de la salle, d'un pas lent et décidé, observant tout le long chaque citoyen et dignitaire elfe, offrant un sourire joyeux à Galadriel et Celeborn, et un sourire charmeur à Legolas (ainsi qu'à Thranduil, étant à côté de Legolas).
Lorsqu'il arriva devant le trône, Elrond s'inclina légèrement, puis se prononça.
« Aujourd'hui, nous sommes réunis pour assister au couronnement de Bilbon Sacquet Took, premier à être couronné en tant que Roi de la Comté, et prince héritier du Royaume d'Arnor. », il se tourne alors vers Bilbon, « Jurez-vous de défendre la Comté et ses habitants ? »
« Je le jure !»
« Jurez-vous de protéger les valeurs des Hobbits et des habitants d'Arnor ? »
« Je le jure !»
« Jurez-vous de reconstruire le Royaume d'Arnor et de restaurer sa splendeur d'antan ? »
« Je le jure !»
Elrond fit alors signe à ses enfants au loin de s'approcher, chacun ayant en main un coussin sur lequel reposait, dans le cas d'Elladan, la bague de Barahir, et dans le cas d'Elrohir, le Sceptre d'Annúminas. Quant à Arwen, elle avait en main un coussin sur lequel reposait un collier, serti de l'Elendilmir (l'étoile d'Elendil copié faite pour les descendants d'Isildur, l'original étant *spoiler si vous n'avez pas lu les livres* dans la tour d'Orthanc, jalousement gardée par Saruman).
Lentement, Elrond prit la bague et l'enfila à l'annulaire de la main droite de Bilbon. Ensuite, il prit le collier qui enfila délicatement autour du cou de Bilbon, tout en prononçant des bénédictions de longue vie et prospérité en Sindarin. Lentement, et avec révérence, il ordonna à Elrohir de donner le sceptre à Bilbon, qui l'accepta volontiers, le tenant de ses deux mains. Enfin, Arathorn s'avança avec la couronne, et Elrond la saisit.
« Je déclare en ce jour, par la volonté du peuple, et sous la bénédiction des Valars, Bilbon Sacquet Took, premier Roi du Royaume de la Comté, Prince Héritier du Royaume d'Arnor, et s'est avec plaisir que je le nomme Ami des Elfes. », dit-il tout en déposant doucement la couronne sur la tête de Bilbon, puis il se recula.
Lentement, Bilbon se tourna vers Arathorn.
« Arathorn, avancez je vous prie. »
Le général, étonné par cette demande, s'avança.
« Arathorn, je profite de cette occasion solennel pour vous nommer Seigneur des Dunedains, ainsi que Seigneur de la Comté et d'Arnor. Acceptez-vous ces titres ? »
Emu, le rodeur répondit avec vigueur, « J'accepte. »
Bilbon se mit alors à sourire, et s'exclama.
« Alors prenez place sur le trône à ma droite. », et Arathorn s'assit alors sur le trône de marbre noir à sa droite.
Au plus grand étonnement de tous, Bilbon n'avait pas fini, et alors, il demanda :
« Lobelia Sacquet de Besace, avancez-vous ! »
Lentement, et toute confuse, Lobelia s'avança. Pour l'occasion, elle était habillée d'une robe faite de soie aux reflets dorés, n'ayant pour une fois pas de chapeau sur sa tête, mais un diadème d'argent avec un petit saphir signifiant son appartenance à la même famille que Bilbon.
« Lobelia Sacquet de Besace, pendant nombre d'années, vous avez prouvé que vous étiez une excellente trésorière, et une conseillère efficace. En cette occasion, je vous nomme Conseillère et Trésorière Royale, ainsi que Comtesse de Rocreux. Acceptez-vous ? »
Les larmes aux yeux, et un sourire béat sur le visage, elle hocha de la tête avec ferveur et répondit sans la moindre hésitation,
« Oui, j'accepte, votre majesté. »
« Alors Lobelia, prenez votre place à ma gauche, car ce trône vous revient. »
Lobelia, encore choqué, se dirigea lentement vers le dit trône, et s'assit avec grâce, un sourire toujours présent sur les lèvres. Dans la foule, on pouvait voir Otho et leur jeune fils Lotho sourire en sa direction, aussi joyeux qu'elle.
C'est ainsi que lentement, et avec prestance, Bilbon s'assit sur son trône. Alors, tous les hobbits et Dunedains se mirent à hurler de joie, hurlant,
« Vive le Roi ! »
Tandis que les elfes applaudissaient, et s'inclinèrent avec grâce face au jeune Roi.
Directement après, tous se dirigèrent vers l'arbre de la fête, pour célébrer l'occasion en grande pompe. Les tables étaient couvertes des mets les plus délicats, la bière et le vin coulaient à flot.
De la musique était entendue dans toute la Comté, les hobbits dansaient et chantaient avec les Dunedains, tandis que les elfes discutaient activement entre eux. A la table principale, Bilbon était assis avec les cinq seigneurs elfes, Lobelia et Arathorn.
«Permettez-moi d'être le premier à vous féliciter, seigneur Bilbon. », s'exclama Thranduil, ordonnant à son fils de s'avancer, un coffre entre les mains, « J'ai le plaisir de vous offrir ce présent en l'honneur de votre couronnement, et j'espère alors solidifier nos relations à l'avenir. J'ose entrevoir un avenir prospère entre nos deux royaumes. »
Legolas ouvrit alors le coffre de bois, dévoilant ainsi deux dagues en argent, ayant pour des pommeaux en ivoire. Les deux lames étaient gravées, portant les symboles de Vert-Bois.
Bilbon sourit et accepta le présent.
« Je vous remercie Roi Thranduil, et c'est avec plaisir que j'accepte ce somptueux présent. J'espère ne pas avoir à les utiliser dans un futur proche. » Plaisanta-t-il.
En accord, tous sourirent, certains laissant échapper un petit rire, tels que Lobelia et Arathorn.
Cirdan se racla alors la gorge, et prit la parole.
« Cela fait bien des âges que j'erre sur ces terres, et je ne pensais plus pouvoir être surpris. Pourtant, vous avez réussi à me surprendre, jeune Roi, et c'est un exploit. Je vous souhaite un long règne, et j'ai cette impression que le vôtre sera bien plus long que nous le pensons. », Lentement, il fit signe à un de ses gardes de s'avancer, en main, plusieurs livres, « Mon présent pour vous, le savoir. Je vous offre ces livres, datant du premier âge, remplis de notre histoire et de l'histoire de l'Âge des Arbres. »
Après que ces paroles furent prononcées, les autres elfes retinrent tous un hoquet de stupeur. Jamais avant de tels livres n'avaient été offerts, et même la Bibliothèque de Fondcombe ne possédait pas de telles œuvres. Un cadeau inestimable.
Bilbon se mit à sourire pleinement, offrant ses sincères remerciements à Cirdan. Bilbon ayant toujours aimé la lecture, et appréciant la calligraphie, ce cadeau avait à ses yeux plus de valeur que tout l'or d'Erebor. Il ordonna à l'un de ses gardes d'emmener directement les livres dans sa bibliothèque personnelle.
Ce fut alors au tour d'Elrond de prendre la parole.
« Mon cher ami, je suis vraiment fier de voir ce qu'est devenu le fils de Belladone Took, un fier roi, un érudit des plus attentifs, et un ami sincère. Mon cadeau, je vous l'ai déjà donné, le titre d'Ami des Elfes. A partir de maintenant, peu importe quel royaume elfe où vous irez, vous serez toujours traiter en respect, avec la plus grande considération, et toujours la bienvenue. Si jamais votre royaume est menacé, alors vous pouvez être sûr que nous répondrons présent. », C'est alors qu'Elrond se mit à sourire en direction de Bilbon. Arathorn fut agréablement choqué, et Lobelia observa attentivement Elrond, mesurant ses paroles, avant de sourire franchement et hocher de la tête en sa direction, satisfaite.
Bilbon remercia Elrond, tout en appréciant le vin dans sa coupe. L'un des présents ramené par Thranduil, du vin de Dorwynion, de grande qualité, et fruité à souhait.
C'est alors qu'Haldir s'approcha avec en ses mains un splendide arc fait de bois blanc.
« Bilbon Sacquet. », se prononça Galadriel, « J'entrevois un grand avenir vous concernant. Le chemin sera parsemé d'embuches, mais il est évident que vos choix façonneront le destin de la Terre du Milieu. »
Bilbon ouvrir la bouche pour répondre, mais la referma aussitôt, repassant en boucle les paroles dans sa tête. Celeborn prit alors la parole.
« Nous vous présentons ce cadeau, pour féliciter votre couronnement », Haldir déposa alors l'arc devant Bilbon, qui fut enchanté par la beauté des gravures dans le bois. A ses côtés, Arathorn observa l'arc avec révérence et envie, félicitant Bilbon pour un arc d'une telle finesse, ce qui interloqua Bilbon et Lobelia au plus haut point, « Cet arc fut taillé à partir d'une branche du plus vieux Malorne de la Lorien. Puissiez-vous toujours viser juste et atteindre vos cibles avant même qu'elles puissent s'en rendre compte. N'ayez crainte, maître Hobbit, cet arc ne peut être brisé, il ne vous fera jamais défaut. »
Bien que Bilbon ne soit pas un archer, il ne put qu'apprécier la qualité de l'artisanat présenté. Lentement, il traça la courbure de l'arc de la pointe des doigts, observant avec attention les runes gravées sur l'arc qui signifiaient ''Longévité'', ''Abondance'' et '' Résistance ''.
Après avoir discuté longuement avec les elfes, Bilbon félicita Lobelia pour son nouveau titre, exprimant ainsi toute la confiance qu'il avait en elle. Enfin, il accepta volontiers le titre de parrain pour Aragorn, car tel fut le cadeau de Gilraen et Arathorn.
La fête continua toute l'après-midi et la soirée, et pendant plus d'une semaine, le Royaume fêta le couronnement. Les elfes restèrent pendant plus d'un mois, négociant tour à tour des traités d'alliance avec le nouveau royaume. Des traités économiques et politiques furent alors signés, des exportations d'épice et de nourriture furent mises en place entre les royaumes, tandis que les elfes promirent un soutien militaire constant, des mentors et entraineurs pour l'armée de la Comté, ainsi que l'approvisionnement en armures et armes. La Comté demanda conseil concernant les quelques mines se situant sous la Comté, remplies d'or et d'argent, mais les elfes ne purent les aidés, expliquant que seul les nains pourraient aidés. Refusant de se dévoiler à d'autres royaumes, Bilbon décida de remettre à plus tard cette histoire de mines, et autorisa quelques Dunedains à exploiter les mines pour fabriquer de la monnaie.
Les années se mirent alors à passer, la Comté se développant de façon exponentielle, pourtant, personne ne le voyait, car mis à part les remparts, ainsi que les miradors et maisons des hommes, tout le reste fut caché par une puissante magie. Les casernes, le palais et chaque nouvelle construction étaient complètement dissimulés aux étrangers. Plusieurs Hobbits savaient que ce tour de magie était dû à nul autre que leur roi, qui utilisait la force pour tout dissimuler.
C'est en l'an 1341 du calendrier de la Comté (soit 2941 T.A) que l'on aperçut sur les routes de la Comté un vieil homme vêtu de gris, un bâton à la main, apportant dans son sillage le vent du changement.
