Aelin ueal : Aaaah… Enfin une review… ç.ç Je pensais que Munashii Kitai était nul… Apparemment, c'est surtout sur cette fic que ton commentaire se basait, je réponds donc ici. Quand tu dis que je devrais étoffer un plus, tu parles de quel niveau ? Explications (c'est normal que ça soit lent, j'essaie d'en donner un peu à chaque chap jusqu'au dénouement) ? Descriptions (je trouve que j'en fais déjà trop… ) ? Faut préciser, lol. En tout cas, un big merci à toi ! J'ai retrouvé confiance en moi ! Kiss !


Chapitre 3 : Michinaga to satogo

- Enfin, te voilà !!

- Héééé ?!

Les réactions ne se firent pas attendre. Hisoka était complètement ahuri avec un faible rosissement aux joues et Tsuzuki gardait la main sur la poignée de la porte, la bouche grande ouverte comme un poisson hors de l'eau. Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Eh ! Pourquoi elle serrait son partenaire comme ça ?

D'abord pris au dépourvu par un tel geste, Hisoka reprit vite ses esprits et tenta de repousser l'inconnue qui l'étreignait avec une puissante tendresse :

- Mademoiselle, s'il vous plait… ! essaya-t-il, encore hésitant.

- Je suis si contente.

La situation devenait embarrassante. Et cet imbécile de Tsuzuki qui commençait à se ficher de lui en riant sous cape, ça l'insupportait ! Hisoka prit la jeune fille par les épaules et la força à s'écarter de lui.

- Vous devez faire erreur, dit-il avec fermeté. Je suis Takuma Sateru, l'hôte de Monsieur Michinaga !

La jeune fille rouvrit les yeux et dévisagea son interlocuteur tandis que Tsuzuki avait allumé la lumière du plafonnier. Après le subreptice entraperçu de tout à l'heure, Hisoka put enfin la détailler. C'était une fille encore jeune, dans la fin de l'adolescence sans doute. Ses yeux de cuivre pailletés de doré et dotés de longs cils bronze comme ses cheveux illuminaient une peau albâtre lisse sans le moindre défaut. Elle avait un petit nez droit et de jolies lèvres légèrement pulpeuses. De taille, elle devait être plus petit que lui de cinq centimètres et sous son pull ample, on devinait facilement une taille fine et élancée. Quelque chose en elle, peut-être dans le regard ou dans la blancheur de sa peau, paraissait irréel, presque troublant.

Elle inspecta le visage d'Hisoka pendant de longues secondes où tous les angles furent détaillés. Elle se rendit vite compte de sa méprise et ses yeux s'agrandirent de honte paniquée.

- Ah ! s'exclama-t-elle, les mains devant la bouche. J-Je suis tellement désolée ! Je croyais… ! Pardonnez-moi !

Elle s'inclina aussi bas que son corps le lui permettait puis elle tourna les talons et s'enfuit de la chambre avant même que les deux shinigamis ne puissent amorcer un appel pour la retenir.

Le corps encore droit et crispé comme un « I », Hisoka cligna seulement des paupières, l'air encore hagard, lorsque un pouffement de rire qui ne pouvait plus être contenu le ramena sur terre. Il tourna la tête et vit Tsuzuki qui s'empêchait de rire, la paume de sa main contre sa bouche.

- Quoi ? grinça son partenaire, agacé.

- Ouh ouh ouh ! Hisoka, quel tombeur ! railla son aîné. Dis, tu crois que c'est comme ça que Monsieur Michinaga compte faire craquer Takuma Sateru pour lui vendre ses restaurants ? Ah ah ah !

Peut-être parce qu'il était encore troublé d'avoir été ainsi enlacé par une fille, Hisoka n'était pas à prendre avec des pincettes. Aussi prit-il un grand plaisir à vouloir étrangler son majordome avec sa belle cravate en soie en lui sommant s'arrêter de dire des conneries, espèce d'idiot !

La tentative avortée de meurtre mise de côté, notre duo d'enquêteurs se laissait porter par le courant des interrogations. Etrange, cette jeune fille. Qui pouvait-elle bien être ? Elle était jeune. Peut-être la fille des époux Michinaga ?

- Ca serait étrange qu'elle n'ait pas été mentionnée lors de l'exposition de l'affaire, réfuta Tsuzuki en secouant la tête. Je me demande aussi pour qui elle t'a confondu.

- Mettons cette fille de côté, décida son coéquipier en retirant sa veste. Nous en apprendrons plus demain. En attendant…

Il désigna le plafond ouvragé de son index.

- … allons voir si nous pouvons rencontrer ce soit-disant fantôme.

L'autre homme approuva son idée et tous deux quittèrent la chambre à pas de loups.

Le manoir était déjà sombre et silencieux. La seule source de lumière venait des innombrables fenêtres qui laissaient entrer des faisceaux argentés de la lune, donnant aux objets un autre aspect. Pas un bruit ne venait perturber le silence hormis le son des pas étouffés des shinigamis sur les tapis.

Ils longèrent le couloir baigné de pénombre et passèrent devant nombreuses portes. Une chance que la demeure fût d'une forme simple auquel cas, ils se seraient déjà perdus. Un peu plus tard, Tsuzuki et Hisoka atteignirent la pointe gauche du « U » du manoir et donc, un cul de sac. Ils tournèrent la tête et découvrirent un petit escalier qui menait à une porte close.

- Le grenier, dirent-ils ensemble.

Il gravirent la vingtaine de marches et tournèrent la poignée de la porte qui s'ouvrit sans la moindre résistance. Au premier abord, ils ne virent rien d'autre que de l'obscurité, mais après que leurs yeux se soient habitués, des formes et des espaces s'esquissèrent peu à peu.

Ce grenier était d'une surface hallucinante qui pouvait être éclairé de quelques ampoules à intervalles réguliers et charpenté par de grandes poutres poussiéreuses. Une délicieuse odeur de vieux et de renfermé embaumait l'air.

Hisoka entra le premier et avança de quelques pas pour laisser Tsuzuki passer à son tour. Le toit était assez haut pour se tenir debout. Cet endroit était une vraie caverne d'Ali Baba. Il y avait de tout. Des cartons s'entassaient dans tous les coins, de vieilles bibliothèques abritaient des livres divers ou des albums photos, des malles regorgeaient de vêtements comme d'autres renfermaient de vieux jouets, des tableaux aux cadres faits de feuilles d'or, des bibelots de toutes sortes, des courriers jaunis par le temps dont les enveloppes étaient ficelées les unes aux autres avec un petit ruban.

Alors qu'ils parcouraient les allées de trésors laissés par le temps et l'oubli, les deux explorateurs regardaient chaque chose qui tombait sous leurs yeux. Quelle taille. Ce grenier devait faire toute la surface de la demeure.

Tsuzuki et Hisoka traversèrent les allées des souvenirs de la famille Michinaga le plus discrètement possible, à l'affût du moindre son. Ils croisèrent en plus de nombreux cartons poussiéreux quelques kimonos anciens aux couleurs foncées délavées par le temps, des parchemins écrits de calligraphies soignées ou encore un arc de kyûdo avec ses flèches et son carquois.

Après plusieurs minutes de marche, Tsuzuki se tourna vers Hisoka.

- Tu sens une présence ?

- Non, rien.

Le jeune homme s'arrêta, attiré par une lumière bleutée sur sa droite. C'était une large fenêtre ovale derrière laquelle la lune se trouvait pile dans l'axe. Il s'approcha pour admirer la vue. C'était la fenêtre qu'ils pouvaient voir depuis le devant du manoir. D'ici, on admirait l'horizon par delà le petit bois qu'il fallait franchir avant d'arriver à la demeure. Il pouvait même distinguer le portail d'entrée et les grilles de la propriété. Cette vision du noir du ciel et de la forêt mêlé à la pâleur de la lueur lunaire lui procurait une étrange paix. Il pourrait rester ici à guetter le dehors pendant des heures.

- Hisoka ?

La voix de Tsuzuki le tira de ses songes. Il retira la main qu'il avait posée contre le froid de la vitre.

- Il n'y a rien dans ce grenier, déclara-t-il. Allons nous coucher.

- OK.

Une fois revenus à leur étage, les deux jeunes hommes se séparèrent pour regagner chacun sa chambre –l'essai de Tsuzuki pour dormir avec Hisoka s'étant soldé par une porte dans le nez.

Le cadet de l'équipe se déshabilla rapidement et se glissa dans les draps de satin blanc. Cette sensation fraîche du tissu coulant contre la peau de ses bras dénudés lui arracha un frisson.

Les jambes repliées en chien de fusil, le jeune homme eut une pensée malgré lui pour l'étrange inconnue aux yeux cuivre. Hu ? Pourquoi pensait-il à elle maintenant ? Il aurait bien le temps demain. Le visage de la jeune fille caché dans un coin de sa tête, il rabattit les couvertures sur lui et ferma les yeux.

¤¤¤

Il était 9 heures de ce samedi matin lorsque Hisoka termina de se préparer. Il termina de boutonner sa chemise légère vert amande à manches courtes et inspecta son apparence. Avec ce pantalon en lin clair, il restait élégant sans trop en faire, ça devrait suffire. Il arrangea rapidement ses cheveux en bataille puis sortit de sa chambre pour aller chercher Tsuzuki.

Il avait bien dormi cette nuit et se sentait d'attaque pour commencer sérieusement cette enquête. Il ne savait pas pourquoi, mais il préssentait que ce manoir, à défaut d'un fantôme, recelait de quelques mystères.

Il n'eut qu'à faire quelques pas pour toquer à la porte de son partenaire et attendit. Rien. Il recommença.

- Tsuzuki ? appela-t-il.

Pas de réponse. C'était étrange.

- Ohé, Tsuzuki !

Toujours rien. Cette fois avec un début de panique, Hisoka ouvrit précipitamment la porte –heureusement restée ouverte- et se précipita à l'intérieur pour trouver son aîné encore couché et bien ancré dans le monde des rêves. Il serrait son oreiller contre lui comme il aurait serré une femme contre son cœur et marmonnait des choses inaudibles, le tout dans une position peu orthodoxe : le bras gauche étendu en croix, le droit autour de l'oreiller ; la jambe gauche repliée sur la droite tendue et le corps en travers du lit. Tsuzuki avait vraiment le sommeil agité, on dirait.

Cependant, cela n'importait absolument pas à Hisoka dont l'ébauche d'angoisse était devenue ressentiment amer de s'être fait avoir.

- Debout !! ordonna-t-il en éjectant l'endormi de son lit avec un coup de pied. On n'est pas en vacances !

Réveillé depuis l'impact du pied contre son flanc, Tsuzuki avait eu le bon réflexe d'user de son coussin pour obvier au choc violent, ce qui ne l'empêcha tout de même pas de souffrir de l'atterrissage sur le parquet.

- Méééé… gémit-il comme un gosse. Nous sommes des invités, non ?

- Mais la bienséance veut qu'on ne se lève pas à midi ! répliqua Hisoka en tournant les talons. Habille-toi ! Et tâche désormais d'écouter quand on t'appelle, idiot !

La porte claqua violemment et Tsuzuki grimaça. Il l'avait encore traité d'idiot. Mais qu'avait-il bien pu faire pour se faire réprimander dès le matin ?

1 minute 04 plus tard, Tsuzuki ressortit de sa chambre tandis qu'Hisoka l'attendait dans le couloir, les bras croisés sur la poitrine. Un échange de mauvais regard et d'excuses après, tous deux s'en allaient pour prendre le petit déjeuner.

Au détour du couloir, ils eurent la surprise de trouver Kiyomi Michinaga en train de discuter avec… la jeune fille de la veille ?

La femme discutait d'un air lassé avec sa jeune interlocutrice lorsqu'elle s'aperçut de la présence des deux garçons un peu plus loin.

- Ah ! Sateru-san ! apostropha-t-elle avec un soulagement non dissimulé. Vous venez pour le petit déjeuner ? Venez, venez !

A l'évocation du nom de Sateru, la jeune fille fit volte-face. Hisoka croisa furtivement les yeux clairs de sa visiteuse qui les baissa aussitôt de honte. Très vite, son attention et celle de Tsuzuki fut reportée sur une seconde surprise : un bébé. Elle tenait dans ses bras un nourrisson qui babillait en gigotant dans sa grenouillère jaune poussin. Les shinigamis furent si étonnés de la présence de cet enfant qu'ils ne surent trop comment ils étaient arrivés aux deux jeunes femmes.

Très vite, le côté gâteux de l'aîné prit le dessus et l'homme brun se retrouva à faire des risettes au poupon :

- Ooooooh… Que tu es joli, toi ! Qu'il est chou! Coucou !

Hisoka ne savait plus trop où se mettre entre son partenaire qui jouait les grands-pères gatouilleurs et les deux regards, impérieux pour l'une, gêné pour l'autre, de Madame Michinaga et la jeune fille qui étaient braqués sur lui. Il préféra garder son calme et saluer poliment son hôtesse.

- Avez-vous bien dormi ? s'enquit la femme en souriant.

- Très bien, merci.

Un gazouillis rieur du bébé sembla faire remarquer à Kiyomi qu'elle n'était pas tout seule. Elle roula légèrement des yeux et désigna la jeune fille près d'elle et l'enfant qu'elle tenait.

- Sateru-san, je vous présente Shiori Risei. C'est notre nourrice.

- « Nourrice » ?

Hisoka n'avait pas pu retenir cette faible exclamation de surprise. Tsuzuki en fut tout aussi étonné car il s'interrompit de jouer avec le bébé qui s'amusait à lui prendre son index pour le serrer de sa petite force d'enfant. Ils n'auraient jamais imaginé une aussi jeune fille devenir nourrice. Tous deux dévisagèrent Shiori qui essaya de sourire et inclina respectueusement la tête.

- R-Ravie de vous connaître, Sateru-sama.

Sa voix le suppliait de ne pas faire d'esclandre sur le malentendu de la veille. Bien entendu, ce n'était pas du genre d'Hisoka qui répondit à son interlocutrice par une politesse. Elle apprécia grandement son attention et lui adressa un sourire de reconnaissance discret. Hélas pour eux, l'échange ne s'attarda pas davantage car Madame Michinaga emmenait déjà ses hôtes vers l'escalier pour prendre le petit déjeuner à la véranda.

Il y avait tellement de questions qui fusaient dans les têtes d'Hisoka et de Tsuzuki qu'ils ne se virent pas arriver à la véranda du manoir.

C'était une pièce d'une incroyable luminosité orientée plein sud. Les murs et le plafond en coupole étaient tous faits en vitre encadrée par des bordures en fer noir qui s'entrecroisaient dans les voûtes. La coupole était en vitrail fait d'un patchwork de couleurs douces qui se répercutaient sur le parquet de la pièce au moindre rayon de soleil. Une grande table en tec octogonale trônait au centre et était encadrés par nombreuses plantes exotiques au parfum entêtant. Au fond de la véranda, un petit bouvreuil sifflotait dans sa cage dorée.

La table était déjà dressée par un ensemble de porcelaine peinte de roses et par tout ce qu'il fallait pour faire un bon petit déjeuner : toast, confitures, café, thé, beurre, jus d'orange etc. Hayate Michinaga était déjà assis, en train de lire le journal en attendant ses invités. Il portait lui aussi une tenue moins stricte que la veille qui le rajeunissait encore, composée d'un ensemble beige de chemise et de pantalon léger.

- Bonjour, Sateru-san ! Prenez donc place, invita-t-il avec un sourire chaleureux. Le café vient juste d'être servi !

Tsuzuki s'occupa de tirer le siège de son jeune maître pour le laisser s'installer en même temps que Kiyomi prenait place près de son époux avant de repartir, la mort dans l'âme. Eh oui, les domestiques, ça mangeait en cuisine.

Sur sa demande, on servit à Hisoka du thé noir avec juste un sucre et il se prépara quelques toast de marmelade d'oranges amères. Cette mission n'était vraiment pas mal du tout, en fin de compte.

- Je vous laisse décider du programme, lui dit Hayate d'un air engageant. Il y a de tout ! Piscine, terrain de golf, dôjô…

- Dôjô ? tilta Hisoka en relevant la tête.

- Bien sûr, il m'arrive de pratiquer encore un peu de kendô ou du kyûdo, comme mon père. Vous en faites ?

- J'en ai fait… Il fut un temps, répondit le garçon en baissant un peu les yeux.

L'homme lui proposa de tester ses capacités contre lui et Hisoka se laissa séduire par l'idée. Après tout, cela ne lui avait pas déplu d'avoir participé à ce concours de tir à l'arc entre shinigamis. Bien évidemment, il fallait retirer de ce souvenir la nullité de Tsuzuki pour apprendre, l'horrible improbité du trio de sœurs qu'ils avaient dû affronter et le joyeux bazar que Terazuma avait provoqué avec sa phobie du genre féminin.

Le garçon se permit de savourer son thé doucement parfumé puis redressa la tête vers le couple :

- Au fait, j'ignorais que vous aviez un enfant…

Il y eut un faible moment de flottement où Madame Michinaga interrompit un instant le mouvement de sa tasse à sa bouche avant de boire avec un grand intérêt pour son café, et son époux eut un air absent avant de sourire avec tendresse.

- Eh oui. Le petit Kaneaki…

Kiyomi émit quelque chose qui s'apparentait à un « Humph » dédaigneux mais ne souffla mot comme son compagnon. Hisoka fut surpris de cette rapidité de réponse et essaya de pousser un peu son interlocuteur :

- Quel âge a-t-il ?

- Oh… Eh bien… Ca lui fait…

- Sept mois, affirma sa femme d'un ton sec.

Nouveau blanc imbibé de malaise. Aucune des trois personnes ne parlait. Hayate baissait les yeux, peu fier, Kiyomi détournait la tête avec une expression pincée et Hisoka sentait le poids de la tension lui compresser le crâne. Mieux valait ne pas trop chercher à comprendre.

Après le petit déjeuner, Hisoka retrouva Tsuzuki qui était l'homme le plus heureux du monde : même en cuisine, il pouvait manger de très bonnes choses ! Et comme apparemment l'une des cuisinières semblait avoir le béguin pour lui, il avait pu taper dans les petits fours sucrés. C'était vraiment le paradis quand on avait de l'argent !

- Oui, oui, tant mieux… coupa Hisoka avec précipitation. Là, je vais faire un peu de kendô avec Monsieur Michinaga. En attendant, toi, occupe-toi d'en apprendre plus sur Yuko Tsukinari auprès des domestiques.

Tsuzuki accepta sa mission avec un petit salut militaire.

- Roger ! Et toi, tu enquêtes sur quoi ?

- Eh bien…

Le jeune homme pensait essayer d'en apprendre plus sur la froideur qui régnait entre les deux époux car plus ça allait, plus il était intrigué par ce dédain qu'exprimait Kiyomi quand son mari montrait toujours un air jovial et sympathique. Cependant, son partenaire avait une autre idée en tête :

- Peut-être sur la jolie nounou aux yeux noisette ? suggéra-t-il avec un clin d'œil malin.

- Et pourquoi ferai-je ça ? Tout ça parce que cette fille s'est jetée sur moi, je… !

Il dut s'interrompre car l'autre se raclait bruyamment la gorge tout en regardant par-dessus son épaule pour l'inviter à se retourner. Hisoka fit volte face et vit que Shiori Risei les guettait. La jeune fille, déjà angoissée, détourna la tête pour fuir le regard d'Hisoka et tourna les talons pour repartir mais Tsuzuki la ratrappa.

- Ola, Risei-san, vous souhaitiez parler à mon maître ? demanda-t-il gentiment.

- Eh bien…

Elle s'hasarda à un coup d'œil en direction du jeune maître en question qui se sentait idiot de s'être emporté de la sorte alors qu'elle avait entendu. Il inclina la tête pour l'inviter à s'approcher, ce qu'elle fit à petits pas. Elle portait une robe d'été légère blanche sur laquelle d'énormes coquelicots s'entrecroisaient jusqu'à ses genoux. Elle avait aux pieds des petites sandales lacées aux chevilles qui soulignaient le galbe de ses jambes et ses cheveux étaient noués en une queue de cheval basse.

- Vous vouliez me parler ?

- Eh bien… Oui… hésita-t-elle en se frottant un bras. Je tenais une fois de plus à m'excuser pour mon comportement d'hier soir. Cette familiarité était très déplacée. Je regrette vraiment. Je voulais aussi vous remercier pour votre silence ce matin devant Kiyomi-sama. Veuillez me pardonner, Sateru-sama.

Shiori avait terminé en s'inclinant presque à l'équerre. Hisoka se massa un peu la nuque, gêné par tant de politesse, et finit par soupirer.

- C'est oublié, conçut-il. Mais ne m'appelez pas Sateru-« sama », s'il vous plaît. Nous devons avoir le même âge.

- J'ai 20 ans, sourit la jeune fille en se redressant.

- Oh…

Hisoka s'autorisa à un second coup d'œil minutieux de son visage, imité par Tsuzuki. Elle n'avait pas du tout l'air de faire ses 20 ans. On pouvait lui accorder bien moins, presque 16 ans. Cela dit, Tsuzuki était aussi un exemple de personne qui ne faisait pas son âge, autant physiquement que mentalement. Dans tous les cas, plus jeune ou non, Shiori était une très belle personne avec ce je-ne-sais-quoi qui vous laissait perplexe.

Le jeune shinigami devait se hâter de retrouver Monsieur Michinaga dans le dôjô, de l'autre côté du manoir, mais il retint un peu la jeune fille, son regard pénétrant le sien :

- Au fait, pour qui m'avez-vous pris, hier soir ?

Elle ouvrit la bouche mais les pleurs éloignés du bébé résonnèrent un peu plus haut dans le couloir et la coupèrent dans son élan.

Shiori grimaça et s'excusa auprès des shinigamis avant de s'en retourner vers la chambre de Kaneaki. Arrivée devant la porte, elle eut un sourire à Hisoka :

- « Sateru-san », cela vous conviendra ?

Et elle disparut dans la pièce qui redevint très vite silencieuse. Tsuzuki croisa les bras sur sa poitrine avec un petit rire.

- Elle est mignonne, je l'aime bien.

- J'y vais, décida son partenaire en s'en allant à son tour. Renseigne-toi bien.

Il ne prêta pas attention au « Oui, master ! » que l'homme brun lui lançait avec gaieté et se dépêcha de descendre l'escalier de marbre blanc tapissé. Shiori Risei…


Prochain chap : On enquête, on enquête…