Titre: UR SO GAY

Auteur: Anabanana94, donc mwa, pour changer ^^

Disclaimer: JKR, Katy Perry pour le titre, Jacques Higelin pour la chanson utilisée à la fin de la fiction, l'histoire et tout ce qui arrive à nos chéris sont de mon fait hé hé...

Pairing: nos deux chéris étant Harry et Draco, sans surprise

Rating: M, attention aux yeux chastes ! De plus, le ton de cette fiction a été très oralisé, donc le langage est parfois cru, c'est VOULU.

CADEAU pour mon Doudou, mon meilleur ami que j'adore, la voilà enfin cette histoire que tu attends depuis plus d'un an... ^^" j'espère qu'elle te plaira.

Note 1: Je n'avais pas pensé à le préciser avant, mais comme j'ai eu quelques interrogations de certaines lectrices, je le fais: /!\ personnages "légèrement" OOC ^^ De plus, j'ajoute que si l'histoire vous paraît un peu déconstruite ou bizarre car on ne sait pas ce que pense Draco et que Harry change souvent d'avis, c'est normal: ce qui m'intéresse c'est justement d'être dans les pensées de notre cher Sauveur, même quand il pète un cable ou qu'il se pose des questions. Et puis c'est plus marrant comme ça, aussi =D

Note 2: Bonsoir tout le monde, étant donné que manifestement je perds pas mal de lectrices à cause du délai de publication (la baisse de reviews par rapport au premier chapitre m'a pas mal chagrinée je l'avoue T_T), je publie une semaine plus tôt que ce que j'avais prévu, et si ça vous convient, je continuerai comme ça. J'espère que la suite va vous plaire, les choses avancent, vous allez voir... =) Bonne lecture !

Chapitre 3 ~ Traquer le gibier

Je retourne ensuite en vitesse dans la Grande Salle; j'ai l'estomac dans les talons et je ne tiens pas à manquer «l'évènement».

Aussitôt assis en face de Ron, celui-ci me demande pourquoi je suis parti aussi vite. Je lui réponds que j'avais oublié de faire quelque chose d'important.

J'ai pris soin de m'installer face à Draco, qui semble assez silencieux.

Je me sers du poisson et des petits pois, et mange avec joie.

Putain qu'est-ce que j'avais faim !

Je surveille Malfoy tout en écoutant Ron, Dean, Ginny et Seamus parler activement.

«Apparemment Dumbledore va faire une annonce pour le Quidditch, ce soir !»

«Vous croyez que la saison va reprendre bientôt ?»

«J'espère, parce que...»

Dean est interrompu par le courrier du soir, qui s'engouffre dans la Salle dans un fracas d'ailes et de bruissements de papiers. Subitement, un murmure s'élève au-dessus des tables, et toute l'attention se concentre sur celle de Serpentard.

Un grand hibou d'un noir de jais est venu se poser devant Draco Malfoy. Le plus étonnant est que sa couleur contraste merveilleusement bien avec le bouquet de roses d'un blanc éclatant qu'il apporte au jeune homme blond avant de repartir dignement à tire-d'aile.

Tout le monde se demande à voix basse qui a pu envoyer un tel bouquet au Prince des Serpentard.

Au bout d'un moment, l'attention se détourne et les conversations reprennent.

Malfoy n'a pas esquissé un geste. Il regarde devant lui, immobile, pâle et comme mortifié. Il n'a pas l'air d'avoir été touché par l'animation qu'a provoqué la réception de son «colis».

Enfin il semble reprendre ses esprits, et tend la main vers la petite carte qui accompagne le splendide bouquet. Ses amis le regardent toujours curieusement, surtout Zabini, Nott et Pansy.

Il déplie le papier d'une main fébrile, et ses joues se colorent légèrement de rose. Il me lance un regard furtif, dont je n'arrive pas à déterminer l'expression.

Blaise Zabini se penche et lui donne un coup de coude pour lire le billet, mais il est repoussé sèchement.

Moi je sais ce qu'il y a d'écrit sur le petit carton.

Ceci n'est qu'un piètre hommage à ta beauté. Tu fais presque insulte à ces roses, tu les surpassent en tout. Plus délicat, plus lumineux, plus dangereux, plus merveilleux...

Tu es magnifique.

H.P.

Draco se lève, fait disparaître le bouquet d'un mouvement de baguette, enfonce brutalement les mains dans ses poches, lance un regard méprisant à la table des Serpentard qui l'observe, et sort l'air furieux.

Je suis un peu déçu qu'il n'ait pas gardé mon bouquet, il était vraiment beau, et je m'étais donné du mal pour que les pétales resplendissent et brillent, comme incrustés de minuscules étoiles à facettes.

Mais je suis presque sûr qu'il a mis le billet dans sa poche.

Ça prouve que ça lui a fait plaisir malgré tout, sinon il l'aurait détruit avec le bouquet, non ?

En tout cas je suis satisfait de mon petit effet.

Il ne doit pas recevoir de fleurs souvent, surtout de la part d'un mec, et qui plus est de la part de Harry Potter.

Pour une fois je ne me lève pas pour partir à sa recherche, mais reste assis pour savourer ma tarte à la mélasse. Miam, mon dessert favori.

Hermione me jette un regard curieux, comme pour me demander confirmation de ses doutes. Je réponds d'un coup d'œil énigmatique.

Ron se penche vers moi.

«Là t'as fait fort, vieux. Le coup des fleurs à un mec, il fallait y penser. Maintenant tout le monde va se demander qui est le prince charmant de la blonde princesse» ricane-t-il.

Je sais, je suis trop bon.

«Qui te dit que c'est moi ?»

Il cligne des yeux, perturbé. J'éclate de rire devant sa mine déconfite.

«Bien sûr que c'est moi.»

«Ouf, pendant un instant j'ai cru que quelqu'un d'autre était sur lui,» souffle le rouquin, visiblement soulagé pour moi.

«Je l'aurais vite évincé,» dis-je en haussant les épaules.

C'est la fin du repas, les assiettes et les plats disparaissent et Dumbledore se lève en claquant dans ses mains pour obtenir le silence. Qui se fait aussitôt.

«Bonsoir chers élèves, commence-t-il d'une voix joyeuse. J'espère que vous avez bien mangé, et qu'étant rassasiés, vous me prêterez une oreille attentive et repue.»

Une oreille repue ? Mais il est pas un peu dingue, le vieux ?

Des sourires parcourent les visages tendus vers lui.

«Comme vous le savez, la saison de Quidditch a été arrêtée en début d'année, avant même d'avoir commencée, suite à des...hum...incidents techniques.»

J'affiche un regard narquois. Au début de l'année, des quatrièmes années de Serpentard ont voulu ensorceler les poteaux de but que ceux-ci n'acceptent que les leurs, et rejettent ceux des adversaires.

Bonne idée pour tricher, sauf que malheureusement ça a mal tourné, et les poteaux ont essayé d'attraper les élèves pendant leurs entrainements. Flitwick avait eu du mal à trouver un contre-sort, étant donné que le maléfice n'avait pas été correctement jeté.

Après quelques rires dans la Salle au souvenir de «l'incident» -les coupables s'étant recroquevillés sur leurs chaises sous un regard furibond de Zabini (qui remplace l'autorité Malfoyenne en son absence), Dumbledore reprit.

«Donc ce soir, j'ai le plaisir de vous annoncer que le Quidditch peut reprendre, grâce aux bons soins du Professeur Flitwick et de Mme Bibine, et que le planning des matches sera affiché dès demain dans vos salles communes !»

Un tonnerre d'applaudissement accueillit ses mots.

«T'as intérêt à me reprendre dans l'équipe, Harry !» Crie Ron pour couvrir le tumulte des réjouissances.

«Si tu gardes le souaffle autant que tu gardes les filles, c'est pas gagné !»

Ses oreilles rougissent et il me met une claque sur l'arrière de la tête.

«Abrutit !»

«Aïeuh !»

C'est vrai que jusque là, à part Lavande Brown qui l'a collé jusqu'au dernier moment, il n'a pas eu beaucoup d'aventures.

«On ne mélange pas vie privée et Quidditch, d'abord !»

«Ben voyons !», raillé-je d'un air narquois.

Dumbledore ramène le calme rapidement et nous souhaite une bonne nuit; on peut regagner nos salles communes.

Dans la salle commune des Gryffondor, c'est l'effervescence, tout le monde parle de Quidditch et de rétamer les Serpentard.

Normal, quoi.

Étant donné que je suis le capitaine de l'équipe, je fais tout de suite savoir que les sélections se feront demain à 18h, même si je pense bien reprendre Ron et Ginny dans l'équipe, car ils se débrouillent vraiment bien.

«Cette année, il faut avoir la plus grande victoire sur les Serpentard, il faut les écraser pour qu'ils s'en souviennent encore dans vingt ans !» Lance Seamus l'air décidé et rieur.

De toute façon on a TOUJOURS écrasé les Serpentard. Malfoy n'a jamais attrapé le Vif d'Or avant moi.

Par contre, j'ai terriblement envie de l'attraper, lui. Le Quidditch m'avait presque fait oublié cette affaire. Le tout est dans le presque. D'ailleurs j'avais eu une idée sympa.

Je m'excuse auprès de Ron et des autres et je prétexte le devoir pour McGo (faut vraiment que je le finisses en plus) et je vais m'enfermer dans le dortoir.

Je sors une plume, de l'encre et du parchemin. Je respire un bon coup histoire de me détendre, et je réfléchis un peu à comment je vais tourner les choses. Ma tête s'emplit d'images de Draco: la 1ère fois que je l'ai rencontré, dans le magasin de Mme Guipure, puis dans le Poudlard Express, puis je me revisualise toutes nos disputes, nos engueulades, nos bagarres... Jusqu'à cette année, jusqu'à maintenant où je cherche l'inspiration.

J'ai les joues qui me chauffent et l'esprit embrouillé. Je saisis ma plume et me mets à écrire. Les mots viennent tout seuls, semblent couler d'eux-mêmes de mon esprit à ma plume, alors que je ne suis sûr de n'avoir jamais pensé ça, je ne peux pas les arrêter, ils sont doués d'une vie propre et glissent sur le papier pour s'y aligner...

Je n'aime pas ce que disent ces mots, ils sont trop pleins d'émotions, de sentiments, je ne veux pas écrire cela... Ils me troublent, ce qu'ils signifient ne fait pas parti de mes convictions, c'est contraire à ce que je pense, j'en suis certain. Ces mots m'inquiètent, je ne veux pas aller plus loin, ça semble trop vrai alors que je ne veux qu'écrire du faux, créer une illusion pour le tromper...

Je chiffonne brusquement la feuille et la jette dans un coin du bureau. Mon esprit est bloqué, je n'arrive plus à réfléchir, quelque chose m'en empêche, quelque chose que je ne veux surtout pas voir, à laquelle je ne veux surtout pas penser, quelque chose qui doit rester dans l'ombre.

Pour la première fois je suis soulagé que quelqu'un débarque dans la chambre sans crier gare.

C'est Ron qui vient se coucher. Je reprends mes esprits avec difficulté et replace une feuille de parchemin devant moi.

«Tu fais quoi ?» Me demande-t-il en se mettant en pyjama.

«J'écris un truc pour amener Malfoy dans mon lit.»

J'ai bien dosé ma voix, nonchalante, désintéressée, comme si écrire me blasait complètement. Ce qui est le cas bien sûr.

Ron s'assoit sur son lit et me regarde avec le plus grand sérieux.

«Tu sais je me demande si tu ne vas pas un peu loin dans cette histoire de séduction. Tu n'as jamais fait autant d'efforts pour un mec, ça devient vraiment inquiétant.»

«Tu dis n'importe quoi.» Répondé-je d'une voix sèche. «Je considère Malfoy comme n'importe laquelle de mes conquêtes. Après, c'est vrai que personne ne m'a jamais résisté comme ça, mais le jeu en vaut la chandelle. Il a le cul le plus fantastique de toute la création. Et puis je veux te prouver qu'il est gay, puisque tu m'avais affirmé qu'il était 100% hétéro. Tout part de là tu sais.»

Il me lance un regard embêté.

«Harry je ne pensais pas que tu prendrais ça pour un pari ! Ça m'est égal de savoir s'il est gay, hétéro ou hermaphrodite !»

«Pas moi. Je veux le baiser jusqu'à ce qu'il en redemande ou qu'il crie grâce.»

«Tu es vraiment dégueulasse et vulgaire parfois, Harry...» Fait Ron avec une grimace.

«Autant dire ce qui est: tout ce que je veux, c'est son corps. Et quand j'en aurais tiré ce qu'il y a à prendre, je laisserai tomber. Pas avant. J'ai horreur d'abandonner, tu le sais !»

Ron ouvre la bouche pour répondre, mais l'arrivée inopinée de Dean, Seamus et Neville lui bloque la réplique au fond de la gorge.

Heureusement pour moi d'ailleurs. Je fais mine de réfléchir intensément pendant que les autres se préparent bruyamment pour se mettre au lit.

Mais je sens le regard pesant de Ron dans mon dos qui m'indique clairement que nous n'en avons pas fini avec cette conversation.

Neville est déjà couché, mais Dean et Seamus tardent et discutent gaiement. Ron prend un livre en attendant tandis que j'écris rapidement et à la va-vite un poème à l'eau de rose pour Malfoy. Il y a peu de chances qu'il succombe avec ça -trop mièvre à mon goût... enfin bon- mais là je n'ai pas envie de faire mieux et il est hors de question que je reprenne mon premier jet, toujours chiffonné dans un coin. J'irai déposer ma lettre à la volière demain. Je la glisse dans une enveloppe et la laisse sur mon bureau pour ne pas l'oublier.

J'amorce un mouvement pour me lever, mais je me souviens brusquement de mon devoir pour McGonagall. Merde. Je soupire et attrape mes brouillons dans mon sac pour le boucler.

Au bout d'une demi-heure je me lève pour me déshabiller et enfiler mon bas de pyjama, quand je remarque que Seamus et Dean se sont enfin couchés. Je lève la tête vers Ron en montant sur mon lit. Il me regarde d'un air indéchiffrable.

«À refuser tout sentiment avec qui que ce soit, tu finiras seul, Harry.»

Sa voix triste et ses paroles me mettent en rogne, et je lui lance d'un ton furieux:

«On reparlera de sentiments quand tu auras avoué les tiens à Loufoca !»

Je lui ferme les rideaux de mon baldaquin au nez avec hargne, pour ne pas voir son air mortifié du fait que j'aie divulgué son secret aux autres. C'est sûr qu'ils doivent avoir entendu, et ça va jaser demain. Ron Weasley et Luna Lovegood !

Mais je m'en fous. Il n'avait pas le droit de me dire ça ! Il sait très bien pourquoi je refuse de m'attacher aux gens, maintenant. Ça sert à quoi les sentiments, hein ? Tout d'abord, ça a juste servi à ce que mes parents et Sirius meurent, beau résultat ! De plus, les sentiments ne sont pas éternels, ils sont éphémères, légers comme des ailes de papillons, aussi fragiles, ils peuvent se briser à tout moment et faire souffrir. Je pense que j'ai assez souffert comme ça. Et je n'ai pas non plus envie de faire souffrir.

Je suis en train de m'endormir...

Je ne tomberai pas amoureux... Et encore moins de Malfoy... Ron n'avait pas à dire ça... Je ne veux pas finir seul... Mon esprit s'assombrit... Il fait noir...

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Je me réveille comme avec une gueule de bois incroyable. Et pourtant j'ai pas bu. Un marteau piqueur dans la tête et la bouche pâteuse.

Le dortoir est vide.

Je jette un coup d'œil à mon réveil, posé sur ma table de chevet, le regard embué par le sommeil.

J'y vois rien... Je pose mes lunettes sur mon nez et écarquille les yeux. Merde, je vais louper l'heure du courrier !

Je m'habille à toute vitesse, saisis mon sac, ma baguette, attrape la lettre au vol et me précipite hors de la Tour des Gryffondor, courant dans les couloirs. Ouf, le courrier n'est pas parti. Je donne ma lettre à Hedwige et me dépêche de rejoindre la Grande Salle.

Hermione et Ron sont déjà là, et je m'assois juste à côté de Ron, pour avoir la belle vue -comme d'habitude, quoi.

«Un peu plus et tu ne mangeais pas, Harry ! Me fait remarquer ma meilleure amie. Tu devrais te lever plus tôt...»

«J'ai mal dormi.»

«Je veux bien te croire, on dirait que le Poudlard Express t'es passé dessus !» Plaisante -t-elle en replongeant dans son thé.

Je me sers un solide petit déjeuner et mords avec délice dans un toast. Aaah... Manger... C'est merveilleux... Mon impression de gueule de bois disparaît peu à peu, grâce au jus de citrouille frais.

«Ça va ?» Demandé-je à Ron qui mange à toute vitesse.

Il n'a pas l'air de vraiment respirer.

Il hoche la tête sans me regarder, continuant à mâcher ses œufs brouillés et ses saucisses avec ferveur.

«Il est comme ça depuis ce matin,» m'informe Hermione en haussant les épaules.

Bizarre. Il a dû passer une mauvaise nuit et veut se noyer dans sa nourriture.

Des bruissements d'ailes envahissent subitement la salle, et je me tends imperceptiblement. Je me demande comment il va le prendre.

Hermione reçoit la Gazette du Sorcier et se plonge immédiatement dans sa lecture. Ron lève enfin la tête pour scruter anxieusement le nuage de hiboux qui tourbillonne.

Une chouette blanche lâche une lettre dans les mains de Draco. Marchera ? Marchera pas ? J'ai l'impression d'être une statue spectatrice d'un moment crucial.

Il déchire l'enveloppe, déplie la lettre, la pose sur la table, la lisse de la main puis la reprend en plissant les yeux pour déchiffrer le parchemin froissé.

Ses yeux sautent sur les lignes, et son visage se transforme. Il blêmit, se décompose, puis redevient de marbre, au prix, je le devine, d'un effort colossal sur lui-même.

Comme le matin précédent, Blaise Zabini cherche à voir ce qui lui fait cet effet, mais il le repousse très sèchement du revers de la main.

Il me jette (enfin !) un regard étrange, et je prends soudain conscience que je retenais ma respiration, et inspire une grande goulée d'air. Pour la deuxième fois en deux jours, Malfoy se lève de table en plein repas et traverse la salle, le poing crispé sur la lettre déjà chiffonnée.

Une lettre froissée...

Lettre DÉJÀ froissée. Les rouages de mon cerveau se mettent en branle à une vitesse vertigineuse.

Une peur atroce me saisit et je me tourne violemment vers Ron qui rougit furieusement, sans me soucier de mon cou qui craque dangereusement à ce mouvement.

«Je... je sais que tu vas m'en vouloir, bredouille-t-il, mais ta première lettre était tellement mieux, plus sincère, il y croira plus facilement, même si ton poème était très joli, donc je pensais...»

«Tu l'as lue ?»

Il a l'air encore plus mal à l'aise à l'entente de ma voix basse et agressive. Hermione regarde l'échange avec des yeux ronds, en essayant de comprendre quelque chose.

«Je...oui, mais uniquement pour te rendre service, j'ai échangé les lettres...»

Je me lève brusquement en renversant mon verre sous le choc.

À ce moment, Hermione intervint.

«Harry, que se passe-t-il ?»

«Mais Ron va t'expliquer, voyons, il sait tout à présent,» dis-je d'une voix extrêmement amère en lançant un regard foudroyant au coupable.

Je me rue hors de la salle, dans l'indifférence générale. Personne ne sait ce qui se passe en moi à cet instant.

Nom de Dieu, mais comment a-t-il osé faire ça ? C'était mes affaires, pas les siennes, par Merlin ! J'ai écrit cette lettre dans un état second, il n'avait pas le droit de la lire ! C'est comme s'il violait ma vie privée, merde !

Et pour couronner le tout, Malfoy l'a lue ! Il a lu cette putain de lettre où j'avais mis énormément de moi, voire même trop, des choses qui n'auraient jamais dû être lues par qui que ce soit. J'aurais dû brûler ce maudit bout de papier.

Oh mon Dieu. Je pile net en plein milieu d'un couloir. J'espère que Malfoy ne va pas s'imaginer que je suis amoureux de lui. Ce serait le comble. Parce que je ne suis certainement pas amoureux de lui. Ok, il a un beau corps et au vu de ses notes en cours il est intelligent, mais il est 1000 fois trop prétentieux et distingué pour moi. Et puis j'ai décidé de ne pas tomber amoureux, c'est tout. Et au risque de me répéter, je ne veux que son corps, VOILÀ.

Mais quel bordel...

Je me laisse tomber devant la salle de mon premier cours de la journée.

Remus Lupin en sort quelques secondes après et me jette un regard étonné.

«Harry, tu as déjà fini de déjeuner ?»

J'approuve d'un grognement, même si je sens que j'ai encore un creux étant donné que je suis parti un peu...précipitamment.

«Viens, entre, j'aurais voulu te dire quelques mots,» me prie-t-il gentiment et avec un sourire.

Je prends mon sac, me redresse, et le suis.

Il s'assoit à son bureau au fond de la classe, et m'invite à le rejoindre au premier rang.

«Je préparais le cours,» me dit-il pour justifier sa présence aussi tôt dans la salle alors qu'il est encore l'heure du petit-déjeuner.

Je ne réponds pas et attends la suite. Je suis encore sous le choc. Quel sale coup de pute il m'a fait, ce rouquin de mes deux...

«Dis-moi, Harry, est-ce que tout va bien ?»

Il m'observe d'un œil attentif. J'aime pas ça.

«Oh... Je... je suppose que ça va, merci...»

«Tu ne me parais pas très convaincu...»

Il se permet un petit sourire discret.

«Tu sais, tu peux m'en parler, je sais qu'avec mon travail de professeur je n'ai pas beaucoup de temps à t'accorder, mais si tu veux me dire quoi que ce soit, tu sais que je suis là.»

Ça me fait chaud au cœur de voir que quelqu'un pense un peu à moi (autre que ceux qui me posent des questions et s'imaginent des trucs comme un certain débile dont vous connaissez le nom). Il a toujours été très gentil avec moi, même du vivant de Sirius, et encore plus depuis qu'il n'est plus là. Je doute qu'il puisse m'aider, mais bon, on peut toujours essayer.

«Eh bien... J'ai quelques problèmes personnels...»

J'ai un ton assez hésitant. Est-ce qu'il faut vraiment que je lui donne des détails ?

Non.

«Remus, qu'est-ce que tu ferais si tu recevais une lettre bourrée de sentiments de quelqu'un que tu détestes ?»

Il a l'air très intrigué.

«Je pense...que j'essayerais de connaître mieux cette personne.»

«Et si tu étais dans la position de l'expéditeur, et que cette lettre n'était pas celle que tu voulais envoyer car elle était trop personnelle et que tu n'aurais jamais voulu qu'elle sorte de l'ombre ?»

Il fronce les sourcils et soupire.

«En effet, ce n'est pas un quiproquo facile à démêler...»

Quoi ? Il ne va pas pouvoir m'aider ? J'affiche une mine désespérée.

«Je pense que tu... Je pense que tu devrais aller voir cette personne pour lui en parler, mettre les choses à plat avant que ça n'empire.»

Oh. Mon. Dieu. Pas ça...

«Mais euh... Et si jamais cette personne s'est imaginé des choses, je vais la faire souffrir en lui expliquant que c'était une erreur, alors.»

«Il vaut sans doute mieux lui dire tout dès maintenant car si tu attends trop, c'est là qu'elle va vraiment souffrir.»

Je grimace.

«Harry, me réprimande-t-il gentiment, tu n'as jamais eu pour habitude de fuir l'obstacle, n'est-ce pas ?

«Non... Mais c'est délicat.» Dis-je en grimaçant.

«Bien sûr, mais je pense qu'il est dans ton intérêt de...»

«Mais au fait, comment ça avance entre Rogue et toi ?»

Pour le coup son visage tourne au rouge pétant, il ne l'a pas vu venir. Mais je n'ai plus franchement envie de m'attarder sur le sujet de la lettre. (Et c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour détourner la conversation...)

Remus écarquille les yeux, puis se reprend.

«Je ne suis pas certain de voir où tu veux en venir, Harry», fait-il prudemment.

«Rôôô, mais tu peux m'en parler, c'est pas comme si j'allais le hurler dans la Grande Salle.» Dis-je en souriant.

Il se trémousse, un peu mal à l'aise. So cute !

«Écoute, il n'y a rien de... Enfin je ne suis pas sûr que...»

«Il te dévore des yeux tout le temps, c'en est même inquiétant !»

«Je...ah bon ?»

Il a l'air interloqué. Oups, aurais-je fait une gaffe ?

«À ce point là ?» Demande-t-il en fronçant les sourcils.

«Oui, c'est parce que j'y fais attention que je le vois, mais quand même...»

«De toute façon ce n'est pas le problème, c'est moi...»

Ding-dong, ding-dong, ding-dong !

Merde, la sonnerie, je ne vais pas avoir la fin de la conversation. Et pour cause...

«Harry, retourne dans le couloir et attends avec les autres, je vous ferai rentrer à la deuxième sonnerie, il faut que je finisse de préparer le cours.»

Pff... J'obéis en traînant les pieds pendant qu'il s'active.

Je referme la porte sur moi au moment où Hermione et Pansy débarquent main dans la main. Piles à l'heure, malgré leurs béquotages incessants.

Ça m'énerve que Remus n'ait pas fini sa phrase !

J'aurais bien voulu savoir, moi... Je me demande s'ils n'auraient pas besoin d'un peu d'aide, eux...

«Tout va bien, Harry ?»

Je lève les yeux vers une Hermione à la mine interrogatrice.

«Oui, oui, je réfléchissais.»

«Oh, Potter pense, il va neiger,» lance Zabini qui arrive avec Nott.

Ron marche derrière eux, l'air bougon.

«Vu le temps ça ne serait pas étonnant,» dis-je d'un air désabusé en désignant le ciel gris à travers une fenêtre.

Marrant, je ne suis même pas vexé. Il faut dire que j'ai d'autres hippogriffes à fouetter.

Les élèves affluent dans le couloir, le bourdonnement des conversations s'accroît.

Malfoy vient d'arriver. Il se tient très droit, il a l'air crispé. Et il a encore l'air très pâle, même s'il l'est de nature. (Je me demande s'il se met du fond de teint.)

Au moment où j'esquisse un mouvement pour aller vers lui, je me rends compte que Ron me parle.

«Excuse-moi, tu peux reprendre ? J'ai pas tout compris, là...»

Ron souffle d'un air exaspéré et recommence.

«Je te dis que j'ai essayé d'aller parler à Luna tout à l'heure.»

«Ah ! Et ?»

«Et elle m'a dit que mes oreilles étaient écarlates et que j'avais dû attraper une trantignolle...»

J'éclate de rire. Sacré Luna !

«C'est quoi, ça ?»

«Aucune idée, elle est partie en cours après.»

Ses cheveux semblent s'aplatir de déception.

«Mais t'inquiète, t'y arriveras à séduire ta Loufoca ! Elle a des moments de lucidité impressionnants parfois.» Ajouté-je en m'en rappeler certains.

«J'espère... Parce que si je dois attendre qu'elle me remarque on est pas rendu ! … Et toi avec...tu sais qui ?»

Je grogne, me rappelant subitement pourquoi je lui en voulais tant tout à l'heure. Je lui lance un regard noir.

«Mal ! Grâce à toi ! Va falloir que je répare ta connerie maintenant.»

Ce con prend un air coupable, et il fait bien !

«Mais je pensais vraiment te rendre service... Je suis désolé !»

«Mouais... N'empêche que tu m'as mis dans la merde !» Chuchoté-je furieusement

Il n'a pas le temps de répliquer; la sonnerie retentit une deuxième fois et Lupin ouvre la porte

«Bonjour tout le monde ! Entrez entrez, je finissais tout juste la préparation !» Lance-t-il, jovial.

Je traîne les pieds et laisse passer tout le monde. Quand j'entre dans la salle, il ne reste que les tables du fond de libre. Je vais m'isoler dans un coin, seul.

J'ai une vue parfaite sur une certaine nuque pâle à fins cheveux blonds.

Lupin commence son cours, il a préparé des choses à nous montrer mais on ne va apparemment pas faire de pratique aujourd'hui.

Tant mieux, ça me laisse la possibilité de ruminer tout ça.

Dans quel merdier je me suis fourré...

Et puis franchement en quoi ce que m'a dit Remus pourrait m'aider ? Vous trouvez ça utile, vous ? Hein ? Vous pensez vraiment qu'il faudrait que j'aille m'expliquer clairement et sincèrement avec Malfoy ? … MAIS VOUS ÊTES CINGLÉS OU QUOI ?

Non enfin je sais que ça serait le plus raisonnable, le plus censé à faire. Je crois que mon côté Serpentard ressort. Si je lui explique tout il saura que je veux juste le baiser pour prouver qu'il est homo et aime les mecs, et donc il m'en voudra... Et je n'aurais plus aucune chance de le mettre dans mon lit ! Oh. My. God. Ça serait vraiment tragique, ça.

Même s'il n'y avait pas cet espèce de pari, j'ai vraiment envie de lui et ça gâcherait toutes mes chances.

D'un autre côté je suis un peu mal à l'aise de l'utiliser comme ça.

Putain, j'ai des cas de conscience et en plus j'écoute rien au cours, c'est effrayant. Je contemple Malfoy de loin. Il prend des notes d'un air distrait, sa tête appuyée sur sa main. Je ne vois pas très bien, mais il a l'air d'avoir une expression assez douce sur le visage, un petit sourire au coin des lèvres. Il est beau.

Le cours passe siii lentement...

Pendant tout le cours, mon regard reste fixé sur Draco. Il faut que je fasse quelque chose, absolument. Je suis en train d'inventer un mensonge improbable, quelque chose pour justifier ce qu'il a reçu au petit-déjeuner.

Évidemment ça va pas être très crédible. Mais il paraît que je suis bon acteur, non ? Eh bien ça peut servir ! Il FAUT qu'il y croit, c'est une nécessité. Je ne peux pas le laisser croire que je suis...amoureux de lui. Bouh... Rien que cette pensée me fait grimacer tout seul.

OUARK !

Pff, je viens de sursauter comme un malade en entendant la sonnerie. C'est passé plutôt vite, finalement.

Merde ! J'ai l'impression d'être un zombie. Le temps que je réagisse, la moitié des élèves sont déjà partis.

«Ron, je te rejoins plus tard !» lui dis-je en passant devant lui à toute vitesse.

Décidément, j'arrête pas de le planter sur place en ce moment.

Ah, c'est bon, il n'est pas loin.

J'attrape Malfoy par le coude qui sursaute légèrement et lance à Zabini qui discutait avec lui:

«Je te l'emprunte un instant !»

«Euh...ok !» Répond-il, interloqué.

Malfoy ne se débat pas mais a l'air singulièrement agacé.

«Qu'est-ce que tu me veux, Potter ?» Dit-il en dégageant son coude de ma main.

«Pas grand chose, ne t'inquiète pas.»

Je le fais rentrer au hasard dans une salle vide. (La moitié des salles de classes sont inutilisées à Poudlard, c'est dingue.)

«...Juste l'opportunité de te dire trois mots.»

Mais pourquoi se recule-t-il, je ne vais pas le manger ! Quoique...

«Je t'écoute,» dit-il en croisant les bras.

Son expression est indéchiffrable. Ça m'énerve de ne pas savoir ce qu'il pense.

«Euh... Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins.»

Autant avoir l'air assuré, ça paraîtra plus crédible.

«C'est à propos de ce que tu as reçu ce matin.»

«...»

«...Je me suis trompé de feuille.»

«...Oh. Je vois. Tu t'es trompé de destinataire.»

C'est une affirmation. L'espace d'un instant il a l'air de se briser, frappé par une souffrance insupportable, pleine d'amertume. Et bizarrement, ça ne me plaît pas du tout. En fait... Je déteste l'idée qu'il ait mal à cause de moi. Mais ce n'est peut-être qu'une impression.

«Non, non, c'est pas du tout ça, en fait j'ai...recopié une page d'un livre que j'aime bien !» dis-je avec assurance. «Et après je t'ai écrit une lettre et je me suis trompé, j'ai interverti mes parchemins, voilà.

C'est pitoyable et maladroit. Moi qui voulait qu'il me croie...

«Tu es sûr ?»

«Je... Oui, bien sûr, pourquoi ?»

Pitié Merlin, abrège cette conversation !

«...Il y a mon nom dans ta copie de la page du livre.»

Boum. Oh. .

Je me sens blanchir, là.

«C'est sans doute parce que j'ai pensé à t'écrire pendant que je recopiais. Pas fait exprès.»

Ma voix me paraît être un horrible gargouillement. Je suis sûr qu'il a pitié. C'est la-men-table.

«Ok.»

«Tu pourrais me la rendre ? ...S'il te plaît ?»

«Je l'ai brûlée.» Dit-il très simplement.

Un poids me tombe brusquement sur le cœur, inattendu.

«Ah...bien... Bon ben je le recopierai, tant pis. Désolé de t'avoir embêté.»

Je me détourne pour sortir.

«Je pourrais avoir ma lettre ?»

Je m'arrête net.

«Quoi ?»

Je lui fais face, il a l'air interrogateur, et je décèle un soupçon d'espoir dans ses yeux magnifiques.

«La lettre. Que tu voulais me donner au départ.»

«Oh. Oui, bien sûr, quand je repasserai à mon dortoir.»

Je lui fais un sourire faiblard. Il a brûlé ma lettre. Bien. Très bien. Comme ça il sait que ce n'était pas pour lui. Elle ne l'intéressait pas, elle n'avait aucune importance, il l'a brûlé.

Parfait. Alors pourquoi est-ce que je me sens aussi mal ?

Je me détourne pour sortir.

Cette lettre m'était vraiment sortie du cœur. Elle aurait dû y rester. Et ne pas finir au feu.

«Potter ?»

Quoi encore ? Je me suis assez ridiculisé comme ça. Je le sens me prendre par l'épaule.

«Tu te sens bien ? Tu es tout blanc !»

Il semble inquiet.

J'ouvre la bouche pour répondre, mais y'a un truc qui me perturbe. Si si, je vous assure.

Voir Draco façon peinture impressionniste, c'est perturbant. Y'a plein de points blancs dans ma vision.

J'ai chaud. Mon dos et mon front se mouillent subitement. Je me sens mal. Mes genoux flagellent.

«Harry ?... Harry ?»

Oh, il a l'air affolé. Je ferme les yeux, je me sens fatigué et tout léger, et pourtant je vous promets que je ne plane pas. Je me sens vachement bien depuis que j'ai fermé les yeux. J'ai l'impression que mon univers est tout cotonné. J'essaye de lui répondre pour lui dire que tout va bien, mais je n'arrive pas à articuler, mes membres ne répondent pas.

C'est très bizarre. J'entends ce qui se passe autour de moi, mais je ne peux bouger. Toute façon j'en ai pas envie. Et puis là, y'a un truc autour de moi, c'est chaud, c'est tendre.

Je...suis...bien...

~ A suivre ~

Qu'en pensez-vous ? ça progresse, non ?

(Je sais que certaines personnes n'aiment pas beaucoup que Harry "parle" aux lecteurs, mais je tiens à préciser que ce n'est pas pour vous insulter (même si Harry vous gueule beaucoup dessus, au final il vous aime bien ^^), même s'il vous apostrophe tout le temps il ne vit que pour vous après tout =D)

A bientôt, j'espère que je ne vous ai pas déçu

Anabanana94