Titre : Poussière d'ange
Chapitre : 3
Autrice : Megami
Fandom : Naruto
Genre : Yaoi, MPreg, Romance, Drame (+ ou -), POV Naruto, angst (Du moins, pas tout de suite ...)
Couple : SasuNaru
Rating : T
Disclaimer : Je les ai commandé tous les ans pour Noël T.T … j'attends toujours.
Résumé : À l'âge de 15 ans, Naruto et Sasuke s'aiment énormément … excessivement ? Quoi qu'il en soit, Naruto reçoit un matin la visite d'un problème imposant, une poussière d'ange …
Note : En italique et en gras, les paroles de la chanson que Naruto a composé :D ! Bah en fait, c'est le groupe Marcy Playground qui a composé cette chanson. Bon, je n'ai pas fait la traduction mais si vraiment vous ne comprenez pas, je pourrais la faire mais les paroles sont plutôt faciles. Sinon, le chapitre est plutôt long.
J'étais rentré sans adresser un mot à Sasuke, comme si finalement tout le chagrin s'était condensé en rage, une rage très contenue malgré tout. Il m'avait adressé un ''T'étais où dobe'' mais pour toute réponse, j'entrais dans ma chambre et claquais la porte involontairement. Je n'entendais plus les notes du piano, plus cette mélodie que Sasuke jouait inlassablement. J'attrapais un bloc-notes et un stylo à l'encre bleu. Les mots affluaient en moi, se déchaînaient à sortir de mon esprit et couler sur la feuille lignée. Je les écrivais avec l'énergie de la colère même si leur sens était moins évident que je l'aurais espéré. Les mots tempêtaient encore pour sortir de ma tête, mes mains tremblaient de colère pour chaque mot que je transcrivais contre la feuille lignée. Je lâchais le bloc-notes lorsque la dernière phrase coula sur le papier, le stylo fit un vol plané contre le mur. Je sortis de ma chambre sur le regard interrogé de Sasuke. Il s'approchait de moi, ses yeux m'interrogeant sur mon comportement mais mon regard ne s'adoucit pas. J'avais une véritable haine pour les lâches, pour les fumeurs d'opium, pour Sasuke …
- Tiens, dis-je en lui tendant la feuille d'un geste brusque.
Sasuke prit la feuille entre ses mains et laissa ses yeux parcourir les mots tremblants que j'avais transcrits. Ses yeux onyx se reposèrent sur les miens, noyés dans un torrent de confusion.
- C'est quoi ce truc, Naruto ? T'as fumé ou quoi ?
- Non justement, je n'ai pas fumé et pour ton information, je ne sais même pas ce que ça fait de fumer quoi que ce soit ! J'ai écrit ça et je me demandais si ça correspondait aux sensations de l'opium ! Tu devrais le savoir monsieur l'opiomane !
Les paroles de la chanson sans mélodie me revinrent parfaitement à l'esprit comme si je les avais apprises par cœur.
Blue like water
Blue like heaven is
All of the time
I'm all right
I'm just gagging on all the all right
I'm so happy
So happy
I'm in heaven
Yeah heaven
Oh the season's come for opium
Mom...mom
Mom...mom
I'm so happy
So happy
I'm in heaven
Yeah heaven
Oh the seizures come from opium
Sasuke me regardait comme pris en flagrant délit, un mélange de chagrin et de confusion qui me donnait envie de le prendre dans mes bras mais ma colère se ranimait, flambait mes réflexes de tendresse pour l'Uchiwa.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Marmonna t'il haineusement.
- Ah mais rien voyons ! Mon copain se drogue à l'opium mais tout va bien ! Vas y drogue-toi ! Si ça se trouve, je vais essayer un de ces quatre !
- Laisse tomber l'affaire, Naruto. Tu ne peux pas comprendre.
- Peut-être que si tu m'expliquais, je pourrais comprendre !
- Oublie, Naruto.
- Si c'était si facile ! Moi, je ne te cache rien, Sasuke ! Pourquoi t'es toujours obligé de me cacher quelque chose ?
- Hmph …
- Quoi ?
- Tu ne me caches rien, hein ?
- Exactement !
- Ce que Tsunade t'a dit hier soir, je suppose que tu n'appelles pas ça un secret, hein ?
- … Ça … tu le sauras … d'une manière ou d'une autre alors que l'opium, je …
- Bien tenté, Naruto.
Je le regardais, retrouvais notre rivalité de préadolescence. Notre monde à nous s'effondrait sous nos mots d'une cruauté sans pardon. Ce monde créé de nos mains s'écroulait, laissait place à celui d'antan. Je n'avais pas mal de voir l'être qui m'était le plus cher, retrouver son ton et son expression d'avant à mon égard. Je ne voulais pas le voir se détruire, je l'haïssais de ne pas penser comme moi au sujet de la drogue, de ne pas comprendre ma colère. Ce que je lui cachais ne pouvait pas le détruire, du moins c'est ce que je pensais. Mais l'opium pouvait le détruire, ça ne faisait pas un pli. Je le vis partir d'une démarche qui palpait la rage. Il ne claqua pas la porte mais je sentis un énorme coup de vent m'envahir. Juste après, je fus pris d'une nausée atroce mais je ne pus dire exactement si c'était à cause de Natsuke ou à cause des émotions trop fortes.
Le lendemain, je gagnais le point de rendez-vous de notre équipe sans Sasuke. Je n'avais que très peu dormi la nuit dernière et je ne me sentais pas très bien. Nous passions toutes nos nuits ensemble depuis près d'un an et je n'avais jamais imaginé avoir si froid ou me sentir si seul. Le fait que nous n'avions pas gagné le point de rendez-vous ensemble ce matin, éveilla les soupçons sur notre dispute, le fait que je me dirige vers Sai et non vers Sasuke confirma le fait. Le dessinateur ne m'assaillis pas de questions, il se contenta de me rapporter des propos routiniers tel que ''Ohayo Naruto, ça va mieux depuis ?''. Je lui répondis en feignant une certaine bonne humeur. Sakura en avait profité pour s'approcher de mon brun, le draguer en me regardant du coin de l'œil. J'étais jaloux et je ne savais pas pourquoi. Sasuke ne s'intéressait pas à Sakura et encore moins aux filles en général, c'était un fait mais je n'aimais pas que ma coéquipière se tienne si près de lui. Sai continuait de me parler mais ses mots étaient incohérents. Je voyais Sakura s'approcher de Sasuke, caresser furtivement son bras, rire doucement. Je ne suivais plus le sens de ses paroles.
- Naruto, tu m'écoutes ?
- Oui … oui …
- Tu t'es brouillé avec Sasuke ?
- Non.
- Bien sûr et il ne fait pas tout pour te rendre jaloux et toi, tu ne marches pas du tout dans son jeu.
- Hein ? Il me fait marcher ?
- Sans blague ?
- Sai, embrasse-moi !
- Et puis quoi encore ? Tu marches complètement dans son jeu, Naruto, t'es pitoyable là.
Je ne l'écoutais pas du tout, énervé par la vision de Sasuke et Sakura qui flirtaient ensemble. Mon cœur se serrait à mesure que les gestes se répondaient, d'abord par des caresses puis par des rires. Ce fut plus fort que moi, j'empoignais le bras du dessinateur et posais ma main contre sa nuque pour approcher ma tête de la sienne. Je fondais sur sa bouche et profitais de sa stupéfaction pour explorer sa cavité buccale de ma langue. Il finit par y répondre de manière maladroite. Ce baiser état imprégné du goût de la jalousie. J'étais dégoûté du fait d'embrasser mon coéquipier mais je jubilais de la rage que devait éprouver Sasuke. À bout de souffle, je lâchais Sai sans couper le contact visuel avec lui.
- Je te préviens, c'est la dernière fois que j'embrasse un mec de toute ma vie, murmura t'il rageusement.
J'haussais faiblement les épaules et scrutais la réaction de Sasuke, son regard se faisait bouillonnant de rage, ses yeux avaient pris une teinte pourpre que je ne pus qu'apercevoir une fraction de seconde avant qu'ils reprennent une teinte charbon. Au bout de quelques heures de provocations visuelles, notre senseï se pointa, sans se douter qu'il serait bientôt le centre d'intérêt pour attiser notre jalouse commune, à Sasuke et à moi. Personne ne prononça l'habituel ''vous êtes en retard'' mais tous se précipitèrent vers Kakashi-senseï. Je fus le premier à profiter de sa présence.
- Kakashi-senseï, vous pourriez faire en sorte que les missions ne soient pas trop longues aujourd'hui ? Sai et moi, on voulait essayer des trucs ensemble.
Je n'avais même pas regardé notre senseï en disant cela, j'avais seulement scruter Sasuke et guetter sa réaction. J'avais aussi clairement insister sur le mot ''trucs'', indiquant clairement son double sens. J'avais espéré une réaction stupéfaite de la part de notre senseï mais c'était bien mal le connaître. Sa réponse me laissa de marbre.
- Ta vie sexuelle ne m'intéresse pas, Naruto.
Sasuke me lança un regard noir et prit la parole à son tour.
- À quelle heure finira t'on cette mission ? J'ai promis une promenade à Sakura.
Il prit la main de Sakura dans la sienne comme pour prouver ses dires à notre senseï. Kakashi se contenta de froncer un sourcil.
- Tu as changé de bord, Sasuke ?
- C'est idiot deux mecs ensemble, Naruto m'a juste prouvé ma connerie. Je suis hétéro.
- Bien sûr, moi aussi, ironisa notre senseï en roulant les yeux.
J'avas cessé d'affronter mon coéquipier du regard, je boudais, fixant au loin un point imaginaire. La voix de quelqu'un que je ne soupçonnais pas d'être dans le coin me fit sursauter.
- Vous deux, ça suffit.
Yamato nous surpris tous de la même manière, tous sauf Kakashi-senseï du moins. Le grand brun sauta d'une branche d'arbre et se plaça aux côtés de notre senseï.
- Sachez mettre votre vie sentimentale de côté quand il s'agit de votre devoir de ninja. On a déjà accepté votre relation amoureuse mais si vos disputes de couple viennent gâcher l'esprit d'équipe, on va sévir. Vous êtes complètement puérils et ridicules.
Je lançais un dernier regard à Sasuke mais la colère ne pouvait se résoudre à se condenser même après tout ça. J'avais l'impression d'être revenu trois années en arrière par contre, les raisons de mon hostilité envers Sasuke étaient différentes. La tension dans l'équipe allait vraiment devenir insoutenable. Mon brun tenait toujours la main de Sakura dans la sienne et la jeune fille en semblait à la fois satisfaite et embarrassée. J'étais partagé entre ma jalousie et ma colère, ne sachant si je devais sauter sur Sakura pour lui arracher les yeux ou tenter de rendre Sasuke jaloux. Je me contentais de baisser la tête de manière boudeuse.
- Nous avons une mission de rang A, aujourd'hui, je tiens à ce que tout se déroule parfaitement.
J'aurais tressailli d'excitation d'une telle mission mais le cœur n'y était pas aujourd'hui. Je baissais la tête vers l'avant, continuait d'écouter attentivement les directives de Yamato sans en avoir l'air.
- Un nukenin d'Ame no kuni a été repéré dans les environs. Il a tué sa famille au grand complet et ses ambitions sont plutôt meurtrières pour le moment. Il a tenté de tuer une équipe de Genin mais ils s'en sont sortis grâce à une équipe d'ANBU … avec de graves blessures tout de même. On y compte Konohamaru Sarutobi et Hanabi Hyûga. Leur senseï est tout aussi mal en point. On doit retrouver ce nukenin avant qu'il ne fasse trop de ravages. On part ce soir.
Je me retournais instinctivement vers Sasuke, celui-ci avait les poings serrés et je devinais sans problème que l'histoire d'un nukenin qui tuait sa famille lui rappelait sa propre histoire. Yamato nous indiqua d'aller préparer nos affaires en vue de notre départ, ce que nous fîmes sans plus attendre …
Il devait être près de midi lorsque tout le monde fut réuni en vue du départ et trente minutes de plus lorsque nous partîmes. Le silence lors de notre trajet fut pour moi très pesant mais je devinais que Kakashi et Yamato remerciaient silencieusement le fait que notre équipe ne soit pas très bavarde à cause de la tension. Nous nous dirigions vers une ville portuaire d'Hi no kuni qui était qualifié de désertique à ce jour, à cause des rumeurs qui circulaient sur le fait qu'un nukenin rôdait près de la ville. Le silence de plomb laissa place à des réflexions. Mes jambes courraient sans se fatiguer, sans que je ne leur demande. J'avais l'impression que courir de cette manière puis sauter dans les hauteurs des arbres de Konoha, me libérait de tous mes soucis, comme si le vent qui fouettait légèrement mon visage, prenait avec lui, tous mes tourments. Je ne sentais plus les présences lourdes des autres, j'étais seul … seul et en même temps, je ne l'étais plus jamais en ce moment. Il était encore invisible à l'œil nu et son cœur devait être inexistant ou infime mais je sentais son âme. Une force indiscernable qui me menait à lui parler, à lui confier le moindre de mes soucis. Natsuke était toujours là, je ne me sentais pas seul. Nous courrions puis sautions encore pendant quelques heures que je ne vis pas passer puis nous atteignîmes la ville portuaire qui en effet, laissait une impression désertique. Les gens restaient chez eux, fermaient leurs portes à clé. C'était inutile, un tour de clé n'arrêterait pas un nukenin mais ça laissait une impression de sécurité.
- Nous allons loger à l'auberge, annonça Kakashi, nous avons déjà loué cinq chambres.
- On est six, Kakashi-senseï, rappelais-je.
- On ne se doutait pas que Sasuke et toi, vous vous disputeriez pour des broutilles cette semaine encore. On n'allait pas payer une autre chambre au cas où, c'est une perte d'argent.
J'allais grogner de mécontentement mais je fus rattrapé par un serrement douloureux au niveau du cœur. Mes épaules commencèrent à trembler alors que je sentais mon ventre se retourner. Le soleil me donnait mal au cœur, je fermais aussitôt les yeux.
- Naruto, ça va ? demanda Sakura
Je ne répondis pas, je sentais mon estomac se retourner puis mon cœur qui semblait pris d'un vertige tout à coup. Ma main eut à peine le temps de rejoindre le mur de brique le plus proche qu'un hoquet amena avec lui une série de vomissements atroces. Un vertige envahissait mon corps de part en part puis un hoquet atroce, une nouvelle série de vomissements. J'entendais en sourdine les appels interrogatifs que me lançaient les autres. Un dernier dégorgement puis plus rien. Je reprenais mon souffle et mes esprits. La tête tournait et sans mon appui sur le mur, je sentais que j'allais m'évanouir. Je me retournais difficilement vers les autres, essuyais le coin de mes lèvres grâce à ma manche.
- Ça va aller ? Me demanda Sakura.
J'hochais la tête de haut en bas sans vraiment le penser. Je sentais mon corps chanceler de gauche à droite, le sac sur mon dos devenir plus pesant et mon air se comprimer.
- Si tu n'allais pas bien, tu n'avais qu'à rester chez toi, dobe.
J'élevais le regard vers Sasuke qui gardait une impassibilité agaçante. Mes mots se firent plus crus à son égard que je ne l'aurais pensé.
- Toi, ta gueule.
Il ne me répondit que par un ''hmph'' qui lui était propre. J'avais envie de lui prouver qu'il se trompait à mon sujet, que je n'étais pas mal en point. Ce fut comme un automatisme, je me dirigeais vers lui, l'affrontais d'un regard douloureux et haineux. Le soleil était trop chaud, m'aveuglait puis faisait en sorte que mon cœur était pris de vertige. Ce fût trop pour moi. Mes mouvements se bloquèrent un à un et je tombais malencontreusement contre le torse de Sasuke, la tête contre son cœur, juste le temps de m'apercevoir que celui-ci battait à tout rompre. Malgré mon combat contre moi-même pour reprendre le dessus, je n'y arrivais pas. Je sentis la chaleur de son bras contre mon dos, qui me retenait de m'affaler à terre. Mes paupières clignaient vivement pour ne pas se fermer mais je sombrais tout de même dans un trou noir que j'aurais préféré éviter. Lorsque j'ouvrais les yeux à nouveau, je ne comprenais plus où j'étais. Mes jambes bougeaient mécaniquement puis un bras était passé sous mon épaule. Un parfum discret d'orchidée m'indiqua que j'étais toujours auprès de Sasuke. J'entendais sa voix murmurer des choses d'un ton calme mais tout était incohérent, je ne comprenais ni le sens ni la forme de ses dires mais j'aurais tellement aimé comprendre. Mes pensées sombrèrent, mon esprit le suivit. Je tombais dans le noir absolu une nouvelle fois.
Lorsque je me réveillais, j'étais une nouvelle fois allongé mais les circonstances m'amenèrent à comprendre que je n'étais pas dans le lit de Sasuke cette fois. Un bref coup d'œil devant moi, me laissa croire que j'étais dans la chambre de l'auberge que Kakashi avait mentionnée antécédemment. Je me relevais abruptement comme pour chasser l'énergie négative qui me collait à la peau depuis ce matin mais je ne fis que m'étourdir. Je me rassis donc sur le matelas du lit où j'étais couché et regardais mon ventre comme si Natsuke y'était déjà visible. « Tu me causes bien des problèmes, murmurai-je avec un soupir ». Dès que je me sentis mieux, je me levais et parcourais furtivement la chambre des yeux. Il faisait nuit et seul la lumière de la nuit éclairait la pièce. Je décidais de ne pas allumer la lampe près de moi, juste pour ne pas m'aveugler. Sasuke n'était pas là mais dans un certain sens, ça me rassura. Je n'avais ni l'envie de me disputer, ni l'envie de m'expliquer. Je me dirigeais lentement, comme pour préserver l'atmosphère calme, vers la salle de bain. J'allumais cette fois la lumière et me trouvais nez à nez avec un grand miroir, au dessus d'un lavabo. Mon visage livide puis mes cheveux en bataille me trahissaient sur mon état. Je décidais de m'asperger la figure d'eau et de me brosser les dents avant de partir à la recherche des autres. Je quittais la chambre dans laquelle j'avais été placée puis traversais de longs couloirs et descendais des escaliers avant d'apercevoir l'accueil. Une dame aux cheveux bruns se tenait derrière un comptoir avec un café qu'elle sirotait dans un bruit de succion étrange.
- Tiens, salut gamin, me lança t'elle en souriant, ça va mieux ? Tu avais l'air ben mal en point tout à l'heure.
Mes lèvres se tortillèrent pour former ce qui devait être un sourire puis j'hochais la tête. Elle me répondit par la même manière. J'aperçus alors Yamato sur la terrasse, par les grandes fenêtres à croisillons. Je me dirigeais vers lui, seulement pour lui poser des questions sur l'état de la situation depuis que je m'étais évanoui. Je sortis et sentis aussitôt la brise fraîche de la nuit qui me fit frissonner longuement. Je m'assis au côté de Yamato, sur un banc qui ne devait pas dater d'hier. Il me reçut d'un léger sourire.
- Tiens, Naruto. Je ne pensais pas que tu te réveillerais avant demain.
- Je me sens bien, dis-je tout simplement, exaspéré d'être pris pour faible.
- Tant mieux, dit-il, j'ai à te parler.
J'élevais la tête vers mon second senseï d'un air plus interrogé. Il était rare que Yamato veuille me parler. Vu son ton, je doutais du fait qu'il me parlerait de la mission. Le timbre de sa voix avait pris quelque chose de plus personnel.
- Écoute Naruto, commença t'il, je sais ce qui t'arrive …
- Tsunade a cafté !?
- Laisse-moi finir, soupira t'il.
Mon cœur pris à nouveau un rythme effréné. À force, il allait complètement cesser de battre, avais-je pensé.
- Tu … comment dire … tu n'es plus en état de combattre à moins d'éliminer totalement ce qui grandit en toi.
- Je ne veux pas !
- Je ne t'y oblige pas non plus, Naruto. Seulement, dans ce genre de situation, on donne neuf mois de répit à la personne. Si tu tiens à garder cet enfant, il va être très dangereux de continuer à combattre. Tu devras non seulement te défendre mais défendre aussi ton enfant et c'est quelque chose de très compliqué même pour un jounin. En plus, tu es dans un état de faiblesse en ce moment. Tu vas devoir arrêter temporairement ton devoir de ninja.
- C'est ce que je pensais aussi.
- Naruto …
- Hm ?
- Il va aussi falloir que tu en informes, Sasuke.
