Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter.

Note: Merci pour vos reviews, j'espère que le nouveau chapitre vous plaira!

Beta: Blues-moon.


- Oui, ça va tranquille, tu sais comme d'habitude quoi: Maison, boulot, dodo ...

- ...

- Non, je ne te cache rien ! Pourquoi te cacherais-je quelque chose ?

- ...

- Oui, Hermione ! Écoute, ne t'inquiète pas: je mange bien, je dors bien et je regarde des deux côtés avant de traverser la route!

- ...

- Oui, peut-être un peu, mais tu cherches aussi...

- ...

- D'accord. Allez, je te laisse. Prends soin de toi.

- ...

- Promis! Embrasse Ron pour moi. À bientôt, bisous ...

J'appuyais sur la touche raccrocher de mon smart phone dernier cri en poussant un profond soupire, à la fois de soulagement et de lassitude.
Mes meilleurs amis s'inquiétaient toujours beaucoup pour moi. Beaucoup trop même. Je comprends qu'ils n'aiment pas me savoir seul, mais tout de même !
Entre les rendez-vous organisés dans mon dos pour me trouver une copine ou des traînages forcés dans des fêtes pour me construire une vie sociale, je commence à en avoir un peu marre. Bien sûr, ils font ça pour moi et sont persuadés de bien faire, mais ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions ?
C'est bien simple : je n'ai qu'une hâte c'est que Ron se décide enfin à faire un beau bébé à Hermione ! Un vrai qui pleure et tout ! Comme ça, ils se focaliseront sur autre chose que ma petite personne pendant quelque temps...

- C'était ta femelle ?

Surpris, je sursautai si fort que je faillis lâcher mon téléphone avant de me tourner vers la porte de la salle de bain ouverte, une expression incrédule peinte sur le visage.
Et bien, visiblement, si j'en jugeais par les gerbes d'eau arrosant à intervalle régulier le carrelage antidérapant, mon hôte s'était réveillé. Après deux jours de sommeil, il était temps. Je commençais à m'inquiéter légèrement...

- Non, c'était une amie. Répondis-je en entrant dans la pièce. Et ne dit pas que c'est une femelle !

- Pourquoi ? s'étonna-t-il. Ce n'en est pas une?

- Si, en quelque sorte on peut dire ça, mais c'est très irrespectueux !

Il se contenta de me regarder en haussant un de ses sourcils dorés, signe qu'il attendait surement une explication.
Explication dans laquelle je n'avais ni la volonté ni l'envie de me lancer. Plus tard peut-être...

- Ne cherche pas à comprendre, ce n'est pas grave... Dis-moi plutôt, comment tu te sens ?

- J'ai faim.

- Ouais, normal... J'ai justement commandé des sushis, tu…

Je me stoppai brutalement en prenant conscience de ce que je venais de dire.
Pouvais-je vraiment lui proposer de manger du poisson ? N'était-ce pas un peu...limite niveau étique ?

- Je ? m'incita-t-il à poursuivre.

- Hum... Tu en voudras ? J'en commande toujours trop, alors il y en aura surement assez pour deux...

- Encore faudrait-il que je sache ce que c'est...

- Oh, oui, excuse-moi. C'est du riz et du... poisson cru... Mais si tu n'en veux pas, je comprendrais !

- As-tu déjà oublié le début de cette conversation ? Tu sais, la partie où je disais que j'avais faim !

- Ça va, pas la peine de m'engueuler non plus! Je me disais simplement que tu refuserais peut-être de manger du poisson!

Le regard qu'il posa sur moi me fit soudain me sentir comme le pire des crétins. Moi qui voulais simplement le ménager ou au moins ne pas paraître pour un rustre impoli...

- Qu'est-ce que tu crois qu'on mange six pieds sous les mers, dis-moi ? Me dit-il sur un ton qui laisserait penser qu'il s'adressait à l'innocent du village.

L'envie de lui coller une bonne gifle avant de le planter là me titilla méchamment, mais on m'a toujours appris à ne pas m'en prendre à quelqu'un de plus faible que soi. Et j'estime que quand un harpon est venu se loger dans votre flanc, on est assez faible après...

- Au fait, comment t'appelles-tu ? Finis-je par demander en lui refaisant son pansement.

Il me regarda encore avec ce perpétuel air méfiant, avant de produire une suite de son assez mélodieux semblable à ceux qu'il avait poussés sur le bateau.
Encore une fois, je me sentais un peu stupide à le regarder les yeux écarquillés de surprise.

- Euh...pardon ?

- Tu m'as demandé mon nom, je te l'es dit. Sans se départir de son petit sourire mi-moqueur mi-supérieur, il reprit : mais tu peux m'appeler Draco... Et qui a eu l'insigne honneur de me porter secours ?

- Oh, euh, Harry ! Harry Potter !

- Et bien, Harry Potter, ne m'avais tu pas promis quelque chose de plus grand que cette...boite ridiculement minuscule dans laquelle tu m'as installé ?

- Si, si, je t'y emmène tout de suite... Lui répondis-je avant de le prendre dans mes bras.

Je ne pus cependant pas retenir un sursaut de surprise, et empêcher mes joues de me brûler, quand il passa ses bras derrière mon cou.

- Bah quoi ? Il faut bien que je me tienne quelque part ! Me dit-il d'un ton supérieur en voyant ma gène.

- Ne t'inquiète pas, c'est un plaisir de t'aider ma p'tite sardine échouée ! lui répondis-je à la fois amer et moqueur, le rouge toujours aux joues.

- Je ne te permets pas ce genre de familiarité ! Nous n'avons pas élevé les alevins ensemble !

- Je ne sais pas ce qui, dans la situation actuelle, te fait croire que tu es en position de permettre des choses ou non, mais crois-moi: tu ne l'es pas !

Il se renfrogna et n'ajouta pas un mot jusqu'à ce que l'on arrive au sous-sol.
Sur les conseils de Ron, j'avais fait entièrement réaménager cette pièce il y a quelque temps : béton ciré au sol, piscine creusée et chauffée ainsi qu'un home cinéma. C'est ma pièce préférée dans la maison...
Je descendis avec précaution dans l'eau avec lui, et laissai l'eau chaude me détendre peu à peu pendant que je le regardais nager tranquillement...

- C'est drôle, finit-il par dire après quelques brasses, l'eau chaude comme ça, ça me rappelle la saison des naissances...

Il avait un petit sourire nostalgique aux lèvres et les yeux un peu plus brillants qu'avant. J'avais comme l'impression que le chlore n'était pas le seul responsable de ce dernier état de fait...
Comme, tout de suite après, je partis en courant à travers la maison pour ouvrir la porte au livreur qui tambourinait à la porte, je n'entendis pas qu'il ajouta, la voix un peu serrée par l'émotion :

- Enfin, quand on en avait encore des naissances...


Nous mangions en silence depuis une quinzaine de minutes et, en toute honnêteté, ça commençait à devenir assez gênant. De mon point de vue, tout du moins...
Ce n'était pas tant l'absence de parole qui me gênait que son regard acier poser sur mon corps.

- Est-ce que, commença-t-il en posant son assiette plus loin, je peux regarder de plus près tes...pattes postérieures sur lesquels tu tiens en équilibre précaire ?

- Hein ? Euh...mes jambes tu veux dire ?

- Oui, c'est exactement ce que je viens de dire.

Je le regardai intensément avant de repousser mon assiette à mon tour, un petit sourire fleurissant sur mon visage : finalement, il était aussi curieux envers moi, que moi envers lui...

- D'accord...mais à une condition.

- Laquelle ? Me demanda-t-il, à nouveau sur la défensive, ses yeux me lançant un regard noir.

- Que tu m'expliques comment tu connais notre langue.

- Comme si on pouvait faire autrement ! Vous êtes partout, tout le temps ! Sur la terre, sur la mer, dans la mer même parfois dans vos espèces de boites, je ne sais pas trop quoi. Et surtout, vous piaillez sans discontinuer ! "Bla bla bla" à longueur de journée. On finit par apprendre au bout d'un moment. Il soupira d'agacement avant d'ajouter : honnêtement, vous êtes l'espèce la plus envahissante et la plus bavarde qu'il m'ait été donné de rencontrer ! Et la plus orgueilleuse aussi, par ailleurs...

Sans arriver à me retenir, je rougis jusqu'à la racine des cheveux. J'étais gêné de ce discours, car il était vrai. Je le savais bien, et c'est même à cause de ça que j'avais tant de mal avec les gens. Mais l'entendre de la bouche d'une autre espèce rendait les choses plus réelles. Un peu comme quand on a un défaut auquel on s'habitue, jusqu'à ce que quelqu'un vous en fasse la remarque et que soudain on en fasse un horrible complexe...
Tout à mes pensées, je ne vis pas Draco s'approcher de mes jambes avant qu'il en prenne une entre ses mains pour l'approcher de son visage.

- Comme c'est étrange : tu as des petits cheveux qui poussent dessus !

- Ce sont des poils ! m'exclamais-je, agacé.

- Oh... C'est très disgracieux, si tu veux mon avis. Me dit-il en me regardant droit dans les yeux.

- Je ne t'ai rien demandé !

- Peu importe, je te le dis quand même.

Il tripota longuement et pensivement mes doigts de pieds avant de s'exclamer:

- C'est bizarre que ces doigts-là n'aient pas du tout poussé, non ?

- Mais je n'en sais rien, moi ! Arrête de faire ça, tu me chatouilles !

Il reposa ma jambe sur le sol avant de poser ses mains sur mon short de bain.

- Qu'est-ce que tu fais ?! hurlais-je en m'éloignant.

- Je me suis toujours demandé pourquoi vous portiez toujours ces étranges choses. Qu'est-ce que vous pouvez bien cacher en dessous?

- Mais... rien qui te regarde ! bafouillais-je de honte.

- Mais pourquoi tu t'énerves enfin ?! Je veux juste voir !

- J'ai dit non !

Alors que nous étions en train de nous chamailler comme des enfants, je me mis soudainement à penser que cela faisait bien longtemps que je n'avais autant parlé en une seule journée. Et que je ne m'étais autant amusé aussi...