Quand je te remplacerai parmi les Anges…
Ma pernicieuse conviction
Mot de l'auteur :
Pour tous ceux qui ont aimé cette histoire et ont pris la peine d'attendre son troisième chapitre, je tenais à m'excuser de n'avoir pas posté bien avant. Je vous avoue que c'est le fait d'avoir reçu pour cette fiction une petite médaille « Sélection du mois, mars 2007 », sur le site qui regroupe toutes les fanfics d'Harry Potter qui, après m'avoir donné les larmes aux yeux, m'a poussé à me remettre très vite au travail. Vraiment désolée.
De plus, j'arrête définitivement de prédire le nombre de chapitres qu'il y aura dans une de mes histoires, puisque celle-ci en comportera plus que quatre finalement (mais je ne mettrai pas trois mois entre chaque volet, promis, car j'attaque le suivant dans la foulée…).
Réponses aux commentaires :
Dragon89 : Merci pour ton commentaire ! J'espère que ce chapitre 3 te plaira ! Je t'embrasse et merci de ton commentaire !
Vamala : Merci pour ton appréciation du ma fiction et de ma vidéo ! J'espère ne pas te décevoir avec ce nouveau chapitre et pardon de l'attente !
Bulle-de-savon : Mademoiselle est servie ! Voici la suite ! Bisou !
Bestofdracohermy : Voilà le chapitre 3 et navrée de l'attente, cela ne se reproduira pas ! Bisou !
Langedesenfers : je dois t'avouer que ton commentaire m'a fait très plaisir, et plutôt que de te répondre directement, je me suis hâtée à faire ce chapitre en souhaitant vraiment ne pas te décevoir ! je t'embrasse très fort et merci de ton appréciation !!
Fafnir001 : Woua ! Je suis contente que la vidéo sur youtube arrive à ramener du monde !! Merci beaucoup de ta lecture et … je souhaite que ce chapitre te plaira !!
Bonne lecture !
o O o
Hermione nageait en pleine félicité. Les caresses de Drago l'avaient transportée dans une voluptueuse effervescence et l'avaient complètement plongée dans une ivresse de plaisir, qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir un jour avec lui ressentir. Il avait fait naître dans le creux de ses reins une flamme qui, timide et hésitante au début, brûlait désormais avec exaltation et ne demandait qu'à s'intensifier. Un seul mot résonnait actuellement en son esprit : encore… Encore plus de douceurs, encore plus de sensualité, encore plus de ces ardents baisers…
Incite-moi à l'irrésistible tentation de faire l'amour avec toi. Achève l'éveil de mon désir et peut-être que cette nuit… je me laisserais séduire par la tacite invitation de découvrir la chaleur et l'intimité de tes draps.
Comme s'il avait entendu son souhait, il se rapprocha de sa bouche pour l'embrasser passionnément. Merlin, ses talentueuses lèvres étaient si douces et fruitées ! Elle prit alors son visage entre ses mains et suçota légèrement sa lèvre inférieure entre les siennes, telle une agréable confiserie et de la même manière dont il s'était attardé sur l'extrémité de sa poitrine. Le manque de pratique ne lui faisait d'ailleurs pas encore envisager de goûter à une toute autre partie de son anatomie, tel que le symbole de sa masculinité. Elle avait pourtant nombre de fois fantasmé sur une éventuelle première fois avec lui, où elle s'imaginait réaliser cet attouchement qui semblait beaucoup plaire aux garçons, aux dires de ses amies. Mais… passer du songe à la réalité dans l'immédiat lui paraissait inconcevable. Sa fine langue de débutante n'arriverait certainement pas à la hauteur de la sienne, qui était manifestement experte en la matière.
Le savoir-faire du jeune homme était sans conteste à l'instar de ce qu'elle se figurait quand la nuit, elle osait descendre une discrète main jusqu'au pétale de sa Rose des Charmes pour atteindre le ravissement solitaire, en se représentant une romantique et passionnelle union charnelle avec lui. C'est ainsi qu'elle se l'imaginait à chaque fois : doux, patient et se complaisant à exacerber son désir latent jusqu'à ce que la pureté de son propre corps, enflammée par la soie empreinte de volupté qui recouvrait ses doigts exercés, réclame avidement la connaissance de la première expérience.
Sois l'artiste qui dessine sur la toile de ma chair, l'enivrante et bouleversante fresque de la concupiscence. Que tes lèvres et tes mains, unies dans un but commun, se fassent créatrices sur ma peau en quête de délices, afin que ta convoitise devienne la muse et la régente de la mienne.
Un baiser, une envie,
Une douce câlinerie.
Une exquise caresse,
De ta langue enchanteresse.
Et tes paumes sur mon corps parcourant lentement mes courbes jusqu'à l'aurore…
Ma langueur, ton désir,
L'harmonieuse mélodie de nos soupirs.
Le fruit de mon intime félicité sur ta bouche déposé,
Que maintenant tu te plais à me faire goûter.
Et le besoin de découvrir enfin cet amoureux plaisir dont tu sauras me faire languir…
Divin… Tel était le seul mot qui venait à l'esprit de la jeune fille en cet instant. Nul autre terme n'aurait pu convenir pour désigner cet extatique moment, né de ces érotiques effleurements. Pour rien au monde elle n'aurait voulu que cela cesse, mais lorsqu'elle sentit une nouvelle caresse au seuil de sa féminité et constata que Drago ramenait ses bras auprès de son visage, elle réalisa qu'il s'apprêtait à la posséder dans l'immédiat. Percevant alors le contact de son ardente virilité sur les nymphes de son intimité, une pointe d'angoisse apparut brusquement au creux de son ventre. Car malgré l'indéniable appétence de son corps, elle n'était pas encore mentalement tout à fait disposée à l'acte, d'autant qu'elle n'avait jamais songé expédier sa première fois sur un canapé. Elle était convaincue que la longueur des préliminaires ainsi qu'un endroit plus privé, était de rigueur pour entièrement apprécier cette union qui dans sa mémoire resterait éternellement gravée.
« Attends… » murmura-t-elle, en posant ses mains sur les hanches de son ami pour doucement le stopper.
Mais le garçon n'accorda pas davantage d'attention à cette réaction et lui susurra quelques chaleureuses paroles en s'allongeant pleinement sur elle. Depuis le temps qu'il attendait cela, sa patience avait atteint ses limites et il ne pouvait pas résister une seconde de plus. La flamme du désir lui dévorait avidement les entrailles et son violent besoin de se mêler à elle, de sentir la merveilleuse chaleur de son humide petit sanctuaire l'entourer pour le mener à l'orgasme, était désormais porté à son paroxysme. Il mit donc sa réticence sur la crainte de se faire surprendre par Harry dans cette position avec lui et décida de continuer quand même sur sa lancée. De toute façon, s'il y avait une chose que le Serpentard savait pour être lui-même passé par là, c'était que vous n'étiez pas prêt de sortir du bureau de la vieille chouette avant minimum deux bonnes heures, quand celle-ci vous y convoquait. Et si elle avait mandé Potter pour converser avec lui sur ses tâches de Préfet en chef, comme cela lui était arrivé la semaine précédente, il pouvait sans hésiter multiplier le temps pas deux ! Il n'y avait donc aucun risque de ce côté-là…
Le cœur d'Hermione s'accéléra subtilement quand elle se rendit compte que Drago ne l'avait pas prise en considération et semblait déterminé à poursuivre leur étreinte. Lorsque ensuite elle le perçut exécuter une légère poussée afin de franchir les portes son intime territoire, l'affolement la fit instinctivement incliner le bassin pour entraver son avancée. C'est alors qu'elle sentit un mince déchirement, indolore et comme incomplet, à l'avènement de ce corps étranger qui tentait de traverser la lisière de son secret rosier jamais encore prisé.
« Non… » dit-elle d'une voix tremblante, en le repoussant instantanément.
A ce mot, le jeune homme se redressa sur ses bras et ses iris revêtirent aussitôt le voile de l'irritante incompréhension. Ainsi, elle se refusait à lui ? Elle avait osé se donner à l'autre abruti dans un endroit des plus inappropriés -et combien d'autres encore-, pour finalement éconduire le seul qui avait certainement le plus de respect envers elle ? Le seul qui s'était sûrement montré des plus doux et attentifs à son plaisir ? Deux années à l'apprivoiser, à se renseigner sur le ressenti féminin pour être assuré de lui prodiguer une jouissance quand il arriverait à la toucher, autant de temps à paraître des plus affables, loyaux, pour réussir à l'approcher et tout cela pour rien ?! Qu'aurait-il dû donc faire ? La prendre dans l'irrévérence contre un mur au détour d'un couloir sans prendre la peine d'effectuer quelques douces caresses, comme ce Weasley en avait la réputation ?! Aurait-il dû agir comme une brute se comportant tel un animal en rut afin de l'enjoindre à se laisser posséder ?! Etait-elle donc aussi stupide que cela pour ne pas voir tout ce qu'il avait pu faire pour elle ?! La vertueuse patience et la ténacité qu'il avait su démontrer afin de parvenir à son but, pour en plus au final se faire rejeter ?! Etait-elle comme ces idiotes qui faisaient des simagrées avant l'acte en vue de se faire furieusement désirer ?! Devait-il la faire sienne sans se soucier de son attitude pour la satisfaire ?! Préférait-elle ces trolls dégénérés qui n'avaient absolument pas pour lettres de noblesse le tact et la délicatesse ?!!
Il avait pourtant récemment ouï dire qu'elle n'avait pas fait autant de minauderies quand certains lui avaient demandé d'écarter les cuisses. Cependant, il était évident à présent qu'elle se sentait obligée de faire avec lui un aussi ridicule petit jeu. Mais il n'était pas question de lui concéder ces manières, pas après tout ce qu'il avait enduré ! Elle n'était définitivement qu'une belle-de-nuit qui se complaisait à émoustiller autrui. Dénuée d'intérêt. Et dire qu'il avait cru en son intelligence… Forcé malheureusement de reconnaître qu'il s'était bien trompé !
Totalement aveuglé par l'accumulation de sa frustration et la violente obsession charnelle qu'il éprouvait à l'encontre de la demoiselle, son esprit ne se fia qu'à l'apparence des on-dit et ne chercha pas d'autres explications à sa réaction. Le visage renfrogné, les sourcils froncés, il fixa pendant quelques secondes sa partenaire en lui lançant un regard des plus cinglants.
« Je vais rester poli mais sache que je n'en pense pas moins ! » cracha-t-il, avant de se relever.
Puis en voulant remettre en ordre ses vêtements, il remarqua quelques perles de sang sur l'extrémité de sa masculinité.
« Pour info, tu es dans ta mauvaise période. Maintenant sors d'ici et rentre dans ton dortoir. Ca vaut mieux pour nous deux. » lança-t-il glacialement.
La Gryffondor était sidérée, estomaquée. Elle n'avait même plus le courage de bouger, tant elle était tétanisée. Ses paroles l'avaient tellement affligée qu'un violent sanglot lui noua soudainement la gorge, tandis que des larmes silencieuses s'échappaient de ses yeux pour glisser sur ses joues. Qu'avait-elle fait pour se faire traiter de la sorte ? Pourquoi se comportait-il ainsi ? Parce qu'elle ne souhaitait pas vivre sa première expérience sur une vulgaire banquette, elle méritait à ce point de se faire dénigrer ? N'avait-il donc aucun égard pour elle ? N'avait-elle pas son mot à dire quant à ses propres dispositions ? N'était-elle qu'un corps dépourvu de sentiments et de valeur qu'il fallait diminuer sans vergogne, si celui-ci ne voulait pas combler ses envies sexuelles dans l'instant ? N'avait-elle pas le droit d'avoir peur et de souhaiter être dans un lieu plus propice aux ébats amoureux ? N'était-elle donc qu'une chose source d'éventuels plaisirs ? A cette ignoble pensée, une accablante douleur la submergea et elle roula sur le côté pour lui tourner le dos, afin de laisser ses pleurs discrets redoubler d'intensité.
Humiliée et méprisée pour s'être simplement refusée sur un canapé.
Il n'aurait pas pu trouver meilleur moyen pour aussi cruellement la rabaisser.
« Je les ai eues il y a deux semaines… » chuchota-t-elle sans attendre de réponse, la voix teintée d'une profonde tristesse alors qu'elle l'entendait s'éloigner.
Drago s'engouffra dans sa salle de bain privée attenante à sa chambre et claqua brutalement la porte derrière lui. Puis il avança jusqu'au lavabo et ouvrit le robinet afin de se mettre de l'eau froide sur le visage.
Une douche glacée me conviendrait mieux, pensa-t-il.
Exaspéré par la tournure des évènements, il frappa de ses paumes le rebord de l'évier en lâchant un « Merde ! » et se passa nerveusement une main humide dans sa blonde chevelure. Il aurait pu finir par l'avoir s'il s'était plié à son misérable jeu de "je-te-repousse-pour-mieux-t'attirer", mais sa fierté avait repris le dessus. Combien de nuits avait-il rêvé d'elle pour en être ainsi envoûté ? Combien de fois avait-il fantasmé sur la douceur de sa peau, de ses lèvres, de ses seins et de la suavité de son intimité ? Depuis combien de temps s'était-il langui de ce moment ? Trop à son goût, pour que son orgueil supporte davantage de s'être ainsi laissé berner par sa jolie frimousse et ne pas s'être aperçu de la réalité de son tempérament bien avant.
Et bien quoi ? Il n'aurait eu qu'à se comporter comme le dernier des enfoirés pour parvenir à la posséder ? Agir d'une façon aussi irrespectueuse que certains de ses camarades masculins pour arriver à séduire la belle ? Elle préférait donc le genre de connards comme Weasley plutôt que quelqu'un comme lui, qui avait su lui témoigner une amoureuse affection ?
« Quel con ! Si j'avais su ça avant, je l'aurais chopée et me la serais envoyée dans les chiottes. Point barre. L'affaire aurait été réglée !! » s'admonesta-t-il.
Non… Ce n'était pas comme cela qu'il aurait voulu lui faire l'amour, pas de cette bestiale manière. Pas pour cette unique expérience avec elle. Il avait fantasmé sur une union charnelle des plus sensuelles, placée sous le signe d'un total abandon. Il avait imaginé l'exaltante passion s'éprendre de leur corps pour les faire s'envoler et danser dans un tourbillon d'érotisme. Et non un simple coup dans les toilettes qu'il aurait tenté de conclure en moins de cinq minutes, afin d'éviter de se faire surprendre par le premier imbécile venu.
Qu'avait-elle murmuré dans son dos ? Il lui avait semblé l'entendre préciser qu'elle avait déjà eu ses menstrues deux semaines auparavant.
« Ouais… Elle ferait bien d'aller rendre une petite visite à madame Pomfresh. Son organisme est déraillé au point de les avoir deux fois par mois ! » marmonna-t-il en attrapant une serviette pour s'essuyer la figure.
C'est alors que l'incertitude s'insinua soudainement en lui, soulevant lentement un pan du voile aveuglant que son désir refoulé avait insidieusement infligé à sa raison. Il saisit aussitôt un mouchoir et récupéra les fines gouttelettes qui ornaient encore l'arrondi de sa virilité d'une couleur vermeille. Puis sans un mot, il fixa longuement le morceau d'étoffe imbibé de ce liquide corporel. Et si ces perles n'étaient pas annonciatrices du cycle menstruel, mais étaient les larmes d'un corps qui aurait perdu une partie de sa vertu ? Les pleurs délicats versés par la pureté de l'ingénue ? Ce merveilleux cadeau qu'une jeune fille aurait aimé accorder à celui que son cœur aurait élu ?
La brume de la concupiscence s'étant totalement dissipée de son esprit, il sonda sa mémoire à la recherche de ce qui l'avait poussé à douter de sa chaste intégrité féminine.
L'avait-il déjà vue dans les bras d'un homme ?
Non, jamais.
Lui avait-elle déjà parlé d'un soupirant ?
Non, jamais.
Lui avait-elle un jour avoué quelques courtes aventures d'été ?
Non, jamais.
Lui avait-elle seulement un jour révélé avoir fréquenté quelqu'un ? S'être déjà fait toucher par un garçon, ne serait-ce qu'une fois ?
Non, jamais. Pas une fois. Merlin…Malgré notre complicité, pas une seule fois…
Il n'avait donc que les dires de ses prétentieux camarades et de ce Gryffondor pour justifier l'image nouvelle qu'il avait d'elle ? Mais bon nombre d'adolescents inventaient ou exagéraient leurs supposés exploits pour se mettre en valeur. Il ne pouvait l'ignorer puisqu'il en faisait parfois tout autant, n'est-ce pas ?
Alors pourquoi ?
Parce que ça m'arrangeait de le croire. Je voulais m'octroyer un privilège nocturne qui me revenait puisqu'à tant d'autres elle l'avait déjà cédé…
Et même si la véracité de ces faits avait été attestée, qui était-il pour revendiquer un tel droit sur un corps qui n'était pas le sien ? Quoi que puisse faire une femme de son corps, il n'appartient qu'à elle de décider d'accorder ou non, la douceur de ses faveurs à qui peut en être digne. Il le savait, n'est-ce pas ? Il en avait d'ailleurs toujours été convaincu…
Mais l'ardent besoin de la faire sienne et de croire qu'il y avait là une facilité avait eu raison de sa lucidité. Se donner un droit que nul autre à part la jeune fille qui évoluait dans cette enveloppe charnelle ne pouvait réellement prétendre… Pathétique. Voilà le seul mot qui le qualifiait. Il ne valait guère mieux que ceux qu'ils critiquaient à cause de leur manque de respect pour la gent féminine, car il était l'un d'eux. Incontestablement.
Merlin…Qu'est-ce qu'il m'a pris ?! se dit-il, dégoûté par la réalité de son comportement.
Il avait voulu la prendre sur un canapé des plus miteux, lui ôter son bien le plus précieux sans se soucier de savoir si elle pouvait ou non se sentir prête à l'offrir, ni même être certain qu'il était bien la personne à qui elle comptait en faire don. Deux ans de perdus pour avoir trop écouté sa possessivité et ses pulsions, mais surtout… il pouvait désormais être sûr de l'avoir définitivement fait fuir, étant donné l'abominable manière dont il l'avait traitée. Réalisant cela, il fut en proie à un tel énervement qu'il agrippa ses mains aux rebords du lavabo jusqu'à ce que ses doigts en blanchissent au niveau des phalanges. Son souffle se fit ensuite plus haletant, ses joues devinrent rouges, les traits de son visage se tirèrent sous la colère et il serra les dents pour ne pas exploser de rage dans l'instant.
Quel était ce pincement douloureux et affreusement suffoquant qu'il ressentait à présent, comme si son cœur venait d'être transpercé par une flèche atrocement effilée ? Pourquoi souffrait-il autant à l'idée de l'avoir ainsi éloignée de lui ? De l'avoir autant blessée sans même avoir pu lui prouver à quel point il avait pu la désirer ? A quel point pendant toutes ces années, depuis ses treize ans, son être n'avait jamais autant souhaité s'unir à un autre corps que le sien ? Combien de nuits avait-il pu se caresser en l'imaginant à ses côtés, seulement revêtue de la fragile nudité et le regard empli d'une brûlante attirance que lui-même ressentait à son endroit ? Quel était ce tourment ignoré qui lui faisait presque mal à en crever ? Etait-ce… de l'amour ? Non. Il ne pouvait pas. Il ne devait pas, car il n'avait tout simplement pas le droit de l'aimer. Ce mot devait être proscrit de son esprit. La convoiter aussi violemment charnellement était déjà bien suffisant pour qu'il n'ait pas en plus à aggraver sa faute par ce sentiment si puissant, si aveuglant et pourtant… si doux.
« Et merde !! » cria-t-il en frappant du poing le mur à sa gauche, avant de s'y adosser et de se laisser glisser à terre.
Alors c'était fini ? Envolée la confiance qu'elle lui avait finalement accordée et tout cela à cause de sa stupidité ?! Jamais plus maintenant il ne pourrait espérer la toucher de nouveau, l'effleurer tendrement en arrachant à sa peau des frissons d'agrément, se délecter de ses lèvres carminées, se blottir délicatement contre elle ou même encore savourer le goût de son intimité, avant de pouvoir être enfin en elle et sentir sa chaude humidité se contracter délicieusement tout autour de sa virilité pour mieux l'étreindre… En songeant à cela, les instants qu'il venait de vivre lui revinrent à l'esprit et des images intensément érotiques défilèrent inlassablement dans sa tête. Il se passa une main sur le visage en soupirant d'une mélancolie enfiévrée par le désir et se surprit à penser qu'il se serait presque damné pour avoir une chance de revenir en arrière. Mais damné, ne l'était-il pas déjà ? Si… Bien sûr que si. C'était pour cela que sa convoitise avait tourné à l'obsession, car pour une fois, une seule maudite fois dans sa vie, il avait voulu approcher et goûter à la grâce du fruit interdit. Avoir l'impression d'extirper le vice qui s'était niché en lui, en aimant rien qu'une seule nuit un Ange directement venu des cieux… avant de devoir épouser la macabre destinée que son père avait choisie pour lui. Mais il n'avait pas prévu qu'un sentiment inconnu jusqu'alors, se serait réfugié dans l'impitoyable et glacial couffin de son cœur pour doucement le réchauffer.
Qui plus est, il ne se doutait pas une seule seconde que l'impératrice de ses luxurieux fantasmes, celle qui régnerait à jamais en son fort intérieur et le ferait un jour se sacrifier par amour, était encore là dans l'autre pièce à l'attendre. Sur le canapé, recroquevillée sur elle-même et trop accablée par ses précédentes médisances, elle n'avait pu se résigner à s'en aller. Elle se refusait à croire qu'il avait été réellement sincère dans ses immondes paroles et espérait encore qu'il ait agi sous l'impulsion d'une quelconque déraison passagère. Et lorsque enfin elle l'entendit sortir de la salle de bain et perçut ses pas se figer en la découvrant encore en ces lieux, elle réussit à articuler entre deux sanglots :
« J'avais si souvent rêvé d'avoir ma première fois avec toi dans l'intimité de tes draps de soie. Mais pas comme ça… pas comme ça… »
Jamais elle ne sut qu'en écoutant cette si délicate confession, le cœur de Drago fit un bond dans sa poitrine et manqua de le faire défaillir…
