Chapitre 2

Le lendemain matin, lorsque Peter se réveilla, il trouva un dortoir bien plus calme que ce à quoi ses camarades l'avaient habitué. (Yana)
Tous ses camarades avaient dû partir déjeuner, il ne restait plus que lui, et Remus. Remus qui d'ailleurs farfouillait dans les affaires de James.
« Hé Remus, tu cherches quelque chose ?
- Hein ? Euh non rien je me suis juste trompé de tiroir, c'est rien. »
Il partit aussitôt dans les escaliers menant à la salle commune sans un regard pour Peter.

Peter finit par se lever et s'habiller, il repensait à l'attitude étrange de son ami. Qu'est-ce qu'il pouvait bien mijoter ? Si seulement c'était quelque chose contre James et qu'il réussissait à le découvrir, il pourrait enfin prendre la place de Remus et briller aux yeux de James, et au revoir Remus. (Sugie)

Peter se frottait les mains, affichant une mine de gros rat réjoui. Pourquoi Remus était-il préféré à lui ? Mais cela n'allait pas durer ! Il sortit de son dortoir, prêt à suivre Remus afin de découvrir ce qu'il mijotait. Cependant un bruit vint le distraire, il avait faim. Sa petite brioche flasque devient donc sa priorité pour quelques instants. Remontant dans sa chambre, il prit cinq Chocogrenouilles sous son polochon, le choix était vaste. Il aimait se faufiler dans les cuisines ou chaparder à Pré-au-lard de quoi entretenir cette silhouette si particulière. Or, ses Chocogrenouilles étaient fondues, étant donné qu'il dormait chaque soir dessus... Il s'en mit partout, le petit goret ! Une fois la panse bien remplie il pouvait partir à l'aventure. Dans les couloirs, il se mit à flairer, guetter dans tous les coins pour trouver Remus. Il méritait vraiment son titre de rat. Son instinct le guida dans les sous-sols, qu'il connaissait plutôt bien.

« Hé, la grosse face de rat pleine de chocolat !
Oh non ! Le rat était fait ! Une bande de Serpentards l'avait encerclé. Mais que faire ? (Miaooouuu)
Une seule solution : la fuite. Peter courut aussi vite que ses petites jambes dodues le lui permettaient. Les Serpentards, tout à leur hilarité devant ce ridicule spectacle, ne cherchèrent même pas à le poursuivre. Rendu au rez-de-chaussée, Peter arrêta enfin sa folle course, et tenta de reprendre son souffle sous le regard intrigué des élèves qui se rendaient dans la Grande Salle. Lorsque son cœur eut repris son rythme normal, il estima que le meilleur moyen d'éviter de semblables mésaventures était de rejoindre ses populaires amis. L'air soudain conquérant à l'idée de les rejoindre, il se dirigea à grandes enjambées vers la Grande Salle... Pour finalement s'étaler lamentablement. Lourdement, Peter essaya de se redresser et comprit que la raison de sa chute n'était autre qu'une Bombabouse négligemment abandonnée qui libérait déjà sa célèbre odeur. Humilié, le corps douloureux, il s'avança vers la table des Gryffondors où ses amis, déjà parés pour le match, l'attendaient.

« Peter a l'air de charmante humeur, ce matin. Tu as eu une nuit difficile ? Tu as failli t'étouffer en ronflant ? demanda un Sirius tout cabossé. (Yana)
- Et toi tu t'es battu avec tes oreillers ? » répondit Peter, visiblement vexé.
Sirius était aussi un obstacle dans le plan diabolique de Peter. Il fallait l'éliminer. S'horrifiant lui-même par cette pensée, il laissa tomber la tartine qu'il était en train de se beurrer et resta quelques instants la bouche ouverte, lui donnant l'air encore plus stupide que d'habitude.

« James, tu veux que je te tartine des petits pains ? »
Il était temps de passer réellement à l'action ; rien de tel qu'un beurrage de tartine pour s'accorder les faveurs du plus courageux des Gryffondors.
Mais James, comme souvent, ne l'écoutait pas. Peter ramassa sa tartine et la mâchonna d'un air triste en soupirant. Il tourna la tête vers Remus, qui lui aussi était silencieux, comme perdu dans ses pensées. Il connecta les quelques neurones qui avaient réussi à se développer dans son cerveau et se demanda si cela avait un rapport avec le fait que Remus fouillait, ce matin même, dans les affaires de James.
Mais ses pensées furent interrompues par l'arrivée de Lily qui avait l'air furieuse. (Deetz)

Tout ce petit monde se tourna vers Lily, plus particulièrement James. Ce dernier ordonna à Peter de se bouger pour laisser de la place à la jolie rousse, tout en adoptant le ton de la plaisanterie. Le petit grassouillet n'hésita pas une seconde à retirer ses grosses fesses (FLASQUES) du banc, ravi de faire plaisir à James. Cependant, empoté comme il était, il renversa du jus de citrouille sur la table, ce qui lui attira le regard moqueur de Sirius. James n'y prêta pas attention, il n'avait d'yeux et d'oreilles que pour Lily. Elle leur expliqua la raison de sa colère, elle avait perdu son devoir de potion à la bibliothèque et n'avait pas le temps de le retrouver ni de le refaire. Peter, de ses petits yeux de rat, avait tout vu (et entendu). Oh oui, c'était le bon moment pour briller ! Il avait peut-être échoué ce matin, lamentablement même, mais une nouvelle occasion se présentait à lui pour conquérir à jamais son héros. C'était un as de la fouine. Il allait le retrouver ce devoir. Il partit donc d'un pas précipité vers la bibliothèque, offrant aux autres élèves la vision charmante d'un gros rat qui se dandine.

Il arriva à la bibliothèque, prêt à fureter dans les moindres recoins. Il aperçu Severus Rogue, assis à une table, plongé dans un devoir. Intrigué il se dirigea vers lui, se moquant de son physique peu agréable. Et oui, Peter Pettigrow, réputé pour sa face de rat et sa silhouette dodue, n'avait pas conscience de sa mocheté, quand il se regardait dans un miroir, il se disait « hé t'es pas mal toi ! ». Malgré tout il avait un talent. Son odorat à toute épreuve, ainsi que sa mémoire olfactive. Il reconnut une odeur familière, à la fois douce et puissante. Celle de Remus. Mais il ne le voyait pas. Alors, il se mit à renifler un peu partout, lui donnant l'air encore plus ridicule, afin de remonter à la source de ce parfum. Ohoho ! après tout , c'était peut-être son jour de chance. Il pourrait démasquer Remus !

Malheureusement pour lui, il était un peu trop vaste pour pouvoir circuler aisément entre les rayons. Plusieurs livres tombèrent lors de son passage, ce qui alerta inévitablement la bibliothécaire. Elle s'empressa de trouver le fauteur de trouble. Peter s'arrêta net dans sa course, en voyant son Irma devant lui. À ses yeux Irma Pince était la femme la plus sexy de Poudlard. Il fixa sa tête de vautour. Que faire ? Devait-il s'expliquer auprès de Mme Pince et tenter ainsi une approche ? Ou bien trouver Remus ? L'amour d'Irma ou l'amitié de James ? Son cœur se déchirait. Irma, femme d'action, se rua sur lui, pour elle pas question qu'un jeune benêt vienne agresser ses bébés livres d'amour. MAIS QUE FAIRE ? (Miaooouuu)

De l'autre côté de la bibliothèque, Severus était assis seul à une table, il était entouré de livres et de parchemins, plongé dans un devoir de potion, celui de Sirius. Il avait du mal à rester concentré, plusieurs filles le regardaient en pouffant de rire. Il en avait pourtant l'habitude, il n'avait jamais eu d'amis à part Lily... Oui, depuis sa plus tendre enfance, il avait été rejeté par les autres à cause de son apparence, il était très timide et renfermé, il aimait les études contrairement à ses camarades, il prenait plaisir à apprendre. On le trouvait bizarre, habillé toujours tout en noir, ses cheveux lui cachant le visage, les yeux rivés sur le sol.

Oui, Severus était étrange, mais il avait eu une vie difficile, une mère sorcière, un père moldu, une mère toujours absente, un père violent, il avait de nombreuses fois assisté à leurs disputes, à leurs bagarres, et il en avait pris des coups lui aussi plus d'une fois, il n'avait jamais été entouré d'amour, il ne savait pas d'ailleurs pas ce que c'était jusqu'au jour où il a rencontré Lily, elle avait su franchir les barrières qu'il s'était créées, elle l'avait fait rire, il adorait discuter avec elle pendant des heures, il se sentait intéressant, important. Mais aujourd'hui il avait l'impression de la perdre... Il finit par sortir de ses pensées, il devait finir ce devoir à temps pour Sirius, il lui avait promis de l'aider pour Lily, et c'était la seule chose qui lui importait. (Sugie)

Il ouvrit son livre de potion, s'arrêta quelques temps pour observer l'inscription à l'intérieur : "Ce livre appartient au Prince de Sang-mêlé" . Mais James débarqua dans la bibliothèque fonçant vers lui.
« Avoue-le, c'est toi, Snivellus, qui a piqué le devoir de Lily ! Rends-le-lui, tu pourras l'admirer un autre jour !
- J'ai rien pris, arrête et laisse moi travailler !
- Tu vas réussir sans ton livre de potion ? » James partit en courant, hilare, le livre de Rogue sous le bras. (louloute 54)

Irma Pince était une femme qui avait dévoué toute sa vie à ses livres et à sa bibliothèque. Quiconque tentait de causer du grabuge voyait fondre sur lui la bibliothécaire-rapace. Et dans sa ligne de mire : Peter Pettigrow, qui agressait ses précieux livres avec ses bourrelets. Elle n'allait pas laisser passer ça, d'autant plus que sa proie était à sa merci. En effet le jeune Pettigrow ne bougeait plus, il la fixait d'un air bête. Il était confus, ne savait pas quoi faire, son pauvre cerveau commençait à surchauffer. Cependant Irma vit James Potter courir dans les allées de la bibliothèque en gloussant comme une petite hyène ! Estimant que stopper ce malappris était plus important que s'occuper d'un grassouillet insignifiant, elle remit les livres en place d'un coup de baguette sans même un regard pour ce pauvre Peter, puis se dirigea vers James, qui allait presque lui échapper ! (Miaooouuu)

James, très fier de lui, conserva son sourire jusqu'au moment où il remarqua que Madame Pince pestiférait après lui. Peu enclin à entendre ses vociférations, il lui fit un geste d'excuse accompagné d'un air faussement contrit, puis s'éclipsa rapidement de la bibliothèque, le livre de Rogue toujours à la main. Une fois à bonne distance de l'antre du dragon (ou plutôt de la dragonne), il feuilleta l'ouvrage, et ne trouvant aucun intérêt aux gribouillages ajoutés en marge des potions, James apostropha un première année qui passait par là :

« Hé, toi ! Heu... Petit ? Arrête-toi deux minutes, lui dit-il en posant la main sur son épaule. Fais voir un peu tes couleurs ? Poufsouffle... Oui, ça ira. Tiens, cadeau, un livre... en pas très bon état, qui te servira dans quelques années. Tu aimes les potions ?
- Ben, non, bégaya le jeune élève avec des yeux ronds.
- Brave petit, répondit James en lui tapotant la tête. Allez, sois sage, ne fais pas exploser de mignonnes Veracrasses, mange des légumes et brosse-toi les dents, ne jette pas de cacahuètes sur tes amis, fais ton lit, tu sais bien que ton elfe de maison n'a pas envie que tu le déguises, range ta chambre, ne torture pas les Chocogrenouilles et fais tes devoirs » énuméra-t-il avec une voix maternelle en disparaissant au coin du couloir. (Yana)

Severus regarda madame Pince courser James. Il n'avait pas été assez rapide pour l'empêcher de voler son livre. Toutes les annotations qu'il contenait risquaient de lui causer des ennuis, il eut une sensation bizarre au creux du ventre, comme s'il avait raté une marche. De toute façon, il ne voyait pas trop ce qu'il pouvait faire pour le moment. Courir après madame Pince ? Provoquer James en duel ? Non, bien sûr que non, cela aurait été une occasion de plus d'être ridiculisé. Il pourrait toujours user de sa capacité à proférer des mensonges en disant que les écritures n'étaient pas de lui. Il allait finir le devoir de Sirius, car si James pensait que son incroyable don pour les potions était uniquement dépendant des livres, il était un parfait crétin.

Ainsi, Severus recolla son nez sur son parchemin, ses cheveux gras pendant de part et d'autre de son visage. Il gratta consciencieusement sans accorder un regard à Peter - dont il ignorait cependant la raison de la présence dans la bibliothèque. Sûrement devait-il fouiner, comme à son habitude. Son visage se figea soudain. Pouvait-il être au courant de son marché avec Sirius ? Il tourna vivement la tête vers Peter (qui s'interrompit dans un reniflement) et plissa les yeux, cherchant à savoir si oui ou non cette fouine savait quelque chose.
« Tu cherches un livre sur les régimes magiques express, Petit Gros ? » susurra-t-il avec un sourire mesquin.
Peter eut une exclamation de peur. Ses petits yeux allaient en tous sens, se posant (sans le savoir) sur Remus, puis sur la porte, puis sur les étagères.
« N...Non. J'ai... J'ai entendu que Lily avait perdu son devoir de potions et je suis venu le chercher. Voilà. D'autres questions Servilus ? Il essayait d'adopter un ton de défi qui ne dupait personne.
- Ne m'appelle plus comme ça, Petit Gros, ou je pourrais malencontreusement renverser une potion d'amnésie dans ton jus de citrouille... Ou pire... » Les yeux de Severus flamboyaient de colère et les ailes de son nez étaient livides. Il avait déjà amorcé un geste vers sa baguette, ce qui n'avait pas échappé aux yeux vifs et humides de Peter. Il avait perdu cette partie-là, madame Pince n'étant toujours pas de retour, rien n'empêchait Rogue de lui lancer un sort. Il estima préférable de sortir de la bibliothèque.

Severus soupira et regarda un petit moment la porte qui venait de se refermer derrière Pettigrow.
L'information sur le devoir de Lily ne lui avait pas échappé.
« Accio
devoir de potion de Lily Evans ! »
Pendant quelques secondes, rien ne se produisit. Puis un parchemin vola en sa direction, surgissant d'une des allées. Severus l'attrapa au vol. Un sourire apparut sur son visage tandis qu'il lisait le devoir de Lily. Il était parfait. Il s'attela à finir le devoir de Sirius et se demanda à qui il allait d'abord donner son devoir de potions. (Deetz)

Il estima finalement que Lily prévalait sur tout autre sorcier de Poudlard. Sirius resterait un peu plus longtemps dans l'attente de son devoir, et James, ce misérable James, pouvait s'amuser un temps avec son livre de Potions, si ça lui chantait. Quittant la bibliothèque, il se hâta vers la Grande Salle à la recherche de sa dulcinée ; cependant lorsqu'il atteignit la Salle en question, il la trouva vide. Tous, élèves comme professeurs, étaient sortis pour assister au match de Quidditch ; on attendait une victoire mémorable de Gryffondor. Tous les espoirs se posaient sur James. Encore une fois, Snivellus allait rester dans l'ombre ; il se dirigea donc à pas pesants vers le Stade, ruminant des obscénités à l'encontre de ses ennemis de toujours. (Neptuune)