Le contact
Chapitre II:
Des bruits de sirènes résonnaient au loin. La police arrivait à la grande joie de John, qui ne put retenir un léger soupir. Il fallait qu'ils le sortent de cette embrouille et vite ! La tension électrique était palpable, le silence s'étirait depuis un moment quand l'un d'eux déclara.
"Oh ~ Désolé Sherly, je crains que notre petite fête ne soit écourtée pour le moment." Dit Moriarty.
"On se retrouvera !"Gronda Sherlock.
"Mais j'y compte bien ! La partie ne fait que commencer." Répliqua l'homme, en se retournant pour partir.
Le jeune Watson se retourna lentement vers l'homme qui se trouvait derrière lui. Si celui qui venait de partir était le chef du clan Moriarty alors l'autre devait être l'un des frères Holmes...
John se mit à trembler subitement et s'écroula à genoux. Il réalisa alors qu'il s'était pris une balle à l'épaule, du sang imbibait sa chemise ainsi que son pull. Il pressa sa main sur la plaie. Il ne s'en était pas rendu compte pendant sa course effrénée. Il avait perdu trop de sang maintenant, son cœur battant à tout rompre. Il haleta de plus en plus, il avait du mal à respirer et un froid glacial semblait l'envahir.
Il bascula vers le sol, mais fut rattrapé par des mains squelettiques. Le jeune homme s'affaissa dans cette emprise. C'est alors qu'il vit une femme les rejoindre.
Elle avait de longs cheveux bruns attachés en queue de cheval, ses yeux marrons brillaient, sa peau était légèrement rosée, ses lèvres petites et délicates, ornaient son visage finement dessiné.
"Ne bougez pas jeune homme. Vous avez besoin de soins." Annonça la femme en ouvrant sa sacoche pour en sortir une seringue.
Ce qui terrorisa encore plus John qui se débattit de plus belle.
Il ne sentit pratiquement pas l'injection que lui fit l'inconnue dans sa lutte. Jusqu'au moment où son corps se détendit contre son gré. Il finit par sombrer, sa respiration s'apaisa et devint plus régulière.
Il avait vaguement conscience qu'on le transportait avec précaution. Des voix faibles grondaient autour de lui, mais il était trop sonné pour y prêter attention. Il eut l'impression d'entendre un moteur et une douce sensation de chaleur l'enveloppa. Il se laissa finalement avaler par l'obscurité.
Il émergea partiellement, pas assez pour ouvrir les yeux, mais assez pour entendre des voix.
"Qu'est-ce que ce type faisait là-bas ? C'est un civil !" retentit une voix. "Il courait en plein au milieu de notre champ de tir !"
"Avait-il d'autres options ?" Demanda une voix.
"Sherlock !" Grogna l'autre voix.
"Ce jeune était visiblement transporté par un agent de police." Résonna une autre nouvelle voix autoritaire. "Je ne saurais trop vous recommander de vous en séparer Sherlock."
"Votre avis ne m'intéresse pas Mycroft." Gronda une voix de baryton. "Sachez que je n'ai pas besoin de vous, ou de vos larbins inutiles pour déduire de moi même s'il me sera utile ou pas."
"Voilà qui est bien dommage. Néanmoins, au vu de la situation actuelle, vos remarques enfantines prouvent que vous avez besoin d'être encadré." Répliqua la voix autoritaire.
"Nous devrions le rendre aux autorités compétentes Sherlock !" S'exclama une voix pour se faire entendre des deux autres.
"Compétentes ? !" Ricana la voix sombrement.
"Je suis sérieux !" Ajouta la première voix.
"Tout ceci est ridicule ! Il est évident qu'il était sur le point d'être mis sous protection policière, enfin si on peut appeler cela une "protection" . Il ne faut pas être un génie pour savoir qu'il ne s'agit pas d'une simple affaire." Rétorqua la voix de baryton.
"Vous et vos chamailleries incessantes avec Moriarty..." Soupira la voix autoritaire. "Vous rappelez-vous ce qui est arrivé à votre dernière acquisition ?"
"Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas aller sur ce terrain-là." Grogna une voix.
John n'en entendit pas plus, son corps commençait à se ramollir doucement alors que le sommeil s'emparait de lui encore une fois...
Le jeune Watson se réveilla lentement en bâillant. Il ouvrit les yeux et constata avec effroi qu'il se trouvait dans un lieu totalement inconnu. Il se releva difficilement et observa la pièce où il était. Il était dans une chambre chambre spacieuse et sobre voire même plutôt froide. Il y avait deux grandes fenêtres qui la longeaient. John ne se sentait pas vraiment à l'aise ici. D'ailleurs il ne se faisait pas d'illusions, si l'homme qu'il avait reconnu était Moriarty alors l'autre homme devait être l'un des frères Holmes.
Il n'y avait pas moyen qu'il reste ici !
Il enleva la perfusion de son bras et il découvrit les bandages sur son épaule en soupirant. Quelques petites coupures étaient éparpillées un peu partout autour de ses côtes et de son ventre, ses mains étaient couvertes d'égratignures, pareil pour ses jambes. Il avait la bouche pâteuse et était torse nu avec juste un bas de pyjama vert. Il retira la couverture et tenta de sortir le plus discrètement possible, il marchait prudemment dans le couloir, titubant légèrement car son corps n'était pas totalement remis. Mais il y avait plus important pour le moment comme trouver une sortie, peut importe qui ils étaient.
Il tourna en rond pendant un bon moment, cet endroit était vaste, un vrai casse tête, avec cette décoration austère qui jonchait la demeure du sol au plafond.. Le petit appartement de John faisait pitié à côté.
"Eh ! Que faites-vous ici ? !" S'exclama une voix derrière lui.
Le blond sursauta légèrement, il courut aussi vite qu'il le pouvait en entendant les bruits de pas de l'autre homme se précipiter pour le rattraper. Il tourna la tête vers plusieurs hommes armés qui arrivaient en courant. Il accéléra autant que possible pour garder une distance entre eux.
Il ouvrit une porte au hasard pour se retrouver dans un immense jardin clôturé par une barrière. John haletait en cherchant du regard il était totalement isolé en pleine campagne et la barrière qui encerclait le bâtiment était trop haute pour lui.
Génial ! Se dit-il à lui-même, en soupirant.
Il entendit au loin des bruits, ces hommes n'allaient pas tarder à arriver, ils allaient certainement l'abattre. John se mit à longer la clôture, il finirait bien par trouver la sortie à un moment.
"Tu crois allez où comme ça !" Cria un homme.
Le cœur de John se mit à battre de plus en plus vite, il paniqua de nouveau. Sans réfléchir un seul instant il courut droit devant lui, esquivant l'inconnu qui tentait de bloquer son avancée.
"Arrête-toi !"
D'autres hommes en noir arrivèrent subitement en entendant ces cris.
"Foutez-moi la paix !" Grogna John.
Il courut dans toutes les directions évitant certains de justesse, il trébucha et s'étala de tout son long. Mais se redressa aussitôt, en faisant un croche-patte à un homme.
"Espèce de sale enfoiré ! Reviens ici !" Grommela l'homme.
"Cours toujours !" cracha Watson.
Il évita de nouveau plusieurs hommes en zigzaguant, bien décidé à s'en sortir. Il fut soudain plaqué au sol, expulsant l'air de ses poumons sous la force de l'impact.
"Je te tiens !" Dit un homme.
John reprit son souffle, avant de se débattre furieusement contre l'emprise ferme. Il balança sa tête en arrière, frappant de plein fouet le nez de l'autre homme, qui relâcha sa prise.
"Ne m'approchez pas !" Grogna John, en reculant.
Il était encerclé le dos plaqué contre un mur, tandis qu'ils s'avançaient vers lui. Cette fois il était foutu, il ne pouvait plus fuir.
"Stop !" Cria une voix. "Andersen laissez le ! "
Tous restèrent figés un instant. Andersen, qui avait attrapé John, se retourna pour laisser s'approcher deux hommes.
"Il a tenté de s'enfuir ! Merde Greg !" Protesta l'homme, en tenant son nez en sang.
"Merci de nous éclairer de vos lumières, mais je pense que nous avions déjà compris cela." Gronda le grand homme.
"Sherlock ~" Soupira Gregory. "Venez Andersen, on va s'occuper de ça."
John déglutit lorsqu'il se retrouva seul avec ce Sherlock.
"Bonjour, John." Dit celui-ci.
Le blond ne répondit rien, s'appuyant toujours contre le mur pour le soutien, serrant douloureusement ses poings, prêts à se défendre. Le silence dura un moment, un long, très long moment et le regard de l'autre homme se faisait de plus en plus insistant.
à suivre ...
