Le coup de foudre

Petit one shot reprenant encore une fois Sally-Anne Perks comme personnage principal. Pourquoi? Parce que c'est mon personnage de jeu de rôle depuis plus de quatre ans maintenant. Il s'agit donc ici de quelques messages de jeu de rôle remanié à une sauce fanfiction. J'espère que ça vous plaira!

Et n'oubliez pas de commenter, même si vous n'avez pas aimé! Les compliments et les critiques constructives sont toujours, toujours, les bienvenues. Alors n'hésitez SURTOUT pas ! :)


C'était une journée comme une autre.

Mouais bon… C'est une façon de commencer comme une autre.

Je revenais d'un cours d'arithmancie particulièrement pénible. Oui car l'arithmancie et moi, ça faisait quarante-douze. Et puis le professeur expliquait trop, trop vite et puis moi, je n'y comprenais rien du tout. Mais alors là, vraiment rien du tout ! Comment ça, je me répète ? Roh ça va… J'avais déjà essayé d'amener une télécommande moldue en classe pour appuyer sur la touche ralenti et voir ce que ça donnerait. Je ne crois pas que le professeur Vector l'ait bien pris parce que je me suis bien vite retrouvée en retenue comme la dernière des cancres. Ce que je ne suis pas.

Comment ça, non ?

Bon ça va… Ce n'est pas parce que je coule en arithmancie que je ne suis pas intelligente.

'…'

Hmm… Je n'aime pas ce silence éloquent. Bon d'accord… ce n'est pas parce que je coule en arithmancie ET en potions que je suis stupide.

'…'

Non mais ! Vous avez bientôt fini, oui ? Oh et puis changeons de sujet, vous voulez bien ? De toute façon, nous ne sommes pas ici pour parler de mes performances scolaires. Voilà. Je revenais d'un cours d'arithmancie et j'avais le nez plongé dans mon cahier de notes. Je me marmonnais pour moi-même les nouvelles formules vues en classe sans trop essayer de les comprendre. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé ! Mais bon… à la trente millième explication, un prof, ça se lassait. Et ça, c'était bien la seule chose que je comprenais dans ce cours. Le fait était que j'avançais un peu à l'aveuglette dans les couloirs de l'école. Merlin merci. Ou peut-être pas… M'enfin. Comme j'étais l'incarnation de la paresse, que mon prochain cours se trouvait au cinquième étage et que j'étais au demi-sous-sol, j'optai sans trop y réfléchir pour les escaliers mobiles. Hmm… Mauvaise idée, très mauvaise idée.

Je m'appuyais contre la rampe, bien calée dans un des coins, me préparant à profiter tranquille de la balade. Et tout ça, je le faisais sans même lever mes yeux de mes notes ! Ce que j'étais forte quand même ! Mais voilà, tout aurait pu se dérouler sans anicroche si je n'étais pas tombée sur…

…UN ESCALIER CAPRICIEUX!

Non mais, j'vous jure ! L'escalier mesquin ne se contenta pas de se déplacer. Non ! Non ! Non et NON ! L'impudent indécis s'arrêta pile au milieu, tout juste entre deux paliers, comme ça, tout simplement… Allait-il revenir sur ses pas ou poursuivre sa route ? Mais peut-être n'hésitait-il pas finalement et que l'escalier de pierre avait décidé de courtiser un moment le tableau représentant le sorcier bagarreur, devant lequel il avait choisi de s'arrêter sans prévenir. Mouais, cela devait être ça….
Et tout ça, comme ça, d'un coup sec ! Le choc me fit lâcher mes feuilles de notes. Je grognais pour la forme… et fut surprise d'entendre un écho à ce grognement ! Ma parole ! Je n'étais pas seule ! (Bon, je me permets d'ouvrir une parenthèse ici car je ne veux pas que vous vous inquiétiez inutilement de ma santé oculaire. Oui, mes yeux vont très bien. Oui, j'avais remarqué que je n'étais pas seule en empruntant l'escalier, mais disons plutôt que mon cerveau n'avait pas pris la peine d'enregistrer l'information. Voilà. Vous êtes rassurés ? Parfait !)

Pratiquement en face de moi se trouvait tout aussi nonchalamment appuyé contre la rampe opposée de l'escalier… Anthony !

Comment ça, ça ne vous fait pas plus d'effet que ça ? Bon je recommence : pratiquement en face de moi se tenait… mon ex !

Bon ! Voilà ! C'est beaucoup mieux !

Bon maintenant, qu'avait-il de spécial, cet ex ? Oh mais c'était bien simple : ni moi ni lui ne pouvait sentir l'autre. Héhé !

« Quoi ? T'es toujours vivante, toi ?» fut sa première réplique ma foi… tellement intelligente. C'est pourquoi je ne me pris pas la peine de lui répondre. Enfin… pas directement.

« Ouah ! C'est fou comme les tableaux peuvent être vulgaire...!»

Ouais. Il me tapait sur les nerfs. Notre relation avait toujours été ainsi, même lorsque nous avions formé un couple. C'était toujours une floppée de sarcasmes et d'ironie. Et quand ils épuisaient leur stock, ils passaient aux piques acerbes et aux réparties acerbes. Durant les cinq mois qu'avait duré notre histoire, nous en avions passé la moitié à nous chamailler et l'autre moitié à nous réconcilier. Mais à la longue, ça en devenait lassant et c'est pourquoi nous avions décidé de mettre un terme à notre liaison. Depuis ce jour là, il ne restait que de la froide indifférence. Une sorte de trêve qui pouvait être rompue à tout moment. Et ce moment semblait être arrivé, en fin de compte.

« Ah ! Ha ! Toujours aussi marrante, à ce que je vois..., » répliqua-t-il.

En temps normal, la seconde remarque d'Anthony aurait été un compliment, mais pas venant de lui pas maintenant. Non… Je reconnaissais parfaitement le sarcasme à peine voilé derrière les paroles de mon ex. C'était dire… J'avais dû les supporter durant cinq mois, et même plus si l'on comptait la période précédent la formation de notre couple. Il faut dire que je trouvais ça craquant, à l'époque. Mais voilà, le pauvre semblait avoir perdu la main, car je l'avais connu plus en forme… plus rapide sur la répartie cinglante surtout… Je m'assoyais lentement sur une marche, faisant gaffe à faire glisser la jupe de mon uniforme entre mes cuisses et à refermer mes jambes dessus. Non mais, ho… Il n'avait pas à regarder mes petites culottes quand même… Et puis d'abord, il en avait déjà vu quelques-unes, alors ça suffisait amplement…

Je posais ma tête dans ma main, la mine boudeuse. Ce faisant, une mèche glissa devant mes yeux, mais je ne fis rien pour la remonter. De toute façon, ça aurait été vain, sans pince pour la retenir : elle serait revenue me taquiner la seconde d'après… Cette mèche, elle était un peu comme Anthony, dans le fond… À force de disputes et de réconciliations, Je m'étais lassée. Un soir, une prise de tête de plus pour une connerie et j'avais décidé de ne plus revenir vers lui. Je l'avais laissé aller, car quelque chose au fond de moi-même me chuchotait que ça aurait été vain de le retenir.

Voilà… Comme cette mèche…

Oh… il y avait eu des larmes, bien sûr… Des cris de rage de voir qu'Anthony ne faisait rien non plus pour revenir vers moi. Combien de fois après cette dispute, cette sorte de non rupture officielle, j'avais rêvé que Anthony reviendrait vers moi en s'excusant mille fois, en m'inondant de présents, et que je l'acceptais avec le plus beau des sourires, le regard le plus doux, le baiser le plus passionné, mais qu'au réveil, je ne retrouvais que la froideur de ma chambre et un oreiller mouillé de larmes. Les jours de grande colère, après m'être rejoué des milliers de fois cette ultime scène de réconciliation qui n'aurait jamais lieu, je m'amusais sombrement à en changer la fin. Dès lors, je ne l'acceptais plus à bras ouverts : à la place, je l'accueillais avec ma fameuse batte de Quidditch et je le menaçais de lui faire éclater la cervelle s'il avait l'audace de se retrouver une autre fois devant moi. Mais l'une et l'autre de ces scènes, c'était simplement de l'orgueil mal placé, plutôt que de l'amour sincère. L'amour sincère… Y en avait-il vraiment eu entre nous ? Nous ne nous étions jamais arrêtés pour nous poser la question. (De toute manière, la communication entre nous avait toujours fait défaut. Ça avait été soit des cris, soit des gestes, point barre.) Mais pouvait-on vraiment construire une relation durable qui pouvait porter le doux nom d'amour, celui dont rêvaient toutes les petites filles, et qui se terminait après un fragment d'une éternité que nous avions cru posséder… ?

Puis, doucement, sans le vouloir,
On passe du cœur… à la mémoire

[Gérard Presgurvic]

Au fil des semaines, l'amour avait cédé place à la frustration. À la seule vue d'Anthony, ce n'était plus de la mélancolie qui remontait en moi, mais une envie de vomir. Et cette envie aurait peut-être pu se concrétiser s'il n'y avait pas eu les vacances. Mais voilà, l'été avait ramené le soleil et une sorte de bonne humeur diabolique pour moi. Je m'étais retrouvée dans ma petite ville du Pays de Galles, j'avais retrouvé mes amis d'enfance. Plusieurs furent surpris de me revoir car en un an, j'avais quitté plusieurs de mes traits de petite fille. Je devenais peu à peu une femme et j'appris bien vite que c'était un avantage considérable sur les petites gosses pourries gâtées des bourgeois de la ville. Surtout qu'auprès des garçons de mon quartier, j'étais bien plus appréciée que ces dindes.

Mais quoi que l'on puisse en penser, je n'étais pas de ces filles opportunistes qui se contentaient du premier venu. Par conséquent, je ne faisais rien du tout et je jouais à la petite vierge effarouchée. (C'était que j'avais des talents d'actrice, petite peste que j'étais, talents que j'avais hérité de ma mère, comédienne de son état.) Bien sûr, cet été là, je jouais à la bouteille, au poker et à vérité conséquence. Mais je connaissais mes limites, je savais quand m'arrêter. Et puis d'abord, c'était contre mes principes d'aller plus loin « juste pour le plaisir.» Quand un voisin essayait de dépasser cette limite, je sortais mes larmes de crocodile et je prétendais que ça me faisait mal, car je venais juste de rompre avec mon petit ami à qui j'avais été très attachée et gnagnagna… Au moins, je pouvais dire qu'Anthony m'avait été utile à quelque chose, dans toute cette aventure.

Et la frustration qui s'était installée dans mon cœur se changea en froide indifférence. Dès la rentrée, dès le premier regard échangé, le message avait été clair : la guerre froide était déclarée. Un faux pas, une seule remarque mal placée, et le pacte de non agression devenait nul et non avenu. Et ce jour était venu, Anthony l'avait déclenché… ou plutôt cet escalier.

La tête toujours posée dans ma main, je n'avais pas quitté Anthony des yeux une seconde. Et le regard que je portais sur lui était lointain et trahissait ce à quoi je pensais. Mes prunelles brunes s'étaient faites d'abord mauvaises, puis elles s'étaient adoucies pour devenir franchement tendres; elles donnaient alors l'impression de vouloir laisser s'échapper une unique larme, mais se ravisaient pour se faire carnassières; elles se faisaient une dernière fois tendres pour finalement prendre les traits de la mesquinerie.

Et pendant tout ce temps, la mèche me chatouillait le bout du nez, et je finis par afficher un sourire étrange, alliant bizarrement mesquinerie et songe.

Les yeux perdus dans le vague, j'ignore ce que fit mon ex durant ce laps de temps qu'avait duré mon voyage. Je crus voir remuer ses lèvres, mais à ce moment-là, j'étais à mille lieues de ce pauvre escalier têtu du collège. Et à vrai dire, je m'en fiche un peu.

Lorsque je revins sur terre, je fus surprise de constater que Anthony avait pris place juste en face de moi, et sa main avançait lentement mais sûrement vers mon visage. Lui aussi semblait perdu quelque part entre le passé et le présent, car il avait cet air absent et doux que j'avais l'habitude d'aimer plus que tout. J'eus un mouvement de recul, mais l'expression sur mon visage ne montrait que de la surprise pure.

« Euh… Anthony ?»

Ma voix sembla le tirer lui aussi d'une profonde rêverie. Il sursauta, ramena aussitôt sa main vers lui et reprit son air arrogant et par trop familier. Je ne sus jamais ce qu'il avait voulu faire, mais une voix au fond de moi me dit qu'il avait peut-être eu l'intention de retirer de mon visage la fameuse mèche. Je baissais la tête, mais sur le sommet de mon crâne, je ressentais les yeux d'Anthony posés sur moi, comme une brûlure. Alors inconsciemment, je ramenais la mèche derrière mon oreille, même si je savais pertinemment que c'était vain. Je relevais la tête, mais Anthony avait déjà détourné le regard. Ou peut-être ne l'avait-il jamais posé sur moi…

« Bouse de dragon! » nous exclamâmes-nous en chœur. Et cela nous fit sourire. Nos regards se croisèrent à nouveau durant une fraction de seconde. Et nous semblâmes nous rappeler de la situation qui prévalait entre nous. C'était comme si durant une minute ou deux, je ne sais pas, un charme nous avait enveloppé et qu'il s'était rompu.

Alors c'était ça qui se passait lorsqu'on recroisait son ex…?

Je voulais dire quelque chose pour remplir ce vide, ce silence qui me mettait de plus en plus mal à l'aise. Mais tout ce que je trouvais bêtement à dire fut :

« J'espère qu'ils vont bientôt se remettre à bouger. J'ai un cours, moi…»

La réponse d'Anthony ne tardait pas. Du tac au tac, comme on dit.

« Comme si les cours de madame étaient plus importants que tout !»

« Parce que les cours de monsieur le sont davantage, peut-être ?»

« Mais bien sûr ! Je suis en sixième année, moi ! J'ai passé mes BUSEs, moi ! »

« Ha !» fis-je en reniflant dédaigneusement.

Et je ne trouvais rien à ajouter… Mais je me sentais fichtrement bien tout à coup. Le simple fait d'avoir échangé ces quelques répliques acerbes me libéraient. Oui. Je me sentais bien de déverser ce venin sur Anthony. Je me sentais bien… de le haïr ! Autant, sinon plus que ces nuits passées à dormir entre ses bras dans son petit lit jumeau, pendant que ses compagnons de dortoir faisaient mine de ne rien savoir (après tout, Anthony était préfet, il avait droit à quelques privilèges). C'était paradoxal, non ? Je me sentais mieux en accomplissant un acte de haine plutôt qu'en repensant à une scène d'amour.

La haine, la haine

La sœur de l'amour, mais qu'on cache

[Gérard Presgurvic]

« Alors dans combien de cours comptes-tu avoir Troll, cette année, hmm ?» demanda Anthony en souriant d'un air goguenard.

Et ça recommençait. Et je ne trouvais rien à lui répondre. Encore… Je chiffonnais mon cahier de notes d'un geste rageur.

« Eh oh ! Où est passée la peste qui m'a déjà servie de copine ?» reprit-il. Mais ma parole, c'est qu'il s'amusait de mon absence de réaction !

« Gnagnagna ! Je t'ai connu plus en forme,» laissais-je finalement tomber. Bon je sais… Je n'avais pas fait très fort sur ce coup-là. Mais ce n'était pas de ma faute ! Il m'énervait tellement, ce… raaah !

Et puis une curieuse pensée traversa mon esprit. Tellement étrange que j'en restais un peu clouée sur place. Pendant ce temps, Anthony était parti dans un monologue visant à me rabaisser.

« Non mais ce n'est pas comme si… bla bla bla… Quand on sortait ensemble, c'était tout le temps moi qui… bla bla bla… Admets-le donc pour une fois… bla bla bla… Tu sais, tu pourrais une fois dans ta vie… bla bla bla…»

Cette pensée, la voici : tout se trouve dans l'expression « coup de foudre.» Coup de la foudre, coup de foudre d'amour. Coup de foudre de haine…? Était-il possible que ce jour-là, quelque chose se produisît, qu'une étincelle enflammât un brasier, qu'une soupape s'ouvrît pour laisser déverser un flot continu d'un fiel nauséabond et que la haine prît la place de l'amour dans mon cœur ?

« Tu sais quoi, Anthony ? Je me fiche éperdument de ce que tu peux bien penser de moi à cet instant précis. Alors fais-moi plaisir, veux-tu ? Ferme-la ! »

Et juste à ce moment, l'escalier redémarra, Anthony était sous le choc, mais je m'en fichais. Je sortais au troisième et optais pour une route alternative composée de passages secrets. Mais je croyais vaguement entendre qu'on m'appelait...


Et voilà! Alors?

À la prochaine!

Lexyann