Voici la suite, en espérant comme d'habitude qu'elle vous plaira.
Dans ce chapitre, les choses y sont les plus étranges (enfin je pense), c'est pourquoi après avoir lu ce qui suit j'aimerais que vous me donniez vos impressions sur ce que vous en avez compris (en sachant qu'ici tout n'est que métaphore), que vous me disiez comment vous voyez la suite.
N'hésitez pas si vous le souhaitez à me mettre des tonnes de détails, à me dire tout ce qui vous passe par la tête parce qu'en fait je n'attends que ça ! Faites-moi entrer dans votre imagination, car mine de rien avec vos reviews on pourrait faire une histoire :)
Good Read
xxx
- Chapitre 3 -
Accoudée au parapet en pierre qui entourait la terrasse de la somptueuse suite, elle était pour lui comme inespérée. Le halo de lumière chaude qui dansait librement sur son corps la rendait encore plus radieuse. Il aurait peut-être pu rester à la contempler sans limite s'il n'en était pas venu à faire une constatation aussi évidente qu'ahurissante : comment était-il possible qu'un ciel d'une noirceur absolue puisse à présent avoir laissé place à un soleil implacable ? C'était aussi aberrant qu'irréaliste. Pourtant, quand ils voulurent sortir du bâtiment, il remarqua que les choses n'étaient plus ce qu'elles étaient lorsqu'ils y sont arrivés. En ouvrant la porte, il ne reconnu pas le couloir qu'ils avaient empruntés un peu plus tôt. Celui-ci était bien plus important et était tapissé de sculptures en relief sur toute la longueur des murs. Au sol, des tapis dont la haute qualité était indiscutable habillaient un parterre dont il était incapable de mettre un nom sur sa matière. Au plafond, des peintures plus ou moins historiques recouvraient toute la superficie. Les lustres avaient changés, les arches revêtaient un nouveau style et l'odeur… L'odeur n'était pas la même.
Dans la cage d'escaliers, il aurait pu croire à une plaisanterie s'il ne savait pas que cela ne pouvait être possible. Ils n'étaient montés qu'au premier étage et pourtant, ils avaient sous leurs pieds une profonde spirale dont le bout était à peine discernable et brillait tel un œil de chat dans la nuit. Celui qui avait le vertige avait tout intérêt à ne pas regarder en bas. Quant aux sujets atteints de claustrophobie, ce n'était pas non plus l'endroit idéal pour eux. En levant la tête vers le haut pour vérifier s'ils étaient ou non au dernier étage, il découvrit qu'il y avait au-dessus d'eux un gigantesque miroir reflétant tout ce qu'il pouvait y avoir en dessous. Tout comme celui qu'il avait pu voir dans la salle de bain, il ne montrait en rien son apparence. Certaines parties étaient amovibles, d'où sa réminiscence à la logique de ce jeu que les ados en particulier adorent résoudre. C'était en somme assez inquiétant car cela donnait l'impression qu'ils marchaient dans le vide, que le miroir n'en était pas un et que la gravitation avait été modifiée.
Il entreprit sa descente infernale et lui prit la main comme s'il redoutait encore des phénomènes parapsychiques par la suite. En n'attachant que très peu d'attention au rez-de-chaussée qui semblait être à une distance abyssale, il l'entraîna avec lui en dévalant les marches les unes après les autres. Bientôt, l'action de tourbillonner dans cette spirale lui fit tourner la tête au point qu'il se demanda si ce n'était pas plutôt le monde qui tournait dans le but d'en rajouter une couche. Il n'eut le temps d'y réfléchir davantage qu'ils étaient déjà arrivés au point final sans comprendre comment cela avait pu être possible. En observant la salle, il se rendit compte maintenant sans surprise que celle-ci aussi n'était plus du tout la même. Tout avait subi un incontestable changement sans qu'il ne remarquât quoi que ce soit.
A l'extérieur, tout avait repris sa place et rien ne portait à croire qu'il y ait eu une chose aussi inexplicable que farouchement spectaculaire. L'hôtel des plus prestigieux était maintenant un somptueux palais d'Arabie au cœur de la 'Grosse Pomme'. Aussi déserte que la fois où il avait ouvert les yeux, il n'y avait dans cette ville fantôme pas un homme, pas un enfant, pas un chien errant ni même un oiseau des plus banales. Il n'était que seul avec elle au fin fond de cet endroit dont il ignorait tout avec ce sentiment que tout lui avait échappé sans en comprendre la raison. Les choses semblaient être vidées de leur sens, situation à laquelle il ne saisissait toujours pas la cause.
Une secousse qui lui parut latérale vint à faire trembler la Terre et les immeubles autour d'eux commencèrent à s'affaisser, se compresser sur eux-mêmes. A la base, le béton s'émiettait à la façon d'un légume que l'on place dans un robot pour le trancher, le hacher, le râper jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Ils disparaissaient les uns à la suite des autres comme si une colonie de termites avait décidés de s'acharner sur ce territoire désolé. On aurait dit la démolition massive d'une citée dépourvue de toute raison d'exister, n'ayant plus aucune utilité. Des nuages de poussière bouffante envahirent les environs, engloutirent la totalité des bâtiments qui s'y enfoncèrent de manière surprenante. La fumée les aveuglait et, étrangement, ils ne furent pas le moins du monde blessés par cet évènement divinement accompli. Alors qu'il pensait découvrir un champ de ruines une fois la masse opaque dissipée, il fut atterré de constater que les buildings autrefois fièrement bâtis vers les cieux avaient littéralement disparus. Aspirés par le sol, ils étaient certainement enfouis sous ce dernier à plusieurs centaines de mètres. Quoique vu la situation, il était loin d'être capable de démontrer une telle conjecture. La seule chose dont il était sûr était qu'il abhorrait sans limite ce lieu dont il y avait toutes les chances pour qu'il ne comprenne jamais ce qui provoquait de tels changements géologiques.
Mais qu'est-ce qui se passe ici ?
Je pensais que tu aurais pu me l'expliquer.
Alors qu'il restait immobile en ne sachant plus quoi penser, une couleur ocre vint combler ce vide tristement décoloré. Résultant de la désagrégation des roches, les grains teintés de chaleur apportèrent une toute autre touche à ce paysage devenu furtivement stérile. Disséminés par des tourbillons d'air comparables à des vortex, ils habillèrent rapidement le sol en créant quelques dunes sablonneuses caractéristiques du Sahara. Puis, des pics symbolisant l'Égypte immergèrent de cette pellicule grisante et continuèrent leur ascension jusqu'à devenir de taille respectable. Incrédule, il regarda les éléments se déchaîner sans la moindre brutalité.
La jeune femme, toujours à ses côtés, lui tenait la main et avait un sourire discret en regardant la magnifique vue qui leur était offerte. L'étoile rouge diffusait sa clarté qui donnait un effet or à ce paysage sableux aux courbes en nombre qui se présentaient à perte de vue. C'était comme si ses rayons faisaient ressortir les pépites d'or et de diamants que ce désert pouvait abriter. Ce qu'il constata, c'est qu'il n'en fallait pas plus à cette femme pour dévorer du regard ce qui ne pouvait être dérobé. La façon qu'elle avait d'être aussi sereine le désarçonnait totalement. Alors qu'il se posait moult questions et qu'il trouvait ça terrifiant, elle, apparemment seulement préoccupée par son état à lui, n'avait que faire de ce qui se passait autour d'eux, comme si ça n'avait aucune importance et que c'était tout à fait normal. Il la trouvait désarmante car elle faisait preuve de stoïcisme, bien qu'elle lui parût à certains moments assez insouciante.
Tu n'as pas à t'en faire, ça n'a rien de concret.
Elle anticipait son questionnement comme si elle était capable de lire dans ses pensées, d'intégrer son esprit en répondant à l'avance à ce qu'il n'avait pas encore demandé. Maintenant, elle aussi il la trouvait étrange. Comprenant de moins en moins ce qui pouvait bien lui arriver, il se perdit un peu plus dans son raisonnement dont il semblait ne plus avoir le contrôle absolu.
Les choses étaient une fois de plus en train de changer et ce qu'il remarqua en premier lieu fut l'oxygène qu'il respirait. Celui-ci devint progressivement différent, soufflé comme ventilé par un appareil abstrait qui ne figurait nulle part dans ce territoire qui manquait peu à peu de crédibilité à ses yeux. Il sentait toujours la main de la jeune femme dans la sienne et ce contact le rassurait ne serait-ce que par le fait qu'il témoignait de son existence.
Je ne suis pas là et tu le sais.
Pourtant je te vois, je…
Je suis là juste parce que tu as envie que je sois là. C'est ton monde, celui que tu as voulu inconsciemment t'inventer.
Le paysage était à présent homogène, d'une platitude qu'il n'avait jamais vue autre part. Quelque peu sédimentaire, la surface luisait légèrement sous cette boule de feu qui semblait avoir prit de l'ampleur dans son royaume aérien. L'air y était fade, comme conditionné, saturé et diffusé artificiellement. Par la suite, tout devint flou, brouillé et sans discernement distinct. Lentement, il sentit sa main s'évaporer petit à petit avant que sa propriétaire ne disparaisse à la façon d'un fantôme, esprit égaré de son subconscient qui l'avait fait voyager dans un autre monde, une autre dimension. Il se voyait s'élever au-dessus du sol et tout lui parut petit avant qu'il ne se rende compte qu'il ouvrait les yeux.
TBC
