Noir. Il faisait noir, complètement noir, et si Mai pouvait rajouter quelque chose, elle aurait sûrement dit que cela ne pouvait être plus noir encore. Elle fixa l'obscurité en hauteur, elle eut beau cligner des yeux, l'obscurité ne se dégageait pas. Elle fixa toujours ce point inconnu ; c'était à peu près là où elle avait vu pour la dernière fois de la lumière; de la belle lumière gâchée par une silhouette aux cheveux longs. Elle serra son poing, c'était elle, sûre, elle en était sûre. Mai resserra la mâchoire.

« Si elle m'a enfermée là, c'est pour l'avoir à elle toute seule, dès que je sors, je lui ferais payer ! »

Mai attendit donc, dans le noir sans bouger, sans faire un geste. Elle finit par s'asseoir, ça sentait le moisi, c'était infect. Elle était pourtant habituée à cet endroit, elle y venait une fois par semaine ; mais cette fois-ci, elle ne supportait pas cette odeur. Elle ne supportait plus cette obscurité, était-ce parce qu'elle était avec lui qu'elle ne ressentait pas tout cela avant ? Elle frissonna, elle allait se venger, c'était certain. Elle commença à réfléchir à un plan pour lui faire payer, mais elle s'interrompis ; elle avait faim. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas mangé, elle voulait sortir, voir le ciel bleu, le voir lui, la tuer elle. Elle avait peur dans ce noir, très peur, elle trembla et mit ses mains devant ses yeux soulignés de cernes. Elle cria, hurla pour la énième fois ; toujours aucune réponse ; normal, personne ne venait jamais ici.

« - Aidez-moi ! » Cria-t-elle.

Mai se réveilla en sursaut, elle s'assit dans son lit en passant le revers de sa main sur son front. Elle se figea ; un bruit, un autre raclement. Elle tourna la tête vers le bout de son lit et y trouva une feuille de papier. Elle s'approcha doucement, avec précaution, le papier n'était pas vierge. Il y avait des écritures, des kanji, mais elle ne parvenait pas à les traduire, ni à les lire, quelque part en elle, elle savait que c'était des kanji. Elle tendit la main vers la feuille.

Elle se réveilla ; c'était la première fois qu'elle faisait deux rêves d'affilés. La jeune fille regarda le bout de son lit mais n'y trouva pas le papier aux kanji. Elle se défit de ses lourdes couvertures et se leva pour aller s'habiller.

La porte coulissante de la base s'ouvrit pour laisser apparaître une Mai avec des yeux légèrement cernés. Gene, Bou-san et Yasuhara lui firent un grand signe de la main et un sourire, John la salua poliment et Lin et Naru ne dirent rien. Elle fit un léger signe de tête et s'assit sur une chaise pour laisser tomber sa tête sur la table. Elle était fatiguée ; même si elle avait dormi sans problème, son rêve l'avait épuisée, elle se sentait molle, patraque, lente … Gene souleva un sourcil.

« - Tu n'as pas l'air d'avoir bien dormi toi …

Mai releva la tête pour lui adresser un sourire fatigué.

- Tu as fais un cauchemar ? Demanda Bou-san, inquiet.

- Non pas vraiment, mais c'était étrange …

- Étant donné que tes rêves ont toujours un lien avec ce que l'on fait, tu devrais nous le raconter et puis- …

- Plus tard. »

C'était Naru qui avait brisé la conversation, ainsi que le soulagement naissant de Mai. Elle lui balança un regard en colère avant de rencogner sa tête contre la table en bois.

« - Noll, encore une fois tu te fiches carrément de …

Lin se retourna pour menacer Gene du regard ; il se tut devant les yeux victorieux de son frère.

- J'ai juste dit « plus tard », ce qui ne veut pas dire que je ne l'écouterai pas… Aujourd'hui, Madoka doit venir et elle sera là, d'une minute à l'autre …

Lin s'arrêta de taper à l'ordinateur avant de fixer Naru.

- Tu l'a appelée ? Demanda le chinois.

Naru hocha la tête en soufflant.

- Tu sais combien c'est dangereux ? Elle risque de …

La porte coulissa rapidement ; Madoka.

- Bonjour tout le monde ! Lança-t-elle joyeusement, alors, comme ça on a besoin de moi, Noll ?

Elle eut un rire cristallin avant de caresser les cheveux de Mai.

- Mai-chan, tu ne vas pas bien ?

- Ah, si ! Ça va, merci.

La bonne humeur de Madoka était apaisante, Mai se sentit ressaisie d'un seul coup et arbora un grand sourire envers le mentor de son patron.

Ses yeux marrons glissèrent en dehors de la pièce, où le soleil essayait difficilement de percer un amas de nuages.

Une feuille tombe. Pas n'importe qu'elle feuille, le papier qu'elle voyait dans son rêve. Son sourire disparut ; la feuille aussi, elle se frotta les yeux avant de jeter une seconde fois un œil dehors ; rien, étrange elle aurait juré …

- Si je t'ai appelée Madoka, commença Naru d'une voix autoritaire, c'est pour aider Yasuhara-san a trouver des informations concernant une jeune fille disparue depuis deux semaines …

- Une jeune fille de cet internat ?

Naru acquiesça et Madoka prit son menton entre son pouce et son index.

- Ne serait-ce pas une fille du nom de Moriyama Yukino ?

- Je vois que tu t'es déjà informée sur le sujet, ajouta Naru sur un ton quelconque.

Il reprit l'affichette d'informations et la donna à Madoka qui adopta un air sérieux. Lin l'observa un instant avant de recommencer à taper sur l'ordinateur.

- Je vois, nous avons toute la journée ? Questionna-t-elle de sa voix aigue.

- Toute la matinée pour être exact. »

« Naru, espèce de bourreau… » Ne put s'empêcher de penser Mai.

Madoka donna une tape dans le dos de Naru, Gene faillit s'étouffer de rire, elle jeta un regard discret vers Lin avant de aire un signe à Yasuhara et de quitter la pièce.

Une fois la porte fermée, Lin pivota de quelques degrés avant de plonger une fois de plus dans ses recherches informatiques. Gene l'observa en souriant en coin, puis il échangea un regard avec son frère jumeau qui esquissa un soupir. Mai, elle, resta enfouie dans ses pensées avant de devoir servir du thé.

L'étudiant à lunettes et Madoka traversèrent un couloir qui grouillait d'uniformes scolaires à jupes. Madoka sourit à Yasuhara calmement.

« - Alors, comment vas l'université ?

- Oh, bien, merci ; c'est dur parfois avec ce travail à mi-temps, mais je m'y habitue peu à peu à vrai dire …

- Je comprends que cela ne doit pas être facile tous les jours, surtout avec Noll et Gene en patrons.

- En fait, c'est plus Naru-san qui dirige le tout, Gene-san le soutien et l'aide beaucoup, lorsque le patron est fatigué, il se fait passer pour lui avec les clients.

Madoka rit avant de regarder la feuille d'informations.

- Ils ont toujours fait ceci étant petits.

- Hum ?

- Se faire passer l'un pour l'autre, mais arrivés à un certain âge, leurs caractères se sont différenciés, alors que Noll devenait plus froid et sérieux, Gene devenait ouvert et surtout farceur. Gene a tout de même continué à imiter Noll, non pas pour se moquer de lui - même si c'est-ce que Noll ressent lorsque son frère le fait - mais je pense en fait, que Gene admire beaucoup son frère. Et même s'il refuse de se l'avouer, je suis sûre que Noll admire beaucoup Gene également.

Elle soupira, avec nostalgie.

- Toutes leurs disputes ne sont donc que des façades ? Demanda Yasuhara.

- Oui, en réalité, ils sont tellement attachés l'un à l'autre, que lorsqu'il avait cru que son frère était mort, Noll avait reçu un grand choc, et s'était encore plus renfermé sur lui-même, je m'en souviens encore ... Je suis certaine que de le découvrir en vie lui a fait un bien fou, ç'a dû être un grand soulagement pour lui … »

Elle s'offrit encore le luxe d'un soupir avant d'ouvrir la porte de la première classe du couloir.

Toutes les élèves arrêtèrent de parler, la cloche n'avait pas encore sonné et le professeur n'était pas encore là. Madoka et Yasuhara se placèrent sur l'estrade sous un silence de plomb. L'étudiant agita l'affichette de la disparue.

« - Excusez-nous, mais connaissez-vous cette fille ?

Elles hochèrent la tête timidement, il y eut quelques murmures dans la salle, puis Madoka reprit.

- Est-ce qu'il y a des filles qui étaient amies avec elle ? Ou quelqu'un qui pourrait nous en dire plus à son sujet ?

Les élèves se regardèrent, en chuchotant des choses intelligibles. Yasuhara se résigna, il baissa les épaules en signe de défaite.

- Vous ne savez pas dans qu'elle classe elle était ?

- La classe E … Au bout du couloir, répondit une petite voix dans la pièce.

- Merci bien, excusez-nous encore. »

Madoka et Yasuhara s'inclinèrent poliment avant de sortir de la classe. Ils se regardèrent en soufflant d'exaspération.

« - Ça ne va pas être facile d'avoir des informations, hein ?

- Ils ont tous l'air … étrangement silencieux lorsque l'on aborde le sujet, surenchéri Madoka en jetant des regards à droite puis à gauche.

- Oui, c'est bizarre », acquiesça Yasuhara en fixant la photo de la disparue.

Ils ouvrirent la porte de la classe E, malheureusement vide.

« - Mince, je crois qu'ils ont activité sportive à cette heure-ci … Marmonna Yasuhara.

Ils commencèrent donc à descendre les escaliers en direction de la cour extérieure et ses terrains de sport. Madoka s'arrêta soudain, le rouge aux joues.

- Yasuhara-kun, tu es au courant, n'est-ce pas ?

- Ah … Oui, un petit peu, je vous ai surpris tous les deux une fois, rigola l'étudiant.

- Tu peux garder ceci comme un secret, je sais que Gene est au courant, il n'arrête pas de taquiner Lin avec ça mais, je sais qu'il ne dira rien, est-ce que je pourrai avoir ta parole ?

- Évidemment, sourit Yasuhara, de toute façon, je ne suis pas du genre à divulguer des rumeurs à tous bouts de champs, croyez-moi.

- Ah, ce n'est pas ce que je voulais dire, au contraire, c'est juste que, personnellement, j'aurais tellement aimé en faire part à tout le monde, mais Lin ne veut tout simplement pas que ça se sache, et je sais que cela lui ferait ressentir un embarras total ; j'aurais juste voulu te demander de ne pas engager une conversation là-dessus en sa présence.

Elle lui fit un sourire sincère, avant de faire résonner une fois de plus son rire cristallin.

- Ah, en parlant de rumeurs, dit-elle en se rappelant soudain quelque chose, Naru ne va pas être heureux d'apprendre qu'il est le centre des rumeurs de cette école en ce moment …

- Ah, vous aussi vous avez entendu ça ? Rit Yasuhara, je parie que c'est un coup de Gene-san.

- Oui, raison de plus pour Naru d'être en colère, mais je me demande comment Mai-chan va réagir, elle … »

Ils rirent encore une fois.

De l'autre côté de l'école, Bou-san et John cherchaient des endroits reculés de l'école, des endroits peut être abandonnés ou interdits aux élèves. Endroits qui peuvent être la source de Kokkuri-san ou autre malédiction qui faisait fureur dans les écoles japonaises. Ils espéraient même peut être trouver un temple, ou un endroit où l'on pourraient jeter des sorts divers. Naru leur avait confié, quelques minutes plus tôt, le fait que les morts étranges des quatre jeunes filles n'étaient sûrement pas dues au hasard et qu'elles étaient peut être victimes de malédictions. Ils avaient donc pour mission, de trouver une source de malédiction dans les environs de l'école, pendant que Mai et Naru cherchaient à l'intérieur des bâtiments.

« - Et si on commençait par là-bas ? Demanda Bou-san en pointant du doigt un petit bois sombre très proche de l'école.

- Pourquoi pas, allons-y, répondit l'australien avec enthousiasme.

C'est ainsi qu'ils s'enfoncèrent lentement dans le bois, à part quelques détritus, ils ne trouvèrent malheureusement pas de temples, ni de cachettes secrètes dignes de dealers acharnés. Bou-san mit la main sur son front, ne cachant pas le moindre du monde son ennui total. John, lui, continuait sérieusement et efficacement les recherches. Bou-san ne put retenir une goutte de sueur dévaler sa tempe, quel ennui, encore s'il faisait les recherches avec la vieille miko, il aurait pu s'amuser à l'embêter ; mais John pouvait rester incroyablement silencieux, contrairement à Ayako. Il se gifla mentalement, s'il commençait à penser à Ayako, cela voulait dire que son cerveau avait atteint sa limite de l'ennui.

- On devrait peut être faire demi-tour, proposa le moine, je ne pense pas qu'on puisse trouver autre chose ici.

A peine il eut fini sa phrase, que le prêtre s'exclama de surprise, il dégagea des branches pour montrer au moine une bouche d'égouts. Lorsqu'ils parvinrent à l'ouvrir, une forte odeur de moisi en sortit, Bou-san réprima une grimace de dégoût.

- Ça n'a pas l'air d'être un égout, c'est étrange … Murmura Bou-san en se pinçant le nez, on dirait une sorte d'abri, tu sais, comme pour des bombes.

- Tu veux dire que cet endroit a été creusé pendant la seconde guerre mondiale ? Demanda le prêtre.

- C'est fort possible …

Ils se toisèrent un instant avant d'allumer chacun une lampe de poche.

- On descend ? Demanda le moine.

- Je suis prêt », répondit le prêtre avec détermination.

Et ils s'engouffrèrent dans un tube sombre et poussiéreux.

Yasuhara et Madoka se tenaient dans la cour, observant le match de football avec assez peu d'intérêt, voire avec agacement , cela faisait exactement une heure et demie que le cours avait commencé et qu'ils se tenaient comme des piquets au beau milieu de la cour de récréation. Madoka jouait avec les mèches de ses cheveux avec impatience, tandis que Yasuhara ne cessait de fixer sa montre en priant que le temps se fasse plus rapide. Ses prières furent exaucées, le coup de sifflet libérateur retentit et sonna aux oreilles des deux employés comme une mélodie de soulagement. Ils s'approchèrent de deux filles et leur montrèrent l'affichette, à sa vue, elles frémirent sous l'œil étonné du mentor et de l'assistant. Elles baissèrent la tête, désolées.

« - Oui, nous la connaissons, mais nous n'étions pas si amies que ça avec elle …

- Comment était elle ?

- Elle était belle, gentille, calme, intelligente, mais …

- Mais ?

- Il y avait des rumeurs qui couraient sur elle … Tous les ragots avaient pour elle actrice principale …

- Des rumeurs sur quoi ? »

Elles parurent soudainement mal à l'aise, elles se regardèrent nerveuses. Le professeur de sport siffla et fit signe aux deux lycéennes d'aider à rentrer le matériel ; pour la première fois, elles paraissaient enchantées de le faire …

« - Voilà pourquoi je n'ai jamais aimé les profs de sport, marmonna Madoka.

- Vous êtes très marrante, Madoka-san, comme d'habitude ! »

Madoka lui adressa un sourire éclatant avant de ranger son bloc-notes à l'intérieur de sa poche de manteau.

Naru n'allait pas être très heureux de voir que leur matinée n'avait pas été aussi remplie que prévu …

C'était sombre, oui, très sombre. Ça sentait le moisi à plein nez, et plus ils s'enfonçaient dans l'abri, plus l'odeur semblait forte. Avec surprise, ils découvrirent que l'intérieur avait été aménagé, pas luxueusement, c'était évident, mais quelques meubles couverts de poussières et de moisissures avaient été maladroitement disposés dans une pièce sans habillements muraux autre que des toiles d'araignées. Un petit craquement les fit sursauter, une souris, John souffla, soulagé. Bou-san mit une main sur son cœur, un jour, c'était sûr, il allait se faire la malle. Ils parcoururent la pièce de long en large avec les lampes de poche, au fond de la salle, il y avait une porte en métal fermée d'un gros verrou ancien et rouillé maintenu par de grosses chaînes solides.

« - Ouah, on dirait qu'ils ont tourné un film de science fiction là-dedans, grogna Bou-san toujours en se pinçant le nez.

- Oh, regardez ici, Takigawa-san !

Le moine s'approcha avec précaution du prêtre qui pointait du doigt un vieux buffet énorme. Il était recouvert de poussière, même le verre de ses petites vitres en étaient recouvertes.

- Quoi ? Demanda Bou-san qui ne voyait pas pourquoi le prêtre lui montrait ceci.

- Regardez, là, on dirait qu'il y a moins de poussière ; comme si on était venu il n'y a pas longtemps.

- Hum … Oui, en effet c'est étrange.

Le moine bouddhiste se déplaça un peu plus loin dans la pièce à la recherche de pareilles traces ; mais n'en trouva aucune. Il entendit un grincement, puis un bruit assourdissant venant de derrière lui.

- John ? Qu'est-ce que c'était ? …

Pas de réponse, il se retourna vivement.

- John !

L'australien gisait par terre sous le buffet, des éclats de verre partout autour de lui. Bou-san souleva le buffet comme il put et John sortit avec difficulté. Il dépoussiéra son pantalon et se tint soudain la tête, découvrant un petit peu de liquide foncé et chaud lui couler entre les doigts.

- Ah, je saigne, dit le prêtre avec un air désolé.

- Qu'est-ce que tu as fait pour que ça te tombe dessus ? Le gronda le moine qui essayait de trouver un mouchoir pour le front de son collègue.

- Rien, justement, répondit brièvement le prêtre en grimaçant.

Le moine le fixa sans rien dire pendant quelques secondes, puis ils regardèrent tous les deux les alentours dans le silence le plus glacial. Bou-san rit nerveusement en tendant un mouchoir au prêtre.

- On va remonter et aller à la base, il regarda sa montre, il est midi environ, il faut rentrer. »

L'australien hocha la tête en maintenant le mouchoir contre son front.

Ils remontèrent sans entendre des grattements qui résonnaient une dernière fois dans l'abri avant qu'ils ne referment la plaque …

Ennui, voilà le mot que Mai ne cessait de se répéter ; Naru et elle devait chercher des sources de sorts dans l'intérieur des bâtiments scolaires, et tout ça, se passant bien entendu dans le silence le plus complet. Elle n'était même pas sûre qu'ils ne se soient regardés même une fois ; elle soupira et se rendit compte qu'il la fixait d'un air glacial ; ça y est, ils s'étaient regardés. Non pas que la présence de Naru l'ennuyait, non, disons que les conversations qu'elle avait eut avec lui en cette matinée se résumaient à rien du tout. Malaise, toujours ce même et fichu malaise ; elle le regarda du coin de l'oeil, discrètement, il regardait droit devant lui et ne semblait pas souffrir de ce que ressentait Mai, non, pas le moins du monde. Ils se retrouvèrent à l'extérieur, devant le bâtiment qui servait pour la piscine de l'internat, elle ravala sa salive difficilement. Naru lui lança un regard rapide puis il fit un pas vers la porte et se retourna vers elle.

« - Si tu ne veux pas entrer dedans, tu peux toujours m'attendre ici, je vais juste vérifier s'il n'y a rien à l'intérieur. »

Elle hocha la tête et esquissa un sourire une fois qu'il eut le dos tourné. Même s'il ne s'inquiétait pas vraiment pour elle, il devinait parfaitement lorsqu'il s'agissait de ses mauvais pressentiments et essayait un maximum d'éviter que Mai soit forcée à entrer quelque part qui ne lui dise rien qui vaille.

Elle s'appuya contre le mur du bâtiment, attendant patiemment son patron, elle plissa les yeux, on lu faisait des signes à l'entrée ?

Elle s'avança donc vers l'homme qui lui faisait des signes et elle s'inclina. C'était un jeune homme avec une casquette qui cachait ses yeux et couvrait un peu ses cheveux blonds platines attachés en queue de cheval derrière. Il lui sourit gentiment.

« - Il fait beau, n'est-ce pas ?

Mai sourit de travers, il lui avait fait des signes juste pour lui demander ça ?

- Ah oui, le soleil a enfin percé les nuages, répondit-elle en essayant de cacher sa perplexité.

- Tu es mignonne, dit-il.

Mai ne se sentait vraiment pas bien, le jeune homme était vraiment louche ; trop louche.

- A-Ah, merci, c'est gentil …Euh, je dois y aller, alors euh …

Elle fit demi-tour, mais il lui attrapa le bras.

- Ah, excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur, dit-il en riant bizarrement.

Mai pensa que s'il essayait de la rassurer - chose dont elle n'était pas sûre à la réflexion - il avait échoué lamentablement.

- Je n'ai pas peur, mentit-elle en souriant.

Il eut un sourire soupçonneux.

- Ah oui ? …

Il la fixa de ses yeux noirs un moment avant de se remettre à sourire étrangement.

- Je m'appelle Toshio, dit-il en l'attirant un peu plus vers lui.

- Et moi je m'appelle Shibuya Kazuya, merci de bien vouloir lâcher mon assistante.

Naru, il ne manquait plus que lui, avait pensé Mai. Naru avait agrippé (avec son bras valide) le bras de Toshio ; ce dernier lâcha Mai.

- Ah, enchanté, M. Shibuya, dit-il avec un sourire provocateur.

Naru relâcha Toshio avait de saisir fermement le bras de Mai et de l'entraîner plus loin.

- Intéressant … Chuchota Toshio à lui-même.

Naru tenait toujours aussi fermement le bras de son assistante et s'arrêta de marcher, il la regarda avec colère.

- Tu es encore au primaire pour t'approcher de n'importe qui sans conscience ? Cracha-t-il.

Mai baissa la tête, avec pourtant une rivière d'injures qui pataugeaient dans son cerveau.

- Il me semble t'avoir dit de m'attendre ici, continua-t-il, tu es vraiment un aimant à problèmes.

- Pardon, grogna Mai sans vraiment le penser.

Pour toute réponse elle eut un soupir. Gene sortit à ce moment là. Il regarda Naru avec un grand sourire, puis Mai. Naru marmonna quelque chose que Mai ne comprit pas et il la lâcha sans reposer le regard sur son frère.

« - Ça aurait pu être grave, John, dit Mai en lui passant un coton imbibé de produit sur le haut du front.

- Désolé, dit le prêtre avec embarras.

Naru s'assit dans son fauteuil et se massa l'épaule en grimaçant discrètement. Gene arriva derrière lui et posa sa main sur son épaule et en frottant doucement.

- C'est ici que tu as mal, Noll ?

Naru hocha la tête en grimaçant une dernière fois, Gene lui tendit une petite boîte de médicaments pour calmer la douleur de son épaule due aux complications du déboîtement qu'il avait eu. Il avala un médicament avant de prendre la parole.

- Donc, en ce qui concerne Moriyama Yukino ; d'après votre description elle ressemble à l'élève modèle, mais elle était en même temps sujet de nombreux ragots dans l'école, je suppose que vous ne savez pas ce que sont les ragots …

Yasuhara et Madoka lui donnèrent raison et haussèrent les épaules.

- Les élèves ont l'air de cacher quelque chose si je peux me permettre, dit Yasuhara en remontant ses lunettes d'un geste.

- Je vois … Cet après-midi, allez voir les parents de la fille ; Lin a trouvé son adresse et son numéro de téléphone. Bou-san et Brown-san ?

Le moine se racla la gorge .

- Nous avons trouvé un abri qu ressemblerait à un abri creusé lors de la seconde guerre mondiale dans la bois environnant. Dans l'abri poussiéreux, il y a des objets et certains portent des traces avec moins de poussières. Comme si quelqu'un était allé à l'intérieur il n'y a pas si longtemps. Un buffet est tombé sur John sans raison particulière … De plus, il semble il y avoir une autre salle adjacente à l'abri ; mais la porte est solidement scellée.

Naru souffla en se massant les tempes.

- Très bien, cet après-midi, Lin, Bou-san et moi-même iront explorer un peu plus cet endroit.

John se leva en plaçant sa main sur son front.

- Je peux venir avec vous si vous le souhaitez, je n'ai qu'une coupure …

- Bien, si vous vous sentez capable de venir, alors venez.

Mai se leva à son tour.

- Moi aussi je peux venir ?

Naru la fusilla du regard.

- Je pense que tu as déjà posé assez de problèmes comme ça, Mai.

Elle se figea et le regarda avec colère ; si les regards pouvaient tuer, Naru et Mai seraient en train de se faire un combat à mort.

- Tu surveilleras la base, et dors si tu veux, de toute façon, je ne pense pas pouvoir t'y empêcher … »

Mai serra son poing en pensant sérieusement l'envoyer dans la figure du narcissique, mais par bonheur, se retint.

Ils se levèrent et se dirigèrent vers le réfectoire de l'internat, qu'elle n'était pas leur terreur, lorsqu'ils se rendirent compte que l'enfer venait de commencer ; plus particulièrement Mai.


Et oui, c'est après 1 an et demi d'absence que je suis de retour ! Je sais qu'une telle absence ne peut être excusée, je sais que j'ai déçu de nombreuses personnes, lecteurs & lectrices qui lisaient fidèlement mes textes toutes les semaines etc ... Seulement voilà, un évènement personnel a interrompu mes écrits pendant une année... Mais peu à peu, j'ai recommencé à écrire, et ça m'aide à "remonter la pente" comme on dit... Bref ; je remet les chapitres que j'avais posté auparavant sur mon Blog (que quelqu'un m'avait piraté d'ailleurs ...).

Je vous souhaite une bonne lecture, même si vous avez déjà lu cette histoire avant... -'

En bref : je poste tous mes chapitres et je me remet au travail !

Amicalement, Netphis