Titre : Caser Severus Snape
Auteur : Agathe (et oui ! c'est de moi. Ceci dit, je me demande si je fais bien de le dire !)
Disclaimer : Les personnages appartiennent à JK Rowling
Genre : UA – L'histoire se passe à Poudlard et dans le monde magique mais trois ans après la bataille finale. J'ai ressuscité des morts et pris quelques arrangements pour coller à mon scénario.
Résumé : Draco Malfoy a plein de certitudes et croit sa vie toute tracée. Pourtant, une imperceptible poussière va dérégler sa vie parfaite : il doit caser Severus Snape. Et puis, il y a une deuxième poussière, beaucoup plus grosse et décoiffée, Potter ! Serait-il possible qu'il y ait une coalition anti Draco ?
Note : Comme j'ai bien avancé, vous avez droit à un chapitre supplémentaire ce week-end ! Bonne lecture.
Chapitre 2 – Retour à Poudlard
Le matin suivant son entrevue avec Dumbledore, Draco se réveille dans un état qu'il n'a pas connu depuis longtemps. Il a le sourire aux lèvres et saute du lit sans avoir envie de râler sur quoi que ce soit. Ses œufs au bacon qu'il carbonise tous les matins sont parfaitement cuits. L'eau de sa douche qui passe habituellement du chaud au froid pendant dix minutes est du premier coup à la bonne température et enfin le petit oiseau qui vient tous les matins lui casser les oreilles avec ses piaillements émet une délicieuse mélodie pour annoncer une merveilleuse journée ensoleillée.
Draco est étonné et il met un long moment avant de comprendre ce qui lui arrive. Il est tout simplement… heureux ?!
Comme ce n'est sans doute pas l'idée de devenir bibliothécaire à Poudlard qui peut provoquer un tel effet, Draco déduit que c'est la perspective de réussir la mission qui lui permettra d'évincer son père qui est responsable de sa joie.
Il finit donc de se préparer sur un petit nuage puis contemple ses trois malles préparées la veille. Faire ses bagages est toujours un déchirement pour Draco parce qu'il ne peut pas emporter toute sa garde robe et que faire un choix est un tourment. Ce serait terrible qu'il se trompe et qu'une tenue lui fasse cruellement défaut. Il a donc fait et refait ses paquets jusqu'à ce qu'il se dise que son appartement n'était pas loin et qu'il pourrait toujours faire un saut pour récupérer ce qui lui manque. Il pousse un soupir puis fait léviter ses malles pour enfin quitter son appartement et transplaner devant les grilles de Poudlard.
Il retrouve toute sa hargne lorsqu'il réalise le trajet qu'il doit faire en trainant ses bagages derrière lui pour atteindre les portes du château et il maudit les vieux fous séniles qui laissent des sorts anti-transplanage alors que la guerre est finie.
Lorsqu'il arrive enfin dans le hall, il est épuisé et en sueur parce la journée ensoleillée annoncée par le petit oiseau s'est transformée en une journée caniculaire à ne pas mettre un hyppogriffe dehors. Il laisse retomber ses malles au sol avec un soupir de soulagement puis pose son front bouillant sur le mur de pierre le plus proche. Et là, il la sent. Il sent la magie du château qui court dans le mur et qui lui souhaite la bienvenue en se mêlant à la sienne. Il reste un moment immobile à savourer ce sentiment de sécurité qu'il ne connaît qu'à Poudlard ou en présence de… « Potter ! ».
Draco vient d'apercevoir du coin de l'œil son décoiffé qui le regarde bras croisés et tête penchée avec un petit sourire complice, ou moqueur peut-être, aux lèvres. Le cri de Draco le fait bouger et il se dirige vers lui avec cette fois un grand et franc sourire.
« Draco, je suis content de travailler avec toi et Dumbledore m'a chargé de t'accueillir et de te guider ». Et là ce trou du cul fait une chose ignoble… Il lui tend la main. Draco la regarde pendant un instant pour dire adieu à tous ses rêves de revanche puis, sans plus réfléchir, tend la sienne. Le contact de la peau de Potter est doux et électrisant, il retient à grand peine l'envie de caresser de son pouce le dos de cette main qu'il a tant désiré. Heureusement, la fierté des Malfoys reprend le dessus, il lâche la main après l'avoir serré virilement (à son avis) et il se recompose un visage hautain.
« Potter, je crois que je connais suffisamment le château pour me guider tout seul ». Et voilà, comment on remet un Potter à sa place. Sauf qu'il ne paraît ni fâché, ni déconcerté, plutôt amusé.
« Je n'en doute pas une minute mais je ne crois pas que tu saches où se trouvent tes appartements, si ? ». Et voilà, un point pour le balafré mais ce n'est que provisoire. En plus, il a le culot de se retourner pour partir, attendant sans doute que Draco le suive. Ce qu'il va faire puisque de toute façon il n'a pas le choix, lorsque Potter, sans se retourner, lui lance, « ah, au fait, je pense que tu peux m'appeler Harry puisque nous sommes désormais collègues ».
Et voilà, il suffit qu'un mage noir disparaisse pour que le monde devienne fou. Au lieu de diriger un empire financier, il va se retrouver dans une bibliothèque poussiéreuse et son ennemi lui demande de l'appeler par son prénom.
« Comme tu veux, Harry » dit Draco avant de se dépêcher de le suivre.
Après s'être battus avec un nombre incalculable d'escaliers particulièrement peu coopératifs, ils arrivent dans une tour inconnue de Draco et devant le portrait d'un jeune homme accoudé à un balcon, les yeux rêveurs, qui semble attendre que quelqu'un vienne lui chanter la sérénade. Il est impossible qu'une scène aussi niaise puisse garder ses appartements.
« Voilà nous y sommes »
Et bien si.
« J'espère que ça va te plaire, je me suis chargé moi-même de la décoration ». Draco pousse un profond soupir, il craint le pire, dans le genre du rouge et or de partout. Il va être obligé de tout changer.
« Fleur bleue » articule distinctement Harry, se qui provoque immédiatement un beau lever de sourcil Malfoyen. Le jeune homme du tableau lève les yeux vers eux, puis ce petit blondinet assez efféminé, le fixe un moment avant de commencer à parler, « Mais c'est qu'il est canon le beau blond ! Voilà donc le- »
« Soit gentil, tais-toi et ouvre la porte » le coupe Harry. Le blondinet se renfrogne mais obtempère néanmoins et reprend sa position sur le balcon sans faire plus attention à eux.
« J'espère que je peux changer de tableau et de mot de passe… »
« En fait, non ! » répond Harry d'un ton que Draco trouve un peu trop désinvolte. Il s'apprête à répondre vertement lorsqu'il reste bouche bée devant la pièce qui s'offre à ses yeux.
Toute la décoration ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de son propre salon. Estomaqué, il reste silencieux et figé puis se dirige prestement vers la porte qui doit donner sur la chambre. Idem. La salle de bain. Idem… C'est impossible, il n'y a que Blaise et Théodore qui soient venus dans son appartement. Comment Potter a-t-il pu savoir qu'il aime les tons sables mélangés à du bleu indigo ?
« C'est impossible… »
« Ça ne te plait pas ? ». Potter semble vraiment contrarié et le fixe avec la tête penchée et un air affolé comme si le fait que sa décoration puisse ne pas plaire à Draco soit la pire chose au monde. Il est vraiment mignon.
« Si, justement et je me demande comment tu as fait pour connaître mes goûts ? »
Le sourire de Potter est revenu de plus belle et Draco se dit que même si la décoration avait été à chier, il aurait menti rien que pour voir ce visage radieux.
« Secret de Gryffondor ! Je te laisse t'installer et je passe te prendre pour aller déjeuner. Ensuite, je t'emmènerai à la bibliothèque pour te donner les clés et les consignes de Dumbledore ».
« Ce n'est pas la peine de te déranger, je trouverai le chemin jusqu'à la grande salle tout seul ».
« Oh, ça ne me dérange pas du tout. Mes appartements sont juste à coté des tiens, mon portrait représente un jeune homme brun agenouillé sous un balcon. En fait, nous sommes les seuls habitants de cette tour. Donc je repasse dans une heure ». Avant que Draco n'ait le temps de régir, Potter a déjà quitté la pièce et claqué la porte derrière lui. Ces Gryffondors, ils ne sauront jamais agir avec discrétion !
Draco range dans les placards le contenu de ses malles. C'est juste, mais tout rentre. Comme il a utilisé la magie, toute l'opération ne lui prend que quelques minutes et désœuvré, il s'allonge sur son lit, met ses mains derrière sa tête et laisse son esprit dériver vers… Potter.
Ces retrouvailles sont étranges, c'était bien lui mais en même temps il a changé. Bon il est toujours canon. Ses yeux surtout, ils sont toujours aussi éclatants et reflètent ses émotions ils sont aussi transparent que du cristal… vert. Mais ils ne reflètent plus la même chose, avant c'était facile de voir l'exaspération laisser place doucement à la colère puis à l'envie de frapper. Là, lorsqu'il la vu dans le hall, ces yeux reflétaient quelque chose d'étrange, comme de la tendresse ? Non c'est stupide.
Et puis ses fesses ! Merlin en soit témoin, Potter a le plus beau fessier du monde magique. Lorsqu'il l'a suivi dans les escaliers, il ne pouvait plus lâcher ses globes parfaits, ronds et fermes qui sont faits pour que Draco y pose… Hum, hum… Il est parfois préférable de ne pas laisser ses pensées s'égarer.
En tout cas, sa réaction à lui n'a pas changée, son cœur s'est mis à battre plus vite dés qu'il a rencontré ses yeux et il est devenu carrément fou, cherchant à sortir de sa poitrine, au premier sourire. C'est l'effet que lui a toujours fait Potter, sauf que maintenant il n'a plus envie de le frapper pour décompresser. Et dire son prénom à voix haute, c'est vraiment bizarre, comme si ces cinq malheureuses lettres, qui ne forment même pas un ensemble harmonieux, avaient le pouvoir de créer de l'intimité et du plaisir. Draco baille, élégamment, plusieurs fois puis finit par sombrer dans le sommeil.
Il se sent tellement en sécurité qu'il dort comme une souche et n'entend rien des coups frappés sur sa porte et des cris qui les suivent. Pourtant le volume sonore du Gryffondor est connu pour sa force.
ooOOoo
Harry fixe la porte comme si elle pouvait lui dire ce qui se passe. Il a bien essayé d'interroger le blondinet du tableau mais comme il était vexé d'avoir été coupé dans sa phrase, il refuse obstinément d'ouvrir la bouche. On se demande qui lui a servi de modèle pour qu'il soit un tel boudeur !
Après une longue hésitation, au moins cinq secondes, Harry prononce le mot de passe et le blondinet lui ouvre l'accès à contrecœur.
« Toi, si tu continues comme ça, tu n'es pas prêt de retrouver ton amoureux » marmonne Harry.
En rentrant dans le salon, Harry voit immédiatement que la porte de la chambre est entrouverte. Si Draco ne l'a pas fermée, c'est surement qu'il ne voit pas d'objection à ce qu'il entre, non ?
La chambre baigne dans une douce lumière qui passe au travers des persiennes fermées. Draco est endormi sur son lit avec une expression de contentement qu'Harry a rarement eu l'occasion d'observer sur ce beau visage qui ne laisse habituellement filtrer aucune émotion. Fasciné, il se rapproche à pas de loup, jusqu'à buter contre le lit, puis il se penche sur le visage endormi pour ne rien rater de ses émotions.
ooOOoo
Draco est dans la bibliothèque de Poudlard avec Harry qui lui donne les consignes de Dumbledore. Il l'entraîne dans une allée sombre pour lui montrer les livres de sortilège, au programme des septièmes années, qui doivent être renouvelés. Mais tout à coup, il se retourne et le plaque contre une étagère qui tremble sous le choc. Comme Draco. Il tremble de colère et de déception, pourquoi Harry veut-il se battre ? Il a pourtant été accueillant tout à l'heure. Lorsqu'il rencontre le regard du brun, il sent ses forces l'abandonner, ce n'est pas de la colère qui les remplit, c'est autre chose, quelque chose qui provoque des frissons tout au long de sa colonne vertébrale, quelque chose qui lui donne beaucoup trop chaud… du désir. Pour confirmer son interprétation du regard Potérien, une jambe vient se glisser entre les siennes et frotte son entrejambe, il va fondre. Puis tout à coup, Harry rapproche son visage, il ne voit que ses lèvres humides qui se dirigent tout droit vers les siennes. Doux Merlin, Harry veut l'embrasser !
C'est trop… il se réveille et se redresse brusquement sur son lit…
Un choc, un son mat et une douleur terrible lui traverse la tête. Il pose sa main sur son front et frotte puis ouvre les yeux lorsque la douleur s'atténue pour découvrir, stupéfait, Potter qui se frotte aussi le front. Son esprit se met à tourner à vide, pendant quelques secondes il se dit qu'il ne rêvait pas, que Potter a voulu l'embrasser et qu'il lui a donné un coup. Puis ses pensées s'éclaircissent, ils ne sont pas dans la bibliothèque et Potter n'a pas sa jambe entre les siennes. Mais qu'est-ce qu'il fout là ?
« C'est quand même dingue ! Même sans faire exprès on arrive à se donner des coups ! » dit Harry en grimaçant, une belle bosse rouge est en train d'apparaître sur son front.
Bon c'est un accident, Potter n'a pas voulu le frapper. Puis tout à coup, il réalise la situation, il est assis sur son lit avec sans doute la même bosse en formation sur son front et Potter est assis par terre avec l'expression d'un oisillon tombé du nid. Un truc bizarre se forme dans son ventre puis remonte jusqu'à sa gorge et il ne peut pas se retenir, Draco Malfoy, héritier de l'empire Malfoy, part dans un fou rire. Au début, ce sont plutôt des gloussements parce qu'il n'a pas l'habitude, mais très vite il ne se retient plus et se laisse tomber sur le lit en se tenant le ventre, secoué par d'énormes éclats de rire.
Harry en oublie sa bosse, il écarquille les yeux, ne pouvant pas croire ce qu'il voit. Mais le rire de Draco est communicatif et Harry est bientôt lui aussi gagné par le fou rire. Ils passent dix bonnes minutes à ne pas pouvoir s'arrêter, dés qu'ils se calment, il suffit qu'ils se regardent pour repartir de plus belle.
Lorsqu'ils réussissent enfin à s'arrêter, Draco essuie les larmes qui perlent à ses yeux puis parle d'une voix hachée « qu'est-ce que ça fait du bien ! »
« Oui, on oublie tous ses problèmes et la vie est belle »
« Tu as des problèmes ? » demande Draco d'un ton vraiment concerné et Harry rougit inexplicablement.
« Pas vraiment, juste quelque chose qui me préoccupe »
« Si tu as besoin d'en parler, je suis prêt à t'écouter »
« Crois-moi, je t'en parlerai un jour… ». Le ton d'Harry est tellement solennel que Draco lève un sourcil interrogateur mais le brun se ressaisit, l'attrape par la main pour lui faire quitter son lit.
« Allez paresseux, c'est l'heure de manger ».
La main d'Harry qui tient la sienne lui fait oublier toutes ses interrogations. Mais pourquoi une chose aussi stupide le rend-il aussi heureux ? Le chemin jusqu'à la grande salle passe trop rapidement et Draco récupère de justesse tout son self contrôle lorsqu'il passe les portes. Seule la table des professeurs est occupée. Dumbledore se tient au milieu, entouré de Lupin, Black, Severus et la miss je sais tout. Il suit Harry et fait un signe de tête pour saluer l'assemblée. Il prend la place qui lui est désignée entre Hermione Granger et Harry. Son parrain lui fait un signe de tête et un regard qui veulent clairement dire qu'il va devoir donner une explication pour sa présence ici. Pour l'instant il n'y fait pas attention et prend sa place en se tournant vers Granger.
« Je suis surpris de ne pas voir une belette aux alentours… »
« Oh. En fait Ron et moi avons vécu six mois ensemble après Poudlard et puis nous nous sommes rendu compte que nous n'étions pas fait l'un pour l'autre. J'ai rejoins Poudlard et lui a intégré la gazette du sorcier où il tient la rubrique sportive. Il vit avec Lavande Brown. Tu n'as pas lu ses articles ? »
« Non. Je ne lis pas ce torchon. Tu n'as pas trouvé quelqu'un d'autre ? »
Hermione rougit et Harry sursaute, « c'est très indiscret comme question ! »
« Laisse Harry, ce n'est pas grave. Si, en fait, je fréquente quelqu'un depuis un an mais nous sommes très différents et nous prenons le temps d'apprendre à nous connaître avant de nous afficher en public »
« Un an ?! Ce n'est pas prendre son temps, c'est le gaspiller ! »
Hermione paraît très fâchée par la réponse de Draco et regarde fixement Harry. « Pourtant, j'en connais qui mettent beaucoup plus de temps ne serait-ce que pour se déclarer ! »
C'est au tour d'Harry d'aborder une belle teinte rouge sur les joues, ce qui lui va très bien d'ailleurs, de l'avis de Draco. « Si on mangeait, on a du travail après ».
Le repas se passe plutôt bien, ponctué par les piques que s'envoient Sirius et Severus et les soupirs de Rémus et Harry. Dumbledore quant à lui se contente de sourire avec bienveillance et de s'empiffrer de tarte au citron. Draco pour sa part savoure pleinement ce repas. De la table des professeurs, tout semble différent et il se sent bien, assis entre deux Gryffondors.
Une fois le repas fini, Harry propose de le conduire à la bibliothèque pour qu'il prenne ses repères. Draco le suit avec joie, il est content de retrouver cette pièce dans laquelle il s'est toujours réfugié lorsqu'il avait des problèmes.
Harry lui remet les clés de la porte d'entrée et celles de la réserve. Draco s'en saisit religieusement, il regarde fasciné les clés de la réserve, cette pièce interdite à laquelle il va désormais avoir un accès illimité et, cerise sur le gâteau, à laquelle il pourra, ou non, laisser accès aux autres. Il ouvre la porte et en entrant, il est assailli par l'odeur familière des livres. Il se sent vraiment bien, il est sur son territoire. Harry lui donne rapidement les consignes d'ouverture et de fermeture de la bibliothèque puis lui montre le nouveau rayonnage qu'il ne connaît pas sur la littérature moldue. Il semble comprendre l'envie de Draco de prendre possession seul de son nouveau territoire et le laisse.
Draco se promène dans les différentes allées, il laisse ses mains effleurer la tranche des livres et en prend un ici ou là pour le toucher et le sentir. Les livres dégagent un magnétisme incroyable, depuis qu'il est tout petit, ils l'ont toujours fasciné. Ils renferment toute la connaissance du monde et aujourd'hui, il règne sur cet empire et il doit bien reconnaître que c'est cent fois plus jouissif que diriger celui des Malfoys.
Il ouvre la porte de la réserve et entre comme dans une église. L'odeur est particulière, c'est celle des vieux livres qui ont une histoire. Il en prend plusieurs au hasard et constate avec plaisir qu'aucun d'entre eux n'essaye de le mordre ou de se rebeller. Ils l'ont accepté comme gardien et ça le rend bêtement heureux.
Lorsqu'il reprend contact avec la réalité, il se rend compte que ça fait des heures qu'il déambule entre les rayonnages, il a raté le dîner et il est largement temps qu'il regagne sa chambre. Il passe par le rayon littérature moldue et choisit un ouvrage pas trop épais pour commencer à préparer ses cours, autant ne pas se payer un pavé tout de suite.
Une fois dans sa chambre, il pose le livre sur la table du salon et part prendre une douche et se mettre en pyjama. Il se sert un bourbon puis s'assoit dans un confortable fauteuil en cuir pour commencer sa lecture. Il prévoit d'y passer au maximum une heure avant d'aller se coucher.
Au bout de cinq heures, il repose le livre qu'il n'a pas pu lâcher. Sa gorge est serrée et ses yeux piquent. Ce livre est étrange, il ne pensait pas que des moldus soient capables d'écrire des choses pareilles.
Le livre le fait réfléchir et penser à Potter. Si Harry avait été à la place de Chloé et qu'il ait eu un nénuphar dans les poumons, c'est sur que comme Colin, il se serait ruiné pour acheter les fleurs capables de le sauver, sans Harry, la fortune des Malfoys n'aurait plus aucun intérêt. Et si Harry était mort… Et bien, comme la souris, il aurait mis la tête dans la gueule du chat.
Il ne veut pas pleurer, un Malfoy ne pleure pas. Il sait que la seule chose capable de le réconforter est un chocolat chaud. Alors il décide de se rendre aux cuisines.
Il a à peine fait deux pas hors de sa chambre qu'il tombe sur l'objet de ses tourments. Mais que fait Potter dans les couloirs à deux heures du matin ?
Draco est paniqué, Harry va lui parler et il ne peut pas répondre parce que s'il ouvre la bouche, il va se mettre à pleurer et s'il ne s'autorise pas à pleurer tout seul dans sa chambre, il ne va surement pas s'autoriser à pleurer devant Potter.
« Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Qui t'a fait du mal ? ». Et voilà… Mais avant que Draco ait essayé de se contrôler suffisamment pour dire qu'il n'a rien et qu'il veut être seul, Harry a encore attrapé sa main pour l'entraîner vers un portrait qui représente la même scène que le sien, sauf qu'un brun est agenouillé sous le balcon, semblant attendre l'apparition de sa dulcinée.
« Lune de miel »
Draco n'a même pas la force de se moquer et il se laisse entrainer à l'intérieur par un Potter tellement en colère que sa magie crépite autour de lui, du coup le jeune brun du portrait tout tremblant n'a pas mis deux secondes à ouvrir le passage.
Harry le fait asseoir sur un canapé confortable et lui met un coussin dans le dos comme s'il était une petite chose fragile. Il ne peut toujours pas parler et donc protester, il se contente de se laisser aller.
Harry disparaît quelques minutes derrière une porte et réapparait promptement avec une tasse de chocolat fumant. Il s'assoit à coté de Draco et lui tend la tasse. Le blond souffle doucement dessus et le boit mais il ne ressent pas le réconfort habituel et c'est la sollicitude de Potter qui le fait craquer, il se met à pleurer comme un enfant.
Harry, qui semble aussi sur le point de pleurer, se rapproche et le prend dans ses bras. Ce geste fait redoubler les larmes de Draco et Harry le tapote maladroitement dans le dos en prononçant des paroles sans queue ni tête. Lorsqu'il se calme un peu, Harry prend la parole.
« Dis-moi qui t'a fait du mal ? »
« Boris Vian »
« Je vais le tuer »
« Il est mort il y a cinquante ans »
« Hein ? »
« C'est un auteur moldu, il a écrit un livre, l'écume des jours, et ça m'a ému. C'est idiot, hein ? »
Harry resserre ses bras autour de lui et parle doucement, « non, ce n'est pas idiot et il faut que tu me prêtes ce livre parce que, pour te faire pleurer, cet auteur doit être un génie »
Evidemment, Draco ne peut pas dire que c'est l'idée de la mort d'Harry qui a provoqué son envie de pleurer et que c'est sa sollicitude qui l'a empêché de se contenir, ce qui ne change rien au fait que Boris Vian est un génie. « D'accord, je te le donnerai demain. Mais pour l'instant je vais aller dormir ».
Draco se dégage à regret des bras d'Harry et se dirige vers la porte. Avant de l'atteindre, il dit sans se retourner, « merci pour le chocolat… Et le reste ». Puis il sort, il n'a pas besoin de le voir, il sait qu'Harry sourit.
ooOOoo
Allongé dans son lit, Draco ne trouve pas le sommeil. Il décide qu'un Malfoy ne doit pas se voiler la face et qu'il doit admettre la vérité. Il se sent bien à Poudlard. En une journée près d'Harry, il a rit aux éclats, il a pleuré et il s'est senti plus vivant que pendant les trois dernières années. Il est tout simplement heureux et surtout, il est bien dans les bras de Potter.
Il est amoureux d'Harry Potter et ça ne date pas d'hier.
Une fois qu'il a admis cet état de fait, il se sent beaucoup mieux et peut enfin trouver le sommeil. Il verra demain ce qu'il va faire de cet aveu.
A chaque jour suffit sa peine.
A suivre
J'ai fait dans ce chapitre un petit hommage à Boris Vian parce que… je l'aime.
RAR sans mails
Clio : merci beaucoup pour tes deux reviews et j'espère que mon imagination ne te déçoit pas !
Kikiwi : j'espère que tu as aimé ce que j'ai mijoté !
Li-san : merci pour le petit mot et j'espère que la suite te plait
sSselana : je suis contente que tu aimes toujours. Tu me diras si ta petite idée était la bonne…
Rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre 3 : Le jour des révélations
