Quoi ?! Déjà un nouveau chapitre ?! Mais, mais, que t'arrive-t-il, Tara730 ? Es-tu malade ?

Bref. Restons calmes. Asseyez-vous confortablement, ce chapitre est un peu plus long que d'habitude. Prenez une tasse de café, du lemoncurd, n'importe quoi… et Enjoy !


Chapitre 3 : Les révélations

-OoO-

"DONNER DE LA MAGIE AUX MOLDUS ?!" tonna Voldemort.

Arès ne l'avait jamais entendu hurler. Pas à ce point. Les yeux rouges étaient exorbités à l'extrême. Visiblement, il était très en colère. Les traits élégants du Seigneur des Ténèbres étaient tordus sous l'effet de sa rage. Au lieu de paraître n'avoir qu'une trentaine d'années, il semblait se transformer en une créature hideuse quand il était autant en colère.

"C'est du bluff de la part de Grindelwald" tenta-t-il de le rassurer. Il n'était plus vraiment sûr que ce fût du bluff mais il ne fallait mieux pas que Voldemort entende ça.

Hermione se tenait un peu en retrait, impassible. Arès ne pouvait que l'admirer pour son courage, dans ce genre de situation beaucoup d'autres seraient en train de trembler de la tête aux pieds.

Voldemort brandit sa baguette d'un grand geste de bras et menaça la jeune fille. "Tu veux dire, Black, que cette… Sang-de-Bourbe" il cracha ces mots comme s'ils lui avaient brûlés la langue, "… qu'elle a travaillé pour Grindelwald ?"

"C'est un bien grand mot" fit l'intéressé en s'asseyant sur le bord du grand bureau en bois. "Si elle avait su pourquoi il lui demandait de faire ça, elle ne l'aurait jamais fait. Pas vrai, Granger ?"

Elle hocha lentement la tête, son regard navigant entre les deux mages noirs – l'un tout à fait énervé et l'autre semblant décontracté, comme s'il avait ce genre de gentilles petites discussions tous les jours.

Un silence inconfortable s'étira. Arès pianota du Satie sur sa cuisse, fit une fausse note imaginaire, haussa les épaules et recommença.

"Pourquoi ?" demanda finalement Voldemort, menaçant toujours l'étudiante de sa baguette.

Arès mit quelques secondes à comprendre la question. Il interrompit son morceau à contrecœur. "Tout simplement parce qu'il peut. Tu te rappelles, ce qu'il veut c'est mettre les Moldus en esclavage ? Plus ou moins ? Là, il a l'arme parfaite pour convaincre les dirigeants Moldus à se prosterner à ses pieds."

Voldemort fit un geste agacé. "Ils ne le croiront jamais."

"Sauf s'il se montre convaincant" argumenta Arès avec l'ombre d'un sourire.

A ces mots, le Seigneur des Ténèbres pivota dans sa direction et sa baguette lança quelques étincelles argentées. "Black. Tu ne m'avais jamais parlé de tout cela. As-tu quelque chose à cacher peut-être ?"

"Au sujet de Dimitri ?" demanda innocemment l'adolescent. "Non."

Voldemort retroussa la lèvre supérieure et jeta littéralement sur lui, l'attrapant par la gorge et le soulevant du sol.

Arès essaya tant bien que mal de s'accrocher au poignet pâle pour réduire la pression sur sa trachée. Pour la forme. Intérieurement, il se mettait à rire.

"Tu…" tenta-t-il de dire dans un râle rauque. "es… Ja-…"

La baguette d'if se planta entre ses deux yeux. "Finis ta phrase et je te tue, Black."

Si Arès avait récupéré de son Exhaustion Magique Extensive à ce moment-là, ça aurait probablement tourné au carnage. L'escalade de la violence. Des meurtres domestiques arrivent pour moins que ça ; alors, rajoutez à l'équation des pouvoirs magiques et c'est le drame. Comme il ne pouvait rien faire d'autre – et de toute façon, l'oxygène commençait à lui manquer – il se mit à rire. Ses épaules étaient secouées de tremblements hilares et ses yeux se plissèrent.

Voldemort n'en fut pas ravi.

"Doloris."

Lorsque le sort fut levé quelques secondes plus tard, Arès était sur le point de s'évanouir. Il rassembla le peu de forces qu'il avait pour forcer son regard à affronter celui du mage noir. Pendant un instant, il crût que l'autre allait l'embrasser.

"Doloris."

Cette fois-ci, la main le relâcha et il se laissa tomber par terre en hurlant alors que le maléfice traînait en longueur. Ses mains se crispèrent sur le bas de la robe de son tortionnaire. Il s'y accrocha désespérément, se sentant tomber dans un abysse.

Et ce fut fini. Lorsqu'il ouvrit les yeux, Voldemort était penché sur lui, sa baguette toujours fixée sur son front.

"Tu le paieras, salopard" murmura Arès sans force.

L'instant d'après, Voldemort l'embrassait avec violence, mordant ses lèvres et dévorant sa bouche. Il se laissa faire, profitant de ces instants pour calmer les soubresauts qui agitaient ses jambes en posant sa main sur sa cuisse droite. La baguette d'if était tombée sur le sol à un moment, juste à côté de la tête d'Arès ; il la sentit rouler le long de sa joue quand Voldemort lui plaqua la tête sur le côté pour lui mordre la mâchoire inférieure. Il gémit. Il s'en voulait d'être aussi faible, et il en voulait à l'autre d'en profiter ainsi. S'il avait été en état de penser, pourtant, il aurait été conscient que Voldemort ne pouvait que saisir une telle occasion de lui montrer sa domination.

Transporté par l'excitation, rendu fébrile après les Doloris, il leva une main flageolante vers l'autre et lui attrapa les cheveux et lui rendit son baiser. Qu'il prenne au moins le dessus de cette façon, c'était mieux que rien. Il se redressa, continuant à lutter pour imposer son propre rythme au baiser ; il se retrouva assis sur les genoux de Voldemort, lui-même assis à même le tapis. Ça commençait à devenir très intéressant.

"Hmm-hmm" les interrompit une voix à l'autre bout de la pièce.

Ils tournèrent la tête au même moment. 'Hermione !' Arès jura. Il l'avait complètement oubliée.

"Euh…" fit Arès en ôtant sa main du pantalon de Voldemort. Deux mains fines restèrent posées sur ses fesses. "C'est un peu gênant."

La sorcière était toute rouge.

Voldemort ne semblait pas gêné le moins du monde. "Donc tu n'as pas choisi de me parler du plan de Grindelwald. Je ne suis pas content."

Leurs visages étaient presque collés ; il avait dit cette phrase tout doucement, mais on sentait un léger tremblement de la voix derrière. Il était quand même bien en colère.

Arès se souvint de sa décision plus tôt dans la soirée de ne plus avoir recours au sexe ; il se leva à regret, se dépêtrant du mieux qu'il pouvait entre les jambes de l'autre.

"Qu'est-ce que tu veux faire de la Sang-de-Bourbe ?" s'enquit Voldemort en se relevant à son tour, bien plus gracieusement qu'Arès.

La jeune fille n'avait toujours pas bougé. Arès sonda son regard. Elle était intelligente, sensible et idéaliste. Elle ne rejoindrait jamais leur camp volontairement. Pourtant, il savait que c'était possible. Elle était bien trop utile pour qu'il la laisse passer comme ça. Il allait bien trouver un moyen de la convaincre.

"Granger, soyons francs. Si nous te laissons partir librement, tu vas rejoindre l'Ordre du Phénix ?"

Elle soutint son regard sans sourciller. "Oui. Il faut bien que quelqu'un vous empêche de…" Elle s'interrompit quand Voldemort claqua de la langue.

"Bien. Je te comprends" énonça Arès alors que son idée se précisait. "Je ne t'en empêcherai pas." Voldemort inspira bruyamment. Hermione se figea. "A une condition : que tu rejoignes d'abord le Sol Niger."

"Si elle tente quelque chose, je te tue" prévint froidement Voldemort.

"Tout va bien" l'assura Arès. "Le Sol Niger, c'est le nom qu'on donne à un groupe de sorciers que je dirige personnellement. Tu en as vu quelques uns cette année, à part Dimitri et l'autre écervelé, tous ceux qui venaient de Durmstrang en font partie. On est plusieurs dizaines. C'est l'équivalent des Mangemorts, si tu veux ; sauf que c'est à moi que tu devras répondre."

"C'est hors de question" fit-elle en relevant fièrement la tête. "Toi et Dimitri, vous êtes les mêmes, vous êtes des meurtriers. Je n'espionnerai jamais pour toi, plutôt mourir."

"Puisqu'elle le demande…" ricana Voldemort en levant sa baguette.

Arès s'interposa. "Laisse-moi faire" énonça-t-il clairement, un peu exaspéré. "Granger a peur de se faire manipuler après ce que lui a fait Grindelwald, c'est normal. Elle va venir avec moi. Dans deux semaines au plus tard, je te promets qu'elle aura compris l'intérêt qu'elle a à coopérer."

"Tu es un idiot, Black. Des comme elle, il y en a plein en bas. Je suis sûr que tu trouveras quelqu'un de plus… adapté."

"Persifleur. Je te dis, fais-moi confiance sur ce coup-là."

"Tu t'acharnes pour rien. Regarde-la. Elle veut mourir."

Hermione n'avait pas bougé. Son expression était résolue. Arès émit un son de gorge, à mi-chemin entre le rire et l'exclamation. "Tu verras" ricana-t-il en direction de Voldemort. "Appelle mon père, veux-tu ?"

Voldemort grinça des dents mais s'exécuta quand même, appelant un Mangemort qui était resté de l'autre côté de la porte. Pointant sa baguette sur la Marque des Ténèbres gravée dans le bras de son serviteur, il jeta un coup d'œil circonspect à Arès.

Juste après, Regulus transplanait à côté d'eux. Il interrogea son fils du regard, surpris de le revoir si tôt.

Voldemort ricana à son tour. "Ton fils est en plein déni. Je te confie cette… chose" laissa-t-il traîner en désignant Hermione. "Arès, si ça tourne mal, je te préviens, tu seras puni. Déguerpissez."

Arès adressa un sourire radieux à Voldemort. "Je savais que tu finirais par voir les choses à ma façon."

Regulus attrapa le bras d'Hermione, qui le fixait avec méfiance. Elle se laissa faire, néanmoins. Arès les rejoignit, et ils transplanèrent sous l'œil moqueur de Voldemort.

-OoO-

Hermione fut conduite à un fauteuil face au feu qui vrombissait dans la cheminée de Regulus. Lennart était encore là, attendant visiblement le retour de son compagnon.

Arès se laissa tomber sur le canapé, épuisé.

"Que s'est-il passé, Arès ?" lui demanda finalement son père, sans quitter la captive des yeux.

"Juste quelques Doloris, rien de bien méchant" soupira-t-il.

"Je savais bien que c'était une mauvaise idée que vous y alliez directement" désapprouva Lennart. "Si vous aviez…"

Arès leva les yeux au ciel. "Oh, Jonah. Ce n'est rien, franchement. Si ça permet à Voldemort de mieux dormir cette nuit, laissons-le croire qu'il a encore le dessus."

Lennart haussa un sourcil. "C'est sûr que de toute façon, sans magie, vous n'aviez pas d'autres choix que vous laisser faire" railla-t-il.

"Et qu'est-ce qu'on fait d'elle ?" s'enquit Regulus en désignant Hermione du menton.

Il était très tard, ou très tôt selon la façon dont on voyait les choses. Trois heures du matin, c'était trop tôt pour rassembler le Sol Niger. Arès décida de dormir quelques heures, s'il le pouvait ; il fit enfermer Hermione dans la chambre qu'il occupait d'habitude dans les appartements de son père. Elle ne semblait pas ravie, mais elle ne prononça pas un seul mot.

Dès que Regulus et Lennart le rejoignirent près du feu, il sut qu'il ne pourrait pas dormir tout de suite. Il attrapa sa tête douloureuse entre ses deux mains, plaquant ses paumes contre son front brûlant.

"Arès, je voulais te dire que Jonathan m'a déjà tout dit. Je suis au courant. Je sais que tu es Hylil" annonça l'héritier des Black.

Il grogna. "Est-ce qu'on pourrait avoir cette discussion à un autre moment ?" Il n'eut pas de réponse. Il ne releva pas la tête pour autant.

"Tu restes mon fils" déclara Regulus d'un ton péremptoire. "Je refuse que tu te mettes en danger tout le temps comme tu le fais."

Arès se força à respirer profondément. En tant que dieu, avoir affaire à ce genre de situations était risible. Répondre à de simples humains qui ne voyaient pas plus loin que leur propre vie… C'était de la pure perte de temps et d'énergie, de son point de vue. Il aurait bien envie de les envoyer sur les roses, mais pour être honnête, il en était incapable. Chaque petite chose était importante dans le schéma général du monde, et l'attachement que lui portait Regulus en faisait partie. Comme sa relation floue avec Voldemort.

"La prochaine fois que j'irai voir Voldemort, dans l'hypothèse où je ne serais pas encore guéri complètement d'ici là, tu m'accompagneras. Ça te va ?"

"C'est d'accord." Ça sonnait plus comme un compromis. Après quelques temps, Regulus ajouta : "je ne veux pas non plus agir comme si de rien n'était. Comment dois-je t'appeler, déjà ?"

"Il n'y a pas grand-chose de changé" expliqua Arès. "Au final, ça revient au même. Je dois jouer le rôle d'Arès Black. Il ne faut surtout pas que les dieux se doutent de quelque chose. S'ils venaient à savoir que je suis sur Terre et qui je suis, tout deviendrait très compliqué."

A cette pensée, il eut l'impression que sa migraine redoublait.

Il allait falloir être très prudent dans tout ce qu'il ferait. Ne surtout pas trop attirer l'attention sur ses agissements avec l'Ordre de l'Aube Dorée, premièrement.

Chaque chose en son temps, se dit-il en se préparant à dormir quelques minutes plus tard. Après avoir avalé quelques potions de soin, il se laissa tomber dans un sommeil réparateur.

-OoO-

Lorsqu'Arès se réveilla à huit heures du matin, il eut aussitôt envie d'attaquer sa journée. Il avait pas mal de choses à faire et il était impatient de les réaliser.

Il se leva du canapé en s'étirant. Dans la cuisine adjacente, Regulus faisait du thé en sifflotant.

"Est-ce que tu peux faire venir Hermione ici, s'il te plait ?" lui demanda-t-il en s'asseyant sur une chaise. Il était temps qu'il retrouve sa magie, ça devenait ridicule de devoir se faire assister pour des tâches aussi simples.

S'il se reposait un peu plus, peut-être que ça irait plus vite – mais le sommeil, c'est pour les faibles, comme avait dit Gunhild quand ils préparaient leurs examens de fin de scolarité.

"Bien dormi ?" demanda-t-il à l'arrivée d'Hermione. Regulus la faisait marcher devant lui, la baguette pointée entre ses deux omoplates.

Pour seule réponse, elle lui jeta un regard dubitatif. Elle était sa prisonnière, et alors ? Il pouvait quand même bien être poli avec elle.

Ils n'eurent pas beaucoup à insister pour qu'elle mange. Elle semblait affamée. En revanche, elle ne prononça pas un mot, les considérant tour à tour avec méfiance.

"Arès" commença Regulus, marquant un temps d'hésitation.

"Oui ?" demanda ce dernier en tendant un pot de confiture aux abricots en direction d'Hermione, se souciant peu de savoir si elle aimait ça ou non.

"Est-ce que tu veux que je reste ou préfères-tu que j'appelle Jonathan tout de suite ?" demanda finalement son père alors que la jeune femme tartinait son pain d'une main tremblante.

"Tu peux rester. Il nous rejoindra. Je lui ai demandé de réveiller l'Elite."

"Qu'est-ce que tu vas faire ?"

Arès sourit. "On va essayer d'accélérer les choses pour le Sol Niger."

Regulus haussa un sourcil interrogateur mais ne commenta pas. Il devait avoir deviné son intention.

Arès se tourna vers Hermione avec un air de prédateur. "Dis-moi, Granger, que penses-tu de la guerre entre les mages blancs et noirs ?" Elle se figea, reposant sa tartine dans son assiette. "Réponds."

"Je… Que veux-tu que je te dise, Black ? Je suis ta prisonnière, je n'ai pas d'avis à donner."

"Tut-tut. Ton avis m'intéresse."

Hermione s'éclaircit la gorge, le regard fuyant. "Je suis une Née-Moldu. Tu sais déjà ce que je vais dire. Il est hors de question que les mages noirs prennent le pouvoir. Vous êtes tous des…"

Face à son hésitation, le sourire d'Arès s'agrandit. "Oui ?"

"Vous êtes des criminels. Depuis deux ans, Tu-Sais-Qui n'à fait qu'assassiner des gens à tour de bras. Ce n'est pas parce que vous m'avez gardée en vie que je vais changer d'opinion."

"Bien évidemment."

Regulus se tortilla sur sa chaise, visiblement mal à l'aise. "Arès…"

"Chut !" fit ce dernier, toujours fixé sur Hermione. "Alors, tu es prête à tuer des mages noirs pour défendre ton pays ?"

"Je…"

"Tu serais prête à me tuer si tu en avais la possibilité ?"

"Black…"

"Tu serais capable de te transformer toi aussi en meurtrière ? Car c'est ça la guerre en fin de compte. Peu importe les opinions, le bien et le mal, au final, ça revient au même."

"Il faut que Tu-Sais-… enfin, Voldemort. Il faut bien l'arrêter. Il faut que quelqu'un le fasse" déclara Hermione piteusement.

"Probablement."

Ses yeux s'écarquillèrent. Elle dévisagea Arès avec incertitude.

"Ne me regarde pas comme ça" rit Arès. "Personnellement, je suis l'allié et le compagnon de Voldemort. C'était pour la rhétorique." Elle rougit. "Tu ne crois pas qu'il y aurait une meilleure solution que la guerre pour régler les problèmes entre les mages blancs et noirs ?"

Elle hésita. "Le mieux, ça serait que personne ne tente de faire des révolutions sanglantes."

"Voyons !" rit Arès à nouveau. "Comment peux-tu reprocher aux mages noirs d'agir en leur intérêt ? Ils sont ostracisés et pointés du doigt comme des créatures maléfiques. Ce n'est pas un choix pour eux pourtant. On naît chacun avec un type de magie, ce n'est pas pour rien. Ils sont différents, pourquoi devrait-on les condamner pour vouloir être respectés pour ce qu'ils sont ?"

"Il y en a qui choisissent de ne faire que de la magie blanche, comme Sirius" objecta-t-elle.

Regulus renifla dédaigneusement. Arès sourit. "Certes, mais ce faisant, ils vont contre leur nature. Ce n'est pas très bon pour leur magie. Il y en a qui deviennent fous comme ça" fit-il remarquer. "Contrairement à ce qu'on t'enseigne à Poudlard, la magie noire n'est pas dédiée aux forces du mal, comme ils l'appellent. C'est juste une magie différente, c'est pour ça qu'elle vous fait peur."

"Ce n'est pas un prétexte pour tuer des gens à tour de bras !" s'opposa fiévreusement Hermione.

"Certes. Ces méthodes ne sont peut-être pas les meilleures" sourit Arès. "Je vais faire un parallèle facile, je m'excuse d'avance par ce que ça va être un peu maladroit. Tu as grandi comme une Moldue, tu as étudiée leur histoire. Tu sais que les Moldus ont longtemps mis à part ceux qui avaient une religion ou une couleur de peau différente. Et ça continue encore. Je suis sûr que tu as étudié la Seconde Guerre Mondiale et la Shoah, ou encore l'histoire de la société aux Etats-Unis."

Hermione inspira brusquement. "Comment peux-tu comparer de telles choses ?" s'exclama-t-elle. "Les afro-américains ou les juifs n'ont jamais choisi d'être ostracisés, eux ils n'ont pas le même choix que vous. Vous, vous pouvez choisir de tourner le dos à la Magie noire, eux, c'est pour leur couleur de peau ou leurs origines ou leur culture ! C'est différent !"

"Ce n'est pas si différent que ça. Par exemple, Granger, tu es une Née-Moldue. Tu n'as pas choisi ce fait, et pourtant dans le régime de Voldemort tu seras exécutée."

L'atmosphère se fit oppressante. Regulus se passa une main sur le visage. Arès lui fit un clin d'œil pour déjouer les tensions.

"Ce ne sont pas des menaces" poursuivit-il. "Juste une constatation. Pour te faire constater à quel point la société sorcière est injuste. Selon qui est au pouvoir, si tu nais mage blanc ou noir, tu n'as pas les même chances dans la vie. Tu trouves ça correct ?"

"Bien sûr que non !" s'insurgea-t-elle. "Mais il devrait y avoir un moyen pour tout le monde soit respecté. Evidemment, il faudrait que ça se fasse autrement. Si vous passiez par des moyens légaux, si vous étiez des militants plutôt que des terroristes, ça serait déjà-"

A ce moment, Lennart entra dans la pièce. Elle se tut aussitôt, le regardant avec méfiance. Lennart échangea un regard avec Regulus, qui n'avait pas bougé, écoutant attentivement l'échange.

"Jonah !" l'accueillit Arès avec un nouveau sourire. "Viens t'asseoir avec nous." L'Opyr s'exécuta, tirant une chaise sans conviction. "Tout le monde se prépare ?"

"Oui" répondit le concerné. "Mais il faut que je vous dise, ils sont un peu… étranges, depuis Poudlard." Devant le sourcil haussé d'Arès, Lennart soupira. "Je ne leur ai pas demandé ce qu'il se passait. Mais j'ai l'impression qu'il y a des tensions."

"De quel genre ?" demanda Arès, intrigué.

"Je crois qu'ils ont pas mal de doutes" déclara Lennart d'un ton égal.

Regulus approuva. "Je ne sais pas s'ils ont tous bien vécu la bataille. Et Anvald Fröde…"

Arès s'appuya sur la table, s'approchant un peu plus des deux autres sorciers. "Qu'est-ce qui se passe ?"

"Il s'est complètement écarté d'eux" lui apprit son père.

Etrange, se dit Arès. Anvald était un de ses amis ayant la tête la plus froide. "Je m'en occuperai. Merci."

Il se passa un temps de battement pendant lequel le ventre d'Hermione émit un gargouillis sonore. Les regards convergèrent vers elle et elle rougit encore une fois.

"Mange" ordonna Arès en lui tendant la corbeille de pain. "Il faut mieux que tu aies le cœur bien accroché tout à l'heure."

Lennart ricana. "Je comprends mieux maintenant pourquoi vous réunissez tous vos petits amis..."

Arès le fit se taire d'un regard. Bien sûr, il fallait que le vieil homme devine immédiatement quels étaient ses plans pour les jeunes sorciers. L'initiation à l'Ordre de l'Aube Dorée nécessitait un certain état d'esprit pour être possible. Il fallait que le futur membre soit amené à penser de façon similaire à leur éthique avant que les Néphilims se montrent à lui ; dans le cas d'Hermione, il cherchait à lui faire dire dans les grandes lignes que ce qu'elle voulait était que tout le monde vive en paix et en harmonie. C'est pourquoi il la faisait parler et réfléchir depuis une bonne demi-heure, attendant qu'elle soit prête. Et au moins, elle serait un peu plus coopérative pour ce qui allait suivre.

Pour ses amis, ça serait autre chose. Il allait devoir sortir l'artillerie lourde ; à moins que comme Regulus et Lennart l'avaient dit, son Elite commence à douter du bien fondé de leur guerre humaine.

Mais ça, c'était pour plus tard. Présentement, il devait cuisiner la Née-Moldue.

Il se tourna vers elle à nouveau alors qu'elle finissait sa tasse de thé. "Alors, Granger, au final, qu'est-ce que tu souhaiterais pour le monde sorcier, concrètement ?"

Elle reposa sa tasse calmement et s'éclaircit la gorge. "Je ne vois pas l'intérêt de cette discussion, Black. Tu sais très bien que je ne serai jamais une Mangemort."

Arès chassa cette idée d'un geste agacé. "Evidemment. Nous avons déjà parlé de cela. Non, là, je te demande à toi, si tu pouvais faire un vœu pour le monde sorcier et qu'il serait exécuté, ça serait quoi ?"

Hermione le regarda avec suspicion. "C'est une forme de torture, c'est ça ?" Personne ne lui répondit. Regulus se redressa et s'adossa contre sa chaise, Lennart croisa ses mains et regarda ses pouces comme s'ils étaient passionnants et Arès… Arès lui sourit chaleureusement. Elle s'éclaircit la gorge à nouveau. "C'est vous qui provoquez une guerre et vous me demandez ce que j'en pense ? C'est évident, non ? Quand je suis arrivée à Poudlard j'étais… c'était comme dans un rêve. Puis j'ai réalisé au bout de quelques semaines que peu importe que la magie existe ou non, les humains restent les mêmes. Ils sont toujours en train d'embêter les autres, de leur faire du mal, de ne penser qu'à eux-mêmes. C'est quand même le comble : les sorciers reçoivent un don de la nature et ils l'utilisent pour faire le mal ! Moi, ça me révolte. Il y a tant d'injustices… Par exemple, les elfes de maison. Est-ce qu'ils méritent d'être traités comme des esclaves ? Moi je ne le crois pas. Je pensais que l'humanité avait plus évolué que ça."

Lennart haussa une épaule. Arès sourit à nouveau. "Alors, si tu pouvais faire un vœu énorme, changer toute la société, toute l'humanité même… que ferais-tu ?"

Elle se redressa et, plantant son regard dans le sien, déclara avec sérieux : "Je voudrais que l'on puisse enfin vivre tous en harmonie sans chercher à profiter des autres, qu'ils soient des sorciers, des moldus ou encore des créatures."

Arès applaudit avec enthousiasme. "Magnifique, Granger. Je savais que c'était possible. Tu as même dit les mots exacts, c'est très bien."

Elle sursauta. L'étonnement pouvait se lire sur son visage. "Comment ça ? Attends… ne me dis pas que tu vas trahir Voldemort ?!"

Regulus se prit la tête entre les mains.

"Pas de questions, Granger. Tu es ma prisonnière, n'oublie pas" fit Arès avec sérieux. Puis il s'adressa à Lennart qui semblait s'ennuyer ferme. "Jonah, on va aller rejoindre les autres, ils doivent être dans la cour à présent, non ?"

Ils laissèrent Regulus. Hermione était beaucoup plus docile. Ses suspicions s'étaient calmées. Et dire qu'elle croyait qu'Arès était simplement en train de comploter contre Voldemort !

-OoO-

L'Elite du Sol Niger était rassemblée autour de la Fontaine magique de Mimir. Il s'agissait de la fontaine utilisée pour la répartition entre les différents foyers à Durmstrang, entre autres. Mais c'était aussi un point propice aux trajets à travers ondes, en faisant une porte très puissante pour les dieux et Néphilims. Pour cette initiation, il fallait qu'un Néphilim puisse passer en gardant suffisamment de réserves de pouvoir ; une simple flaque d'eau n'aurait pas suffit. Il fallait utiliser les propriétés spéciales de cette fontaine pour initier autant de personnes d'un coup, car elle permettait au Néphilim d'utiliser moins de puissance pour faire le passage à travers ondes.

Il détailla ses amis. Il constata qu'en effet, Anvald se tenait à bonne distance des autres. Malvina lui lançait des coups d'œil désapprobateurs alors que Gunhild l'ignorait soigneusement.

Quand il s'approcha, les regards se tournèrent vers lui. Lorsqu'ils constatèrent qu'il était accompagné, ils se firent interrogateurs.

"Ne faites pas attention au professeur Lennart et à Granger. Ils vont écouter sagement sur le côté" appuya-t-il en en leur direction. "Approchez-vous" ajouta-t-il à l'intention de ses amis en s'asseyant sur le bord de la Fontaine.

Malvina s'exécuta aussitôt, bientôt suivie par Ludwig. Les autres suivirent sans conviction. Lyra restait le plus possible en retrait. Arès fronça les sourcils. Sa meilleure amie semblait troublée.

"Jonah, si tu veux bien leur faire apparaître des fauteuils" réclama Arès. "Ça risque d'être long."

Lennart s'exécuta avec un rictus sardonique qui ne lui échappa pas.

Quand tout le monde se fut enfin installé, il laissa passer son attention sur chacun d'entre eux, même ceux qui évitaient son regard, comme Lyra ou Anvald. Le silence était pesant.

Ludwig s'éclaircit la gorge. "Pourquoi ici ? On ne risque pas de nous entendre ? On pourrait aller dans la salle-"

"Merci, Ludwig" le coupa Arès. "Ne t'inquiète pas pour ça. Jonah a gentiment fait en sorte que les professeurs et les élèves qui restent ici pour les vacances dorment toute la journée. Et puis on est très bien ici."

Gunhild lui lança un regard ébahi. Elle trouvait qu'il faisait quand même sacrément froid.

"Tout d'abord, je vous présente mes excuses" commença Arès. "J'ai été parti plus longtemps que prévu, des problèmes importants m'ont retenus."

"Tu aurais pu prévenir" réprimanda Lyra. "Je me suis inquiétée."

"Je suis désolé" continua Arès avec un sourire d'excuse. "Il s'est passé quelque chose ici ?"

Malvina ricana amèrement. "Tu n'as pas idée."

Ludwig adressa un regard lourd de reproches à la sorcière avant de s'adresser directement à Arès. "Ce n'est pas si grave…"

A ce moment, Anvald se leva, attirant leur attention à tous. Il s'approcha d'Arès, le visage fermé. "Il faut qu'on parle."

Arès se leva à son tour pour être à son niveau. "Que se passe-t-il ?"

"C'est…" Anvald hésitait. "Mon oncle m'a contacté cette semaine. Je… Il est peut-être mieux que…"

"Ne tourne pas autour du pot Fröde !" explosa Malvina. "A moins que tu ne sois qu'un sale petit lâ-"

"Du calme" tempéra Arès.

Il patienta tranquillement pendant que son ami lui avouait qu'il devait rejoindre l'armée de Dimitri. Pour seule réaction, il se contenta de pouffer. Dimi-, non, Grindelwald, avait un sacré culot.

"Et c'est ça qui vous chagrine tant ?" demanda-t-il lorsque le récit d'Anvald fut terminé.

Le jeune Vidar fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi Arès prenait la nouvelle à la légère. "Attends, je suis en train de te dire que je vais te trahir et c'est tout ce que tu trouves à dire ?!"

Arès haussa les épaules. "Que préférerais-tu ? Que je te torture de dépit ?" Anvald blêmit. "Je plaisante. Que tu partes rejoindre Grindelwald ou pas, tu vas rester écouter ce que j'ai à dire. Après on prendra une décision. A moins que tu sois déjà sûr de toi ?"

Anvald était estomaqué. "Mais tu rigoles ! On parle de Krol là ! Bien sûr que non, je ne veux pas travailler pour lui !"

Arès sourit avec indulgence. Il avait toujours trouvé la haine qui régnait entre Dimitri et ses amis à lui attendrissante.

Peut-être qu'il était un peu biaisé.

"Retourne t'asseoir" ordonna-t-il d'une voix ferme. "On en reparlera." Il se tourna vers l'assemblée. "Est-ce que quelqu'un à autre chose à dire avant que je ne commence ?"

Lyra évita son regard à nouveau. Il soupira. Sa meilleure amie transpirait l'incertitude. Avec un peu d'espoir, tout se passerait à merveille. Et vite, si possible, souhaita-t-il amèrement en pensant à Voldemort qui préparait à ce moment-même le coup d'état.

"La situation a changé depuis la bataille de Poudlard" commença Arès, choisissant d'attaquer fort tout de suite. "Il m'est arrivé quelque chose qui a modifié la façon dont je voyais le monde, et ça concerne aussi le Sol Niger."

"Il y en a qui disent que tu es mort" le coupa Lyra en le fixant droit dans les yeux.

"Hmm" fit Arès, cherchant à gagner un peu de temps pour préparer ce qu'il allait dire. "Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas vrai non plus. Pour simplifier, on va dire que je suis mort, d'accord ?"

Il vit le regard de Lyra se transformer alors qu'elle comprenait qu'il était allé au royaume des morts. Il lui fit un clin d'œil avant de se tourner à nouveau vers tous les autres.

"Mais qu'est-ce que tu racontes ?" l'interrogea Nicasius, les sourcils froncés. "C'est du délire !"

"Patience, vous allez finir par comprendre" rassura Arès. "Laissez-moi finir, si vous me coupez la parole sans arrêt, ça va être très long." Ses amis se calmèrent et il put enfin s'atteler à la tâche. "Une des seules choses que Ljungström ne nous a pas enseigné en cours d'Histoire et de théorie, c'est pourtant le plus important. Il est même allé jusqu'à dire qu'on ne pourrait jamais le savoir, mais maintenant je ne suis plus d'accord avec lui." Les mines sceptiques devinrent carrément perdues. Il sourit. "On se demande toujours comment fonctionne la magie, on cherche à mieux l'utiliser mais il reste un mystère opaque. D'où vient la magie ? Pourquoi existe-t-elle ? Personne dans le monde sorcier ne le sait. On l'a oublié avec le temps. Pourtant, c'est très simple. La réponse est devant nos yeux en ce moment même." Il fit une pause.

Pour intensifier le côté dramatique, il se leva et pivota lentement, levant les bras en croix pour désigner l'étendue du paysage qui les entourait. Savourant le monde terrestre autour de lui comme un illuminé. Car lui, quand il voyait les humains, les lochs, l'école et tout le reste, ce qu'il voyait c'était la création de l'univers même, puisqu'il en avait été témoin, et acteur même.

Il reprit, ne se préoccupant pas des expressions atterrées de ses amis qui le croyaient devenu fou. "La magie est tout simplement la force qui tient le monde matériel. C'est le principe de vie. C'est ce qui a créé toutes choses. Sans magie, l'univers n'existerait pas. Tout ce que vous voyez est issu de magie, composé par elle. Elle est l'air invisible que vous respirez. Elle est chacune de vos cellules."

"Tu es complètement taré" souffla Chloé, les yeux ouverts grands comme des soucoupes.

Lennart toussa pour cacher un rire.

"Chuuuut !" fit Arès avec théâtralité. "Je suis en train de vous révéler le plus grand secret du monde, là. Soyez attentifs."

Anvald se pencha vers Gunhild pour murmurer quelque chose qui les fit éclater de rire ensembles. Arès n'en tint pas rigueur ; il préférait de loin les laisser se réconcilier.

"Donc, la magie est partout" poursuivit Arès. "Elle était là avant toute chose, sous ses deux formes primordiales et complémentaires. La lumière et les ténèbres. La force de la volonté et la force de l'amour. Je dis complémentaires car c'est important. Sans magie noire, la magie blanche n'existerait pas, et inversement. Elles sont, à elles deux, le noyau de l'univers tout entier ; tout s'organise autour de ce noyau d'énergie pure. C'est là qu'entrent en jeu les dieux."

Ludwig éclata de rire. Arès le fusilla du regard, rétablissant aussitôt un silence parfait.

"Je disais, c'est là que les dieux deviennent importants. Car oui ils existent, c'est évident non ? Ils sont, si vous voulez, le corps exécutif de la magie pure. Au début, il n'y en avait que deux, car un dieu est apparu de chaque polarité de ce noyau. Tezcatlipoca et Quetzalcóatl, c'est comme ça qu'on peut les appeler, même si leurs noms sont beaucoup plus compliqués en réalité. Si vous connaissez un peu les mythologies moldues, vous reconnaîtrez leurs noms, et c'est normal. Oui, c'est eux qui se sont nommés devant les moldus. Tout ça, c'était bien avant qu'il existe des sorciers à proprement parler. Les dieux, donc, sont tous issus d'un de ces deux dieux primordiaux. Vous comprenez ce que ça veut dire ? Cela veut dire que les dieux sont soit noirs, soit blancs. Chacun puise ses forces d'une des deux polarités du noyau magique. Un peu comme les sorciers ; nous sommes affiliés au pôle des ténèbres ; sauf toi Granger, tu es Née-Moldue mais en réalité tu es une sorcière blanche comme les autres."

"Mais c'est du grand n'importe quoi !"S'insurgea Malvina. "Elle est Sang-de-bourbe, c'est une anomalie de la nature !"

"Merci Malvina pour cet éclairage humaniste" se moqua gentiment Arès. "J'allais justement vous expliquer pourquoi il est ridicule de penser de telles choses. Mais pour comprendre, il faut remonter aux premiers sorciers. Vous avez appris que c'était des Egyptiens. Oui et non. Ils sont apparus partout dans le monde à la même époque, car en réalité ils n'étaient pas vraiment des humains. Chut, arrêtez de me couper la parole" les disputa-t-il en les voyant tous s'agiter, même Hermione. "Il y a des dizaines de millénaires de cela, les mondes étaient différents. A la création de notre monde terrestre, il n'existait que très peu de dieux. Nous étions trois. Tezcatlipoca, Quetzalcoalt et moi. J'étais leur fils" précisa-t-il avec un sourire attendrit face à ses souvenirs. "Nous n'avions pas encore de noms. Et surtout, les deux formes de magie étaient encore si intimement liées l'une à l'autre qu'il n'y avait ni ténèbres, ni lumière sous forme pure, mais que des infinités de nuances. L'harmonie totale, en somme. Un noyau d'énergie unie avec une force décuplée. C'est ce qui a permit la naissance des tous premiers êtres humains, en autre. L'humanité est née de cette union, et à part moi, ce sont les seules créations intelligentes à l'être. C'était vraiment magnifique, et très franchement, aucun d'entre vous n'est capable d'imaginer ce à quoi ressemblait alors le monde. Même toi Jonah, ne rit pas."

"Je ne ris pas" protesta l'Opyr dignement. "Je loue vos efforts pour faire comprendre de telles choses à des gamins. D'ordinaire, on ne révèle pas autant."

Arès le fusilla du regard. "Je fais comme je l'entends. Si je pense que les membres de l'Ordre doivent en savoir autant, c'est que c'est le cas."

Lennart détourna le regard avec humilité.

Pendant ce temps, l'assemblée avait regardé l'échange avec intérêt, sentant que quelque chose avait changé dans sa relation avec Lennart.

Arès sourit à leur intention. "Je souhaite de tous cœur que vous connaissiez vous aussi l'harmonie. Mais avant cela, continuons à remonter le cours de l'Histoire. Cet état d'harmonie n'a pas duré, hélas ; c'est compliqué à raconter, donc ça sera pour une prochaine fois. Mais quand tout a explosé, le monde a été transformé. Les deux magies se sont séparés, composant un noyau fragmenté. Depuis, elles se meurent petit à petit, ne s'entretenant que grâce au pouvoir des dieux. C'est pour ça qu'il existe autant de dieux en réalité, ils sont des centaines et des milliers, tous différents les uns des autres. Par exemple, le dieu Arès – pas moi, bien entendu – il se nourrit de la guerre ; dès qu'un conflit éclate ça le renforce, et d'un même mouvement, ça nourrit aussi la magie noire dont il est issu. Ou bien le dieu Horus, qui fait gagner en puissance la magie blanche dès qu'il est prié et invoqué par les humains. Et encore bien d'autres… chacun nourrissant une seule polarité du noyau magique. L'énergie dépensée sur Terre est allouée au royaume des dieux, mais quand je dis énergie, en réalité, il s'agit de chacun des actes qu'on effectue, des sentiments et des émotions que l'on ressent… Et l'énergie, au final, c'est de la magie, redistribuée ensuite à une polarité à la fois. Si vous aimez quelqu'un très fort, vous nourrissez la magie blanche. Si vous devenez jaloux, ça nourrit la magie noire. Vous suivez ? Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, comme a dit un moldu. Et il avait raison, en tout cas c'est comme ça que ça fonctionne depuis que le noyau magique est scindé en deux. Avant c'était plus compliqué…"

Il fit une pause. A présent, tous étaient pendus à ses lèvres. Certains étaient encore réticents, il le savait, mais ils écoutaient et c'était le plus important.

"Quand vous êtes un sorcier, c'est encore plus fort. A chaque fois que vous utilisez la magie, vous nourrissez les dieux ; vous utilisez alors une quantité d'énergie très importante, alors l'effet en est d'autant plus fort. A chaque fois que vous faites un sort, les dieux se réjouissent. Ils vous ont créés ; maintenant vous les créez à l'infini à votre tour. Mais, et il y a un mais, vous ne nourrissez qu'une seule polarité. Granger, tu nourris la magie blanche ; vous autres, la magie noire. Et cela, que vous utilisiez un sort de torture ou un Patronus de magie blanche. Vous n'y pouvez rien. C'est ancré dans votre génétique. C'est parce que vous êtes des descendants de dieux."

Ludwig toussa, cherchant à se redonner une contenance. Lyra avait les yeux rétrécis, suivant ses explications avec une petite longueur d'avance par rapport aux autres.

"Oui, c'est possible, car il y a des milliers d'années, les dieux pouvaient encore aller sur Terre. On dit qu'ils s'incarnaient. Ils pouvaient vivre parmi les hommes ; souvent même à leur insu. Forcément, ce qui devait arriver arriva, et des dieux et déesses s'attachèrent à des humains. Ils ont eu des enfants avec eux. Inévitablement, ces enfants furent très spéciaux. Il se révéla que leur parent divin leur avait transmis la capacité de manipuler les énergies du monde ; il s'agit de la magie si vous avez bien suivi. Ils avaient d'autres caractéristiques : souvent ils étaient grands, des géants presque ; ils étaient immortels. Ils étaient dotés d'une portion de magie, soit de magie noire, soit de magie blanche selon leur ascendance. On les appela les Néphilims."

Lyra hocha lentement la tête.

"Les Néphilims, pour la plupart, ont eu des enfants avec les humains à leur tour. Au fur et à mesure des siècles, leur sang fut dilué, ce qui nous amène à la situation actuelle des sorciers. Vous avez encore une part de divin en vous ; c'est cette même part qui fait que vous renouvelez l'énergie du noyau magique. Et c'est aussi pour cela que Granger a exactement le même statut que vous ; c'est juste que la magie a sauté quelques générations pour elle. Elle n'est pas née sorcière par pur hasard, c'est son ascendance qui fait cela."

"C'est effrayant" constata Nicasius. "Cela veut dire que dans nos ancêtres lointains, il y a un dieu ?"

"Oui, mais c'est un ancêtre très très lointain" acquiesça Arès. "Et si le sang continue à se diluer comme cela, dans quelques centaines d'années il n'y aura plus de sorciers. Mais ce n'a pas trop d'importance."

"Pas d'importance ?" s'exclama Anvald.

"Je comprends mieux pourquoi les mages noirs détestent les Nés-Moldus" observa froidement Hermione. "Notre sang est encore plus dilué que le vôtre."

"Plutôt" approuva Arès."Mais de toute façon, ce n'est pas significatif ; tu as la même puissance qu'eux" tempéra-t-il ensuite. "Tout ça a une importance relative, puisque les sorciers n'auront pas le temps de disparaître à petit feu : la fin du monde va arriver avant."

Lennart eut un rictus en voyant les expressions alarmées des jeunes sorciers.

"C'est là que j'entre en jeu. Je suis, rappelez-vous, le fils des deux premiers dieux de l'existence. Je suis le seul dieu à être pourvu de magie blanche ET de magie noire."

"N'importe quoi" se moqua Malvina. "Tout le monde sait que tu es un mage noir."

"Pour l'instant. Parce que la moitié de mon âme est restée au royaume des dieux. Ne faites pas cette tête, c'est simple en réalité. J'ai voulu protéger Harry Potter quand Voldemort a essayé de le tuer, il y a eu une anomalie et c'est moi qui ai reçu l'Avada Kedavra. Harry Potter est mon horcruxe, en quelque sorte, si ça peut vous aider à comprendre."

"Mais tu es qui exactement ? Tu es Harry Potter ?" demanda Nicasius avec étonnement.

"Oui, mais je suis aussi Hylil, ou Lucifer, ou Satan, ou Hypérion, ou Eosphoros ; ça revient au même, ce ne sont que des noms au final. Je suis les deux à la fois. Il y a deux âmes dans mon corps et forcément, mon âme de dieu, même si elle n'est là qu'en partie, est celle qui domine."

"C'est complètement fou" souffla Ludwig.

"Comment veux-tu qu'on croie tout ça ?!" fit Gunhild en haussant les sourcils.

"Attendez, je n'ai pas fini. Dans tout ça, le plus important c'est de réaliser votre place à vous. Rappelez-vous, les humains ont été créés par les deux premiers dieux. En réalité, vous êtes des âmes immortelles vous aussi. Oui, immortelles. Vous n'êtes sur Terre que pendant un battement de cil, par rapport à la longueur de votre existence. Le reste du temps, vous êtes au Royaume des dieux. Oui, oui, c'est vrai. Vous avez vécu en tant qu'âmes au royaume des dieux avant de naître dans ce monde et après votre mort, vous y retournerez. Votre vraie existence se passe là-bas."

"Mais c'est n'impo-"

Il coupa Gunhild. "Vous êtes incarnés de façon à oublier tout ça, sinon, qui voudrait vivre une vie terrestre en sachant que le paradis existe ? Qui accepterait d'avoir un corps si fragile, de subir toutes les épreuves de cette existence en sachant que ce n'est qu'un jeu pour les dieux ?"

"En effet" remarqua Ludwig. "Ce serait idiot. Dans ce cas, ça veut dire qu'on n'a pas le choix de s'incarner sur Terre ?"

"Non" reconnu Arès. "C'est votre mission, c'est pour cela que vous avez été créés. Car en vous incarnant, rappelez-vous, vous nourrissez la magie ; vous nourrissez l'énergie du monde. Si les humains n'existaient pas, l'Univers s'écroulerait ; si les dieux ne faisaient pas en sorte que les humains continuent à dépenser autant d'énergie, l'univers s'écroulerait aussi. Nous sommes dépendants les uns des autres."

Il fit une pause pour leur laisser comprendre les implications derrière ce qu'il venait de dire. Ludwig ne tarda pas à les formuler à voix haute.

"Mais dans ce cas, quel est le rôle des dieux face à l'humanité ? Quand tu disais qu'Arès, enfin, le dieu romain, pas toi ; quand tu disais qu'il se nourrissait des guerres… ça veut dire qu'il provoque des conflits exprès ?"

Arès sourit. "Tout à fait. Il arrive très souvent que nos actions soit issues des manipulations des dieux. Ils ont un grand pouvoir sur les humains. Ils nous envoient des rêves dont on ne peut pas se rappeler la plupart du temps, ils manipulent notre esprit, nos émotions. Que vous soyez Occlumens ou pas, ça ne change rien. Le monde est leur terrain de jeu. Chaque divinité œuvre pour sa couleur de magie, essayant de rendre la polarité d'énergie dont il dépend plus forte que l'autre. C'est un jeu sans fin ; ils annulent les efforts de l'autre camp au fur et à mesure, ce qu'il fait qu'ils doivent recommencer à l'infini. S'ils arrêtaient tout, le noyau d'énergie viendrait à mourir petit à petit et les mondes seraient annihilés complètement, alors ils continuent, encore et encore. Ils profitent de chaque action que nous faisons sur Terre pour la tourner à leur avantage. Ils éperonnent des personnes en particulier à suivre certains chemins de vie. On pourrait presque dire que Voldemort est leur produit, ils ont tout fait pour qu'il devienne un Seigneur des Ténèbres."

En réalité, c'était lui qui avait mis Voldemort sur cette voie, aidé par l'Ordre de l'Aube Dorée. Il minimisait son propre rôle dans le jeu de pouvoir afin de ne pas traumatiser ses amis. Ils l'apprendraient bien assez vite ; certaines choses pourraient être discutées plus tard.

"Je sais, c'est impressionnant" reconnu-t-il en constatant que Lyra devenait de plus en plus pâle et Anvald en devenait malade. "Ne vous laissez pas distraire par ce fait ; vous n'y pouvez rien. Ça dure depuis des éternités et ça continuera tant que rien n'est fait pour rétablir l'état d'origine du monde. Car quand les deux magies étaient en harmonie, il n'y avait pas besoin de manipuler les événements du monde. Tout arrivait de sorte à ce que l'harmonie soit conservée. Si on rétablit cet état, il n'y aurait plus besoin que les âmes s'incarnent sur Terre ; les mondes se rejoindraient à nouveau et tout s'entretiendrait tout seul."

"Parce que tu penses que c'est possible de changer quelque chose de si important ? Mais, comment ?" demanda Ludwig.

"Tout simplement en rendant leur jeu inutile" expliqua Arès. "Si on nourrit les deux magies à la fois de façon importante, on provoque une deuxième création en quelque sorte, une deuxième naissance des mondes. Comme un grand Big Bang" précisa-t-il, même si seuls Anvald et Hermione pouvaient comprendre sa référence Moldue. "C'est tout à fait possible, à condition que les dieux ne s'en rendent pas compte avant qu'ils ne soient trop tard. Ils aiment trop ce jeu de dominance ridicule pour vouloir changer le fonctionnement de l'Univers."

"Je ne comprends pas" s'étonna Lyra. "Si l'état naturel des choses est l'harmonie, pourquoi les dieux refuseraient de la recréer ? Ça doit quand même être drôlement plus agréable pour eux, non ?"

"Le problème" développa Arès, "c'est qu'ils ne se souviennent pas de l'harmonie. Pas comme moi. Ils se font la guerre, là-haut" dit-il en pointant du doigt la voûte céleste. "Il est hors de question qu'ils travaillent ensembles. C'est pourquoi j'en ai fait mon but. Et c'est pourquoi ils me détestent tous. Je leur fais peur, ils pensent que je veux détruire l'Univers. Je suis leur ennemi commun."

"Le Diable…" réalisa Lyra dans un souffle hébété.

Un temps de silence passa, chacun cherchant à recoller les différents morceaux du puzzle qu'il leur présentait.

Ludwig prit la parole. "Mais si tu dis que pour rétablir l'harmonie, il suffit que les deux magies soient alimentées en même temps… ça ne pourrait pas se produire par accident ?"

"J'y ai cru au début" ricana Arès avec un soupir désabusé. "Ça serait trop beau pour être vrai. Non, pour y arriver, il faut travailler dur. J'ai fait un autre essai dans le passé avec deux Néphilims. Gilgamesh et Enkidu, vous avez peut-être entendu parler d'eux ? Non ? Bref, ça n'a pas marché. Depuis, j'ai un plan en préparation. Ça fait des millénaires que je travaille dessus" souffla-t-il en jetant un coup d'œil complice à l'Opyr qui assistait à la scène, impassible. "J'ai reçu de l'aide. Tous les Néphilims ont disparu de la surface de la Terre, maintenant ils sont au royaume des dieux. Mais ils n'ont pas vraiment leur place là-bas ; leur sang humain couplé à leur magie les condamne à rester dans une simple caverne pour l'éternité. Ils se meurent à petit feu. Avec eux, j'ai placé mes pions sur Terre, m'impliquant dans le jeu de pouvoir à l'insu des dieux. Quand ils pensent manipuler les humains à leur guise, en réalité, c'est moi qui les manipule."

Lyra eut un petit rire incrédule. "Arès… en fait, depuis tout ce temps…"

"Oui" sourit-il. "Tout ce qui se passe sur Terre en ce moment, tout ce qui m'est arrivé, tout ce qui vous amené sur mon chemin… c'est ce que je voulais réaliser."

Gunhild aspira de l'air. Chloé hoqueta.

Anvald se leva, une expression furieuse sur le visage. "Sale connard !" hurla-t-il en cherchant à se jeter sur lui.

Lennart leva sa baguette et le fit s'immobiliser immédiatement.

"Du calme" tempéra Arès. "Rappelez-vous du schéma général du monde. Même si des fois, vous traversez des épreuves difficiles, rappelez-vous que c'est pour nourrir la magie, pour nourrir le monde. Ce n'est pas dirigé contre vous en particulier. Je suis votre ami, non ?"

Gunhild lui lança un regard énervé. Lennart pointa sa baguette sur elle aussi, prêt à intervenir, mais elle resta sagement assise.

"Et maintenant, je dois vous poser une question" conclut Arès, mortellement sérieux. "Mon but est de recréer l'harmonie afin que toutes ces souffrances inutiles, toutes ces manipulations prennent fin. Ça sera la paix entre toutes les âmes, tous les dieux. Vous vivrez dans un monde au-delà de votre imagination comme purs esprits débarrassés de la nécessité de s'incarner. Mais pour cela, j'ai besoin de votre confiance entière. J'ai besoin de vous. M'aiderez-vous dans ce but ?"

On aurait pu entendre une mouche voler. Le vent polaire soufflait doucement dans leurs cheveux, faisant voltiger leurs capes de fourrure. Tous se regardaient, interloqués, intrigués, intéressés.

"Et ton alliance avec Voldemort ? Et le Sol Niger ?" demanda Lyra.

"Ce ne sont que des outils pour réaliser ce but. Pardonnez-moi l'expression, mais c'est exactement cela. Bien sûr, c'est dans l'intérêt de tout le monde, car une fois que l'harmonie sera rétablie, tout le monde aura droit de vivre enfin pour de bon. Voldemort sera un pur esprit. Vos amis et familles seront de purs esprits. Nos souffrances terrestres seront bien dérisoires… ce n'est que l'Œuvre au Noir, la transformation de la matière avant la véritable existence. Douleurs, guerres, amours entre personnes… ce ne sont que des outils avant de vivre votre existence en tant qu'âmes, là-haut, comme vous l'avez déjà fait avant de vous incarner. Et comme vous le ferez à votre mort. Vous n'avez rien à perdre, tout à gagner. Même si on n'y arrive pas, une fois mort vous retrouverez cet état de toute façon. La différence, c'est que si on réussit, vous n'aurez plus jamais à vous incarner."

"Tu dis ça comme si la vie, c'était horrible" remarqua Hermione. "Pourtant il y a plein de belles choses sur Terre, il y a plein de-"

Arès fit un geste dédaigneux de la main. "Certes, mais même les plus belles choses de la Terre, même votre bonheur ne sont que des outils pour alimenter la magie. Et tout cela est bien dérisoire face à ce vous vivez en tant qu'esprits purs. Vous n'avez même pas idée… Je peux vous le jurer, les âmes font tout pour ne pas s'incarner, même si elles savent que c'est une nécessité pour l'instant. Elles hurlent de douleur au moment de leur naissance en tant qu'êtres humains… ce n'est pas pour rien. Elles ne se rappellent alors que de la souffrance qu'elles éprouvent à avoir à venir sur Terre et à laisser leur véritable existence dans le royaume des dieux."

"Mais… j'imagine qu'il a bien fallu que les humains s'incarnent avant que l'harmonie ne soit annulée" remarqua très justement Ludwig. "Pourtant, elles n'avaient pas à nourrir ainsi la magie. Comment justifies-tu cela ?"

"Mon pauvre Ludwig" soupira Arès. "Tu en étais, de ces premiers humains sur Terre. Tu ne peux pas t'en souvenir et c'est normal. Vous tous, c'est pareil. La différence à l'époque, c'est que c'était votre naissance en tant qu'âmes tout court. Vous avez été créés sur Terre, pas dans le royaume des dieux. La vie était bien différente ; vous étiez dans l'harmonie aussi. Vous savez, il y a des mythes moldus là-dessus ; eh bien, vous viviez dans l'Eden. Toute la Terre était le paradis ; le royaume des dieux aussi. C'était… Vous aviez un autre état d'esprit. Vous viviez avec les dieux parmi vous. Il n'y a pas de comparaison possible."

"Nous avons quand même dû nous réincarner sur Terre après notre mort" fit remarquer Ludwig.

"Non, pas tout de suite. Avant que l'harmonie ne meure, les seules âmes qui s'incarnaient étaient les nouvelles âmes. Les humains n'ont pas été créés tous en même temps. Vous étiez censés rester en tant que purs esprits dans l'harmonie, pour l'éternité. Mais il y a eu cette guerre entre les dieux et depuis, vous êtes forcés à vous réincarner de temps en temps. Avant cette vie, vous en avez vécu plusieurs, et à chaque fois je peux vous le jurer, vous en avez hurlé de douleur. Je l'ai vécu moi aussi, en pire encore puisque je suis un dieu ; en théorie c'était impossible, mais me voilà incarné sur Terre avec vous. Vous étiez une des plus belles créations des dieux, la seule autre que moi à être conçue de la main de Tezcatlipoca et Quetzalcóatl à la fois. Vous êtes devenus, par nécessité, une batterie géante à destination des dieux. C'est là la plus grande injustice. Rien n'est de votre faute… vous êtes des esclaves et des jouets… tant que l'harmonie n'est pas rétablie et que nous vivons dans ce monde ridicule et cruel."

Lyra se leva. "Je suis d'accord." Toutes les têtes se tournèrent vers elle. "Je t'aiderai. Tu agis pour nous, pour le monde entier. Tu es un héros. Tu te sacrifies, tu tournes le dos aux autres dieux et tu t'es même incarné pour nous. Je sais que c'était un accident" compléta-t-elle en voyant qu'il allait la rectifier. "Au final ça revient au même, puisque c'était pour protéger Harry Potter. Tu agissais pour protéger le descendant de Gilgamesh, non ?"

Il en aurait pleuré de bonheur, de voir que sa meilleure amie comprenait tout, le comprenait lui. Il se contenta de la serrer dans ses bras avec émotion et de lui embrasser le front en retenant un frisson d'amitié.

"Je ferai tout ce que tu voudras" conclut-elle, les larmes aux yeux sous le coup de l'émotion.

Il plongea son visage dans ses cheveux en lâchant un souffle qu'il n'avait même pas eu conscience de retenir.

Ils se séparèrent avec un sourire complice, et elle rit en séchant ses larmes d'un geste de la main. "Je ne sais même pas comment je dois t'appeler" pouffa-t-elle avec une voix hachée.

"Arès, c'est mieux que le diable" badina-t-il avec humour.

"C'est complètement…" souffla Gunhild, à court de jurons fleuris pour la première fois de sa vie.

Ludwig s'éclaircit la gorge. "Je te crois. Je ne pense pas que tu aurais pu inventer une telle histoire, même si tu l'avais voulu. Mais c'est…"

Lennart ricana sarcastiquement en regardant tour à tour les jeunes sorciers complètement en état de choc. Ils étaient tous en train de tomber à bras ouverts dans ceux de l'Ordre. Il ne pouvait qu'applaudir Hylil de l'avoir fait de façon si grandiose, en leur résumant le monde entier en à peine une heure de discours.

"Alors… ?" tenta finalement Arès en se redressant face à l'assemblée entière. "Vous êtes des nôtres ?"

Anvald rit et l'atmosphère se détendit aussitôt.

"Mais oui ! Bien sûr !" s'exclama le Vidar.

"Tu doutes encore de nous ?!" rajouta Malvina.

"Bien sûr qu'on est d'accord, comment ne pas l'être ?" compléta Nicasius avec un grand sourire.

Et bientôt, il put lire sur tous les visages la même expression : celle du soulagement. Celle de l'engagement.

Le dieu sourit en se pencha vers la fontaine de Mimir. "Alors, soit."

Et l'apparition commença.

-OoO-


Tous ceux qui lisent encore jusque là, je vous tire mon chapeau, parce que je reconnais que cette fanfic devient complètement barge. Je reprécise que ce que j'écris, ce n'est pas forcément ce que je pense dans la vraie vie et que je ne veux froisser personne. C'EST UNE FICTION.

Je sais que ça va vous sembler débile mais… j'ai croisé Lennart dans la vraie vie ! Sisi, je vous jure, j'ai croisé un de mes personnages à MOI par pur hasard dans une soirée slam (et donc ce n'était pas du cosplay, ou alors des gens sont rentrés dans ma tête et on décidé de se faire de la chirurgie esthétique pour ressembler à un personnage que je n'ai jamais vraiment décrit sur le papier. Mais c'est dingue, car dans ce cas ils ont oublié une cicatrice, et ça c'est pas pro.) Mais il parlait pareil !

Bref c'est complètement dingue, j'avoue que quand j'ai discuté avec lui j'étais complètement baba (et j'ai failli lui demander un autographe). Et en plus il s'appelle Jean (tiret quelquechose, mais on s'en fout) parce que Jonah = Jean, c'est dingue non ?

Il a dû me prendre pour une tarée à le fixer comme ça.

Journal intime OFF.

J'espère que la scène Arès/Voldemort vous a plu, parce que ce n'était pas voulu (c'est encore eux qui se sont mis à faire ce qu'ils voulaient). Quand j'ai relu, je me suis payée un fou rire. Pourtant ce n'est pas drôle, je sais. Ça m'arrive souvent de rire quand il ne faut pas, par exemple au cinéma. Le dernier Harry Potter, vous vous rappelez, quand Voldemort a attrapé Harry et qu'ils se sont jeté dans le vide ("Finissons-ça comme ça a commencé, Tom : ENSEMBLES !"). Pendant que toute la salle retenait son souffle, avec mes potes on a aussi retenu notre souffle ("WAHOU ON VA AVOIR DU SLASH"). Mais c'était drôle ! Vous ne trouvez pas ? Rajoutez la musique de Titanic, et c'est parfait ! … en fait je crois qu'on a rit non stop pendant tout le film, comme des hyènes yaoïstes. Désolée si je t'ai dérangé pendant ta séance de ciné, lecteur, mais si tu n'as pas eu la même pensée que moi je me demande un peu pourquoi tu lis du HP/LV (car c'est le bien!).

Bises à vous tous, et à bientôt pour la suite