Merci, merci, merci à vous pour les follows, les favoris et vos adorables commentaires, ils me boostent grave !
anonyme : je te remercie infiniment pour tes précieux encouragements :)
- je vais rejoindre Nita à déjeuner, annonça Tobias en passant juste devant le bureau de son assistante. Je serai de retour dans deux heures.
- outch !
Beatrice vit son patron se précipiter vers elle alors que le lourd presse-papier en verre en forme de globe terrestre qui décorait jusque-là son bureau venait de heurter son pied et qu'elle grimaçait de douleur.
- attends, installe-toi.
Osant à peine la toucher par peur de lui faire mal, Tobias guida délicatement Beatrice vers sa chaise puis il se mit à genoux devant elle afin de pouvoir mieux la déchausser.
- laisse-moi voir.
Joignant le geste à la parole, il enleva doucement l'escarpin gauche de son assistante puis il inspecta attentivement les rougeurs de plus en plus visibles sur son avant-pied avant de se relever.
- je vais chercher une poche de glace dans la salle de pause pour te soulager, surtout ne bouge pas ton pied.
Beatrice acquiesça entre deux grimaces de douleur, pourquoi fallait-il qu'il se montre si attentionné à son égard ? Il se comportait tel un véritable chevalier servant avec elle, ce n'est pas en agissant de la sorte qu'elle allait réussir à l'oublier de si tôt, si elle avait le béguin pour lui, c'était entièrement de sa faute, il n'avait qu'à pas être aussi parfait !
- voilà.
Une fois de retour avec sa poche de glace en main, Tobias la posa doucement sur la zone rougie et endolorie du pied de Beatrice, tout ce froid faisait un bien fou à la jeune assistante.
- on devrait aller à l'hôpital, tu as peut-être un orteil de cassé.
Beatrice fut à la fois surprise et touchée par cette proposition des plus inattendues, voilà que son patron était prêt à zapper un rendez-vous avec cette Juanita rien que pour l'accompagner, elle n'en revenait pas.
- c'est bon, j'arrive encore à tous les bouger.
- tu es sûre que tu ne veux pas passer une radio au moins pour vérifier que tout va bien ?
- non, c'est gentil mais je sens que ça va déjà mieux, tu peux aller déjeuner l'esprit tranquille.
- bien, comme tu voudras, je n'insiste pas, dit-il en se relevant. Mais promets-moi de passer une radio si tu vois que ça enfle trop, d'accord ?
- promis, répondit Beatrice dans un sourire.
Elle suivit des yeux son patron alors qu'il lui adressait un petit signe de la main avant de quitter l'open space pour de bon.
- Tobias ? Tu m'écoutes ?
Le frère de Shayne releva les yeux vers Juanita, il devait avouer que son attention aux propos de son interlocutrice depuis le début de leur déjeuner n'était pas au niveau maximum, loin de là.
- désolé. Je m'inquiète pour Tris. Un presse-papier en cristal lui est tombé sur le pied juste avant que je parte. J'ai peur que ça s'aggrave en mon absence.
- tu veux dire que tu as osé la laisser seule après un tel traumatisme ? Mais c'est terrible, ironisa Juanita.
- tu as raison, je n'aurais pas dû. J'y retourne.
- mais non, le retint-elle en posant une main ferme sur son bras, je plaisantais, il n'y a pas mort d'homme, elle s'en remettra, faut pas t'en faire pour ça, ça n'en vaut pas la peine.
Tobias fit quand même son retour dans l'agence une trentaine de minutes plus tôt que prévu afin de pouvoir prendre des nouvelles de sa chère assistante.
- ça va mieux ?
- oui, j'ai juste un petit bleu maintenant. Rien de grave.
- fais-moi voir.
Beatrice s'exécuta et à l'aide d'une main, elle enleva sa chaussure gauche pour offrir à nouveau son pied à la vue de son patron qui l'inspecta attentivement.
- un bleu de couleur noire pour être précis.
- c'est le choc ça. Dans deux jours, on n'y verra plus rien.
- tu es sûre de ça ?
- oui, je ne te l'avais pas dit ? Je suis avocate, psy et médecin aussi à mes heures perdues.
- c'est bon à savoir.
Devant ce trait d'humour, Tobias adressa un sourire complice à Beatrice avant de disparaître dans son bureau pour se préparer pour son rendez-vous avec monsieur Witkowski, son après-midi s'annonçait chargée.
- ah Eric, justement c'est toi que je cherchais !
Le jeune directeur de création se mit à souffler d'exaspération en reconnaissant la voix de Neela, c'est fou, même en salle de pause, il ne pouvait pas être tranquille !
- comme toutes les filles de cette agence tu veux dire.
- toutes je ne sais pas mais deux au moins, ça c'est certain. Eric, je te présente Gemma, c'est la fille de Christina, elle est là pour « la journée des enfants au bureau ».
Neela posa fièrement ses deux mains sur les frêles épaules de la petite métisse à couettes alors que son interlocuteur était toujours assis sur sa chaise à déguster les délicieux cookies vendus par sa nièce et achetés en grande quantité par la fille de Naveen Dyal.
- malheureusement, avec Christina, on a pris un peu de retard sur la maquette pour la campagne Sugarberry Ham alors je me disais que peut-être tu pourrais garder Gemma avec toi, juste pour quelques heures.
- parce que tu trouves que j'ai une tête de baby-sitter ?
Avant même que Neela ne puisse insister auprès de lui, la sonnerie du téléphone portable d'Eric retentit dans la pièce et il décrocha en quittant sa chaise et en s'éloignant de quelques pas pour avoir plus d'intimité.
- ouais, c'est Eric… très bien, j'arrive tout de suite, annonça-t-il avant de raccrocher.
Neela remerciait le ciel qu'il ne porte pas sa veste de costume à cet instant, elle avait donc une vue très avantageuse sur son superbe fessier de mâle et n'en loupait pas une miette. Quand Eric se retourna enfin vers elle, elle ne s'attendait pas à ce que ce soit Gemma qui prenne la parole à sa place.
- elle était entrain de mater tes fesses.
Une main posée à la vitesse de la lumière sur la bouche de Gemma, Neela s'empressa de se justifier sous le regard à la fois moqueur et flatté de son collègue.
- je.. je vais me débrouiller autrement pour la petite, bye !
Elle agrippa Gemma par les deux bras puis la fit avancer tout droit en direction de la porte de sortie en quelques secondes à peine, elle n'avait jamais connu une pareille honte de toute sa vie !
- bonjour, agence Dyal & Eaton, annonça Beatrice en décrochant, bureau de monsieur Eaton, que puis-je faire pour vous ?
- Tris, c'est ça ?
- oui, c'est bien moi. A qui ai-je l'honneur ?
- c'est Nita. Ça fait plusieurs fois que j'appelle sur le portable de Tobias mais je tombe directement sur sa messagerie, il a éteint son téléphone ?
- toujours quand il est en réunion. Je lui dirai que tu as appelé.
- ou bien tu peux me dire directement s'il est libre ce soir à dîner pour vingt heures, ce sera plus pratique.
Beatrice n'en revenait pas du toupet que pouvait avoir cette femme, non mais pour qui elle se prenait sérieusement ?
- désolée mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Je ne prends jamais de rendez-vous autres que professionnels pour Tobias.
- comme quoi, il y a un début à tout. Allez Tris, un petit effort, il ne dira rien, et encore moins à une grande blessée au pied comme toi.
Alors elle était déjà au courant ? Tobias avait sûrement dû lui en parler ce midi à déjeuner. Bizarrement, cette simple pensée suffisait à la réjouir plus que de raison.
- dîner ce soir avec Nita pour vingt heures. C'est noté.
- je te revaudrai ça. Merci, Tris.
- c'est moi, passez une bonne soirée.
- j'y compte bien.
La jeune assistante poussa un soupir de soulagement quand elle raccrocha, c'était un vrai calvaire de devoir faire la conversation à une peste pareille.
- Tris ?
La voix de Tobias la fit sortir de ses songes, il la fixait d'un air à la fois soucieux et interrogateur.
- tout va bien ?
- oui, j'étais perdue dans mes pensées.
- je sais ce que c'est, ça m'arrive tout le temps. Des messages ?
- Nita vient d'appeler, elle est libre pour dîner à vingt heures ce soir.
- elle a appelé à ce numéro ? S'étonna-t-il.
- oui, elle a essayé plusieurs fois de te joindre sur ton portable mais ça ne répondait pas.
- merci, je la rappelle tout de suite, annonça-t-il tout en s'éloignant.
- en fait…
Sa voix était à peine audible mais Tobias avait immédiatement fait demi-tour pour se rapprocher de son bureau.
- oui ? Quoi ?
- non, rien.
- je t'en prie, c'est moi Tris, tu sais que tu peux tout me dire.
Comment résister à ce regard si intense ? Elle se sentait fondre totalement. Ne pas craquer, surtout ne pas craquer.
- elle voulait que je vérifie si tu n'avais rien de prévu ce soir à vingt heures et comme c'est bien le cas, j'ai confirmé votre rendez-vous à ta place, je suis désolée.
- laisse-moi deviner, c'est elle qui a insisté ?
- peu importe, je n'aurais pas dû céder.
- je lui en toucherai deux mots ce soir, surtout ne t'en fais pas pour ça.
Son coeur s'affola quand il posa furtivement sa main sur la sienne pour la rassurer puis elle le vit rejoindre à nouveau son bureau alors qu'elle s'insultait encore mentalement dans sa tête. Il aurait suffi qu'elle dise à Tobias qu'il avait rendez-vous à vingt heures trente avec Juanita, comme ça cette sainte-nitouche aurait pensé qu'il lui avait posé un lapin et son cas serait réglé une bonne fois pour toutes, Beatrice aurait alors eu le champ libre, une vraie autoroute devant elle.
Bon sang, elle n'en revenait pas d'avoir eu une idée aussi sournoise, ce travail lui faisait vraiment plus de mal que de bien, elle ne savait pas si elle tiendrait encore longtemps à en pincer en secret pour son boss et surtout à devoir supporter de le voir en compagnie d'autres femmes et encore pire, avec une en particulier.
Neela s'étira comme un chat sur sa chaise dans la salle de pause, elle savourait le calme après la tempête Gemma, la petite l'avait mise K.O. pour la fin de la journée. Elle se leva pour se servir un café et quand elle vit Eric faire son entrée dans la pièce, elle ne put réprimer un sourire.
- tu vis encore, toi ?
Piquée dans sa curiosité, la fille de Naveen leva un sourcil vers son interlocuteur, elle ne voyait pas où il voulait en venir.
- Gemma. Tobias m'a dit que tu as dû te coltiner la petite toute la journée, je suis encore plus content d'y avoir échappé.
- merci de ta compassion, Eric.
- à ton service.
Il se servit un café à son tour et Neela fut soulagée de pouvoir avoir une conversation civilisée avec lui sans qu'il ne semble vouloir lui arracher les yeux à tout moment.
- je ne vois pas pourquoi Christina s'embête à ramener sa gamine ici, c'est « la journée des enfants au bureau », pas celle des collègues qui se coltinent les enfants des autres au bureau, elle n'a qu'à refiler la petite à son père et puis voilà, le tour est joué !
Neela ne put réprimer une grimace après les propos d'Eric, une grimace qui ne passa pas inaperçu aux yeux de son collègue.
- fais pas cette tête, je plaisantais.
- Gemma a perdu son père il y a deux ans, Christina n'avait pas d'autre choix.
- je ne savais pas. Ça doit être dur pour la petite.
- elle n'a que onze ans et elle a déjà dû affronter des choses tellement difficiles, ça me rend malade. Comme quoi, la vie ne tient qu'à un fil.
- c'est clair, ça donne à réfléchir.
- oui, il faut profiter pleinement du moment présent, tant qu'il est encore temps.
Ils échangèrent un regard plein de sous-entendus, Neela en était encore à se demander si elle ne venait pas de révéler à Eric ce qu'elle tentait désespérément de lui cacher depuis leur première rencontre, à savoir qu'elle se sentait irrémédiablement attiré par lui. Elle eut sa réponse quand sans la quitter des yeux une seule seconde, il approcha doucement sa bouche de la sienne, lentement, très lentement, leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre quand Neela fit un pas en arrière à la plus grande frustration d'Eric.
- désolée, on ne peut pas… je ne peux pas...c'est la première fois que j'aime vraiment le boulot que je fais et je ne voudrais surtout pas gâcher cette formidable opportunité qui m'est donnée.
- et je suis quoi moi là-dedans ? Celui qui gâche tout le truc, c'est ça ?
- non, c'est juste que… quand on bosse ensemble, ça devient tout de suite plus compliqué, tu comprends ?
- si c'est comme ça que tu vois les choses. Il n'y a plus rien à dire.
Visiblement vexé d'avoir essuyé un tel échec, Eric quitta la pièce avec son mug encore fumant en main pendant que Neela tentait désespérément de se convaincre que son choix était le bon.
XOXO
