Je vous souhaite une agréable lecture :)
Chapitre 2 :
POV Estelle :
.
A l'aide de mon appareil tridimensionnel, je parviens à gravir les trois étages qui me séparent de mon but. Pour le moment, aucun passant ne se trouve dans l'allée.
Puis, une fois devant la fenêtre menant au bureau, je laisse mon regard scrutateur se poser sur la lucarne. Après quelques secondes d'attention, je remarque une petite discordance sur l'un des verres et appuie doucement dessus. Comme je l'espère, celui-ci se déboîte aussitôt. Je glisse alors ma main dans le trou rectangulaire et ouvre de l'intérieur le verrou.
Lorsque je pose enfin les pieds sur le sol en pierre de la petite pièce, je ne peux m'empêcher de souffler d'amusement. C'était vraiment simple ! Et si je ne devais pas mentir à Erwin, je me serais sentie obligé de l'avertir : tout le monde peut entrer dans son bureau. D'un autre côté, je sais que le commandant est très observateur et remarquerait la moindre feuille déplacée. Et qui serait assez fou pour tenter de le voler ? Hum… hormis moi, bien sûr.
_ Et puis je ne le vole pas, grommelais-je pour moi-même, je lui empreinte juste un feuille vierge et un crayon.
Car voici mon plan : Je vais me saisir d'une de ses feuilles cachetées de l'emblème de l'armée tridimensionnelle et lui écrire une petite lettre. Ainsi, les propos présents sur cette feuille seront certifiés et assurés de véracité ! Après tout, seuls les dirigeants et chefs d'escouades possèdent ce genre de manuscrit. Et en imitant la signature de monsieur Bémol, tous mes problèmes seront résolus !
Je me mets donc à chercher un papier respectant mes critères, et finis par le trouver après quelques minutes. Légèrement fripée _à l'instar d'un courrier ayant parcouru des centaines de kilomètres, plutôt jaunie par le temps _particularité propre de monsieur Bémol, et cachetée ! Que demander de mieux ?
Je me saisis aussi tôt d'une plume et la plonge dans l'encrier. Puis, toujours debout, je me penche sur le bureau et commence à rédiger. Mon voyage de plusieurs jours m'avait laissé le temps de préparer tout cela, ce qui me fait gagner de précieuses minutes.
Mais soudainement, la porte massive menant au couloir s'ouvre. Je me fige et relève la tête, toujours dissimulée sous ma capuche. Et merde…
.
Devant moi, s'avance un jeune homme appartenant également au bataillon d'exploration. Il a à peu près ma taille, mais contrairement à Conny, cela ne change rien à ma soudaine crainte. En effet, ce garçon est absolument… flippant.
C'est un humain à la physionomie mince mais robuste, dont l'uniforme moulant laisse percevoir la vigueur de ses membres. Ces jambes élancées rentrent dans des bottes propres et impeccablement cirées, lui donnant cette allure soignée, à l'instar de ses vêtements repassés.
Un visage ovale don la mâchoire se révèle plus triangulaire. Un nez droit et fin, des lèvres minces et une peau lisse et claire. Symétrique, et tout autant harmonieux, je ne lui vois de défaut marquant. Ses cheveux chocolat-noir sont coiffés en une rée sur le côté, séparent sa frange et dégagent une partie de son front. Je remarque également une partie basse rasée de près.
Mais ce qui retient le plus mon attention, ce n'est ni son physique plutôt avenant, ni son appareil tridimensionnel brillant sous la faible luminosité, et encore moins sa main posée sur la poignée de la porte et son immobilité inquiétante. Non, ce qui me fait d'avantage craindre la suite, c'est son regard.
Ses yeux mornes qui révèlent une lassitude et un ennui profond viennent de changer. Désormais, ses pupilles grises brillent d'un éclat annonciateur. Une colère sourde, et une envie meurtrière se dégagent de lui. J'ai toujours eu peur des autres. Je ne suis pas du tout sociable, et au contraire, me révèle en prise d'une phobie. Alors faire face à un inconnu aussi dangereux qu'effrayant… Malgré moi, je ne parviens pas à articuler le moindre mot. Mais de toute façon, qu'aurai-je bien pu dire ?
Lentement, je repose ma plume sur le bureau et me redresse. Il ne me lâche pas du regard.
_Un espion, dit-il sobrement.
Sa voix est calme, glaciale.
_Non ! protestais-je enfin. Absolument pas, je suis un nouveau membre du bataillon du major Erwin, tentais-je d'une voix partant sur les aiguës.
_Je suis son bras droit. Tu mens, décrète-t-il.
Et sans perdre une seconde, je le vois se saisir de ses lames et se jeter sur moi. Mais heureusement, j'ai su repérer cette étincelle sauvage qui le précéda. Instinctivement, je me jette par la fenêtre encore entrouverte.
ooooooooooooo
ooooooooooooo
Projetant mes grappins verts le toit d'un haut bâtiment, je déclenche le gaz qui me permettra de m'élever. Et dans un même mouvement, dégaine mes propres lames. En temps normal, elles sont uniquement destinées aux titans. Pourtant, forcé de constater que la situation relève d'un cas exceptionnelle. C'est à présent une question de survie.
Je tournois dans les airs et pivote juste au moment où le brun abat son épée sur mes reins. Aussitôt, il tente une blessure de sa main libre, mais je parviens à la bloquer à temps. Le coups est d'une force surprenante. Comment une attaque peut-elle se révéler aussi rapide et demeurer habile ? Le soldat qui me fait face me semblait, malgré son physique surement travaillé, loin d'être aussi vigoureux !
Je croise de nouveau le regard sombre et vide du jeune homme, et comprends : l'affrontement est inévitable. Je ne peux pas fuir, il me rattraperait forcément. Ses mouvements et sa manière de manier l'appareil tridimensionnel sont exceptionnels. Je n'ai jamais vu cela auparavant. C'est fantastique.
Mais je ne suis pas en reste. Je suis également un soldat hors pair, j'en suis parfaitement consciente. Je découpe la chaire des titans avec dextérité et une facilité rare. Il est donc hors de question que je me laisse trancher par cet individu !
Et le combat reprend. Des étincelles se forment sous les touchés de nos lames tandis que la pluie nous assombri la vue. Le brun appui de tout son poids sur mon câble, ce qui me fait partir dans une direction non voulu. Il profite de cette occasion pour plonger sur moi. J'exécute aussi tôt une pirouette sur moi-même, mais sens tout de même une vive douleur. Rien de grave, mais sa lame m'a tout de même écorché salement le mollet. En retour, je me jette sur lui.
Mais nos rôles respectifs sont évidents : Ce jeune homme est le chasseur, tandis que je suis la proie dangereuse. Il attaque et veut ma mort pour sa satisfaction, tandis que je me défends et tente de le tuer pour survivre. Cependant, tout le monde sait qu'un bon chasseur n'abandonne jamais. Ne peut-il pas me laisser tranquille ? Je commence à fatiguer, les muscles de mes bras faiblissent. Et pourtant, je ne vois aucun signe de faiblesse chez mon opposant. Il reste stoïque, en pleine forme. Un chat qui joue avec sa souris, ne pus-je m'empêcher de penser avec amertume.
Par chance, j'entraperçois une ouverture et n'hésite pas à en profiter. D'un mouvement vif du bras, je tranche. Mais il l'évite, une nouvelle fois. À croire qu'il prévoit tous mes mouvements ! grondais-je intérieurement : Je ne l'ai pas touché _ou du moins, je n'ai coupé que sa cape et une partie de sa veste marron.
Un coup de pied m'atteint dans l'estomac, ce qui a pour effet de me couper la respiration. Mon diaphragme a dû être bousculé, lui aussi. Je transperce sa manche droite, mais ne parviens pas à atteindre sa peau. L'inconnu s'est déjà échappé. Quelle rapidité… C'est un monstre.
La peur jusque-là juguler par l'instinct de survie commence peu à peu à s'imposer à mon esprit. Cet humain va me tuer. Je suis déjà en train de faiblir. Je ressens le plat de plat de sa botte contre ma cuisse gauche. Merde. Il n'y va vraiment pas de main morte. Avec sa vitesse, la violence de ses coups est décuplée.
_ Livaï, bon dieu ! Qu'est-ce que tu es en train de faire ? entendis-je crier.
Un rapide coup d'œil et je reporte mon attention sur le brun. J'ai toutefois eu le temps de remarquer un petit groupe d'humain en uniforme. La femme qui à crier à les cheveux roux foncé et porte une paire de lunette rectangulaire. A ses côté, des jeunes recrues _dont Connie.
_ Mais tu es la fille de tout à l'heure, intervient ce dernier. Mais qu'est-ce qui se passe ?
Je tourne la tête vers lui.
_ Pourquoi tu…
Grossière erreur, je ne vois la lame du monstre qu'au dernier moment. Je l'évite de justesse, mais limitée dans mes mouvements, je ne trouve pas le temps d'enclencher un grappin. Je tombe. Oh non !
Par chance, j'atterrie sur une pile de caisse en bois. C'est douloureux mais moins pire que le sol en pavé. Je tente de me redresser, mais lorsque je relève la tête, je croise le regard sombre et ténébreux de mon adversaire. Son visage est toujours aussi maussade, mais ses sourcils sont froncés. Ne m'approche pas, aurais-je voulu lui crier.
_ Toi, sale larve, je vais te tuer. Quoi que non, se corrige-t-il avec froideur. Je vais te couper les jambes pour t'empêcher de fuir et interroger l'espion minable que tu es.
Il est sérieux. Je suis certaine qu'il est sérieux. Les humaine sont des monstres.
_ Autant crever tout de suite, grondais-je en tournant ma lame vers moi.
Mais bien trop rapide, le jeune homme me désarme d'un coup de pied. Désormais à trois pas de moi, il me surplombe de toute sa hauteur. Non, non, non.
_ Attend Livaï, intervient une jeune femme aux cheveux châtain clair maintenu en un carré court. Peux-tu nous expliquer ?
_ Je ne vois pas en quoi cela te concerne, Petra, lui répond le brun avec indifférence.
_ Lui couper les jambes semble être un peu radicale, ajoute un jeune garçon aux yeux verts. Elle risque de ne pas survivre et …
_ Tu as vu aussi bien que moi qu'elle est plutôt doué, rétorque le dit-Livaï. Autant l'empêcher de s'évader.
_ Mais…
_ Tu vois Eren, si elle parvient à s'échapper et que c'est toi qui dois la rattraper, sache que sous ta forme d'humain, tu n'y arriverais pas, réplique une nouvelle fois Levy avec froideur.
Cela a le don de le faire taire.
_ Moi si, fit une belle fille, emmitouflée dans une écharpe rouge sombre.
_ Peut-être bien Mikasa. Mas je me contre-fiche de vos avis.
Et sur ces mots, Livaï s'avance vers moi et lève sa lame.
_ Livaï, cela suffit ! entendis-je une voix tonner.
Grave et familière, je tourne la tête vers le nouveau personnage. Sur ma gauche, à une dizaine de mètre, un homme immense se tient dans une posture droite et distinguée : Le major Erwin nous fait face. Ma capuche tombe.
_ Erwin ? l'interroge le noiraud sans pour autant baisser sa lame. Je l'ai surprise dans ton bureau à farfouiller dans tes papiers. Un espion sans aucun doute.
_ Rangez tous vos lames, ordonne de nouveau le blond d'une voix autoritaire. Que personne ne lui fasse de mal.
_ Comme tu veux, souffle le brun en hochant négligemment des épaules, tout en instaurant une certaine distance entre nous.
Ce geste semble être le signal qu'attendais Connie pour me rejoindre.
_ Est-ce que ça va ? me demande alors Connie en s'approchant doucement.
Il est aussitôt suivit des cinq autres adolescents.
_ Non, ne… commence le major Erwin.
Mais c'est trop tard. Voir ces humains me submerger de toute part, alors que je suis encore étalée au sol, sans défense, est la goutte d'eau. Je ne peux m'empêcher de pousser un petit hochet terrifié et me relève en une seconde. Du coin de l'œil, je remarque que Livaï se tendre, mais qu'importe. Je cours en direction de l'endroit le plus sûr au monde : la sécurité d'Erwin.
Je me jette dans les bras de mon père adoptif.
La suite se saurait tarder !
