13 décembre 1920
Cher Major Withlock,
Votre jeune pupille est désormais bien installée dans notre pensionnat.
Alice est une jeune fille pleine de fouge et de vivacité, ce qui ne manque pas de me réjouir, mais je dois dire que je n'avais pas prit la pleine mesure de la différence d'éducation entre l'état du Texas et le notre.
La joie de vivre d'Alice a des cotés un peu trop tapageurs, que l'éducation chrétienne qu'elle recevra chez nous aura tôt fait de gommer, je vous l'assure.
Je m'entretiens tous les jours avec elle, pour lui faire perdre ce langage un peu trop franc qui est très choquant.
Elle n'y met pas beaucoup de bonne volonté mais je crois en la vertu de la patience et de la ténacité.
Je vous remercie pour votre si généreux don à notre petite école. Je vous annonce que la somme que vous nous avez allouée sera utilisée à l'achat d'un nouveau cheval à mettre à disposition des élèves.
J'espère qu'Alice saura mettre à profit la présence d'un nouveau cheval qui rendra les cours d'équitation plus fréquents pour nos pensionnaires pour libérer l'énergie débordante qui est la sienne!
Enfin, si Alice vous envoie une lettre ou elle mentionne être punie , sachez qu'elle est effectivement privée de dessert durant deux semaines. Le fait de monter sur sa chaise durant les repas et s'amuser à envoyer de la nourriture sur ses camarades en criant « combat de purée »! N'est pas tolérable dans notre pensionnat et doit être puni de manière exemplaire comme vous le comprendrez aisément.
Avec mes sentiments distingués,
Votre dévouée,
Maria Smith, directrice de la pension pour jeune fille « les colombes »
